Commentaire et dissertation en histoire
201 pages
Français

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Commentaire et dissertation en histoire , livre ebook

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Description

Cet ouvrage apporte à l'étudiant en Histoire du premier cycle de l'enseignement supérieur les méthodes pour aborder les diverses épreuves du cursus universitaire. Du brouillon à la réalisation d'un commentaire, il apprend à cerner un texte, ses idées et son plan. Le lecteur découvre comment interpréter justement et situer dans leur contexte des documents statistiques et des cartes. La partie didactique s'accompagne d'exemples et d'exercices corrigés qui pourront servir de modèle.


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Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2010
Nombre de lectures 36 815
EAN13 9782296446199
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

COMMENTAIRE ET DISSERTATION EN HISTOIRE
© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-12788-3
EAN : 9782296127883

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
Joseph Tanga Onana


COMMENTAIRE ET DISSERTATION EN HISTOIRE

Méthodologie et sujets corrigés
Collection « Cours et Manuels »
Harmattan Cameroun


Sous la direction de Roger MONDOUE
et Eric Richard NYITOUEK AMVENE


La plupart des élèves et étudiants africains achèvent leur cycle d’apprentissage sans avoir accès directement aux sources des savoirs reçus. Les cours et/ou manuels de leurs enseignants sont alors les seuls ou rares outils pédagogiques disponibles. Il devient donc urgent de publier et diffuser ces cours et manuels, afin d’assurer l’accès du plus grand nombre d’apprenants à une éducation de qualité.
La collection Cours et Manuels est ouverte aux enseignants de toutes les disciplines de l’enseignement maternel, primaire, secondaire et universitaire, dont le souci majeur est de relever le niveau d’éducation et de promouvoir le développement tant escompté sur le sol africain.


Déjà parus

Oscar ASSOUMOU MENYE, Mathématiques financières, outils et applications , 2010.
PRÉFACE
C’est un honneur pour moi de répondre à l’amicale demande de mon collègue et ami de préfacer cet ouvrage de méthodologie conçu pour les étudiants de premier cycle de l’enseignement supérieur en Histoire qui affrontent des épreuves écrites en histoire (commentaires de documents historiques et dissertations historiques).
Il est admis que l’histoire se fonde sur des sources, des documents divers (textes écrits, documents iconographiques, vestiges archéologiques, données de la tradition orale…) qui sont les meilleurs témoins du passé. Toutefois, comme tout témoin, ces documents n’apportent des informations nouvelles et cohérentes que si l’on les interroge avec méthode et précision.
En histoire, le commentaire de documents historiques est un exercice essentiel non seulement à l’acquisition du métier d’Historien, mais également à la reconstitution du passé à partir d’un document historique.
La première partie de cet ouvrage est consacrée au commentaire de documents historiques. L’auteur de l’ouvrage y expose les finalités de cet exercice, met en garde contre les erreurs communément commises par les étudiants, présente les étapes et les outils pour réussir un bon commentaire de documents historiques et propose enfin des exemples rédigés de commentaire de quelques grands types de documents historiques.
Dans la seconde partie de l’ouvrage est abordé l’autre exercice majeur auquel l’étudiant en histoire doit régulièrement faire face : il s’agit de la dissertation historique. L’auteur attire l’attention sur les écueils de la dissertation historique et propose un itinéraire pour réussir une bonne dissertation. Six devoirs intégralement rédigés sont également proposés en guise d’illustration.
Cet ouvrage pédagogique est d’un apport essentiel pour tout étudiant de premier cycle de l’enseignement supérieur en Histoire.

