Pourquoi l école
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Pourquoi l'école

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Description

Au moment où la société s'interroge cruellement sur le devenir de sa jeunesse et sur celui de son école, l'auteur de ce livre a considéré qu'elle avait le devoir de témoigner, d'alerter. Née d'une expérience vécue, son analyse invite au partage d'une réflexion fondamentale sur l'école de la République. Voici une contribution à une refondation qualitative du système éducatif français, guetté aujourd'hui par la faillite.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2012
Nombre de lectures 8
EAN13 9782296512078
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
4e de couverture
Du même auteur :
Alternances et apprentissages , Hachette, 1996.
Pédagogie de l’alternance – Analyse de situations de travail et travail formateur , avec Franck Martini, Hachette, 1999.
Le diagnostic d’établissement et la lettre de mission des chefs d’établissement , CRDP Nice, 2006.
Titre
Michelle Mauduit







Pourquoi l’école fabrique-t-elle
de l’échec scolaire et… de la violence ?
Copyright

© L’HARMATTAN, 2013
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-99034-0
EAN : 9782296990340
Dédicace

À mes enfants qui ont pu, mais dans la souffrance, échapper à l’échec scolaire…
À mes petits-enfants et à tous ceux que ce livre aidera peut-être à ne pas entrer dans la redoutable spirale…
Citation

« Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté doit commencer par leur garantir l’existence. »
Léon BLUM (1872-1950)
L’éducation n’en est-elle pas l’un des moyens fondamentaux ?
AVANT-PROPOS
« Les Hommes naissent égaux.
Dès le lendemain, ils ne le sont plus. »
Jules Renard (1864-1910)
L’Éducation Nationale est un vivier de sommités intellectuelles… Cela, c’est la réussite ! Mais pourquoi donc en sommes-nous là aujourd’hui ?

Le système éducatif français était, jusqu’à une période encore récente, le meilleur du monde. Si Jules Ferry, créateur à la fin du XIX e siècle de l’école publique et la IIIe République ont réussi l’école laïque, obligatoire et gratuite, le processus de massification de l’école en revanche, avec le collège unique mis en place par la loi Haby en 1975, lequel collège se voulait démocratique avec une orientation en fin de 3 e vers un enseignement général, technique ou professionnel, ce processus-là est loin d’avoir atteint son objectif de réussite de tous les élèves et de valorisation de leurs aptitudes.

Dans un contexte socio-économique qui a beaucoup changé, si ce système a eu le mérite de poser les bases d’une transformation en profondeur du système éducatif, force est de constater qu’aujourd’hui il ne peut plus remplir le rôle essentiel de permettre à tout un chacun de s’épanouir et de s’insérer dans la société. De nombreuses réformes ont émaillé la vie de l’institution scolaire depuis plusieurs décennies. Elles ont toutes tenté, avec les résultats que l’on sait maintenant, de corriger le problème majeur de l’échec scolaire engendré en particulier par l’unification d’un système conçu, il faut bien le dire, pour des élèves virtuels qui auraient eu au départ, les mêmes chances et des aptitudes similaires.

Or, chacun sait bien que l’hétérogénéité des élèves, liée à des raisons multifactorielles, culturelles, économiques et sociales, est probablement la caractéristique la plus immuable qui soit dont l’école ait à se saisir en priorité. Un système éducatif suppose une approche intellectuelle ouverte, débarrassée des stéréotypes culturels les plus redoutables qui ont gravement influencé les mentalités en dépréciant les métiers au profit de l’enseignement général et ne laissant à l’enseignement technique ou professionnel qu’une image de l’échec, dépourvue dans la représentation collective de toute culture ; ceci malheureusement à cause d’un système d’orientation plus efficace paradoxalement dans son rôle de discrimination sociale que dans celui d’orientation positive.

Pourquoi en France, à l’inverse de l’Allemagne par exemple, ne parle-t-on de « métier » que dans le cadre de l’échec scolaire ?

Si l’on pouvait sérieusement mesurer les dégâts individuels et les répercussions économiques et sociales engendrés par une telle absurdité intellectuelle et humaine, ce serait un grand pas de franchi. Car au fond, l’école a souvent essayé de se réformer ou de s’adapter à l’évolution de son siècle. Mais parce que les mentalités ne changent pas et que l’idéologie dominante à l’éducation nationale est la plus forte et singulièrement confiscatoire, aucune refondation sérieuse du système éducatif n’a pu jusqu’à maintenant voir le jour. De nombreux ministres, quelle que soit leur sensibilité politique, ont tenté de s’atteler au problème avec les résultats que l’on connaît ! Pour autant, faut-il continuer à baisser les bras en ne traitant qu’à la marge la seule question qui vaille en réalité, celle de la réussite scolaire pour tous ?

Un pays qui défend les valeurs de la démocratie se doit de viser le développement optimal de l’individu. L’intelligence et les talents de chacun doivent être identifiés, pris en considération et valorisés. N’est-ce pas là le principe d’égalité prôné par notre devise nationale ? Mais c’est aussi parce que les individus ne sont pas interchangeables et qu’ils représentent chacun une richesse intrinsèque qu’une société où chacun trouve une juste place respectée peut fonctionner.
CHAPITRE 1
UNE ÉCOLE QUI NE RÉPOND PLUS
À CE QUE LA SOCIÉTÉ ATTEND D’ELLE ?

« Les systèmes éducatifs sont le reflet des sociétés, des cultures et des économies nationales sur lesquelles ils influent. »
O.C.D.E. Éducation, économie et société
QUELQUES REPÈRES…
– 160 000 jeunes sortent chaque année du système éducatif sans qualification ! Aux dires de certains commentateurs, il y en aurait en réalité plus de 200 000 !

– 15 % des élèves sont de prime abord en difficulté !

– 15 à 20 % des élèves ne maîtrisent pas l’écrit à l’entrée au collège !

– 30 % des enfants n’apprendraient pas à lire à l’école !

– 20 % d’une classe d’âge redouble !

– 10 % des élèves « sécheraient » l’école !

– 25 % des jeunes sont au chômage en sortant de l’école. Avec l’accentuation de la crise, selon un document de travail de l’OCDE rendu public par le quotidien Le Monde le mercredi 14 avril 2010, « il y aurait tout lieu de craindre l’émergence d’une génération sacrifiée » avec une prévision de :

– « 30 à 40 % des jeunes qui risquent de connaître des difficultés durables dans leur accès à des emplois pérennes ».
L’OCDE précise qu’en Europe :

– « Quatre millions de jeunes ont rejoint le rang des chômeurs pendant la crise ».

Une nouvelle étude sortie début décembre 2010 accentue le trait en soulignant que « les élèves français de 15 ans ont un niveau scolaire très moyen et que les inégalités scolaires, selon le milieu social, augmentent ».

L’étude porte sur 65 pays (34 membres de l’OCDE et 31 pays partenaires) et sur un groupe test de 520 000 élèves de 15 ans. L’enquête concerne les apprentissages fondamentaux, en particulier :

– La lecture où la France se situe dans la moyenne,
– Les mathématiques, même résultat,
– Les sciences où la France se situe à peine dans la moyenne.

D’après les critères et les disciplines fondamentales, la France trouve place entre le 20 e et le 30 e rang, c’est-à-dire après l’Allemagne, la Belgique et les pays scandinaves. Arrivent en tête du classement la Finlande, la Corée et la Chine.
Quels chiffres faudra-t-il afficher demain pour qu’une vraie prise de conscience se fasse dans un pays qui contre vents et marées, contre toutes observations statistiques semble s’être résolument et définitivement inscrit dans un élitisme qui n’a pas grand-chose de républicain puisqu’à l’évidence il est devenu au fil des décennies plus discriminatoire que jamais et condamne à la précarité, toutes catégories confondues.

Ne sont-ce pas là des considérations étayées par des chiffres suffisamment éloquents et alarmants pour que nous nous interrogions sur le concept de réussite scolaire et sur les performances concrètes de notre système éducatif ?

Fin des années 80 et début 90, c’est-à-dire à l’issue de la décennie qui permettait d’enregistrer les premiers résultats de la mise en place du collège unique créé par la réforme Haby, ces chiffres apparaissaient déjà comme autant de sonnettes d’alarme. Qu’en a-t-on fait ?

On a de manière constante créé des structures de soutien aux dénominations et aux objectifs aussi divers que variés, tout cela pour tenter de répondre à un échec scolaire endémique aux causes multiples, mais qui ne s’est jamais démenti et auquel est venu s’ajouter le manque de débouchés professionnels dans un certain nombre de métiers, devenus parfois même obsolètes.

Même s’il a essayé d’apporter souvent des réponses aux difficultés rencontrées par les élèves, le système éducatif français est resté comme figé dans une idéologie dominante fortement syndicalisée se réclamant d’un idéal républicain contre lequel aucun ministre, de gauche comme de droite, n’a jamais pu lutter.

Pourtant, et c’est le modeste objectif de ce livre, il faudra bien qu’un jour nous sortions du fantasme des études généralistes et théoriques à tout prix sans lesquelles aux yeux de certains aucune réussite ne s’avérerait possible, sortir aussi du mirage des études qui répondent à des choix personnels, mais dont on sait qu’elles offrent peu de débouchés. En limiter l’accès (sorte de numerus clausus) éviterait aux intéressés de s’engager dans une impasse et serait de bonne gestion pour les finances publiques. Il y aurait là une juste application du principe de solidarité républicaine si souvent évoqué et qui devrait prévaloir dans les choix et les objectifs politiques d’un système éducatif mûrement réfléchi.

Il y a des métiers porteurs d’emplois et d’avenir, on les connaît, mais encore faudrait-il les valoriser et les respecter au lieu de les sous-estimer.

Pour autant, il ne suffit pas que de bonnes mesures soient prises, les mentalités doivent elles aussi évoluer d’un double point de vue :

– retrouver la « valeur travail »,
– accepter la mobilité. La formation est la clé de tout, mais aller à la rencontre du travail là où se trouvent des opportunités est probablement devenu nécessaire dans un contexte économique singulièrement bouleversé. Or, aujourd’hui, outre le fait que l’on a culturellement sous-estimé les formations techniques et professionnelles, ce qui contraint notre économie à recourir à de la main-d’œuvre maghrébine, asiatique ou d’Europe de l’Est par exemple pour le bâtiment, nous sommes entrés dans une civilisation de loisirs qui fait passer le travail au second plan. C’est un véritable renversement des choses qui ne semble pas pour autant rendre les gens plus heureux. Mais c’est un fait de société qui se répercute dramatiquement et inévitablement sur l’école et ses enjeux. Si l’on veut vraiment réformer le système éducatif et lui rendre ses lettres de noblesse, il faudra bien sortir un jour d’une représentation négative de tout ce qui est technique et professionnel, sortir d’un syndrome élitiste destructeur aussi bien pour ceux qui ont eu la chance de faire de hautes études et qui sont aujourd’hui obligés d’accepter des emplois sous-qualifiés que pour ceux qui pourraient et voudraient faire des études techniques ou professionnelles, porteuses d’emploi, mais qui ne le font pas à cause de l’image désastreuse qu’elles véhiculent.

Dans ce contexte qui n’est pas nouveau ne serait-il pas temps de répondre à la seule question qui vaille pour l’avenir de notre jeunesse : quelles peuvent être au XXI e siècle les finalités qu’un pays démocratique et républicain se doit d’assigner à son système éducatif ?

Quelle école française dans la mondialisation ?

L’une des principales caractéristiques de l’évolution de la société française et européenne au cours du XX e siècle fut probablement l’accentuation du développement de la diversité sociale et culturelle. Dès lors, comment concilier à l’école « hétérogénéité sociale et réussite scolaire », « diversité culturelle et réussite sociale », sachant que cette diversité n’est pas seulement sociologique, mais qu’elle réside aussi dans les différences d’aptitudes et de motivations des individus ?

Certes, un système éducatif démocratique de masse se doit de définir ses objectifs et ses règles et il est évident qu’il y aura toujours des individus qui réussiront mieux que d’autres.

La question qui se pose aujourd’hui avec une acuité particulière est de savoir, pour reprendre une formule de Claude Allègre lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale, ce que l’on fait pour valoriser les talents de ceux qui ont des aptitudes pour réussir autrement.

Outre ses missions fondamentales et malgré les difficultés qui ne manqueront jamais de se poser, faut-il rappeler qu’il revient impérativement à l’école républicaine de jouer pleinement son rôle d’intégration sociale et de s’assurer qu’elle l’a joué avant que le constat d’échec ne soit là.

Mais quelles sont ces missions, socle d’une intégration réussie ?

C’est à l’école qu’il revient « d’assurer la maîtrise des savoirs fondamentaux pour tous les élèves : savoir lire, écrire et compter ». Il n’est plus acceptable qu’un élève sur deux ne maîtrise pas correctement la lecture en entrant au collège !

Chacun sait bien que la maîtrise du vocabulaire est un passage obligé pour tous les apprentissages de la vie, qu’ils soient scolaires ou non. Pour passer le premier degré de certification professionnelle de niveau V, c’est-à-dire un CAP, si un élève ne sait pas lire un énoncé, il aura évidemment du mal à comprendre ce qu’on lui demande de faire et par voie de conséquence il ne sera pas en capacité de traiter le sujet.

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