Tunisie
26 pages
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Tunisie

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Description

Enserrée par deux grands pays producteurs de pétrole et de gaz naturel, formant une avancée sur la côte nord de l’Afrique, proche du sud de l’Europe, la Tunisie appartient autant à l’espace méditerranéen qu’à l’aire arabo-musulmane. Moins riche que ses deux voisins immédiats, elle est également le …

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Date de parution 28 octobre 2015
Nombre de lectures 4
EAN13 9782341002028
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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ISBN : 9782341002028
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Tunisie
Introduction
Enserrée par deux grands pays producteurs de pétrole et de gaz naturel, formant une avancée sur la côte nord de l’Afrique, proche du sud de l’Europe, la Tunisie appartient autant à l’espace méditerranéen qu’à l’aire arabo-musulmane. Moins riche que ses deux voisins immédiats, elle est également le pays le moins montagneux du Maghreb. Les précipitations y sont peu importantes. Durant l’été, l’absence de grands reliefs l’expose au vent chaud venu du Sahara, qui balaie ce pays de plaines homogènes, dont le centre est formé de steppes. Relativement plate, la Tunisie est quasi dépourvue d’hydrographie. Seul le fleuve Medjerda coule de manière continue. Sa population, qui avoisine les onze millions d’habitants (2014), se caractérise par une double homogénéité, religieuse (musulmane sunnite, la Tunisie ne connaît pas les clivages religieux du Machrek) et linguistique (arabe, elle ignore pratiquement les clivages entre arabophones et berbérophones du reste du Maghreb).

Tunisie : drapeau. Tunisie (1835 env. ; modif. le 30 juin 1999). Quand cet emblème apparut, le pays était encore de jure dans des liens de vassalité vis-à-vis de la Turquie, et c'est ce qui explique qu'on donnât au drapeau beylical un aspect fort semblable à celui de la Sublime-Porte (voir Turquie) : mais ici, le croissant de lune et l'étoile, rouges , meublent un tourteau blanc. En 1999, le dessin est précisé.
La fondation de Carthage par les Phéniciens ( IX e ou VIII e  siècle av. J.-C.) marque un tournant dans l’histoire de la Méditerranée. En essayant d’étendre son influence sur la Sicile, Carthage se heurte à Rome, qui détruit finalement la ville en 146 av. J.-C. Jules César la restaure et en fait la capitale de la province d’Afrique de l’Empire (Africa).
Au VII e  siècle, les armées arabes établissent un camp au centre du pays, à Kairouan. Autour de la grande mosquée de Kairouan s’organise la vie de la nouvelle cité qui devient la première capitale de l’Ifrīqiyya et un centre intellectuel actif. Les Fāṭimides (909-1159) y installent un califat shi‘īte, avant de gouverner le pays à partir de Mahdia qu’ils fondent en 916. L’Ifrīqiyya , qui doit son opulence à l’agriculture et au commerce, est ensuite gouvernée par les Almohades puis par les Hafsides (1207-1574), qui installent un pouvoir indépendant des Almohades à Tunis. Ils organisent une flotte puissante, établissent des liens avec Venise, Gênes et Marseille. Tunis prospère notamment grâce à l’arrivée des Andalous musulmans chassés d’Espagne par la Reconquista. Les crises dynastiques entraînent le délitement de l’État hafside, et les ports du pays deviennent des bases pour la course en Méditerranée. Après sa victoire sur Charles Quint en 1574, la Turquie fait de la Tunisie une province de l’Empire ottoman. En 1702, la dynastie des Mouradites est renversée, et le pays passe rapidement sous la domination des Husseinites (1705) qui reconnaissent la suzeraineté ottomane tout en menant une politique indépendante. Les beys de la dynastie husseinite se succèdent jusqu’en 1957.
Au Congrès de Berlin (1878), les puissances européennes autorisent la France à s’installer en Tunisie. Les traités franco-tunisien de 1881 et de 1883 organisent le protectorat. Le bey conserve une partie de sa souveraineté, mais il est soumis au contrôle du résident général français pour toutes les décisions qu’il prend par décret.
En 1954, Pierre Mendès France accorde à la Tunisie l’autonomie interne et, le 20 mars 1956, le pays est indépendant. Habib Bourguiba tente d’arracher la Tunisie à l’influence de l’Orient arabe, par une politique qu’il veut envers et contre tout moderne. Son successeur Zine el-Abidine Ben Ali poursuit sa politique autoritaire, jusqu’à ce que le lien entre le peuple et la classe politique se rompe définitivement et que la Tunisie inaugure le « printemps arabe » en 2010-2011.

