Jean l évangéliste
172 pages
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Jean l'évangéliste

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Description

Toute la vie de saint Jean l’évangéliste, en 164 vignettes illustrées pour les enfants. À travers la vie de ce “disciple que Jésus aimait”, découvrez l’Évangile de Jean et le livre de l’Apocalypse. Apôtre de la première heure, Jean est un témoin privilégié de la vie du Christ. Des noces de Cana jusqu’à la Résurrection, il a suivi Jésus, a vécu à ses côtés, l’a entendu parler et vu accomplir des miracles. Il finit ses jours en exil sur une île grecque, où il écrit le livre qui clôt la Bible : l’Apocalypse. Une figure incontournable du christianisme. Collection historique fondée en 1947, « Belles histoires belles vies » présente aux enfants les plus beaux exemples de sainteté du christianisme !
À partir de 7 ans.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 19 mai 2011
Nombre de lectures 3
EAN13 9782728914722
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

BELLES HISTOIRES BELLES VIES N°96
Collection fondée par le père Jean PIHAN
JEAN L’ÉVANGÉLISTE
LA PAROLE ET L’AMOUR
TEXTE :
ABBÉ JEAN PIHAN
______________________________
ILLUSTRATIONS :
ALAIN D’ORANGE
______________________________
COULEURS :
CHAGNAUD - YOT - BRUNET

15-27 rue Moussorgski - 75018 PARIS
www.fleuruseditions.com
1



C’est par les évangélistes Matthieu et Marc que nous entendons parler de Jean pour la première fois. Nous le trouvons dans une barque au bord du lac de Tibériade (ou mer de Galilée), raccommodant des filets de pêche avec son frère Jacques. C’est là que Jésus vient les chercher tous les deux, après avoir appelé déjà Simon (le futur saint Pierre) et son frère André, qui sont des associés du patron-pêcheur Zébédée, père de Jacques et Jean. « Je vous ferai pêcheurs d’hommes », avait dit Jésus.
Nous savons que Jean avait déjà rencontré Jésus. Il l’avait même suivi, mais sans renoncer tout d’abord à son métier.
2



En effet, Jean nous apparaît comme un de ces jeunes Juifs impatients de voir apparaître le Messie promis par les prophètes. C’est pour cela qu’ayant entendu parler du Baptiste, qui annon­çait la venue très prochaine du « Libérateur d’Israël », il s’était rendu auprès de lui avec son camarade André, et il était devenu son disciple.
Jean-Baptiste avait promis aux deux jeunes gens de leur montrer le Messie, et un jour, il leur avait dit, en leur désignant Jésus : « C’est lui ». Aussitôt Jean et André avaient suivi Jésus.
Bientôt, Jean et les autres disciples apprendront que le Baptiste avait été jeté en prison, sur l’ordre du roi Hérode.
3



Depuis le jour où il avait suivi Jésus, Jean était allé d’émerveillement en émerveille­ment. Il avait assisté au premier miracle du Maître, à Cana en Galilée : Jésus, invité à des noces, avait changé de l’eau en vin. C’est ce jour-là, semble-t-il, que Jean avait rencontré pour la première fois Marie, la mère de Jésus.
Il avait entendu d’étonnantes conversations du « Rabbi » 1 , aussi bien avec le savant Nicodème qu’avec une femme de Samarie pas très recommandable… Tout ce que Jésus faisait ou disait se gravait profondément dans la mémoire de Jean.
(1) En araméen (langue parlée en Palestine au temps de Jésus), Rabbi signifie : Maître.
4



Il arrivait que Jésus prenne à part trois de ses apôtres. Jean était de ceux-là. C’est ainsi qu’il lui arriva, avec Pierre et Jacques, d’être — sur la montagne du Thabor — témoin d’une manifesta­tion extraordinaire que nous appelons la Transfi­guration. Jésus resplendissait de lumière et une voix venant du ciel proclama : « Voici mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! »
Peu à peu, Jean comprenait que le Rabbi n’était pas seulement un prophète comme Elie ou le Bap­tiste. Appeler Jésus « Fils de Dieu », ce n’était pas seulement façon de parler, c’était la réalité : une réalité bien mystérieuse, puisque Dieu est l’Unique. Jean passera toute sa vie à approfondir ce mystère.
5