Pr Emmanuel GHOMSI,

Enseignant d’Histoire (retraité), Université de Yaoundé I
AVANT-PROPOS
Cet ouvrage de méthodologie s’adresse à ceux et à celles qui doivent affronter une épreuve écrite d’Histoire (dissertation ou commentaire de documents), aux étudiants de premier cycle de l’enseignement supérieur, tout spécialement aux étudiants des Facultés des Arts, Lettres et Sciences Humaines et des Ecoles Normales Supérieures (Départements d’Histoire et de Géographie).
L’Histoire n’est pas une simple matière de mémoire, mais une discipline d’éveil, de réflexion et d’ouverture au monde des hommes et des femmes, dans lequel elle permet de mieux se situer, que ce soit dans l’espace ou dans le temps.
Il ne viendrait à l’esprit de personne de préparer une épreuve écrite de Mathématiques ou de Sciences physiques en étudiant seulement la théorie et en se dispensant de faire des exercices. La préparation à une épreuve écrite d’histoire exige un entraînement semblable qui aiguise l’observation, aide la mémoire et assure le jugement.
Cet ouvrage propose justement un entraînement à l’épreuve écrite d’histoire, afin de permettre l’acquisition d’une méthode qui rende plus autonome et plus ouvert celui ou celle qui étudie cette discipline.
Nous pensons que ce modeste travail sera accueilli avec ferveur par les utilisateurs, c’est-à-dire les étudiants et leurs professeurs, et que ces derniers se feront un devoir de nous signaler ses imperfections, pour nous permettre de l’améliorer à l’avenir.
Nous voudrions, pour terminer, dire que ce travail, si provisoire soit-il, n’aurait pas pu être accompli si nous n’avions bénéficié des encouragements de nos anciens professeurs des universités du Cameroun, de Paris I (Panthéon-Sorbonne) et de Paris XII.
Nous tenons à exprimer notre reconnaissance aux professeurs Emmanuel Ghomsi, Mouctar Bah Thierno, Hélène Carrère d’Encausse, Jean Baptiste Duroselle, Catherine Coquery Vidrovitch, Hélène Topor d’Almeida, Marc Michel, et à titre posthume, Maurice Mveng Ayi et Engelbert Mveng.
Le grand témoin et aide indiscutable dans la gestation de cet ouvrage reste mon épouse, Angèle Marie Colette, qui m’a apporté son soutien moral. A elle, et à tous mes admirables collègues des départements d’Histoire et de Géographie de l’Ecole Normale Supérieure et de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Yaoundé I, je reste reconnaissant.
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Ce n’est pas un manuel d’Histoire présentant les connaissances requises au premier cycle des Facultés des Arts, Lettres et Sciences Humaines et/ou des Ecoles Normales Supérieures. Ici, il s’agit de préserver, de consolider ou de compléter les connaissances déjà acquises dans l’enseignement secondaire général concernant les travaux que vous aurez à réaliser (le commentaire de documents et la dissertation historiques).
Cet ouvrage se veut avant tout pratique et pragmatique. Issu de maintes années d’enseignement de l’Histoire, notamment au premier cycle des établissements universitaires (Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines, Ecole Normale Supérieure), il rassemble un certain nombre de conseils simples mais précis.
Toutefois ces conseils ne sont pas très utiles s’ils ne sont pas suivis d’exercices d’application. C’est pourquoi tous les corrigés qui sont proposés sont précédés d’un travail préparatoire qui oriente sur la manière de choisir une problématique, de définir un plan, d’éviter les erreurs les plus communes qui ont été observées lors des concours, des examens, mais aussi des devoirs et des séances de « colles ».
Plutôt que de lire, voire d’apprendre des solutions corrigées proposées, il est préférable de s’exercer à bâtir une problématique et un plan à partir des sujets proposés et de ne vérifier qu’ensuite les solutions proposées. C’est en répétant cet exercice que l’étudiant ou le candidat peut améliorer rapidement ses performances.
Cet ouvrage de méthode pour le commentaire et la dissertation historiques comprend deux parties distinctes :
le commentaire de documents historiques ;
la dissertation historique.
Dans la première partie, l’explication de textes et le commentaire de documents historiques sont des exercices essentiels à l’acquisition du métier d’historien. Du premier au second cycle de l’enseignement supérieur, examens et concours comprennent toujours des épreuves de ce type. Cet ouvrage expose les finalités de tels exercices, dont l’esprit est par excellence celui de l’investigation scientifique à partir d’une "source". Il met en garde contre les erreurs communément commises. Il présente les étapes et les outils de la recherche documentaire, de l’identification des contenus historiques propres à chaque document et de la mise en forme d’un devoir. L’explication s’appuie sur de nombreux exemples, commentés dans le détail. Quatre explications de textes historiques et deux commentaires de documents non textuels ont été entièrement rédigés.
Dans la deuxième partie, la méthode consiste d’abord à donner des conseils généraux relatifs aux différentes dissertations historiques proposées lors de l’épreuve d’histoire au premier cycle de l’enseignement supérieur. L’établissement d’une typologie de sujets d’histoire et de plans permet d’identifier plus aisément les sujets rencontrés et de déterminer, dans ses grandes lignes, la démarche à suivre pour mener à bien l’étude demandée. Ensuite, nous avons proposé six corrigés détaillés comprenant pour chaque sujet. : le libellé intégral du sujet, le travail préparatoire au brouillon et le corrigé proprement dit.
Notre seule ambition est que ce livre puisse aider les étudiants en Histoire du premier cycle de l’enseignement supérieur (Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines, Ecoles Normales Supérieures) et qu’il leur permette d’améliorer leurs résultats en les dotant de bases méthodologiques nécessaires – ambition aiguillonnée par l’expérience parfois difficile mais toujours stimulante du métier d’enseignant.
Première partie LE COMMENTAIRE DE DOCUMENTS HISTORIQUES
Cette première partie de l’ouvrage comporte deux chapitres :
1- conseils pour le commentaire de documents historiques ;
2- quelques exemples de commentaires de documents historiques.
Chapitre I LE COMMENTAIRE DE DOCUMENTS HISTORIQUES : THEORIE ET METHODE
L’histoire, par définition, est connaissance par traces. Ces traces ou documents sont de diverses natures. Il s’agit de textes écrits (discours, mémoires, articles de presse, textes officiels et diplomatiques), de cartes, de données statistiques, de documents iconographiques (photos, images) et de culture matérielle (vestiges archéologiques…). Le rôle de l’historien est d’observer, de lire, de critiquer, d’expliquer les documents et leurs contextes dans le but de reconstituer le passé ; d’où l’importance du commentaire en histoire. Ce commentaire de documents historiques exige une méthode rigoureuse.
I- LES TEXTES
A- Qu’est-ce qu’un commentaire de textes historiques ?
Un commentaire de textes historiques est un genre hybride, mais il comporte quelques exigences méthodologiques fondamentales.
1- Un genre hybride
Le commentaire de textes historiques est un exercice de type universitaire permettant le contrôle des connaissances de l’étudiant dont il faut vérifier les savoirs, tester la réflexion et apprécier les qualités d’expression écrite ou orale. Le commentaire est un exercice de critique historique fondé sur la démarche analytique. En ce sens, il s’agit d’une technique formatrice, d’une véritable initiation au métier d’historien. L’exercice du commentaire permet une vérification des connaissances et favorise un apprentissage d’une démarche. Sa difficulté à laquelle s’ajoute l’ambiguïté de notre discipline qui prétend à la rigueur scientifique ne lui fait pas renier ses origines littéraires.
2- Une triple exigence
Le travail du commentaire comporte essentiellement trois exigences : expliquer, critiquer, exposer .
a) Expliquer
Expliquer, c’est étymologiquement, déplier ce qui était plié, replié, c’est à dire caché. Expliquer un texte historique c’est rendre clair, du moins s’efforcer de rendre clair ce qui était obscur (par exemple : des termes techniques d’ordre politique, économique ; ou encore des allusions, ou même parfois des silences révélateurs). Un texte historique est rarement innocent, car il est un moyen d’accréditer, auprès des lecteurs, une version partiale ou partielle des faits rapportés ; il faut essayer de percer les intentions de son auteur. Pourquoi s’exprime-t-il ainsi ? Analyser comment il s’exprime est également utile, bien que, dans ce domaine, on ne puisse demander à un étudiant ou un candidat le savoir d’un spécialiste.
b) Critiquer
Il s’agit de trier les informations contenues dans le texte pour n’en retenir que celles qui sont utiles. Pour ce faire, il faut :
vérifier l’information : se poser les questions sur sa cohérence, sa crédibilité, son authenticité… ;
hiérarchiser l’information : déterminer ce qui est essentiel, secondaire et autres ;