Khadija MOHSEN-FINAN
1. Un pays maghrébin
• Conditions naturelles
Les unités de relief
Le relief de la Tunisie doit ses traits majeurs à l’affrontement du système plissé des Berbérides avec la plate-forme saharienne. Au premier correspond l’ Atlas tunisien, formé de chaînons montagneux d’orientation nord-est-sud-ouest séparés par des plaines. Dans les massifs de Kroumirie, des Nefza et des Mogods, il s’agit de montagnes peu élevées et compactes dues à des nappes de flyschs gréseux du Numidien venues recouvrir le matériel sédimentaire autochtone. Avec l’affleurement de celui-ci, la montagne s’ordonne et s’aère. Ses chaînons alignés comportent, alors, de remarquables formes jurassiennes (monts, combes, vaux, crêts et barres), dégagées par l’érosion différentielle dans une série plissée essentiellement mésozoïque où alternent des calcaires et des marnes. Des chapelets de petites plaines les séparent, réunies par des oueds pérennes (Medjerda, Miliane, Djoumine). L’ensemble culmine dans une dorsale allongée de la frontière algéro-tunisienne au cap Bon (djebels Chambi : 1 544 m, Zaghouan : 1 293 m).
Au-delà, l’Atlas se réduit à des îlots montagneux disséminés au-dessus de hautes plaines (djebel Mhrila : 1 378 m) ou organisés en longues guirlandes (chaînes de Gafsa, Cherb). Cet élargissement des horizons fait pressentir le Sahara. Les vastes sebkhas blanchies par les efflorescences salines (chotts Djerid, Rharsa, Fedjedj), les hamadas pierreuses doucement inclinées depuis des cuestas bordières (djebel Tebaga-el Aziza, monts de Matmata) vers l’Erg oriental où elles disparaissent sous les dunes appartiennent au désert.
Enfin, accolée à ces unités successives, une grande plaine orientale se développe du cap Bon à la frontière libyenne, limitée par des côtes basses à tombolos (Monastir, Teboulba) et à lagunes (Hergla, Moknine, Zarzis).
Les milieux bioclimatiques
C’est le contact des masses d’air des latitudes moyennes avec celles des latitudes subtropicales qui détermine les caractéristiques dominantes des milieux bioclimatiques.
Dans toute la Tunisie, l’aridité se manifeste par la chaleur et la sécheresse des étés liées à l’invasion de l’air saharien. Dès le printemps, des coups de chehili y font parfois sentir l’haleine brûlante du désert. La xérophilie de la végétation traduit son adaptation à ces conditions sévères. À l’opposé, une saison fraîche, pluvieuse et instable correspond au passage de perturbations circulant le long du front polaire alors refoulé en Méditerranée.
Pays de transition entre les domaines tempéré et aride, la Tunisie montre aussi une rapide dégradation des conditions bioclimatiques sur les 400 kilomètres de son extension en latitude. À ce point de vue, la Dorsale est une importante limite, à peu près jalonnée par l’isohyète 400 millimètres. Au nord s’étendent des régions de climats méditerranéens, humides (Aïn-Draham : 1,50 m de pluie) à subhumides, où la saison sèche n’excède pas trois à cinq mois. La couverture forestière des djebels y reste importante malgré les défrichements, constituée, selon les sols, de chênes-lièges (Kroumirie), de chênes kermès (cap Bon) ou de pins d’Alep (haut Tell, Dorsale). Au-delà, l’accentuation de la sécheresse cantonne les forêts de pins d’Alep et de genévriers de Phénicie sur les versants septentrionaux des îlots montagneux. La steppe occupe les plaines avec ses touffes d’alfa, de sparte ou d’armoise. Après Gafsa, la désertification se marque par la quasi-disparition des arbres spontanés, à l’exception des boisements clairs d’acacias du bled Thala, relique d’une ultime période quaternaire plus humide. À partir des chotts, les pluies tombent au-dessous de 100 millimètres. Avec le climat désertique dominent les steppes à salsolacées des marges de sebkhas, celles à plantes psammophiles (drinn) des secteurs ensablés, et les maigres peuplements des hamadas. La variabilité des précipitations, selon les saisons et les années, est une autre conséquence de la compétition entre les influences méditerranéennes et sahariennes.

