Le déclin de l école républicaine
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Le déclin de l'école républicaine , livre ebook

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Description

La France souvent se réclame de l'école républicaine. La réalité est tout autre comme a pu le montrer cet ouvrage : l’accès à l’école n’est pas encore universelle ; l’accès égal aux moyens éducatifs est loin d’être parfait ; l’accès à une école d’égale qualité pour tous ne prévaut pas et l’accès à l’égalité des chances est totalement éloigné de la réalité. Dans le même temps l’échec et l’abandon scolaires ne reculent plus et le nombre des élèves en difficulté, qui concernent d’abord la partie la plus déshéritée de la population, ne diminue pas. Après avoir faut un constat de la situation, cet ouvrage fait le point sur les solutions possibles

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 16 décembre 2013
Nombre de lectures 2
EAN13 9782312019222
Langue Français

Extrait

Le déclin de l’école républicaine

Bernard Hugonnier
Le déclin de l’école républicaine









LES ÉDITIONS DU NET
22 rue Édouard Nieuport 92150 Suresnes
© Les Éditions du Net, 2013
ISBN : 978-2-312-01922-2
Introduction
Pendant longtemps, avoir un système éducatif équitable signifiait que l’éducation était accessible à tous, en d’autres mots, que l’égalité d’accès était assurée. Cela a longtemps été le cas en France en matière d’éducation primaire, la massification de l’éducation secondaire étant plus récente. Il faut aussi noter que l’accès universel à l’éducation (primaire et secondaire) est loin d’être le cas dans nombre de pays en développement. Par exemple au Mexique, qui est pourtant un pays de l’OCDE, seuls 60% des élèves sont inscris au lycée.
On peut cependant faire valoir que l’accès à l’éducation n’est pas suffisant pour atteindre une véritable équité ; encore faut-il qu’il y ait une égalité de moyens et donc qu’une même offre scolaire prévale partout. C’est l’objectif que s’est fixé depuis longtemps les pays développés, à commencer par la France avec son principe d’école républicaine, c’est-à-dire une école offrant à tous les élèves les mêmes moyens pour réussir en classe.
Dans un troisième temps, on peut avancer que l’accès par tous aux mêmes moyens ne garantit pas nécessairement une éducation de qualité et que c’est cet objectif, l’égalité de qualité, qui, lorsqu’il est rempli pour tous, confère son caractère équitable à l’éducation, étant entendu que les deux premières conditions sont remplies.
Mais le milieu social et familial des élèves n’étant pas le même, certains élèves partent avec un handicap qu’il faut combler si l’on veut que tous aient les mêmes chances de réussir. L’équité serait dans ce dernier cas atteinte lorsque le milieu familial a le moins d’impact sur les résultats des élèves ; il s’agit cette fois d’égalité des chances.
L’équité à l’école serait donc atteinte lorsque ces quatre égalités sont réunies : égalité d’accès, égalité de moyens, égalité de qualité et égalité des chances. C’est cette définition que nous retiendrons dans cet ouvrage.
Malgré les progrès réalisés ces dernières décennies par la France en matière éducative, l’équité reste un des principaux problèmes, comme nous le verrons dans la première partie. De plus, un système scolaire dual prévaut en France avec les élèves vivant dans les villes, souvent d’origine aisée, qui fréquentent des établissements où les résultats sont en général satisfaisants, tandis que les élèves dans les banlieues et le monde rural, souvent d’extraction plus modeste et/ou originaires de l’immigration, fréquentent des établissements où les résultats sont médiocres (notamment dans les zones d’éducation prioritaire).
Pire, suivant le Conseil économique, social et environnemental (CESE), « l’école et le collège ne fonctionne bien que pour la moitié des élèves » {1} . Le CESE base ce diagnostic sévère sur les analyses du Haut conseil de l’éducation (HCE) {2} suivant lequel 40% des élèves ne maîtrisent pas les connaissances de base en français et en calcul en fin de primaire (25% ont des acquis fragiles et 15% de grandes difficultés) ; les résultats se sont dégradés de 1987 à 2007 date du rapport du HCE ; enfin, le collège accentue ces déficiences et « il ne parvient pas à réduire les inégalités scolaires d’origine sociale et il aurait tendance à les accroître » {3} . La Cour des comptes arrive de son côté à une conclusion similaire en parlant de « système scolaire à deux vitesses qui constitue un des principaux handicaps de la France » {4} .
