Représentations et pratiques de a langue chez les jeunes malgaches de France
169 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris

Représentations et pratiques de a langue chez les jeunes malgaches de France , livre ebook

-

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
169 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

La non-transmission du malgache à la jeune génération née en France est une donnée réelle que démontre cette enquête sociolinguistique. L'auteur ne restitue pas seulement les divers éléments de cette recherche, elle essaie surtout de décrire et d'analyser les représentations linguistiques et les pratiques du malgache des jeunes de la "deuxième génération". Elle présente par ailleurs les spécificités de la langue malgache et brosse quelques portraits des Malgaches en France.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2005
Nombre de lectures 258
EAN13 9782336278438
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

© L’Harmattan, 2005
9782747578448
EAN : 9782747578448
Représentations et pratiques de a langue chez les jeunes malgaches de France

Brigitte Rasoloniaina
A mes amies tourangelles
Madeleine, Michèle, Nicole, Mélissa .
A tous mes neveux et nièces d’ici et de là-bas :
Franco, Elysé, Fabienne Sandrine, Sandie Meva, Liantsoa Gaël, Nathanaëlle Dina, Hoby, Tsiry Malala Bakoly, Mamisoa Liana,Sanda Mirana Andy Mandimby, Faniry Liza, Laura, Linda Agnès, Carolle Johary, Antsa Luc , Irina Tony, Sue, Ando Koto, Soa
Remerciements
Cet écrit n’aurait pas vu le jour sans la participation de tous les jeunes protestants STK ( Sampana Tanora Kritianina ) de la FPMA ( Fiangonana Protestanta Malagasy ety An-dafy ) venus à la Rencontre Nationale qui s’est tenue à Strasbourg en juillet 2003. Je tiens à les remercier pour leur volonté et leur sérieux.
Mes reconnaissances reviennent aussi à l’équipe organisatrice qui m’a accueillie avec sympathie. A tous les responsables (pasteurs, encadreurs...) j’adresse ici mes sincères remerciements.
Enfin, je remercie chaleureusement M. Verdier, N.-J. Gueunier et M. Ahmed-Chamanga qui, par leur lecture attentive, ont contribué à la mise en forme de ce livre.
Introduction
Cette étude fait suite à celle que j’ai menée auprès de quelques malgachophones de la communauté de Paris entre 1988 et 1991 1 . A cette époque, mon objectif était de cerner leurs pratiques linguistiques (comment, quand, avec qui... se servent-ils du français, du malgache et de leurs variétés respectives) et en conséquence, le public choisi a été essentiellement composé d’adultes installés en France, les uns pour les études, les autres, de nationalité française, pour le travail. Il est apparu de cette première recherche, entre autres conclusions, que d’une part, ce public tout à fait bilingue s’est créé une variété métissée malgache/français — connue sous le nom de variaminanana - pour échanger entre malgachophones ; d’autre part, qu’il n’y a pas eu transmission de la langue malgache à la jeune génération. Dans le présent écrit, il s’agit d’enquête auprès de jeunes qu’on appelle à tort ou à raison « deuxième génération » 2 afin de mener quelques réflexions sur les représentations et les pratiques de la langue malgache d’une part, et d’obser ver la place que prend le variaminanana chez ce public d’autre part.
Comment doit-on comprendre cette notion de « deuxième génération » dans le cadre de cette recherche ? Elle peut être, en effet, interprétée de deux manières : c’est d’abord une catégorie qui regroupe les enfants des premiers résidants malgaches en France. Dans ce cas, la notion est vague car, comme nous le verrons dans la partie 1 (1 - Bref rappel historique de l’immigration en France) il y a plus de quatre générations de Malgaches en France. C’est ensuite l’idée de niveau dans une généalogie : les jeunes sont ainsi considérés dans leur propre famille. Dans ce second cas, l’expérience d’être en « deuxième génération » se reproduit continuellement au fur et à mesure que de nouveaux immigrés élèvent leurs enfants en France. C’est cette deuxième conception qui correspond au choix de mon public d’enquête.
En outre, cette recherche qui se concentre sur le malgache des jeunes en France contribue à la réflexions sur l’étude du plurilinguisme. En effet, lors d’une récente enquête menée dans le cadre du programme européen Multilingual Cities project , visant à « évaluer la vivacité et le statut des langues minoritaires en Europe » 3 , Lyon a fait partie des « villes européennes choisies pour la forte représentation de familles d’origine immigrée dans leur population ». L’enquête sociolinguistique conduite auprès de 11 647 élèves des écoles élémentaires de Lyon a montré, entre autres résultats, que 6 236 utilisent « une ou plusieurs autres langues que le fronçais ». Les élèves ont mentionné 66 langues en réponse à la question des langues parlées à la maison : 1 — arabe ; 2 — turc ; 3 — anglais ; 4 — espagnol ; 5 — portugais ; 6 — créole; 7 — italien ; 8 - berbère ; 9 — cambodgien... Comme le malgache n’apparaît qu’en 21 e position et comme le profil des langues parlées à la maison ne porte que sur les 19 premières langues citées 4 , le malgache n’a pas fait l’objet d’une étude détaillée. Néanmoins, même s’il s’agit de deux enquêtes sociolinguistiques complémentaires, soulignons la modestie de celle-ci et la spécificité du public consulté.
Pourquoi l’étude des représentations du malgache chez les jeunes en France, est-elle intéressante ? Les dif férents avantages de l’étude de la représentation, qui peut être rapidement définie comme étant la manière dont chaque locuteur d’une langue donnée « pense les pratiques », ont été minutieusement présentés par L.-J. Calvet (1999 : 158) :