Roger COQUE
• Espace et sociétés
L’espace tunisien concourt à la configuration d’une zone géographique comprise entre mers et désert. Celle-ci, délimitée au nord et à l’est par la Méditerranée, à l’ouest par l’Atlantique et au sud par le Sahara, était désignée par les anciens géographes arabes sous l’appellation de Jaziret el Maghrib, l’île du Couchant. Elle n’a jamais été, en réalité, qu’une péninsule, dans la mesure notamment où les plaines du littoral tunisien ont, par leur facilité d’accès, fait obstacle à une insularité maghrébine.
Le Maghreb, envisagé non plus seulement d’un point de vue géographique mais également sous l’angle culturel ou politique, participe, malgré sa dénomination d’origine arabe, des présupposés et de l’impact de l’« Afrique du Nord française ». Sans doute, les facteurs de différenciation d’un ensemble maghrébin ne sont pas irréductibles à la géographie et à l’ère coloniale. Il est toujours possible de se référer, par exemple, au vieux fonds de peuplement berbère ou aux tentatives de construction impériale dont la région a été le théâtre dans le cadre de la civilisation arabo-musulmane. Mais la « Berbérie », comme l’« Africa », l’« Afrique du Nord » et... le Maghreb, relève de toponymies de conquêtes. Quant aux formations impériales, elles se sont déployées dans un Maghreb oscillant entre l’Orient et l’Andalousie, avec pour toile de fond les conflits déchirant le Dar el islam.
Le Maghreb, en tant qu’aire culturelle ou politique, ne fait pleinement sens qu’à partir du contexte issu de la décolonisation, dans un retour sur l’histoire ou dans une projection sur l’avenir.
À la différence des autres pays maghrébins, le territoire tunisien est formé, pour les deux tiers de son étendue, par une série de vastes et basses plaines.
Cette particularité géographique, déjà soulignée au XIV e  siècle par Ibn Khaldoun, s’est doublée d’un particularisme culturel fondé sur une tradition citadine des plus anciennes. La Tunisie, « est-ce autre chose que l’opposition d’un complexe de plaines à un complexe montagnard de signe opposé » ? Fernand Braudel, en s’exprimant de la sorte, entendait mettre l’accent sur cette relation entre espace et culture. Il voyait, en effet, dans l’Ifrīqiyya et la Tunisie un exemple de « frontière culturelle secondaire », l’un de ces « espaces culturels d’une extraordinaire pérennité » qui défie « tous les mélanges du monde ». Partant du constat que les grandes civilisations méditerranéennes « sont en fait des groupements de sous-civilisations, des juxtapositions de maisons autonomes », il ajoutait : « En Afrique du Nord, pas de maison plus nettement délimitée que le vieux pays urbain de l’ancienne Africa, l’Ifrīqiyya des Arabes, l’actuelle Tunisie. »
Il reste que la « frontière culturelle » spécifiant la Tunisie au regard notamment de l’ensemble maghrébin a longtemps été sous-tendue par la relation dialectique entre deux types de sociétés ou, à tout le moins, deux genres de vie figurant une césure entre le littoral urbanisé et les campagnes de l’arrière-pays. Cette dualité socio-économique emprunte aujourd’hui la forme d’une désarticulation de la structure spatiale. Elle oppose une Tunisie du littoral, caractérisée par une forte densité de population et une concentration de l’essentiel des activités économiques, à une Tunisie de l’intérieur, en proie au sous-équipement et à l’exode rural.
Tripartisme géographique
Les discontinuités d’un système montagneux peu élevé, l’important développement du littoral (1 300 km) et la proximité du Sahara déterminent l’agencement du « complexe de plaines » suivant trois grands sous-ensembles qui recouvrent des limites climatiques et historiques.