Nombre de politiques ont été introduites depuis 30 ans pour réduire ces inégalités, sans résultats très probants malgré un empilage de mesures. Désormais, parmi les élèves issus d’un milieu socio-économique défavorisé, 32 % ont, à l’âge de 15-16 ans, de très mauvaises performances en mathématiques, contre 10 % des élèves issus de milieux privilégiés. Il en ressort que les premiers courent 4,3 fois plus de risques que les seconds d’être parmi les moins bons élèves. Seuls quatre pays de l’OCDE présentent des situations plus tendues (l’Allemagne, la Belgique, la Hongrie, et la République Slovaque), la moyenne de l’OCDE s’établissant à 3,5 {5} . On note aussi que 13% des élèves sont non scolarisés à 14-15 ans (niveau 3 ème ) et se retrouvent dans toutes sortes de dispositifs spéciaux {6} .
Cependant développer l’équité à l’école n’est pas une simple fin en soi ; de fait, cinq objectifs sont sous-jacents :
– limiter les inégalités sociales ;
– lutter pour la cohésion sociale ;
– faciliter la mobilité sociale ;
– optimiser le capital humain et
– développer les compétences pour l’économie et la société de demain.
Après qu’un bilan ait été fait de l’équité à l’école en France, cet ouvrage reprend dans le détail chacun de ces cinq objectifs avant de présenter les mesures qui devraient être prises afin que l’équité devienne une réalité tangible, que l’école républicaine ne soit pas une vaine expression et que désormais tous les jeunes, quelle que soit leur origine, puissent réussir dans nos écoles ainsi que dans leur vie personnelle et professionnelle
I. Le bilan
Le bilan ici dressé portera sur les quatre sortes d’égalité qui ressortent de l’accès, des moyens, de la qualité et des chances et qui ensemble définissent l’équité à l’école.
A. L’ ÉGALITÉ D ’ ACCÈS
Les inégalités sociales en matière d’éducation se mesurent d’abord par le nombre de personnes qui ont accès à l’éducation. On peut aisément penser que, dans le monde actuel, pour bien réussir dans la vie, il est besoin au minimum d’un diplôme du second cycle du secondaire. En clair, l’optimum serait que 100% d’une classe d’âge soit titulaire d’un tel diplôme. Or en France (voir Tableau 1), 29% de la population s’arrêtent soit au niveau du primaire soit à celui du premier cycle du secondaire. C’est 18 points de pourcentage de plus qu’aux Etats-Unis et au Canada et 15 points de plus qu’en Allemagne. Il y a donc une forte inégalité d’accès en France par rapport à ses principaux concurrents. En formant l’hypothèse que tous ceux, qui s’arrêtent au primaire ou au secondaire du premier cycle, aspirent naturellement à être diplômés au moins du second degré du secondaire, on mesure l’inégalité qui prévaut dans le système éducatif français.

Tableau 1 : Pourcentage de la population âgée de 25 à 64 ans selon le niveau de formation

Niveau de formation
France
Canada
Allemagne
Italie
USA
Primaire
11
3
3
12
4
Premier cycle du second degré
18
8
11
33
7
Total
29
11
14
45
11
Source : Regards sur l’éducation, OCDE 2012

Mais les inégalités sont également fortes si l’on considère les filières du baccalauréat : certes le nombre de bacheliers s’est accru fortement dans le temps (il y avait 10% d’une classe d’âge titulaire du baccalauréat en 1960 contre plus de 65% aujourd’hui), mais cette démocratisation ne s’est pas faite égalitairement. Ainsi en 2007, parmi les titulaires du baccalauréat général 36,4% étaient enfants de cadres ou de professions intellectuelles supérieures contre 12% d’enfants d’ouvriers. Pour le baccalauréat technologique, les pourcentages respectifs sont de 14,6% et 21,1% et pour le baccalauréat professionnel 7,7% et 25,1% {7} .
On peut également examiner la mesure dans laquelle la population française a eu accès à l’éducation supérieure (Tableau 2). Dans son ensemble, c’est 27% de la population (25-64 ans

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