L école et les valeurs
174 pages
Français

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L'école et les valeurs , livre ebook

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Description

La question des valeurs est aujourd'hui au centre de notre École. Et cette exigence s'impose d'abord à elle-même : face à l'incapacité constatée d'assurer par elle une égalité des chances et la promotion d'un mérite républicain. Elle concerne ensuite la nécessaire transmission d'une fraternité mise à mal par les fractures de notre république. Comment « bien » enseigner ? Comment respecter en chaque élève un potentiel équitablement accompagné et reconnu ? Comment apaiser, par la culture et l'éducation, les tensions et les maux d'une société violente ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 mai 2015
Nombre de lectures 20
EAN13 9782336381305
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Couverture
4e de couverture
Questions contemporaines
Questions contemporaines
Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland
et Jean-Paul Chagnollaud
Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective.
Dernières parutions
Emilija PUNDZIŪTĖ, Diplomatie de l’arrogance. Le cas de la Russie dans les pays baltes , 2015.
Nicole PERUISSET-FACHE, La bourse ou la vie. Réflexions sur les valeurs contemporaines , 2015.
Jean-Marc DA SILVA, Libéralisme et totalitarisme, 2015.
Alain MESSAGER, Le sabre et la poussière, Essais sur le postmodernisme et la guerre, 2015.
Sébastien EVRARD, Réformer l’administration et réformer l’état , Jalons historiques et juridiques, 2015.
Max MEMMI, La France en partage , 2015.
Marine LAMARE, Le droit à la ville. Justifications, apports, manifestations et portées , 2015.
Louise FINES, Irresponsabilités récurrentes des élites. Accidents fortuits et crimes en col blanc , 2015.
Sophie AOUIZERATE, Les habitants de France sont-ils des Français ?, 2015
Paul SCHEFFER, Formation des diététiciens et esprit critique,
Comment favoriser l’indépendance professionnelle et une pratique réflexive du métier ?, 2015.
Nicolas BOURGOIN, La république contre les libertés, Le virage autoritaire de la gauche libérale (1995-2014), 2015.
Titre


Jean-Christophe T ORRES






L’École et les valeurs

Variations sur la difficulté éducative
Copyright

Du même auteur
L’évaluation dans les établissements scolaires : théories, objets et enjeux, L’Harmattan, 2011
L’éthique du capitalisme : la question de la vertu à l’ère du libéralisme , L’Harmattan, 2011
Du narcissisme : individualisme et amour de soi à l’ère postmoderne , L’Harmattan, 2012
Les enseignants : quelle reconnaissance pour un métier en crise ?, L’Harmattan, 2012
Gérer la violence scolaire , Editions Raabe, 2013
Quelle autonomie pour les établissements scolaires ? L’Harmattan, 2014
Questions éducatives , Editions du Cygne, 2014








© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
www.harmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
EAN Epub : 978-2-336-73141-4
Avant-propos
Les questions scolaires sont de celles qui perdurent et se transmettent. Les générations se succèdent, cette succession se noue et se concentre autour des projections diverses sur l’école et ses angoisse, sur l’école et ses espoirs. Chaque parent revit à travers ses enfants les expériences qui furent les siennes, rejoue les émotions – joies et souffrances, consécrations ou traumatismes – éprouvées par lui tout au long d’un chemin éducatif balisé par l’autorité publique. Il y a donc, nécessairement et humainement, une forte part de subjectivité dans ces rapports entre citoyens et institution scolaire : tant l’investissement est considérable, les attentes fortes, les sens éveillés et les exigences assumées de part et d’autre. Car il est normal que les parents nourrissent une ambition pour leurs enfants, les vouent à la réussite dans les épreuves qui les attendent et qu’eux-mêmes ont traversées avec plus ou moins de bonheur. Il y a ainsi, souvent, une dose de revanche dans les sentiments parentaux, ou encore une volonté formulée de « reproduction » sociale. Atavismes ou héritages, retournements du destin, apaisements de frustrations sont alors les énergies souterraines d’une démarche éducative parfois assumée, souvent maquillée derrière les apparences plus convenables de la recherche d’une « bonne » éducation. Mais il est également des situations où cette flamme ne brule pas dans les foyers. Les enfants intègrent alors, dans l’absence de considération des parents pour la chose scolaire, une démotivation ravageuse pour l’aboutissement de leur parcours. Manque d’ambition, trop forte dévaluation de soi-même, souffrance éducative trop profondément inscrite dans les chairs d’une passion contrariée : telles sont les causes ou les symptômes d’une autre reproduction – négative celle-là – dont la France s’est hélas faite la championne. Les enquêtes PISA qui se succèdent révèlent en effet depuis plusieurs années que notre pays est le plus inégalitaire au monde, que les petits écoliers français subissent plus que d’autres la loi d’airain d’un oracle sociologique : tu naitras bon ou mauvais élève, l’Ecole républicaine ne te fera pas quoi qu’il en soit sortir de ta condition initiale.
Ces paroles lugubres assombrissent désormais la perception de notre présent, hypothèquent l’autosatisfaction infatuée d’un système éducatif jusqu’alors trop imbu de son élitisme républicain. La massification des publics est désormais passée par là, nous accompagnons bien 80 %d’une classe d’âge au niveau du bac. Mais les possibilités de s’en réjouir sont manifestement compromises par une réalité scolaire peu avenante. Crise de l’autorité et du métier d’enseignant, perte des repères éducatifs, difficile affirmation des valeurs et des exigences sont autant de signes et de maux qui disent tous une même difficulté scolaire, une incapacité criante à maintenir les engagements républicains. Cette institution centrale qu’est l’école n’est plus le socle d’une unité, pas davantage qu’elle n’est le fondement d’une réussite garantie à tous. Nous avons, à travers elle, perdu le sens de l’idéal originel : celui de Condorcet et de ses pairs, l’affirmation d’une raison universellement communiquée aux citoyens, éclairant les pas d’une existence pleinement partagée au sein d’un espace de tolérance et d’équité. Ce rêve s’est perdu, ses exigences les plus fortes se sont égarées dans les brumes d’une modernité qui ne parvient pas à se saisir elle-même, à concilier nostalgie du passé et enjeux de l’actualité. L’école du numérique, l’économie de la connaissance, la valorisation du capital humain sont autant d’objectifs nouveaux, de manières nouvelles de parler d’école dont les concrétisations peinent à s’afficher au grand-jour : dont les mots même pour les dire se conçoivent avec hésitations dans des têtes trop pleines d’idéologie.
Sur le terrain de la difficulté éducative, dans les établissements scolaires, dans les familles, dans le quotidien des élèves et des personnels s’exprime désormais l’urgence de solutions attendues. La multiplicité des problèmes, la diversité des questions posées à l’institution imposent une ouverture du regard, exigent une attention panoramique. Les valeurs républicaines sont à la fois mobilisées et éprouvées, sollicitées et malmenées dans toutes les strates d’une action éducative en désarroi. Les métiers de l’enseignement sont ainsi, à ce titre, tout autant sujets à interrogation que les pratiques pédagogiques ou l’organisation scolaire elle-même. Ce présent travail prend alors acte du fait qu’il y a bien des « cas d’école » pour une école en crise, des variations à trouver autour d’un sujet pluriel pour une institution unique qui condense cependant les problèmes sociaux, conjugue les nécessités sociales et culturelles. Dans le creux inachevé de ces analyses partielles, dans les contradictions qu’elles font saillir, se logent alors l’impatience et la frustration, la détermination que l’auteur partage avec tout parent de voir pour ses enfants une évolution proclamée enfin advenir. Que notre école avance avec détermination dans la résolution de ses problèmes, qu’elle nomme les maux et qu’elle en déploie les solutions. Car de cette multitude foisonnante des problèmes se dégage, à l’évidence et à rebours, l’unité d’un malaise. Comprendre les résonnances diverses de ce mal, en dénouer les fils : telle pourrait être la prétention revendiquée d’un travail qui se veut sans ambition 

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