sélectionner l’information en fonction du sujet principal du texte à commenter en tenant compte de l’intention qui se cache derrière la qualité de chaque information. Une information fausse peut être plus significative qu’une information juste mais anecdotique.
c) Exposer
Il s’agit de présenter ses résultats, de les transmettre au lecteur. Il faut donc le convaincre par la qualité de votre interprétation. Pour cela, il vous faudra :
Une expression française claire . En Histoire, le français n’est pas moins nécessaire qu’en Lettres, afin, tout simplement, d’être compris du lecteur. D’où l’importance d’une langue grammaticalement correcte et d’un vocabulaire adéquat, c’est-à-dire non équivoque et approprié à la problématique tout en refusant le jargon à la mode.
Une argumentation convaincante , c’est-à-dire solidement charpentée et avec des articulations logiques évidentes.
L’idéal serait ainsi de joindre à l’élégante rigueur d’une démonstration mathématique le talent du peintre ou du romancier, capables de restituer la densité et la saveur du vécu. A vous lire, on doit avoir l’impression que, grâce à vous, le texte est devenu une clef pour un passé immédiatement tangible.
B- La réussite du commentaire
Pour réussir votre exercice de commentaire, il vous suffit de bien organiser le travail préparatoire et d’éviter quelques écueils.
1- Travail préparatoire
Un commentaire de texte historique se bâtit en plusieurs phases. Nous avons décliné cette préparation en dix étapes pour vous guider et pour vous aider à mémoriser cette méthode. Il s’agit évidemment d’une méthode parmi d’autres. Chacun a ses "trucs" et il est seulement question ici d’aider ceux qui souhaitent s’initier au commentaire de documents en histoire à élaborer leur propre méthode. D’autres y trouveront peut-être tout juste quelques moyens d’améliorer leur façon de faire…
a) Prenez connaissance du texte
Lisez plusieurs fois attentivement le texte. Pour bien lire le texte, il est vivement conseillé de le lire au moins quatre fois.
Une première lecture d’un œil naïf : vous vous contenterez de découvrir le texte dans toute sa fraîcheur, en vous libérant de toutes connaissances et sans vous laisser influencer par quelque arrière-pensée, suggérée notamment par le titre (toujours partiel, souvent trompeur).
Une deuxième lecture permet la numérotation du texte . Numérotez votre texte de cinq lignes en cinq lignes (lignes 1, 5, 10, 15, 20, etc.). Ce système pratique de repérage facilite l’exploitation du texte : les passages destinés à être cités, les termes ou sigles méritant explication ou critique seront plus vite retrouvés.
Une troisième lecture avec un stylo à la main pour repérer et souligner les mots difficiles, les allusions et références à des personnages, des évènements et à des lieux, les principales articulations du texte, les citations à retenir…
Une quatrième lecture ou lecture critique pour détecter les erreurs, les affirmations de l’auteur qui vous paraissent critiquables ou discutables… Observez le texte dans sa configuration générale et dans le détail, définissez précisément sa nature (discours, mémoires, texte officiel, article de presse).
Il faut prendre du temps pour cette opération qui est l’une des plus délicates et ne pas se lancer à l’aveuglette.
b) Abordez le texte de manière globale
S’il s’agit d’un texte, repérez sa construction en dégageant le plan et le sens général, définissez son contenu. Evaluez sa dimension littéraire et mettez en évidence les effets recherchés par l’auteur. Demandez-vous en quoi ces effets ont pu modifier la nature de l’information.
S’il y a plusieurs textes à commenter, étudiez leurs points communs mais aussi leurs différences.
c) Recherchez le vocabulaire
Cherchez dans le texte les mots et expressions relevant de la géographie et de la chronologie, ainsi que les sigles, termes techniques appartenant au vocabulaire économique, social, politique, diplomatique, culturel, religieux et les mots dont le sens est mal connu.
Faites des listes et explicitez les termes l’un après l’autre à l’aide de dictionnaires, de manuels, de vos notes de cours et de travaux dirigés ; éventuellement, complétez par des lectures spécialisées.
d) Etudiez le texte comme source
Identifiez le type ou le genre, la nature, le titre, l’auteur, l’intérêt historique, la date du texte.
Le type ou le genre d’un texte est déterminé par les problèmes abordés par le document. Ces problèmes peuvent être de différents ordres (social, économique, politique, diplomatique, culturel et religieux). Les textes importants se définissent souvent par la complexité des problèmes évoqués et peuvent de ce fait appartenir à plusieurs catégories de documents.
La nature d’un texte correspond à la place qu’il occupe dans la classification des sources historiques. Les documents qui vous sont proposés sont généralement des textes . Les textes peuvent être divisés en quatre groupes principaux : les discours , les mémoires , les textes officiels et les articles de presse . D’autres documents existent (statistiques, cartes, documents iconographiques…), mais ils ne sont que très rarement proposés en tant que tels aux concours d’entrée des grandes écoles.
Le titre d’un texte permet de discerner le domaine auquel appartient le texte. Le titre peut donner aussi des renseignements d’ordre chronologique. Ce titre n’est pas forcément « d’époque », il a pu être donné après coup et suppose parfois une certaine façon de voir les choses.
Repérer le nom de l’auteur . En fonction du thème du texte, penser à noter les principales dates qui ont marqué sa vie et son action ( biographie ).
Quelle est la position de l’auteur par rapport aux événements décrits : acteur, témoin, analyste… ?
S’il s’agit d’un acteur , sa description des événements vous paraît-elle déterminée en priorité par le souci de justifier son attitude (plaidoyer pro domo ) ?
S’il s’agit d’un témoin ou d’un analyste , son attitude par rapport aux événements vous paraît-elle tendre à l’objectivité ?
Dégager l’intérêt historique du texte est une étape importante qu’il ne faut pas sauter. Il existe généralement plusieurs enjeux historiques et historiographiques dans les textes qui sont choisis par vos enseignants pour vous initier à l’étude d’une période de l’histoire en même temps qu’à la méthode du commentaire. Vous pouvez en identifier quelques-uns à cette étape de votre travail. Demandez-vous par exemple : pourquoi le texte proposé a-t-il été choisi plutôt qu’un autre. Il va falloir maintenant donner à ce texte son statut de source pour l’histoire et établir très précisément ce statut. Cela passe par une caractérisation de la nature de la source. A quel type de source historique faut-il remonter ?
La date de composition d’un texte est très importante pour apprécier la valeur du texte concerné en tant que source historique. Si les textes sont souvent dotés d’une certaine chaleur, la réflexion d’ensemble, qui exige un certain recul, est souvent absente de ces documents, qui constituent les sources de première main ou sources primaires . Une certaine distance par rapport aux événements facilite le travail d’analyse mené par un historien. Elle peut être souvent devinée grâce à une lecture des travaux de l’historien, qui appartiennent à l’ensemble des sources de seconde main ou sources secondaires .
e) Faites l’analyse complète et systématique du texte
Il s’agit évidemment de l’analyse linéaire et détaillée du texte qui va par la suite fournir la matière de votre commentaire. Les étapes préliminaires vont vous aider à dégager les éléments les plus intéressants.
Une analyse ne consiste pas à répéter ce que dit un texte, ni à dire autrement ce qu’il dit déjà. Votre commentaire risquerait de n’être qu’une paraphrase .
Une analyse consiste à interroger un texte, à le comparer à d’autres, à mettre en parallèle et éventuellement en contradiction plusieurs éléments, à expliciter les points obscurs. Il s’agit donc de relever et développer tout ce qui mérite une définition (les termes institutionnels, par exemple), une explication (comme les allusions à élucider, les problèmes historiques, le vocabulaire technique, les personnages, les lieux à identifier, etc.) ou une critique d’une affirmation que l’on peut infirmer ou confirmer, d’un gauchissement des faits, d’une forme de partialité de l’auteur, d’une omission, etc.
f) Dégagez le thème principal
Si vous ne savez pas encore très bien quel est le thème principal du texte, vous pouvez provisoirement en identifier deux : vous choisirez plus tard.
Pour dégager le thème principal, énumérez les thèmes qui sont évoqués dans le texte ou qui ressortent de l’analyse, puis choisissez-en un. Soit ce thème se dégagera de lui-même, soit il vous faudra le choisir en fonction de sa pertinence et de son intérêt, soit encore il vous faudra trouver le moyen de synthétiser plusieurs thèmes. Pensez notamment à rattacher ce thème à celui qui est développé en cours… Cela peut vous éviter quelques déconvenues.
Une fois défini le thème principal, définissez précisément la manière dont le document l’aborde .