Toujane, Tunisie. Toujane, village berbère situé dans les montagnes du sud de la Tunisie. (H. Eid/ AKG)
Depuis les monts algériens de Tébessa jusqu’à la presqu’île du cap Bon, tête de l’ancien pont continental reliant l’Afrique du Nord à la Sicile, les prolongements de l’Atlas saharien dessinent en pointillé une sorte de diagonale sud-ouest - nord-est : la Dorsale tunisienne. Parcourue de fractures, cette succession de massifs, dont l’alignement n’est que très approximatif, ne dresse pas d’obstacle infranchissable. Elle n’en constitue pas moins une barrière climatique qui isole du Sahara le Nord-Est tunisien et y retient les nuages porteurs de pluie charriés par les vents du nord. Avec les derniers plis de l’Atlas tellien qui, au nord, s’abaissent en oblique vers la mer, elle abrite de la sorte une série de plaines qui, en dépit de leur diversité, partagent un certain nombre d’atouts. Plaines maritimes ou, à tout le moins, sous l’influence méditerranéenne, ouvertes sur les golfes de Bizerte et de Tunis. Plaines arrosées (400 mm de pluie par an), drainées par des « fleuves » côtiers et notamment par les méandres de la Medjerda, principal cours d’eau de Tunisie, prenant sa source, en Algérie, dans le Constantinois et se jetant dans le golfe de Tunis. Plaines au sol argileux propice à la céréaliculture et aux pâturages. Plaines des plus riches donc, qui, de longue date, se sont révélées le pôle d’attraction de la Berbérie orientale. Arrière-pays de la Carthage punique, elles ont formé l’essentiel des premières assises territoriales de l’Africa romaine avant de devenir la pièce maîtresse de l’Africa proconsulaire (sous le nom de Zeugitane). Les Arabes, il est vrai, n’y ont pas établi leur capitale lors de la conquête de l’Ifrīqiyya. Néanmoins, ne serait-ce que sur le plan sémantique, celle-ci a toujours eu tendance à se confondre avec celles-là, la même appellation désignant simultanément la partie et le tout. De nos jours, on trouve trace de cette ambivalence dans le parler des pasteurs de la steppe tunisienne, qui dénomment Friquia (Ifrīqiyya) les plaines du Nord, plus couramment spécifiées en fonction de la nature et de l’apparence dominantes de leur sol : le Tell (argile).
Les géographes distinguent un Tell septentrional, région à forte pluviométrie, comprise entre les plis de l’Atlas tellien, le golfe de Bizerte et la Medjerda, dont les plaines céréalières de la Dakhla, de Béja et de Mateur constituent le joyau : un Tell inférieur, depuis l’autre rive de la Medjerda jusqu’au cap Bon, en bordure du golfe de Tunis, où les plaines sillonnées par le cours inférieur de la Medjerda et l’oued Miliane ; un haut Tell, zone d’alternance entre montagnes et hautes plaines, entre la Medjerda et la Dorsale.
Au sud de la Dorsale, la Tunisie change de décor, alors même que la plaine occupe plus que jamais le devant de la scène. Les massifs de la dorsale font désormais écran à la Méditerranée occidentale et aux courants du nord, tandis que se profilent les confins du Sahara. Les précipitations pluvieuses se raréfient et perdent en régularité. D’argileuse, la terre devient sablonneuse. De part et d’autre d’une chaîne « méridienne » (sud-nord) qui rejoint la Dorsale à proximité de Kairouan, et jusqu’aux monts de Gafsa, barre méridionale orientée en direction du golfe de Gabès (ouest-est), les plaines sont synonymes de steppes.
À l’ouest, la Dorsale, la chaîn

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