Un jour, Jean se trouvera en présence d’un groupe de disciples de son ancien maître. Ils ont l’air bouleversé et demandent à voir Jésus. Le Baptiste est mort : le tyran Hérode 1 l’avait fait décapiter ; les disciples l’ont pieusement enseveli.
Jean eut certainement beaucoup de peine. Dans son esprit, le rôle du Baptiste était clair et cer­taines de ses paroles se comprenaient mieux. Il le notera dans son évangile : « Jean n’était pas la Lumière, mais il était venu pour rendre témoi­gnage à la Lumière. »
(1) C’était le fils d’Hérode l’Ancien qui avait fait tuer les enfants de Bethléem peu après la naissance de Jésus. Nous le retrouverons au moment de la Passion de Jésus.
6



Maintenant, l’ancien disciple du Baptiste est tout donné à Jésus. Si le témoignage du Précurseur était valable, comme « celui d’un flambeau qui brûle et qui luit », et qui rend ainsi hommage à La lumière, les merveilles que Jésus accomplit sont un témoignage bien plus fort encore.
Le Baptiste ne prétendait pas être plus que les autres hommes. Mais Jésus donnait à penser qu’il connaissait Dieu de beaucoup plus près que n’importe qui. Aussi, très vite, ses paroles scan­dalisèrent les « bien-pensants » de l’époque. Au lieu de croire en lui, ils songeaient déjà à le faire mourir.
7



« Quel blasphémateur ! Il ose dire que Dieu est son propre père !
— Il se fait égal à Dieu ! »
Ainsi réagissaient certains spectateurs d’un miracle accompli par Jésus à Jérusalem. Il y avait là une piscine dans laquelle, de temps à autre, un malade trouvait la guérison. Encore fallait-il qu’il puisse descendre dans l’eau, et au bon moment. Jésus, passant par là, vit un infirme qui attendait d’être guéri depuis… trente-huit ans ! Personne n’avait jamais eu la charité de le plonger dans la piscine quand il le fallait…
Le pauvre homme n’attendit pas plus long­temps. Un seul mot de Jésus : « Lève-toi, prends ta civière et marche ! » Il était guéri.
8



Les bien-pensants avaient une raison supplé­mentaire de critiquer Jésus. Il avait osé guérir cet homme un jour de sabbat (le samedi) ! Ce jour-là, les stricts observateurs des comman­dements de Dieu ne devaient absolument rien faire.
« Allons donc », dira Jésus, « si l’un d’entre vous voit son fils, ou simplement son bœuf, tomber dans un puits, est-ce qu’il ne l’en retirera pas, même un jour de sabbat ? » Une autre fois, il dira qu’il est « le maître du sabbat ». Devant cela, il n’y avait que deux opinions possibles : ou bien Jésus était une espèce de sorcier maudit, ou bien il agissait avec l’autorité de Dieu.
9



Saint Jean, qui nous rapporte la guérison de la piscine, ne manque pas de nous dire que Jésus a essayé de s’expliquer. Comme il le fait souvent, il nous raconte tout son discours. C’est ce jour-là que Jésus dira : « Ce que je fais montre que je suis envoyé par le Père. Je ne fais rien de moi-même, je fais la volonté de Celui qui m’a envoyé. Je suis venu au nom du Père, et voilà que vous ne voulez pas me recevoir. »
Jésus essayait de faire comprendre qu’il était le Messie annoncé par les prophètes : « Vous étudiez l’Écriture sainte : eh bien ! je vous dis qu’elle me rend témoignage. Vous croyez à Moïse : eh bien ! Moïse parle de moi. »
10