g) Etablissez une bibliographie
Toute préparation d’un commentaire de texte historique faite à domicile exige la recherche des ouvrages plus particulièrement utiles à la réalisation du commentaire. Une erreur « d’aiguillage », une matière trop abondante et mal maîtrisée peuvent faire perdre du temps et nuire à l’efficacité du travail. Là encore, quelques règles simples aident à éviter certains écueils. La plus efficace est de partir de la bibliographie élaborée par vos professeurs et imprimée dans votre fascicule de textes ou, à défaut, d’un manuel récent. A partir de deux ou trois titres, vous pourrez « remonter » dans la bibliographie en ajoutant des ouvrages plus spécialisés et en vous constituant votre propre bibliographie. Vous pouvez compter ainsi sur les fichiers « matières », « auteurs » et électroniques des bibliothèques qui permettent une entrée par mot-clé et sur certains sites web recommandés dans les portails spécialisés. Par le biais d’un moteur de recherche vous pouvez enfin accéder aux sites d’équipes de recherche dont certaines vous fourniront des indications bibliographiques.
Lorsqu’on s’engage dans des études supérieures, il faut également se préparer à lire les textes en anglais. En histoire, il est difficile d’exclure de la bibliographie les ouvrages écrits en anglais. Commencez à vous familiariser avec la lecture de l’anglais académique ; elle n’est pas si difficile. D’autres langues (l’espagnol, l’allemand etc.) sont souvent nécessaires et dépendent du champ d’étude.
h) Lisez le plus possible et les ouvrages les plus pertinents
L’objectif est de rassembler des idées générales sur le thème principal, de rechercher des idées précises sur des points qui vous posent des problèmes, de mettre en évidence (rappeler) des débats historiographiques qui peuvent diviser la communauté scientifique sur votre texte, enfin de continuer à expliciter le texte. N’oubliez jamais qu’il vaut mieux travailler sur un petit nombre d’ouvrages, choisis avec pertinence, plutôt que de se noyer dans une bibliographie-fleuve mal maîtrisée. La bibliographie doit reposer sur l’inventaire préalable de vos besoins pour un travail précis et non pas sur une vaine prétention à l’exhaustivité. Pensez donc à travailler dans une bibliothèque bien fournie ou à fréquenter plusieurs bibliothèques.
Enfin, gardez toujours un dictionnaire et une grammaire sur un coin de votre table. Ils vous serviront à tout moment.
i) Elaborez une problématique
Une problématique est un fil directeur qui permet de proposer une analyse du texte appréhendé dans sa globalité.
Vous ne devez formuler qu’une problématique et une seule. Il faut l’annoncer en introduction.
Une problématique est un fil directeur « intelligent » : elle offre à la réflexion historique le moyen de progresser au fur et à mesure de l’analyse, elle dégage des enjeux historiographiques et elle vise à susciter la curiosité en mettant en évidence l’intérêt du texte. Elle est en quelque sorte le moteur qui permet au commentaire d’être dynamique.
Avec une bonne problématique, on a une bonne introduction et un bon plan. La difficulté en effet, ce n’est pas de répondre aux questions, c’est de poser les bonnes questions.
Par ailleurs, comme on vous évaluera non seulement sur vos connaissances mais aussi sur votre capacité d’analyse, avec une bonne problématique, vous serez assuré(e) d’avoir la moyenne. A condition évidemment de la développer ! Il ne suffit pas seulement de l’énoncer en introduction.
j) Dressez le plan du commentaire en fonction de la problématique choisie
Il n’y a pas de plan type. Chaque texte a une spécificité qui commande la manière de l’aborder. On ne commente pas de la même manière un document de la pratique (un acte législatif, un registre, un acte notarié, etc.) ou un document subjectif (des mémoires, un pamphlet…). Sur votre feuille de brouillon, établissez un plan complet, équilibré et ordonné de votre commentaire de texte historique. Il existe généralement deux types de plan {1} :
Un plan linéaire : le texte forme un ensemble bien articulé, il est aisé d’en déterminer les divisions en suivant l’ordre du texte. Indiquez alors le début et la fin de chaque partie en citant les premiers et les derniers mots, et en définissant le contenu.
Un plan thématique : le texte ne présente pas d’ordre apparent ; rassemblez les allusions éparses et choisissez les subdivisions en fonction des centres d’intérêt ou des thèmes principaux que vous pouvez déterminer.
En règle générale : évitez les plans à tiroir, les plans d’exposition, les plans descriptifs, les présentations répétitives et systématiques. Si vous avez plusieurs textes à commenter, évitez de séparer les différents textes (exemple : I le premier texte ; II le deuxième texte ; III le troisième texte), car c’est précisément la comparaison des textes et la synthèse qui sont intéressantes.
En vous aidant de ce plan-canevas ou plan détaillé, rédigez votre commentaire : vous le nourrirez d’une information simple et concise, suffisamment explicative pour démontrer que vous possédez les repères historiques de base et que vous savez intelligemment les agencer et les utiliser.
2- Quelques écueils à éviter
Il existe trois écueils à éviter qui sont bien connus des étudiants en histoire et de leurs professeurs :
la paraphrase ;
la dissertation ;
le manifeste politique.
a) La paraphrase
Ne paraphrasez pas le texte . Le recopier en changeant l’ordre des phrases et en utilisant des synonymes ne présente aucun intérêt. Vous n’aurez rien expliqué. Le correcteur sanctionnera car il sera amené à penser que non seulement vous ne maîtrisez pas la méthode du commentaire de textes historiques, mais aussi que vous cherchez à masquer votre ignorance.
b) La dissertation
Ne dissertez pas à propos du texte , transformant le sujet de type commentaire en sujet de type dissertation. Ce n’est pas parce que De Gaulle prononce à Alger, un discours, le 4 juin 1958, « Je vous ai compris », que l’exercice est assimilable à une dissertation sur la guerre d’Algérie (1954-1962). De même, le fait que la Résolution 242 du Conseil de Sécurité de l’ONU du 22 novembre 1967 porte sur le Moyen-Orient ne doit pas vous inciter à décrire par le menu les événements dont cette région a été le théâtre depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
c) Le manifeste politique
Ne confondez pas copie d’histoire et manifeste politique . C’est votre liberté de citoyen d’approuver les idées ou d’être en désaccord avec Gamal Abdel Nasser, Joseph Staline, Charles de Gaulle, Félix Houphouët Boigny, Léopold Sedar Senghor ou Jean-Paul II, etc. Mais votre devoir doit viser à comprendre et expliquer, non à louer ou à critiquer.
C- La rhétorique du commentaire
Les règles de présentation du commentaire d’un texte historique sont familières à ceux qui ont déjà rédigé un commentaire composé en français. Car il s’agit d’un exercice voisin, à cette différence près qu’il porte non pas sur un sujet de réflexion donné, mais sur un texte historique qui suscite votre réflexion personnelle. Dans le commentaire d’un texte historique, la présentation du texte peut tenir lieu d’introduction ; le corps du devoir, c’est-à-dire le développement sera l’obligation d’expliciter, d’éclairer les sous-entendus, les éléments implicites, les points obscurs du texte en apportant des informations qui faciliteront sa compréhension. La mise en lumière de l’enseignement fourni par le texte peut servir de conclusion.
1- L’introduction
Elle doit être simple, claire et précise (15 à 25 lignes). Elle comprend une présentation rapide, par une phrase d’entrée en matière, du sujet abordé, lequel n’est pas supposé connu de votre auditoire ou de votre lecteur. Evitez les commencements maladroits du type : « Le texte que nous devons expliquer ou commenter… », « Ce texte qui nous est présenté… » « Ce texte qui est soumis à notre réflexion ou à notre appréciation,… perspicacité ou sagacité… ». Votre introduction doit ensuite préciser :
La nature du texte : s’agit-il d’un discours (exemple : Houari Boumedienne, le discours à l’O.N.U. sur le Nouvel ordre économique mondial, 10 avril 1974), d’un texte officiel et diplomatique (exemples : les accords de Yalta, 11 février 1945 ; les principes du Concile de Vatican II), d’un article de presse (exemple : l’éditorial du Monde du 17 octobre 1964, la destitution de Nikita Khrouchtchev), d’un extrait de Mémoires (exemple : Moshe Dayan, La guerre du Kippour) ? Selon le cas, la qualité des informations délivrées varie, l’éclairage sur la réalité historique change. Dans le cas d’un document officiel et diplomatique (exemple : la Résolution 242 du Conseil de Sécurité de l’ONU), la connaissance de l’institution qui l’a produit (le Conseil de Sécurité de l’ONU) permet de préciser les choses.
