Tu t fous de ma gueule et je m en fous !
79 pages
Français

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Tu t'fous de ma gueule et je m'en fous ! , livre ebook

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Description


Pourquoi les jeunes se moquent-ils les uns des autres ?



Comment leur permettre d’adopter une posture corporelle puissante, cool, ancrée et protégée des railleries ?



Quelles ripostes verbales leur proposer pour répondre du tac au tac, notamment sans écraser ni s’écraser ?



Il est crucial pour une école ou un organisme extrascolaire d’améliorer le climat relationnel entre jeunes et de prévenir les conflits en faisant face aux moqueries, la forme la plus courante et banalisée de harcèlement.



Tu t’fous de ma gueule et je m’en fous ! répond à ces moqueries de la manière la plus concrète, ludique, opérationnelle et transférable possible.



Manuel pédagogique destiné aux adultes qui accompagnent les jeunes individuellement ou en groupe (parents, éducateurs, enseignants, animateurs, thérapeutes...), il offre des explications théoriques, des postures puissantes, des techniques de protection et de répartie ou encore des activités à pratiquer à l’école, en famille, dans les activités extrascolaires, sur les réseaux sociaux.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 20
EAN13 9782960257144
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0067€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

*
Christelle Lacour
Illustrations de Nicolas Van de Walle
Tu t’fous de ma gueule et je m’en fous   !
Humour et puissance face aux moqueries : astuces à transmettre aux jeunes

