Manuel pratique de préparation à l écrit en prévention de l illettrisme
114 pages
Français

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Manuel pratique de préparation à l'écrit en prévention de l'illettrisme

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Description

Cet ouvrage,traite de la préparation à l'écrit à l'école maternelle (cycles I et II). Il propose une progression selon le développement de l'enfant et avec sa participation active. Cette première méthode rédigée en prévention de l'illettrisme devrait éviter d'imposer l'écrit de manière systématique et scolaire. Imposer l'écrit en maternelle réduit le temps de parole, le temps pour jouer, bouger, des activités essentielles pour l'enfant et son désir d'apprendre.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juin 2011
Nombre de lectures 108
EAN13 9782296810693
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Manuel pratique de préparation à l’écrit en prévention de l’illettrisme
© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-55127-5
EAN : 9782296551275
Franca LUGAND-CIACCI

Manuel pratique de préparation à l’écrit en prévention de l’illettrisme
Maternelle – CP
L’Harmattan
En couverture : Graphisme imposé. Section de moyens. Janvier 2007
En noir : correction de l’enseignant qui repasse sur les traits de l’enfant et lui rappelle les limites imposées (cf flèche noire). L’enfant a bien compris les consignes ; cependant comme ses camarades, à 4 ans, il n’a pas la maturité nécessaire, le contrôle précis de ses gestes et mouvements.
Par le graphisme libre l’enfant progresse à son rythme dans la précision de son geste et de plus il réalise une œuvre ; il agit, il travaille . L’œuvre lui appartient, il s’en réclame l’auteur avec tout ce que cela comporte aussi bien pour l’Ego (reconnaissance du Moi, encouragements, valorisation, désir, etc.) que sur le plan de la socialisation (reconnaissance du groupe et place dans ce groupe). L’enseignant n’intervenant qu’au fur et à mesure de la réalisation, juste pour suggérer ce que l’enfant peut faire de plus ou de mieux, part du niveau de l’enfant et l’invite à aller plus loin (dans l’utilisation d’une technique par exemple). La tache est réalisée en partant des capacités de l’enfant et va vers l’objectif du maître et non le contraire. Respect de l’enfant et de son niveau. Réussite assurée. Encouragements et valorisation contenus dans le succès de l’opération.
À Miro,
À Christelle,
À ma famille,
À mes amies et collègues,
Pour leur participation et
leur aide précieuse,
Avec toute mon affection.
Franca
« Les hommes ne naissent pas hommes, ils le deviennent ».
Érasme
D’où « la nécessité pour le maître de respecter la singularité de l’élève, sa sensibilité, son libre arbitre et sa forme particulière d’intelligence ».
F. Lenoir
Dans l’Éducation nationale française, quarante ans de carrière m’ont offert le privilège de travailler sur deux générations entre 1968 et 2005. Les deux fonctions que j’ai occupées à temps égal (la première en tant qu’institutrice, la seconde en tant que psychologue scolaire) sont complémentaires.
Aujourd’hui, l’illettrisme qui concerne 10% de la population scolaire n’est pas un hasard. La recherche menée par l’Observatoire national de lecture met en évidence une des raisons majeures de l’échec en lecture : l’insuffisance langagière à l’entrée au cours préparatoire. Cette information de grande importance, je la détiens depuis un certain temps, de par mon vécu ; elle ne concerne que la seconde partie de ma carrière, celle qui suit la grande réforme de l’école maternelle en 1990.
Auparavant, l’école maternelle française était un modèle européen, le fleuron de l’Éducation nationale auquel il ne fallait pas toucher aux dires du général de Gaulle. Les grandes réformes (dont celle de 1990 concernant le rattachement de l’école maternelle à l’école primaire), le remplacement des écoles normales par les IUFM ont donné le jour à une nouvelle génération d’instituteurs (les professeurs des écoles), à de nouveaux programmes tandis que la société et donc la famille connaissait un grand bouleversement.

Cependant les stades de développement de l’enfant de 0 à 6 ans, dont les grands moments tels que la marche, la maîtrise des sphincters, l’installation du langage, etc., restent inchangés. Dans chacune de ces épreuves l’enfant est plus ou moins encouragé selon la qualité de son environnement.
À l’école maternelle j’ai connu cet environnement à son niveau d’excellence aussi bien sur le plan matériel que sur le plan du personnel. Aujourd’hui les deux ont changé et l’information écrite, le papier-crayon, occupe une grande place au détriment des jeux et coins jeux qui ont presque tous disparu. Or le jeu est une étape importante vers l’écrit ; le jeu est l’étape intermédiaire entre une situation vécue et l’écrit, entre le monde concret où l’enfant peut s’exprimer et le monde abstrait des lettres où il ne le peut pas encore. Le jeu est l’étape qui permet aussi la représentation de la situation, sa maîtrise par le langage et la mémoire. L’enfant obligé de passer directement à l’écrit perd les mots en chemin puisqu’il n’a ni support suffisant pour les fixer ni le temps nécessaire.
La précipitation dans l’écrit fait oublier l’étape du présent celle que l’enfant est en train de vivre avec ce qu’elle comporte d’important, le langage oral et son installation.
Le non respect de cette étape a de lourdes conséquences. Ces pages rassemblent les savoir-faire qui correspondent aux besoins de l’enfant sur le chemin de l’écrit.

Quelle que soit l’activité proposée à l’enfant, la première règle en matière de respect consiste à toujours commencer par ce qu’il sait pour tenter de le conduire au niveau juste au-dessus ; ce qui suppose que le maître possède un minimum de la connaissance de l’enfant et de stratégies pédagogiques . Par exemple : placer l’enfant au cœur de situations concrètes pour l’inviter à réfléchir de multiples manières ; l’encourager à exprimer le plus possible ; l’écouter et le valoriser, etc.
La pédagogie est aussi l’art de mettre l’enfant en situation de réussite et ainsi de contribuer à renforcer la confiance qu’il a de lui-même.
CE SECOND OUVRAGE À LA PORTÉE DE TOUS EST MA CONTRIBUTION À LA PRÉVENTION DE L’ILLETTRISME ET L’UNE DE SES CONSÉQUENCES PREMIÈRES, LA VIOLENCE.
Cet ouvrage est ma façon de dire :
STOP À L’ÉCRIT EN MATERNELLE.
Respecter l’enfant c’est respecter l’adulte qui se construit en lui à chaque instant.


Photo 2 : graphisme sur plan incliné
INTRODUCTION
L’école maternelle n’apprend pas à écrire ; elle y prépare. L’école maternelle n’a jamais eu pour objectif l’écriture. Pourquoi ? Qu’est-ce que l’écriture ? Est-elle adaptée ou adaptable aux enfants de moins de six ans ?
Sur le plan physique, l’écriture est le produit de gestes minutieux et de leur coordination : Prendre et tenir un crayon entre les doigts pour former la pince, mouvoir l’ensemble autour du poignet, déplacer bras et avant-bras d’un bout à l’autre de la page, immobiliser le buste et les membres inférieurs, un ensemble d’actions simultanées à coordonner, loin des capacités physiques de l’enfant d’école maternelle.
L’écriture est aussi le codage du langage oral ; les signes utilisés, les lettres, correspondent donc aux sons de la langue orale. Écrire, dire à l’écrit , oblige à différents efforts en plus de la contrainte physique et de la connaissance des phonèmes ; écrire c’est aussi réfléchir à l’objet du message.
L’école maternelle française, consciente des potentialités de l’enfant de moins de six ans et respectueuse de son développement a pour objectif de le préparer dans ces différents domaines.

À l’école maternelle, toutes les disciplines sont interactives. La leçon de langage appelée aujourd’hui activité de langage n’est pas le seul moment d’apprentissage du français. Au cours de toutes les activités de la journée nombreuses sont les occasions d’apprendre la langue maternelle. La leçon de psychomotricité, préparée et inscrite au programme de chaque journée de classe n’empêche pas l’enfant de cet âge de bouger, d’entraîner son corps à d’autres moments ; par exemple en jouant à cloche-pied ou en dessinant.
Le geste graphique emprunte aux autres disciplines (psychomotricité, langage, etc.) de nombreux chapitres.
Dessiner ou écrire, résultat du geste graphique, est d’abord un ensemble de mouvements qui sollicitent certains groupes de muscles et leur coordination. L’enfant qui barbouille, dessine, copie ou écrit, doit maîtriser son corps pour :
S’immobiliser dans la position assise Former la pince qui tient l’outil (avec main et doigts) Avoir conscience des segments qui constituent le membre supérieur (main, bras et avant-bras) pour mouvoir chacun d’eux indépendamment. Tout cela en plus des exigences de la feuille, de la ligne, de la page, des consignes du maître et du message.

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