L’auteur : individuel ou collectif, parfois anonyme… Dans ce dernier cas, n’inventez pas. Faites une présentation succincte de l’auteur : fournir les informations susceptibles d’aider à la compréhension du texte (préciser sa fonction, sa carrière et son rôle dans l’histoire), mais éviter de faire la biographie complète de l’auteur. Quelques lignes suffiront pour situer le texte dans sa carrière. S’il s’agit d’un discours prononcé par le général De Gaulle à Alger, le 4 juin 1958, « Je vous ai compris », il est ainsi totalement inutile de rappeler son action pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). En revanche, il est important de remarquer qu’il prononce son discours alors qu’il vient d’être investi Président du Conseil français (ce qui équivaut aujourd’hui à la fonction de Premier ministre, chef de gouvernement). Il importe de pouvoir écrire quelques lignes sur la vie des grands chefs d’Etat de la période contemporaine.
La date, le contexte historique, le(s) destinataire(s) : le texte a-t-il été écrit au moment des événements, peu après ou longtemps après ? Dans quel but ? La présentation du contexte historique renvoie aux circonstances ayant eu une influence certaine ou probable sur la rédaction du texte ; composantes de la situation, milieu social, conjoncture économique, atmosphère de l’époque. Ecartez délibérément tout ce qui n’éclaire pas directement le texte. Il convient également de préciser le ou les destinataires du texte. Sous la II e République camerounaise, le Président de la République produira sur le même thème des discours différents, selon qu’il s’adresse au Premier ministre, aux parlementaires de sa majorité ou de l’opposition, aux membres de son parti… ou à son épouse.
Une analyse globale et rapide – donnez en quelques lignes, l’essentiel de la substance historique du texte, en vous abstenant systématiquement de tout commentaire – est nécessaire quand le texte est confus (également dans le cas de documents statistiques et iconographiques) ou lorsqu’on doit expliquer plusieurs textes conjointement. Si le texte est concis et bien charpenté, cette étape est moins indispensable.
L’introduction s’achève avec la définition d’une problématique {2} centrée sur les questions soulevées par les idées directrices du texte. L’annonce du plan doit se faire d’une manière subtile. Surtout, éviter des expressions comme : « Je vais dans la première partie… et dans une deuxième partie… ». L’introduction va donc du général (présentation du thème) au particulier (problématique et plan) {3} .
2- Le développement
C’est ce qui dépend le plus de la spécificité du texte. Schématiquement, il y a deux méthodes, donnant trois solutions.
a) La mauvaise méthode
Construire le commentaire en deux phases successives, correspondant aux deux démarches définies plus haut : expliquer (éclaircir ce qui est obscur), critiquer (dégager l’information utile). D’où un plan en deux parties, correspondant pour la première à l’explication détaillée, et pour la seconde à l’analyse de la portée historique. Le risque de ce type de plan est double : faire de la paraphrase suivie d’une dissertation ou tomber dans les répétitions, le même problème étant abordé à deux reprises.
b) La bonne méthode
Le développement doit être conforme au plan annoncé dans l’introduction, sans oublier que le commentaire doit être rigoureusement centré sur le texte et l’envisager dans sa totalité organique. Comment l’organiser ? Trois solutions s’offrent à vous, qui ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients.
Vous pouvez distinguer, dans le texte, un certain nombre de thèmes majeurs associés à des thèmes secondaires. Votre commentaire portera sur tout ce qui est rassemblé autour de chaque thème. L’intérêt de cette première solution (méthode thématique) est de limiter les répétitions, puisque le classement adopté permet de donner toute l’explication nécessaire à une famille d’éléments. Votre développement sera plus nerveux et plus élégant. Le risque est de perdre de vue la réalité du texte et de s’évader dans des considérations générales.
La deuxième solution (méthode littérale) consiste à mettre en lumière le plan même du texte et à faire coïncider les parties du texte : on cite un passage, puis on l’explique et enfin on le critique avant de passer aux lignes suivantes du texte. Il y a des chances qu’en vous laissant porter par le mouvement du texte, rien d’important n’échappe à votre analyse. Le danger peut résider dans les répétitions qu’un tel procédé engendre.
La troisième solution (méthode mixte) est un composé des deux précédentes.
Quelle que soit la solution adoptée, dans chaque partie de votre développement, expliquez les phrases ou membres de phrase, les sigles, termes techniques d’ordre politique, économique, social, diplomatique, culturel et religieux, les allusions et références à des personnages, des évènements et des lieux relevés dans votre feuille de brouillon, s’ils paraissent obscurs, archaïques ou spécialisés. Il peut arriver que des éléments vous fassent défaut (surtout en trois heures un jour d’examen) pour élucider tel ou tel point du texte. N’hésitez pas à le dire. L’aptitude à poser un problème vous vaudra certainement la compréhension du correcteur pour un manque de connaissances.
Vous pouvez nuancer ou contredire telle ou telle affirmation, ou analyse de l’auteur, à condition d’étayer votre critique par des arguments solides. Repérez les omissions et les éventuelles contradictions. Toutefois, dans ce domaine, soyez prudent : les textes proposés ne sont souvent que des extraits ; il est possible que ce qui paraît manquer se trouve dans une partie non reproduite du texte.
Citez, avec le ou les numéros des lignes, les passages du texte auxquels renvoie chaque partie du développement. Attention : toute citation du texte doit être suivie (et non précédée) d’une ou de deux phrases d’analyse. Pas de citation sans analyse ! Aucune citation n’a valeur d’autorité : elle ne vaut que par l’analyse que vous en faites.
Donnez des titres aux différentes parties et faites des transitions pour passer de l’une à l’autre.
3- La conclusion
Pour conclure le commentaire d’un texte historique, il y a également deux méthodes :
la mauvaise méthode ;
la bonne méthode.
a) La mauvaise méthode
En rédigeant la conclusion de votre commentaire, il faut éviter en premier lieu les confusions méthodologiques. Réservez aux dernières lignes votre appréciation personnelle. Celle-ci ne doit apparaître que de manière sous-jacente dans le corps du commentaire et doit toujours être étayée par des arguments découlant du texte. N’oubliez pas en outre que vous devez vous efforcer de tendre à l’objectivité.
En deuxième lieu, il convient d’éviter toute affirmation à caractère politique trop marqué, quand elle n’est pas appuyée sur des faits évoqués dans le texte et sur une discussion serrée de ceux-ci. Vous devez adopter, dans la mesure du possible, un ton modéré et éviter de trancher trop nettement, à la lumière de l’évolution historique.
b) La bonne méthode
La conclusion doit être claire et concise (10 à 20 lignes). Elle a pour but de dégager les résultats auxquels on est parvenu, et de saisir la valeur globale du texte. Il s’agit à ce niveau de faire le bilan de votre travail, de présenter en quelques lignes les résultats de l’étude en faisant ressortir :
l’intérêt historique du texte qui consiste à mettre en évidence ses apports à la connaissance de certains faits, de certains personnages, de certaines mentalités ou institutions.
la portée historique du texte à court et à moyen terme qui consiste à relever les conséquences proches ou lointaines que le texte a entraînées ou contribué à entraîner.
la critique du texte qui consiste à faire ressortir les limites du témoignage analysé (ce qui n’a pas été dit et devait être dit), les erreurs (déformations des faits), les omissions, les imperfections d’une argumentation.
il faut enfin faire une ouverture ou une perspective . Il ne faut pas confondre perspectives et prédictions (donc éviter : « Qu’arrivera-t-il demain ? » ou « Qu’en sera-t-il désormais ? »), ni perspectives et incantations (donc éviter : « Espérons que tout ceci s’arrangera… »). Une conclusion n’est pas un résumé de votre devoir. Vous devez aussi apporter du neuf en jetant un regard distancié sur votre propre travail ou en replaçant votre thème de réflexion dans une perspective plus large. C’est ce qu’on appelle « ouvrir » une conclusion. Le schéma d’une conclusion est exactement l’inverse de celui d’une introduction ; c’est donc un diagramme en pyramide inversée.
Cela ne signifie pas qu’il faut poser une nouvelle question. Elle suggèrerait que vous n’avez pas épuisé le sujet, que vous venez d’en découvrir la portée ou, pire, que vous avez enfin trouvé une problématique.
La conclusion doit être aboutie, réfléchie, et surtout pas bâclée. Un jour d’examen, vous pouvez même la rédiger immédiatement après avoir rédigé votre introduction (en l’écrivant, au propre, sur une feuille intercalaire), de manière à ne pas la rédiger à la va-vite, au dernier moment.
D- La mise en forme du commentaire
Le commentaire peut se présenter sous une forme orale (en général 20-30 minutes) ou sous une forme écrite (le plus souvent deux ou trois copies-doubles).
1- Le commentaire de texte à l’oral