*
À ma muse qui m’aime, m’use et m’amuse…


Pourquoi s’en foutre ?
L’important n’est pas ce qu’on a fait de nous, mais ce que nous faisons nous-même de ce qu’on a fait de nous.
Jean-Paul Sartre
Enfant, j’ai été témoin de nombreux conflits et jeux de pouvoir dans ma famille. La moquerie, l’ironie, la critique omniprésentes me questionnaient sans que je sache mettre des mots dessus. Baignée dans cette atmosph è re agressive, j’avais très peur des autres enfants. Pendant de nombreuses années, je me suis mise en retrait, n’ayant pas ou peu de liens d’amitié avec mes pairs. Je me concentrais sur mes études et restais méfiante.
Parallèlement à cela, je montrais une certaine agressivité d é fensive. À l’époque, ma mère me surnommait affectueusement «  le roquet  » , soulignant ma tendance à aboyer sur les autres. M’enfermant dans cette étiquette aussi. Il m’arrivait d’insulter les autres enfants, de les humilier en cherchant la phrase qui leur ferait mal, de me battre avec eux parfois. Toujours, me disais-je, en r é action au mal qu’ils me faisaient. Mais plus je leur faisais mal, plus ils me faisaient mal en retour. C’était un jeu sans fin qui me confortait dans ma méfiance. J’étais en hyper vigilance face à l’insupportable regard que mes pairs portaient sur moi.
À l’adolescence, si cette tendance retrait-attaque a continué, elle a pris des formes plus verbales et plus indirectes   : ironie, sous-entendus méprisants, manipulation… Je me montrais en alternance pseudo sûre de moi en frimant et complètement inhibée, rabaissée par les moqueries dont j’étais l’objet. Je restais en compagnie de ceux qui, comme moi, se sentaient rejetés par la majorité. Si j’avais la r é putation d’avoir de la répartie, il n’en restait pas moins que je n’étais pas très appréciée et que je me sentais extrêmement seule.
L’adolescence est la période où j’ai développé un grand pouvoir d’autodérision, pour me protéger des railleries autrement qu’en attaquant. J’ai alors vite constaté que me moquer de moi-même m’attirait davantage de sympathie que l’humour agressif.
Mais je ne riais pas véritablement. Depuis l’enfance, ayant observé que les autres riaient et que c’était essentiel pour se faire aimer, j’avais adopté un faux rire. Une sorte de ricanement forcé, dont j’étais persuadée que personne n’était dupe. Je tentais ainsi de donner l’illusion d’une joie qui m’était inaccessible.
J’ai ri pour la première fois à 16   ans…
Le jour où j’ai rencontré celle qui sera ma première amie. La première amie à qui je me montrerai dans toutes mes facettes, tout en restant aimée. À cet âge, dans le cloître de l’école catholique très élitiste où mes parents m’avaient inscrite, je ne sais par quelle magie l’une de mes blagues a provoqué un rire tonitruant chez une élève que je connaissais à peine. J’entends encore l’écho, décuplé par le cloître, de ce rire chaleureux et gras à la fois, explosif et doux. Un rire sincère. Un rire d’enfant. Un rire plein d’amour et de folie. Un rire qui répare les blessures. Un rire qui m’a donné envie de rire à mon tour. Avec cette amie et bien d’autres ensuite.
C’est à ce rire que je dédie ce livre. C’est lui qui a ouvert mon cœur et m’a donné l’envie de transmettre des moyens de dégonfler le drame et d’apaiser la peur par l’humour…
Contrairement à d’autres auteurs spécialisés dans la gestion des émotions et des conflits, je ne pense pas que la non-violence soit la panacée. Mon expérience de femme et de formatrice m’a amenée à la conclusion que ce n’est qu’en conjuguant violence et non-violence que l’on peut être authentique . Autrement dit, en acceptant la partie de soi qui a besoin de douceur et de sincérité dans la relation, avec celle qui met l’autre à distance avec agressivité ou en entrant dans un jeu de pouvoir.
Ma croyance profonde est que nous ne sommes non-violents que par contraste avec les moments où nous faisons preuve de violence. Violence et non-violence sont les deux faces d’une même pièce. Accepter notre violence nous rend notre humanité. Accueillir notre violence au lieu de la nier ou de la rejeter permet de la percevoir davantage, de la dédramatiser , de l’agir en conscience ou de choisir une voie pacifique .
C’est pourquoi en formation, je propose des façons de communiquer qui sont non-violentes et d’autres qui pourraient être taxées de « violentes  » par les spécialistes de la non-violence. À chacun de choisir en conscience ce qui est adapté à l’interlocuteur en assumant les effets de sa communication.
***
Cet ouvrage se lit donc comme une ouverture à toute une série de stratégies variées dans leur forme et dans leur intention . Ainsi, vous retrouverez des propositions de postures, de gestes, de répliques verbales  : authentiques, implicites, indirectes, manipulatrices, agressives, empathiques, décalées, fuyantes, confrontantes, bienveillantes, trash… Certaines permettent de réguler un conflit non géré entre deux jeunes. D’autres risquent de l’envenimer. D’autres encore sont des tentatives pour renouer le lien. D’autres enfin n’ont d’autre objectif que de faire cesser les moqueries blessantes dans l’instant.
L’agressivité est une pulsion de vie nécessaire pour imposer ses limites. Pour ce faire, ne proposer que des techniques de protection et de répartie non-violentes me semble illusoire. Non seulement parce que les jeunes (et les adultes) utilisent aussi des mots agressifs pour réguler leurs tensions interpersonnelles mais également parce que dans une série de situations, l’agression verbale est efficace pour mettre fin à des moqueries inacceptables dans leur forme ou sur le fond. Faire fi de la dimension agressive de la répartie reviendrait à nier son utilisation et son utilité .
Au fond, l’intention est ici de permettre aux jeunes de ne pas rester dans les mêmes réactions face aux moqueries . En expérimentant différentes manières de répondre lorsque l’on se moque d’eux et en conscientisant les conséquences de ces ripostes. Leur faire tester des outils variés, y compris agressifs ou manipulateurs, les invite à   : sentir ce que ça leur fait de donner et de recevoir ces mots et le langage non verbal qui les accompagne et les connote ; r éaliser comment les récepteurs de leurs ripostes se sentent en les recevant ; imaginer les conséquences à court, moyen et long terme sur la communication et la relation ; choisir en connaissance de conséquences quelles stratégies ils vont privilégier, au cas par cas et en fonction de l’importance de la relation.
Comme le titre Tu t’fous de ma gueule et je m’en fous ! le dit bien, l’idée de ce programme est de donner aux jeunes les moyens de se détacher émotionnellement d’une moquerie en étant moins affectés. Le « je m’en fous !  » peut être lu de deux manières . Il peut signifier : je me fous de ce que tu dis, cela ne me touche pas (ou peu), cela ne change pas l’image que j’ai de moi. Ou encore : je me fous de ma gueule aussi («  Tu t’fous de ma gueule et je m’en fous !  » , je ris de moi avec plaisir).
Dans un premier temps, vous, parents, éducateurs, animateurs, accompagnateurs d’adolescents au sens large, serez invités à comprendre les raisons qui poussent le jeune à utiliser ou subir la moquerie mais aussi comment la dynamique de la moquerie fonctionne   : l’instinct territorial, l’attitude de proie ou de prédateur, le besoin d’appartenance au groupe, les jeux de pouvoir et l’instrumentalisation de l’humour…
La seconde partie de l’ouvrage sera consacrée à l’exploration de postures, de gestes, d’éléments corporels, de techniques de protection physique…, permettant au jeune qui se sent attaqué par une moquerie : de   se protéger  ; prendre du recul ; canaliser une partie de son stress avant de parler ; apaiser l’échange ; montrer au moqueur une posture ferme et la moins menaçante possible.
Dans un troisième temps, trente techniques de répartie seront expliquées. Elles seron

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