Comment enseigner la littérature orale africaine ?
134 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Comment enseigner la littérature orale africaine ? , livre ebook

-

134 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Comment les textes de la littérature orale africaine doivent-ils être enseignés aujourd'hui pour répondre à leur vocation formatrice dans le monde moderne ? Aujourd'hui, en Afrique, il y a un divorce manifeste entre les élites acculturées et les masses enracinées à des degrés divers dans leurs cultures traditionnelles. Comment, dans ces conditions, créer la continuité avec le passé et inventer le dépassement ?


Découvrez toute la collection Harmattan Cameroun !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2011
Nombre de lectures 137
EAN13 9782296471481
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0550€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

C OMMENT ENSEIGNER
LA LITTÉRATURE ORALE AFRICAINE ?
Littératures et Savoirs
Collection dirigée par Emmanuel Matateyou

Dans cette collection sont publiés des ouvrages de la littérature fiction mais également des essais produisant un discours sur des savoirs endogènes qui sont des interrogations sur les conditions permettant d’apporter aux sociétés du Sud et du Nord une amélioration significative dans leur mode de vie. Dans le domaine de la création des œuvres de l’esprit, les générations se bousculent et s’affrontent au Nord comme au Sud avec une violence telle que les ruptures s’accomplissent et se transposent dans les langages littéraires (aussi bien oral qu’écrit). Toute réflexion sur toutes ces ruptures, mais également sur les voies empruntées par les populations africaines et autres sera très éclairante des nouveaux défis à relever.

La collection Littératures et Savoirs est un espace de promotion des nouvelles écritures africaines qui ont une esthétique propre ; ce qui permet aux critiques de dire désormais que la littérature africaine est une science objective de la subjectivité. Romans, pièces de théâtre, poésie, monographies, récits autobiographiques, mémoires… sur l’Afrique sont prioritairement appréciés.


Déjà parus


Charles SOH, Un enfant à tout prix , 2011.
Valérie Joëlle KOUAM NGOCKA, À cause d’elle (roman) , 2011.
Sophie Françoise BAPAMBE YAP LIBOCK, Le Dévoilement du silence , 2010
Pierre Olivier EMOUCK, Les chiens écrasés , 2010.
Duny FONGANG, À l’ombre du doute , 2010.
Grégoire NGUEDI, La Destinée de Baliama , 2010.
Floréal Serge ADIEME, La Lionne édentée (roman), 2010.
Jean-Claude ABADA MEDJO, La parole tendue (poésie) , 2010.
Jean Aimé RIBAL, Chagrins de parents , 2010.
Marie Françoise Rosel NGO BANEG, Ning , nouvelles, 2009.
Edouard Elvis BVOUMA, L’épreuve par neuf , 2009.
Rodrigue NDZANA, Je t’aime en splash , 2009.
Patraud BILUNGA, L’Incestueuse , 2009.
Pierre Célestin MBOUA, Les Bâtards ou les damnés , Pièce en trois actes , 2009.
Pierre Célestin MBOUA, Les Cacophonies humaines , Poèmes , 2009.
Robert FOTSING MANGOUA (sous la direction de), L’imaginaire musical dans la littérature africaine, 2009.
Emmanuel Matateyou


C OMMENT ENSEIGNER
LA LITTÉRATURE ORALE AFRICAINE ?


Préface de Gabriel Kuitche Fonkou
Du même auteur

An Anthology of Myth, Legends and Folktales from Cameroon. Storytelling in Africa , Lewiston, The Edwin Mellen Press, 1997.
Les nouveaux défis de la littérature orale africaine : Ndzana Ngazogo , Yaoundé, Presses Universitaires de Yaoundé, 1999.
Les merveilleux récits de Tita Ki , Yaoundé, CLE, 2001.
Parlons bamoun, Paris, L’Harmattan, 2002.
Dans les couloirs du labyrinthe , Paris, L’Harmattan, 2004.
La princesse de Massangam , Yaoundé, Éditions Tropiques, 2006.
Palabres au Cameroun , Paris, L’Harmattan, 2008.
Les Murmures de l’harmattan, Bamenda, Langaa RPCIG, 2010.
Moundi et la colline magique ,Paris, L’Harmattan, 2010
Le Prince Moussa et la grenouille , Paris, L’Harmattan, 2011.
Sociétés secrètes et littératures au Cameroun . Contribution à une lecture anthropocritique de la poésie orale bamoun, Sarrebruck, Editions universitaires européennes, 2011.


© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-56549-4
EAN : 9782296565494

Fabrication numérique : Actissia Services, 2012
Pour Clément
PRÉFACE
UN PAS, ENCORE UN PAS
Mieux que le titre, Poétique de l’oral , c’est le sous-titre, Pour une pédagogie rénovée de la littérature orale africaine , qui retient d’emblée mon attention. Je pourrais presque pousser un ouf de soulagement. Un enseignant de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé qui, sans y être contraint par le fait d’être un spécialiste pointu de didactique, se préoccupe de la didactique de sa propre discipline, et donc de la formation professionnelle ! Cette préoccupation devrait être depuis longtemps et tout le temps, au centre des soucis de tous les enseignants de cette institution. Matateyou n’est pas le seul sans doute. Je connaissais déjà, côté sciences par exemple, les travaux de Lucien Mukam et Edmond Gnokam (voyez comme ça rime), baptisés « Didactique Centrée sur les Habiletés d’investigation et les Attitudes Scientifiques (DICHIS) ». Probable, sûr même qu’il y en a d’autres, quelques autres. Mais, ce n’est pas encore la majorité, ce n’est pas encore « tous », comme cela devrait être.
S’agissant de la littérature orale, Emmanuel Matateyou est en terrain connu. C’est son principal champ de recherche. Et il se mentionne parmi beaucoup d’autres chercheurs du domaine. Rien de plus juste. En raison du souci didactique et pédagogique déclaré et rapporté entre autres au conte, l’auteur adhère au point de vue de Françoise Tsoungui, mais va au-delà. Au Cameroun, la conjoncture dans laquelle survient le livre de Matateyou est bonne. On y est à l’heure de l’application (plus ou moins informelle) de la disposition de la loi d’orientation de l’éducation de 1998 qui commande la formation de jeunes Camerounais enracinés dans leur culture et ouverts au monde ; à l’heure de l’introduction des langues et cultures africaines dans les programmes du secondaire ; à l’heure de la création, dans les institutions universitaires, de départements ou de filières Langues et cultures africaines.
La littérature orale est posée comme un facteur privilégié d’enracinement. Sa caractérisation synthétique ainsi que les occasions de son éclosion occupent le premier chapitre. L’intérêt de l’auteur pour l’épopée, déjà manifesté auparavant (voir Matateyou, Ndzana Nga Zogo , 1999), réapparaît en force au deuxième chapitre consacré à l’art oratoire du barde ainsi qu’à une illustration par la présentation d’une épopée particulière, Mved Owona Bomba . Certes, l’art oratoire du barde ne saurait se limiter aux seules phases successives, au seul discours figuré mentionnés ici. Il puise sûrement davantage dans l’art oratoire africain en général, dont on peut dire qu’il consiste en : la volubilité, la répétition, l’usage de détours frisant parfois la digression, l’usage des proverbes et des images, le ton persuasif, le tout (…) ponctué par un geste approprié, étudié, et dans la préoccupation permanente de procurer du plaisir à soi-même et aux autres » (Kuitche, 1978, 143).
Un non-dit réduit, cache l’évidence du lien entre la première partie et la seconde, d’autant plus que passant de l’une à l’autre, on quitte l’épopée pour embrasser « le cas du conte ». Il convient de noter qu’on demeure dans le narratif, le récit. Il convient aussi de lire que Matateyou fait d’une pierre deux coups, voire trois : exhibition de son amour pour l’épopée ; une première partie conçue comme lieu d’acquisition de la compétence par les enseignants (connaissances objectives sur la littérature orale et sur les éléments de l’enracinement qui foisonnent dans l’épopée) ; une seconde partie qui en plus de dispenser elle aussi des connaissances objectives (rappel de différentes approches du conte existantes), procède à l’expérimentation de l’approche proposée sur ce genre oral qui présente l’avantage de figurer déjà de manière significative dans les programmes du secondaire, en classe de sixième. La sixième, moment initiatique après lequel, s’il a été bien négocié, l’enracinement devient désormais un travail de renforcement.
Je partage sans réserve la volonté d’assurer un enseignement vivant de la littérature orale en général et du conte en particulier, au moyen de la dramatisation, au moyen aussi de la navette effectuée par les apprenants entre l’école et le milieu traditionnel, qui est en quelque sorte une navette entre l’écrit et l’oral. Les jeunes apprenants sont en effet cette « courroie de transmission véhiculant vers le milieu traditionnel les fruits de l’école, et vers l’école les makufets (contes) du milieu traditionnel lorsque l’école, consciemment, leur en donne l’occasion. On vit pour ainsi dire l’avènement de nouveaux sages, les sages d’un contexte culturel condamné à l’ouverture, les sages dont le discours, même celui des makufets (contes), véhicule des valeurs de la tradition et des valeurs de la modernité » (Kuitche, 1988,134).
La récente introduction des langues et cultures africaines dans les programmes du secondaire est déjà effective. Sa phase expérimentale en est aujourd’hui à sa qu

  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • Podcasts Podcasts
  • BD BD
  • Documents Documents