Veillez – c’est là une évidence – à ne pas lire vos notes mais parler en vous détachant du texte préparé. Vous pouvez éventuellement rédiger l’introduction et la conclusion, qui nécessitent une certaine adresse.
Respectez votre temps de parole. En effet, le respect des temps imposés constitue une obligation académique. En règle générale, le commentaire d’un texte historique à l’oral prévoit un horaire à ne pas dépasser et vous devez tenir votre temps. N’oubliez pas en tout cas de vous présenter avec une montre (pas un téléphone portable, interdit en salle d’examen et en cours) et de la regarder fréquemment (bien que discrètement).
Pour vous entraîner, répétez chez vous une ou deux fois la veille, à votre bureau ou plutôt devant un camarade, un colocataire ou un membre de votre famille qui pourra vous donner un avis extérieur. Et tenez compte des remarques qui vous auront été faites en même temps que vos problèmes de gestion du temps.
Pour tout commentaire de texte historique à l’oral, l’utilisation ordonnée du tableau noir est vivement conseillée. Vous avez dès lors intérêt à diviser ce tableau en deux. A gauche (par exemple), vous inscrivez les notions et les noms propres dont l’orthographe peut poser un problème à votre auditoire (comme à vos futurs étudiants ou élèves). Vous reporterez à droite, au fur et à mesure, le plan que vous suivez.
A l’oral, montrez de l’intérêt pour le texte : si vous vous ennuyez, tout le monde s’ennuiera avec vous et ce sera une faute grave. Soyez agréable à écouter. Regardez vos camarades, en ayant conscience que vous leur apprenez quelque chose. Dans la plupart des cas, vous serez seul (avec l’enseignant, bien sûr) à connaître le sujet dont traite le document.
2- Le commentaire d’un texte historique à l’écrit
Il y a peu de différences avec le commentaire oral, en dehors du fait qu’il faut passer à un mode d’expression écrit et donc soigner la langue et le style. Le commentaire de texte à l’écrit est particulièrement difficile, car il requiert autant de connaissances que la dissertation historique et il mobilise, de surcroît, deux types de savoir-faire :
il implique d’adopter une démarche d’historien afin d’éviter les contresens du texte et d’en apprécier la portée. L’étudiant est invité à procéder à une véritable critique interne du document : qui est l’auteur, quand a-t-il écrit ce texte, qu’a-t-il voulu dire, de quoi/de qui parle-t-il ? Est-il sincère ou non, quelle est la valeur de son témoignage, est-il témoin direct, « oculaire » des évènements ou se contente-t-il de rapporter les faits ? Autant de questions dont les réponses doivent constituer l’ossature de votre commentaire et vous aider à mieux comprendre le texte.
il implique également de maîtriser parfaitement les techniques d’expression écrite . En effet, il est nécessaire de présenter son devoir d’une manière ordonnée et logique tout en s’appuyant sur le texte. Il faut, en particulier, savoir maîtriser la technique de la citation afin d’éviter les écueils de la paraphrase ou du hors sujet.
La technique de la citation est délicate. L’idéal est d’arriver à la lier à la phrase qui la précède, ce qui permet d’éviter une fâcheuse impression de « collage ». A cet effet, il convient de préparer la citation en introduisant un mot ou un groupe de mots proches de l’idée que doit illustrer l’extrait du texte choisi. Les références du texte doivent toujours être données mais de manière à ne pas gêner la lecture.
Vous pouvez éventuellement faire des coupes dans le texte (à condition que cela ne nuise pas à sa compréhension) en les signalant par des crochets […]. Vous pouvez aussi modifier un mot (par exemple, remplacer un pronom par le nom du personnage en question, modifier le temps ou le mode du verbe) en plaçant la modification entre deux crochets droits […]. En tout cas, le lecteur ne doit être obligé d’avoir le texte sous les yeux pour comprendre votre commentaire.
En définitive, un bon commentaire de texte historique se reconnaît facilement : c’est celui qui permettrait, dans le cas où le texte serait perdu, de le reconstituer. C’est un commentaire :
qui distingue clairement ce qui appartient en propre au texte et ce qui relève de votre analyse ;
qui ménage une progression logique, suivant les étapes de votre raisonnement, et qui guide votre lecteur ou votre auditoire ;
qui cite abondamment le texte et fait suivre toute citation d’une brève analyse, qui comporte donc à la fois des analyses de détail (éclaircissement du texte, interprétations…) et une analyse d’ensemble (emmenée par la problématique).
En dernier ressort, un commentaire de texte historique n’est pas un exercice d’érudit. Il requiert des qualités simples que l’on peut attendre de tout étudiant en Histoire : expliquer clairement le sens et la portée d’un texte historique, utiliser les connaissances générales que l’on peut avoir à son sujet, faire preuve d’un bon esprit critique.
Bibliographie indicative
● Ouvrages généraux
DEVEZE Marc et MARX Roland, Textes et documents d’histoire moderne. Conseils pratiques aux étudiants , Paris, SEDES, 1967.
NOUSCHI André, Initiation aux sciences historiques , Paris, Nathan, 1984.
● Ouvrages spécialisés
BRUNET Jean Paul et PLESSIS Alain, Explication de textes historiques , Paris, Armand Colin, 1970.
NOUSCHI André, Le commentaire de textes et de documents historiques , Paris, Fernand Nathan, 1969.
SALY Pierre et SCOT Jean-Paul, Le commentaire de documents en histoire , Paris, Armand Colin, 1997.
II- LES DONNEES STATISTIQUES
Le commentaire de données statistiques ne doit pas consister à paraphraser les documents, en se bornant à en répéter ou à en décrire les données statistiques. Il ne doit pas non plus consister à réciter le cours auquel se rapportent les documents. Il vise à construire une synthèse problématisée à partir d’un ensemble de données chiffrées. Parfois fort périlleux, cet exercice impose de respecter les règles suivantes.
A- Le travail préparatoire
Les documents statistiques, graphiques, etc., parlant rarement d’eux-mêmes, des techniques particulières doivent être mises en œuvre pour en extraire l’information pertinente.
1- Connaître les définitions fondamentales et en comprendre le sens
Il postule au premier chef de connaître les définitions fondamentales et d’en comprendre le sens. Les termes du vocabulaire des statistiques économiques à connaître ne sont pas très nombreux. Mais ils ont une définition très précise que vous devez maîtriser parfaitement afin de ne pas commettre d’erreur dans la compréhension du contenu du document. Il ne faut pas confondre le produit intérieur brut (PIB) et le produit national brut (PNB), la productivité et le rendement, l’inflation et la hausse des prix, etc. {4}
2- Mettre en relation les différentes statistiques
Par ailleurs vous devez mettre en relation les différentes statistiques. Certaines informations peuvent être déduites en effectuant quelques calculs simples. Si l’on vous donne une série statistique sur les taux de natalité (rapport entre le nombre de naissances pendant une période et la population moyenne pendant la même période) et de mortalité (rapport entre le nombre de décès pendant une période et la population moyenne pendant la période), vous pouvez obtenir facilement la variable importante, le taux d’accroissement naturel qui peut ne pas vous être donné.
Prenons un autre exemple, dans le commentaire de documents statistiques concernant le commerce international de 1945 à 1983 [Cf. Document n° 3 : exportations de quelques pays d’économie de marché (en % des exportations mondiales), 1938-1978), p. 87], on a regroupé la part des pays d’Europe occidentale et du Japon dans les exportations mondiales à différentes dates. La comparaison des résultats avec les mêmes chiffres concernant les Etats-Unis est riche d’enseignements.
Rapprocher certains renseignements numériques apporte beaucoup. Ainsi, dans le document cité, la mise en relation des statistiques des exportations mondiales en valeur et en volume donne des indications très intéressantes sur l’inflation mondiale et son évolution.
3- Dégager la tendance générale et les différentes phases d’une évolution
Enfin, vous devez dégager la tendance générale et les différentes phases d’une évolution . Dans une série chronologique, il faut d’abord mettre en évidence la tendance générale : est-elle à l’accroissement (positif ou négatif) ou à la stabilité de la variable considérée ? Comment l’expliquer ?
L’évolution n’étant jamais parfaitement régulière, il faut ensuite identifier des phases homogènes quant au rythme de l’accroissement. Deux cas se présentent :
a) Le document est un graphique
S’il est construit avec une échelle arithmétique, on ne peut déduire de la comparaison des pentes une indication des taux d’accroissement relatif. En effet, sur ce type de graphique, la pente des courbes dépend de l’accroissement absolu (graphique n°1).
En revanche, la lecture des taux d’accroissement relatif est possible sur un graphique à échelle semi-logarithmique (graphique n° 2).



Graphique n° 1



Graphique n° 2

Entre les temps 0 et 1 d’une part, 1 et 2 d’autre part, les quantités (d’une variable quelconque) passent de 10 à 20 puis de 20 à 40), soit dans le premier cas une augmentation absolue de 10 et dans le second de 20. Mais l’accroissement relatif est identique pour les deux périodes (doublement). La différence des pentes sur le graphique 1 traduit les différences d’accroissement absolu, tandis que sur le graphique 2 la pente reste la même.
b) Le document est un tableau statistique
Une méthode simple consiste à calculer le pourcentage d’accroissement entre deux dates.
Soit Qo la quantité à la date o et Qt la quantité à la date t. Le pourcentage d’accroissement est égal à : 100 x (Qt - Qo/Qo).
Tous les pourcentages sont comparables à condition qu’ils portent sur une même durée. (Attention : lorsque entre deux périodes l’accroissement passe par exemple de 25 à 30%, il ne progresse pas de 5% mais de cinq points de pourcentage (ou points).
Si les écarts de temps entre les différentes statistiques varient, il faut alors calculer le taux moyen annuel d’accroissement par période.
Soient Qo la quantité à la date o,
Qn la quantité à la date n,
t le temps écoulé entre o et n,
r le taux moyen annuel d’accroissement.



Ceci peut paraître compliqué aux étudiants de la filière histoire. Mais leurs connaissances mathématiques sont largement suffisantes pour comprendre. Et avec un peu d’entraînement et une calculatrice dotée d’une certaine autonomie (de préférence une calculatrice à cristaux liquides), ces calculs permettront de dégager les informations essentielles grâce auxquelles vous organiserez votre commentaire.
4- La rédaction et la forme du devoir
Le commentaire de données statistiques comprend une introduction, un développement et une conclusion
a) L’introduction
L’introduction doit définir la nature des documents proposés. S’agit-il de statistiques d’époque ou de données élaborées postérieurement ? Les documents relèvent-ils de procédures courantes (recensement…) ou exceptionnelles (rapports d’experts, commission d’enquêtes etc.) ? Il faut d’emblée se pencher sur les modes d’élaboration des données proposées. Dès l’introduction, vous devez donc manifester votre esprit critique en soulevant – sans vous y attarder – les faiblesses des données proposées.
Vous devez présenter le ou les auteurs des chiffres proposés ainsi que les destinataires. En effet, la confection des statistiques ne répond pas toujours à une soif désintéressée de connaissances et les auteurs, en se livrant à de longues enquêtes, cherchant parfois à appuyer par des considérations scientifiques des thèses qui le sont moins. Grâce à d’impressionnantes colonnes de chiffres, le pouvoir stalinien exalte l’industrialisation de l’Union Soviétique, un phénomène sérieusement remis en cause aujourd’hui.
Vous devez, dans le même esprit, préciser le contexte dans lequel s’inscrivent vos données. Certes, il faut mentionner la période à laquelle les statistiques se réfèrent (précoloniale, coloniale, post-coloniale…, ancienne, moderne, contemporaine). Ne l’oublions pas, les statistiques répondent toujours à un usage et cette donnée doit impérativement figurer dans votre introduction.
Il faudra, enfin, résumer d’un trait le problème global que pose l’ensemble des données statistiques.
b) Le développement
Le développement obéit aux mêmes règles que dans le commentaire de textes historiques. Rappelons dès lors que le commentaire ne doit en aucun cas sombrer dans la paraphrase. Il faut, de même, impérativement éviter de traiter les tableaux ou les graphiques un par un – ce défaut étant sévèrement sanctionné par l’ensemble des jurys. Outre l’éclaircissement littéral des statistiques, il convient de commenter et d’analyser les phénomènes que les statistiques révèlent.
c) La conclusion
La conclusion dresse enfin un bilan raisonné de la démonstration qui précède. Comme pour les autres types d’exercice, elle se prononce sur le caractère exceptionnel ou banal du phénomène en recourant, si nécessaire, à des exemples étrangers. Les tableaux portant sur la crise économique des années 30 invitent à définir le caractère national ou européen du phénomène. Mais votre regard doit se porter au-delà des frontières : la crise économique des années 30 constitue-t-elle un épisode exclusivement européen ou marque-t-elle le monde dans sa globalité ?
Bibliographie sommaire
BOURSIN Jean-Louis, Comprendre les statistiques descriptives , Paris, Armand Colin, 1988.
BOURSIN Jean-Louis, La forme scientifique du mensonge , Paris, Tchou, 1978.
CALOT Georges, Cours de statistiques descriptives , Paris, Dunod, 1977.
DESROSIERES Alain, La politique des grands nombres : histoire de la raison statistique , Paris, La Découverte, 1993.
FLOUD Roderick, An introduction to quantitative methods for historians , London, Methuen, 1979.
GRAIS Bernard, Statistiques descriptives , Paris, Dunod, 1976.
HEFFER Jean, ROBERT Jean-Louis et SALY Pierre, Outils statistiques pour les historiens , Paris, Publications de la Sorbonne, 1981.
HUDSON Paul, History by numbers . An introduction to quantitative approaches , London, Arnold, 2000.
SALY Pierre, Méthodes statistiques descriptives pour historiens , Paris, Armand Colin, 1997.