« Les représentations déterminant : – des jugements sur les langues et les façons de les parler, jugements qui souvent se répandent sous forme de stéréotypes; – des attitudes face aux langues, aux accents, c’est-à-dire en fait face aux locuteurs que les stéréotypes discriminent; – des conduites linguistiques tendant à mettre la langue du locuteur en accord avec ses jugement et ses attitudes. C’est ainsi que les représentations agissent sur les pratiquer, changent la “ langue” » .
Il est donc entendu que l’étude des pratiques est inséparable de celle des représentations. Les jugements que les locuteurs portent sur leur langue et leurs attitudes engendrent des conduites linguistiques qui participent à l’évolution de cette langue. Pour notre observation, l’étude des différentes appréciations apportées par les jeunes locuteurs sur le malgache ainsi que celle de leurs attitudes vis-à-vis du malgache permettraient d’apporter quelques hypothèses sur leurs façons de vivre cette langue et contribueraient à l’étude du malgache en milieu de migration.
Pour parvenir à ces différents objectifs, il s’agira dans cet écrit de voir en premier lieu les caractéristiques de cette population jeune par rapport à celle des aînés, dans le milieu de la migration en France. Pour ce faire, un bref rappel de l’histoire de cette migration s’impose pour mieux situer le groupe d’enquête. En second lieu, l’étude des différents apports du questionnaire écrit qui a été soumis à une centaine de jeunes sera longuement développée pour proposer en synthèse quelques traits de la représentation qu’ils ont de la langue malgache. En troisième lieu, l’analyse des différentes pratiques du malgache à travers, d’une part, des écrits recueillis lors du questionnaire et d’un forum sur le net, d’autre part par le biais d’un journal bimensuel du FPMA Paris, Ny gazety . Avant d’entamer ces différentes étapes, je vais me permettre de rappeler quelques caractéristiques de la langue malgache, l’objet principal de cette réflexion.

Rappel des caractéristiques de la langue malgache.
Comme l’ont démontré les philologues du XIX e siècle et comme l’avaient soupçonné déjà les voyageurs qui, dès le XVII e siècle, avaient été frappés par la ressemblance entre le malais et le malgache, du point de vue de la classification génétique des langues, le malgache appartient à la famille austronésienne. Dans le domaine de la phonologie, comme le montre le tableau qui suit, le malgache a plus de phonèmes consonantiques que le français.


Ainsi, en plus des occlusives et des fricatives, on y trouve les mi-occlusives et les prénasalisées. Pour les sons vocaliques, le malgache utilise les diphtongues [ai], ... en plus de [i], [e], [e], [u], [o], [a]
Illustrons les articulations complexes par quelques mots du malgache : trano (maison)  : midradradradra (pousser des cris de douleur) tsena (marché) jejo (qui a la tête légère, libre dans ses allures...) et  : mpamboly (cultivateur) sento (soupir, sanglot) sanda (surplus, ce qui est ajouté dans un échange) ankizy (enfant) angano (conte) antra (compassion, pitié) andro (jour) antsa (chant) anjely (ange)
En morpho-syntaxe, c’est une langue agglutinante à préfixes, infixes et suffixes. Ces affixations engendrent des transformations pho

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents