Scolariser les élèves en situation de handicap
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Description

Cet ouvrage fournit les informations nécessaires pour comprendre les différents handicaps : déficits moteurs, mentaux ou sensoriels, troubles envahissants du développement et autisme, troubles sévères du comportement. Il propose, à tous les acteurs de l'école amenés à prendre en charge des élèves en situation de handicap, des pistes pour faciliter le travail au quotidien et mettre en place des projets afin de mener un travail enrichissant avec les autres élèves.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mars 2014
Nombre de lectures 19
EAN13 9782336689388
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
4e de couverture
Collection
« Enfance, éducation et société »

Cette collection regroupe des études et essais concernant l’enfance au travers d’approches multiples.

Etudes universitaires et essais issus du monde de l’éducation ou du sercteur du travail social, ces travaux ont en commun la même préoccupation : apporter un éclairage diversifié sur un dommaine essentiel de l’univers des sciences humaines.
Titre
Du même auteur :
Toi qu’on dit « surdoué » , L’Harmattan, 2011

Un projet pour prendre en charge les troubles des apprentissages , Delagrave 2012

Toi qu’on dit « autiste » , L’Harmattan 2012

Journal d’un jeune surdoué , L’Harmattan 2012
Copyright

© L’HARMATTAN, 2014
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris

www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

EAN Epub : 978-2-336-68938-8
Sommaire Couverture 4e de couverture Collection Titre Du même auteur Copyright Sommaire INTRODUCTION 1. L’ÉCOLE FACE AU HANDICAP Le handicap et la loi de 2005 Les démarches auprès de la MDPH Les relations avec les autres élèves Pour résumer 2. LES STRUCTURES SPÉCIALISÉES Les classes spécialisées Les établissements spécialisés Les SESSAD Pour résumer 3. LES HANDICAPS MENTAUX Quels sont les handicaps mentaux ? Les adaptations en classe Les moyens de compensation Pour résumer 4. LES HANDICAPS MOTEURS Les principales atteintes motrices Les adaptations en classe Les moyens de compensation Des projets autour du handicap moteur ou visuel Pour résumer 5. LES HANDICAPS VISUELS Les principales atteintes visuelles Les adaptations en classe Les moyens de compensation Pour résumer 6. LES HANDICAPS AUDITIFS Les déficiences auditives Les adaptations en classe Les moyens de compensation Des projets pour les troubles de l’audition ou du langage Pour résumer 7. LES TED ET L’AUTISME Qu’est-ce qu’un TED ? L’autisme et le syndrome d’Asperger Les adaptations en classe Les moyens de compensation Des projets incluant les élèves autistes Pour résumer 8. LES TROUBLES SÉVÈRES DU COMPORTEMENT Qu’est-ce qu’un trouble du comportement ? Les prises en charge Les moyens de compensation Pour résumer 9. LES TROUBLES DES APPRENTISSAGES L’école et les troubles des apprentissages Les adaptations en classe Les moyens de compensation Pour résumer 10. LA PÉDAGOGIE DU PROJET AU SERVICE DE L’ÉLÈVE HANDICAPÉ Pourquoi mettre en place des projets ? Des projets pour l’école CONCLUSION ANNEXES Les CRA, centres de ressources autisme Les centres référents des troubles des apprentissages Les sites internet BIBLIOGRAPHIE SUR LE HANDICAP AUX ÉDITIONS L’HARMATTAN Adresse
INTRODUCTION
Depuis 2005, l’intégration scolaire a fait place à la scolarisation de plein droit. Cela constitue un réel progrès et un espoir pour les enfants handicapés qui peuvent accéder à l’école ordinaire. Mais les enseignants sont souvent démunis devant des élèves handicapés de plus en plus nombreux, aux pathologies diverses.

Qui disait « intégration » pensait « tolérance », « accueil à la bonne volonté des écoles ». Il n’en est plus rien. Désormais, l’enfant a le droit de venir à l’école et celle-ci doit l’accueillir si tel est le choix de ses parents. Ce n’est pas sans poser problème aux équipes. Certains handicaps sont lourds et déconcertants. Les enseignants craignent de ne pas être compétents pour comprendre et faire progresser l’élève porteur de handicap. Heureusement, ils ne sont pas seuls. Toute une équipe est là pour les soutenir, les conseiller, les accompagner. Tout d’abord, l’ensemble des collègues de l’école peuvent leur venir en aide. Et ensuite, les personnes qui gravitent autour de l’enfant, qu’il est possible de voir lors des réunions ou de contacter spontanément.

Cela reste toutefois un réel défi de pouvoir s’adapter aux différentes situations de handicap rencontrées tout au long d’une carrière. Chaque handicap appelle des adaptations différentes. Chaque enfant est unique, avec des capacités différentes et des besoins spécifiques, quand bien même il souffrirait du même handicap qu’un élève déjà accueilli quelques années auparavant.

Connaître le handicap de l’élève et savoir comment l’aider peut faire des miracles. Lorsque l’enseignant, la famille et les rééducateurs se mobilisent et coopèrent, avec le réel désir de faire progresser l’élève, les résultats sont parfois spectaculaires et au-delà des espérances.

L’objectif de ce guide est de dispenser les connaissances de base sur les handicaps les plus fréquents, ainsi que les façons de les prendre en charge au sein de l’école.

Nous verrons aussi que l’enfant handicapé profite pleinement de la pédagogie du projet qui permet de réunir tous les élèves de la classe autour d’un objectif commun. Réaliser, chercher ensemble, partager ses compétences et coopérer renforcent le lien et la compréhension du handicap et de la différence de l’autre. C’est un enrichissement pour tous. Ce livre cherche ainsi à faire réfléchir au regard porté sur l’enfant différent.

Enfin, il ne faut pas oublier que scolariser un enfant handicapé ne doit pas se limiter à l’accueillir. Il faut avoir, pour lui aussi, des objectifs d’apprentissage scolaire. Il doit devenir, autant que possible, un élève qui apprend, à sa façon et à son rythme, les mêmes connaissances et savoir-faire que les autres.
1. L’ÉCOLE FACE AU HANDICAP
Le handicap et la loi de 2005
Qu’est-ce qu’un handicap ?
Le 11 février 2005 a été votée « la loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ». Elle a créé les MDPH et défini le handicap de manière plus complète :

« Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »

Sont appelées cognitives, les fonctions liées au raisonnement, au langage, à la mémoire, à l’attention, à la perception et à la programmation des gestes. Tous les troubles « dys » (dyslexie, dyspraxie, dysphasie.) sont donc considérés comme des handicaps cognitifs. À ce titre, ils peuvent aussi donner droit à des moyens de compensation accordés par la MDPH.
Que change la loi de 2005 ?
La loi de février 2005 accorde à tout enfant handicapé, le droit d’être scolarisé dans l’école de son quartier, qui constitue son « établissement scolaire de référence ». Tant que les parents ne souhaitent pas une orientation vers une structure spécialisée plus adaptée, l’école du quartier doit accueillir l’enfant.

Cependant, si celui-ci est ingérable car dangereux ou en souffrance à l’école, une scolarisation à temps très partiel peut être envisagée. Il faut veiller à ce que la scolarisation en milieu ordinaire ne soit pas maltraitante pour l’enfant. L’école doit, certes, accueillir les enfants porteurs de handicap, mais certains handicaps ne permettent pas cette scolarisation. L’enfant ne doit pas être dangereux pour les autres ou pour lui-même.

Cette nouvelle loi prévoit des moyens de compensation pour faciliter la scolarisation des élèves en situation de handicap.
La MDPH
Depuis la loi sur le handicap de février 2005, chaque département dispose d’une mazson départementale des personnes handzcapées . Appelée MDPH, elle peut porter un autre nom dans certains départements. Son rôle est d’informer, conseiller les personnes handicapées et leur famille et accorder des moyens de compensation afin de réduire l’impact du handicap sur la vie de la personne, tout au long de sa vie. Lorsqu’il s’agit d’enfants, elle accorde des aides (compensations, dans le cadre du PPS, parcours personnalisé de scolarisation ) destinées à faciliter leur scolarisation et le développement de leurs capacités. La MDPH dépend du Conseil Général. Elle dispose d’une adresse principale et d’antennes locales dispersées dans le département, par souci de proximité.

La MDPH met en place et organise le fonctionnement de deux instances :

– L’équipe pluridisciplinaire évalue les besoins de la personne qui a adressé une demande et élabore son « plan personnalisé de compensation », c’est-à-dire les aides auxquelles sa situation et son handicap peuvent donner droit. L’équipe pluridisciplinaire prépare le travail de la CDA. Elle est constituée essentiellement de médecins, rééducateurs, personnels de l’Education Nationale ou des services sociaux.

– La CDA, commission des droits et de l’autonomie remplace les commissions précédentes : la CDES pour les enfants et la COTOREP pour les adultes. C’est la commission qui prend les décisions et notifie, ou pas (c’est-à-dire, valide ou rejette) les propositions de l’équipe pluridisciplinaire. Elle est constituée de représentants du Conseil Général ou des services sociaux, d’associations de parents d’élèves et au moins d’un tiers de représentants de personnes handicapées (associations).
L’enseignant référent
C’est un enseignant spécialisé qui a un rôle administratif et pédagogique. Il est parfois appelé « référent de scolarité ». Les coordonnées de l’enseignant référent doivent normalement être affichées à l’entrée de toutes les écoles. Chaque département est divisé en secteurs d’enseignants référents. Un secteur ne correspond pas forcément à une circonscription. L’enseignant référent est chargé de la mise en œuvre des PPS, projets personnalisés de scolarisation dans le cadre des ESS ( équipe de suivi de la scolarisation ), du suivi des dossiers et peut participer à des équipes éducatives.

Il réunit l’ESS, l’équipe de suivi de la scolarisation , pour chacun des élèves handicapés dont il est le référent. Il remplit le compte rendu de l’ESS, aide et conseille les parents pour l’élaboration des dossiers de demandes de compensation ou de renouvellement. Une demande doit être renouvelée lorsqu’un enfant bénéficie déjà d’une aide et que la famille souhaite une modification, comme une augmentation du temps de présence de l’AVS, ou lorsque la notification arrive à échéance.

L’enseignant référent est la personne à contacter lorsqu’un enfant présente des troubles ou des handicaps qui dépassent le cadre d’une simple équipe éducative et qu’il paraît probable que soit demandé un moyen de compensation.
Les moyens de compensation
La MDPH peut proposer des aides très diverses, en fonction du handicap ou du trouble de l’enfant et de ses besoins :

– Une AVS, auxiliaire de vie scolaire . C’est une personne qui assiste l’enfant dans sa scolarité quelques demi-journées par semaine, voire à temps plein dans de très rares cas. Son rôle principal est de rendre possible la scolarisation d’un enfant porteur de handicap. En réalité, elle permet le plus souvent une meilleure réussite scolaire d’enfants qui pourraient être scolarisés sans AVS. Ces enfants ne posent pas de problème, ne dérangent pas, ne sont pas dangereux et n’ont pas de trouble sensoriel ou moteur important. Ils peuvent être scolarisés seuls, mais la présence de l’AVS est indispensable pour qu’ils apprennent et progressent. Sans elle, ils pourraient être scolarisés, mais perdraient leur temps à l’école. Ils n’apprendraient pas ou très peu. Attention, lorsqu’un élève bénéficie de la présence d’une AVS en classe, l’enseignant doit veiller à ce que cette aide humaine n’empêche pas le développement de l’autonomie de l’élève. L’AVS ne doit pas faire à la place de l’enfant ni trop lui faciliter la tâche. Elle doit l’encourager à faire le travail seul, lorsque c’est possible. L’AVS ne doit pas devenir le référent de l’élève : le maître doit rester ce référent. C’est ce dernier que l’élève doit écouter pour obtenir les consignes et les explications. L’AVS ne doit pas se substituer à l’enseignant. Son rôle est uniquement d’assister l’enfant. Lorsque l’AVS est attribuée à un enfant, il s’agit d’une AVS-i, auxiliaire de vie individuelle . Si elle aide tous les enfants d’une classe spécialisée, il s’agit alors d’une AVS-co, auxiliaire de vie collective . L’AVS aide l’enfant en classe pour son travail scolaire, l’accompagne lors des sorties scolaires ou dans ses activités périscolaires (cantine et garderie). Elle peut également être autorisée à effectuer des gestes médicaux ou d’hygiène.

De nouvelles formules apparaissent avec des AVS mutualisées attribuées à une école qui accueille plusieurs enfants qui ont droit à un accompagnement.

Le terme AVS désigne communément toutes les personnes dédiées à l’aide aux enfants en situation de handicap. Les termes exacts varient selon les contrats. Aux contrats d’AVS s’ajoutent les contrats d’EVS. Il était prévu qu’ils soient progressivement remplacés par les ASCOL, assistants de scolarisation , mais ceux-ci restent rares. Les différences tiennent aux critères de recrutement et à la durée des contrats, mais le type d’aide est identique quel que soit le terme.

– Une orientation en milieu spécialisé (CLIS, IME, ITEP, ULIS, SESSAD). Nous verrons plus loin à quels handicaps correspondent ces structures.

– Une AEEH, allocation d’éducation de l’enfant handicapé . C’est une aide financière versée par la CAF, la caisse d’allocations familiales , sur décision de la CDA. Les parents peuvent solliciter directement la MDPH pour demander à la percevoir. Elle peut d’ailleurs être accordée pour des enfants qui ne sont pas ou pas encore scolarisés. Cependant, lorsque l’école instruit un dossier pour une demande qui la concerne, il faut en profiter pour y inscrire la demande d’AEEH. Elle est destinée à rembourser les frais engagés par les parents : soins ou bilans non remboursés chez le neuropsychologue, le psychomotricien ou l’ergothérapeute, frais de déplacements pour conduire l’enfant plusieurs fois par semaine chez les rééducateurs, perte de salaire liée à une diminution du temps de travail pour s’occuper de l’enfant.

– Du matériel informatique : ordinateur, imprimante, logiciels spécifiques pour la dictée vocale ou la géométrie, sacoche et même matériel spécialisé pour les enfants malvoyants. Ce matériel est accordé par la MDPH, mais il est financé par l’Education Nationale. Il est prêté pour toute la durée de la scolarité, mais son attribution peut être réévaluée. L’enfant le conserve lorsqu’il change d’école au sein du même département, au moment du passage au collège par exemple. Il est généralement attribué aux enfants dyspraxiques ou qui souffrent de troubles moteurs, aux dysgraphiques qui, pour une raison ou pour une autre, ont une écriture lente et très coûteuse, aux dyslexiques pour qui le passage à l’écrit est laborieux, aux malvoyants qui ont besoin de matériel d’agrandissement ou de traduction en braille. Il est possible de demander l’attribution du matériel ou seulement le droit d’utiliser du matériel informatique pour la scolarité. Cela permet à l’enfant de pouvoir rendre des devoirs écrits, des rédactions, des dissertations tapés ou dictés à l’ordinateur. Si la MDPH a accordé ce droit, les professeurs ne pourront pas refuser un devoir non manuscrit. C’est pourquoi il peut être judicieux de faire cette demande avant l’entrée au collège.

– Des aménagements pour les examens tels que l’aide d’une personne qui écrit ou lit à la place de l’élève, le droit d’utiliser du matériel spécialisé ou un « tiers temps pédagogique » pour la passation des examens écrits, brevet, baccalauréat ou autre : le candidat bénéficie d’un tiers de temps supplémentaire pour rendre sa copie. Selon la gravité du handicap, il peut être accordé le droit pour l’élève de conserver les notes positives pendant cinq ans ou passer l’examen en plusieurs sessions, demander des adaptations pour certaines épreuves (sportives notamment) ou même d’en être dispensé. Ces aménagements sont mis en place par le médecin scolaire (ou, à défaut, un médecin généraliste) qui rédige un certificat médical. Le dossier est ensuite envoyé au CMS (bureaux de la médecine scolaire) où il reçoit l’avis d’un médecin désigné par la MDPH. La DSDEN (anciennement l’lA) ou le Rectorat émet la notification finale, avec le détail des aménagements proposés.

– Un transport par véhicule adapté si la famille ne peut pas assurer seule le transport de l’enfant, s’il ne peut se rendre à l’école sans assistance, ou la prise en charge des frais en cas d’utilisation du véhicule familial. C’est le cas, par exemple, pour un enfant qui est en fauteuil roulant ou qui souffre de troubles autistiques qui l’empêchent d’emprunter le transport scolaire pour rejoindre le collège ou la structure spécialisée dans une commune éloignée.

– D’autres aides sont disponibles, mais ne contribuent pas à une meilleure adaptation de l’enfant à l’école : la prestation de compensation de handicap, la carte d’invalidité.

Si l’aide souhaitée est rejetée par la MDPH, les parents peuvent faire appel de la décision dans les deux mois qui suivent la notification.
Les démarches auprès de la MDPH
Lorsqu’une famille souhaite adresser une demande de compensation à la MDPH (souvent sur les conseils de l’école ou d’un rééducateur), une réunion doit être organisée en présence de :

– Obligatoirement les parents.

– L’enseignant référent. S’il est absent, quelqu’un d’autre peut remplir les documents à sa place, mais sa présence est souhaitable.

– Le maître de l’enfant, le directeur de l’école et, éventuellement, le maître du RASED.

– Le psychologue scolaire.

– Le médecin scolaire ou l’infirmière scolaire.

– Les intervenants extérieurs : l’orthophoniste, le psychomotricien, l’orthoptiste, l’ergothérapeute, le psychologue, le médecin, le personnel du CAMSP ou CMP, l’assistante sociale.

Cette première réunion avant constitution d’un dossier s’appelle simplement « équipe éducative », comme toute réunion dans laquelle on parle d’un enfant en difficulté, avec ses parents et quelques personnes concernées. C’est le directeur d’école qui a la charge d’organiser les équipes éducatives. Lorsque l’enfant souffre d’un trouble du langage, dyslexie ou dysphasie, la réunion débouche sur la rédaction d’un PAI, un projet d’accueil individualisé (souvent lié à la prise d’un traitement médical ou régime particulier). Il est encore appelé PIS, projet individualisé de scolarisation , dans certains départements, mais le PIS diffère d’un PAI, car il a trait à des aménagements pédagogiques. C’est alors le médecin scolaire qui est responsable de la mise en route de ces projets.

Lors de cette équipe éducative, chacun prend la parole pour exposer ce qu’il sait sur l’enfant (suite à des bilans) et ce qu’il repère de ses difficultés. Un compte rendu de réunion est rédigé par l’enseignant référent et fera partie du dossier qui sera envoyé à la MDPH. Le dossier est également constitué de diverses pièces, différentes selon le type de demande : renseignements scolaires, compte rendu d’examen psychologique, feuillet du médecin, feuillet de l’assistante sociale, comptes rendus de bilans des rééducateurs.. Pour chaque cas, l’enseignant référent indique quels documents lui sont nécessaires. Afin que le dossier parvienne complet à la MDPH et qu’aucune pièce ne se perde, il est nettement préférable que chacun envoie sa partie à l’enseignant référent, qui centralise tout avant d’envoyer le dossier complet à la MDPH. Il peut toutefois y avoir des différences de fonctionnement d’un enseignant référent à un autre. Une fois le dossier déposé à la MDPH, celui-ci est étudié par une équipe pluridisciplinaire puis validé par une commission appelée CDA, commission des droits et de l’autonomie , instance qui prend les décisions d’accorder ou non les moyens de compensation demandés.

Lorsque l’enfant reçoit déjà un moyen de compensation (une AVS, un ordinateur.), l’école est tenue d’organiser au moins une réunion par an, avec les mêmes personnes que citées précédemment, afin de suivre l’évolution de l’enfant et d’en informer la MDPH. Dans ce cadre, les réunions s’appellent ESS pour équipe de suivi de la scolarisation . Lors d’une ESS, est rédigé le PPS, le projet personnalisé de scolarisation , dans lequel sont indiqués les adaptations et les objectifs prévus pour une meilleure réussite de l’élève. Les ESS sont sous la responsabilité de l’enseignant référent, mais, dans les faits, ce sont les directeurs d’école qui se chargent d’organiser la rencontre et d’inviter les diverses personnes.

Lors de ces ESS, il est également question de l’évolution des compensations. Celles qui sont accordées sont évaluées. Si besoin, une autre demande peut être déposée à la MDPH : est-il souhaitable de demander une réduction ou une augmentation du temps de présence de l’AVS ? Est-il nécessaire de demander autre chose ?
Les relations avec les autres élèves
Il ne faut pas perdre de vue que l’enfant en situation de handicap sera d’autant plus épanoui à l’école qu’il s’y sentira à sa place. Pour cela, il est indispensable que ses camarades le considèrent comme l’un des leurs, l’acceptent avec sa différence, aient le désir de le comprendre et de l’accompagner dans son parcours scolaire.

Les témoignages des familles ne sont pas tous positifs quant aux relations entre leur enfant et les autres élèves. Beaucoup d’incompréhension et de craintes sont à l’origine de mises à l’écart, de railleries, parfois de maltraitance.

L’enseignant a un rôle crucial à jouer pour favoriser un regard bienveillant chez ses élèves valides. Pour cela, il doit expliquer le trouble ou le handicap dont l’élève est atteint et ainsi rassurer : le handicap et la différence font peur. En parler permet de dépasser cette peur pour aller vers l’autre. Les notions de respect et de tolérance sont au programme de l’Education Nationale et doivent être reprises afin de faire comprendre que chacun est différent et que c’est ce qui rend le monde si riche, si passionnant.

Les élèves « normaux » ont tout à gagner à découvrir la différence. L’élève en situation de handicap a, lui aussi, tout à gagner à être accepté et aimé avec sa différence. C’est aussi le premier pas vers le rejet des discriminations de toute sorte.

Je renvoie aux conseils donnés pour mettre en place des projets, à la fin de quelques chapitres et en fin de livre, afin d’y trouver des pistes qui permettent de favoriser l’échange et le lien.
Pour résumer
L’accueil d’un élève handicapé entraîne souvent des difficultés pour l’enseignant et les autres élèves. Cela peut néanmoins constituer un enrichissement pour tous, si l’enseignant favorise la compréhension de cet enfant différent et les liens entre tous ses élèves.

Afin de faciliter cet accueil, la loi de 2005 relative à la scolarisation des enfants handicapés, prévoit des aménagements et des moyens de compensation. La MDPH, maison départementale des personnes handicapées , peut accorder des moyens humains (AVS, assistantes de vie scolaire ), matériels (ordinateurs et autres produits technologiques et informatiques), des orientations ou des aides financières.

L’enseignant référent est un maître spécialisé attaché à un poste administratif. Il fait le lien entre l’école, les familles et la MDPH.

Afin d’adresser une demande de compensation à la MDPH, l’école doit organiser une réunion d’équipe éducative à laquelle les parents doivent obligatoirement assister. La présence de l’enseignant référent est requise mais n’est pas indispensable.

Le compte rendu écrit de la réunion est ensuite envoyé à la MDPH avec divers documents (comptes rendus de l’enseignant, des spécialistes, rééducateurs, médecins).

Le dossier est étudié en équipe pluridisciplinaire puis la décision est validée en CDA, la commission des droits et de l’autonomie , instance décisionnaire de la MDPH.
2. LES STRUCTURES SPÉCIALISÉES
Les classes spécialisées
Les CLIS
La CLIS est une classe d’inclusion scolaire destinée à accueillir des enfants porteurs d’un handicap. L’effectif y est limité à une douzaine d’élèves. C’est une classe spécialisée dans une école ordinaire. Il est prévu que chaque élève scolarisé en CLIS puisse bénéficier d’un temps d’intégration dans sa classe d’âge pour partager quelques activités qui sont à sa portée. En plus de l’enseignant, la CLIS dispose d’une AVS-co, une auxiliaire de vie scolaire collective , au service de tous les enfants scolarisés dans la classe. Le maître de la CLIS est spécialisé. Il est titulaire d’un CAPA-SH, un certificat d’aptitude professionnelle pour les aides spécialisées, les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap (Anciennement CAPSAIS, certificat d’aptitude aux actions pédagogiques spécialisées d’adaptation et d’intégration scolaires ).
Il existe plusieurs types de CLIS :
– La CLIS 1 accueille les enfants qui souffrent d’un trouble psychique ou cognitif sévère et pour qui les apprentissages ne sont pas possibles en classe ordinaire. La plupart d’entre eux sont déficients intellectuels, d’autres ont un trouble des fonctions exécutives, un trouble envahissant du développement ou un trouble sévère du langage. Le maître chargé de la CLIS 1 est titulaire de l’option D du CAPA-SH. C’est un maître D.

– La CLIS 2 est destinée aux enfants malentendants ou sourds. Certaines classes ont la particularité de prendre en charge également les enfants dysphasiques. La classe est assurée par un maître A.

– La CLIS 3 accueille les enfants qui présentent une déficience visuelle grave ou qui sont aveugles. L’enseignant est un maître B.

– La CLIS 4 scolarise les enfants qui souffrent d’une déficience motrice : le handicap moteur, mais aussi la dyspraxie, les troubles sévères des fonctions exécutives qui entravent la programmation des gestes, les maladies génétiques ou encore les troubles envahissants du développement avec une atteinte des fonctions motrices. Les enfants sont encadrés par un maître C.

– Dans certaines écoles, privées généralement, il existe des CLIS TED pour les enfants souffrant de troubles envahissants du développement ou d’autisme.

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