III- LES CARTES
1- Généralités
Les cartes peuvent être accompagnées de documents écrits dont elles sont les illustrations. Dans ce cas, partez des textes pour définir la problématique du commentaire.
Parfois, des cartes représentent des bouleversements territoriaux ou des modifications de frontières consécutifs à certains évènements historiques (guerres, annexions,…). Afin d’apprécier et d’expliquer les transformations territoriales ou les modifications frontalières, prévoyez par exemple une série de repères numérotés qui permettent de renvoyer à la carte dans le corps du commentaire.
2- Les spécificités des cartes
Outre la représentation des bouleversements territoriaux, les cartes d’histoire contemporaines peuvent, entre autres usages, servir à figurer les phénomènes géostratégiques. Vous pouvez ainsi consulter :
BONIFACE Pascal, Atlas des relations internationales , Paris, Hâtier, 1997.
CHALIAND Gérard et RAGEAU Jean Pierre, L’Atlas stratégique des rapports de force dans le monde , Paris, Fayard, 1983.
CLAVAL Paul, Géopolitique et géostratégie. La pensée politique, l’espace et le territoire au XX è siècle , Paris, Nathan, 1994.
DEFAY Alain, La Géopolitique , Paris, PUF, Coll. « Q.S.J. », 2005.
DE MARENCHE Alexandre, Atlas géopolitique , Paris, Stock, 1975.
DENVERS Alain, Points chocs, atlas des conflits dans le monde , Paris, Editions n° 1, 1989.
FUKUYAMA Francis, The end of History and the last man , New-York, Free Press, 1992.
HUNTINGTON Samuel, The clash of civilizations and the remaking of world order , New-York, Simon and Schuster, 1996.
LACOSTE Yves, Dictionnaire de géopolitique , Paris, Flammarion, 1993.
LEMARCHAND Philippe (dir.), Atlas géopolitique du Moyen-Orient et du Monde arabe : le croissant des crises , Bruxelles, Complex, 1993.
PREVOT, Géopolitique transparente , Paris, Magnard, 1970.
SOFFELSA Jacques, BATTESTI Michèle, ROMER Jean-Christophe, Lexique de géopolitique , Paris, Dalloz, 1988.
TAOUSCOZ Jean, Atlas géostratégique : crises, tensions et convergences , Paris, Larousse, 1988.
Pour commenter des cartes, vous devez utiliser les atlas comme :
ADE AJAYI J.F et CROWDER, Atlas historique de l’Afrique , Paris, Ed du Jaguar, 1988.
DUBY Georges, Atlas historique , Paris, Encyclopedia Universalis, nouvelle édition revue et augmentée, 1989.
HAYWOOD John, Atlas historique du monde , Kônemann, 1999.
LUGAN Bernard, Atlas historique de l’Afrique des origines à nos jours , Paris, Ed. du Rocher, 2001.
VIDAL-NACQUET Pierre et BERTIN Jacques, L’Atlas historique , Paris, Hachette, 1989.
Fabriquez personnellement des cartes à partir de fonds de cartes pris dans vos manuels. Voici, à titre d’exemple, quelques thèmes d’une cartographie simple. Vous pouvez bien sûr compléter cette liste qui n’est pas exhaustive.
● Les organisations internationales nées de la guerre froide :
l’Organisation Européenne de Coopération Economique (O.E.C.E) et le Conseil d’aide économique mutuelle (C.A.E.M.) ;
l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (O.T.A.N) et le Pacte de Varsovie. (Indiquer les Etats membres, les dates d’adhésion et de départ).
● Le Mouvement des non-alignés :
une carte par continent (indiquer les Etats membres et les villes où eurent lieu les conférences du Mouvement des non-alignés).
● La décolonisation : en Asie, en Afrique et en Amérique.
● Les principales zones de conflit entre 1960 et 1990 :
le Moyen-Orient (1965-1990) ;
l’Asie du Sud-est (1975-1990) ;
l’Amérique Latine (1960-1990) ;
l’Afrique (1960-1990).
Après cet aperçu de la façon d’aborder différents types de commentaires de documents historiques (textes, données statistiques, cartes) et, avant d’étudier de façon concrète un sujet de chaque type, il n’est pas inutile d’insister sur certains points essentiels : le devoir de faire de l’épreuve du commentaire de documents historiques, lors de l’évaluation continue, du concours ou des examens (semestriels et finaux) n’est en rien comparable à l’interrogation orale qui demande de réciter une leçon apprise. Il n’y a pas, la plupart du temps, à « tout » dire de ce que l’on sait du sujet. Les éléments à utiliser sont le plus souvent dispersés dans plusieurs chapitres du ou des manuels. La réflexion personnelle à partir des connaissances joue un rôle très important : deux devoirs sur le même sujet peuvent être très différents et également bons.
Chapitre II QUELQUES EXEMPLES DE COMMENTAIRES DE DOCUMENTS HISTORIQUES
Dans le chapitre précédent, vous avec acquis les réflexes et l’ensemble des techniques pour bien réussir un commentaire de document historique. Ce chapitre vous propose une série de commentaires rédigés mettant en œuvre chacun une difficulté particulière. Ils vous permettront de récapituler les savoir-faire acquis au cours de l’ouvrage. Notre ambition dans ce chapitre n’est pas de proposer des corrigés modèles, mais des propositions de corrigés qui vous permettront de vous auto évaluer.
L’objectif dans ce chapitre est de vous donner des exemples précis et détaillés de commentaires de documents correspondant aux grands types de textes (discours, mémoires, article de presse, texte officiel) et de documents (données statistiques, cartes) {5} .
I) LE COMMENTAIRE DE DOCUMENTS EST UN DISCOURS
A. La typologie des discours
Si les discours constituent un ensemble de documents très importants, c’est que l’exercice du pouvoir est de plus en plus lié à la nécessité de communiquer, d’expliquer les intentions des gouvernants ou de faire le point sur l’application de leur politique.
Le moyen de communication et le type de public déterminent la forme du discours et le niveau de langue de l’orateur. On peut esquisser ainsi une brève typologie, que vous pourrez compléter à l’aide d’exemples pris dans cet ouvrage ou dans vos manuels universitaires.

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