Certains auditeurs se déclaraient convaincus. D’autres le seront plus tard. Mais les convain­cus eux-mêmes n’osaient en parler librement, par crainte des autres, notera Jean. Ces derniers, il ne faut pas que nous les jugions trop sévèrement. On a raison de commencer par se méfier quand quelqu’un accomplit des prodiges. Et surtout, il faut bien reconnaître que ce que Jésus disait, au sujet de son intimité avec « son Père », boulever­sait tout ce que l’on enseignait jusque-là.
Même dans la parenté de Jésus il y avait des incrédules. Et aussi parmi ses compatriotes galiléens ; c’est à Jésus que nous devons le proverbe : « Nul n’est prophète en son pays. »
11



« Qu’est-ce qu’on raconte de lui ? » disaient les gens de Nazareth. « Enfin, quoi ! ce Jésus, nous connaissons sa mère, et son père Joseph, le charpentier. »
Jean rapporte cette réflexion à propos d’un dis­cours de Jésus sur le pain de vie. Après la multiplication des pains, les foules avaient réussi à retrouver Jésus. « Vous me cherchez, dit-il, parce que je vous ai donné à manger une nourri­ture périssable. Procurez-vous la nourriture qui demeure pour la vie éternelle, le vrai pain venu du ciel. — Donne-nous ce pain-là », s’écrièrent les gens. Et Jésus : « Je suis le pain de vie, le pain descendu du ciel. »
12



Jean, qui ne raconte pas l’institution de l’Eucharistie au soir du Jeudi saint, est le seul à nous apprendre que Jésus, deux ans plus tôt, en avait fait l’annonce devant des foules entières : « Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair…
Beaucoup se demandaient si Jésus n’était pas fou. De nombreux disciples l’abandonnèrent et Jésus demanda tristement aux « Douze » : « Vous aussi, allez-vous me quitter ? » Nous connaissons par Jean la réplique de Pierre : « Te quitter ? À qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »
13



C’était un acte de foi. La foi consiste à se fier aux paroles d’un autre. Et quand il s’agit des choses de Dieu, on ne peut se fier qu’à quelqu’un qui prouve, par sa conduite et ses actes, qu’il parle au nom de Dieu. Cet acte de foi, on ne peut le faire qu’avec l’aide de Dieu. C’est pourquoi Jean note encore que Jésus avait dit : « Nul ne peut venir à moi sans que cela lui ait été donné par le Père ».
Cela est à rapprocher de ce que Jésus répondra à Pierre qui, un autre jour, avait fait un très bel acte de foi : « Tu as de la chance, Pierre, tu n’as pas trouvé cela tout seul, c’est mon Père qui te l’a inspiré ».
14



Les gens continuaient à se diviser. Jésus était-il le Messie, oui ou non ? « Quand le Messie viendra, on ne saura pas d’où il vient, tandis que lui, on sait d’où il est », disent certains. D’autres surenchérissent : « Le Messie ne viendra pas de Nazareth, mais de Bethléem. C’est en toutes lettres dans les Écritures ! » Ils ne pouvaient sa­voir que Jésus, tout galiléen qu’il soit, était né à Bethléem.
Ceux qui avaient entendu Jésus enseigner se demandaient : « Comment ce fils d’artisan connaît-il si bien les Écritures sans avoir étudié ? » D’autres disaient : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme. »
15



Toutes ces « contestations », Jean les entendait chaque jour, dans les villes et les villages où son Maître passait. Il était témoin des doutes, des déclarations d’incrédulité. Pareille attitude le révoltait : que les gens étaient donc bornés ! Vif comme il l’était, il ne devait pas se gêner pour les interpeller, essayer de les convaincre, les me­nacer même des pires châtiments s’ils ne se déci­daient pas à croire en Jésus.
Celui-ci, tout au début, avait surnommé son fougueux disciple, et son frère Jacques : les fils du tonnerre. Il connaissait bien ses hommes. Jean mettait sans doute son honneur à mériter un tel surnom.
16



Si bien qu’un jour, sa colère éclata. Jésus, pour aller une nouvelle fois de Galilée à Jérusalem, traversait la Samarie, la « Province maudite ». Le voilà qui entre dans une bourgade, avec ses dis­ciples. Il en envoie quelques-uns au ravitaille­ment, mais ils sont mal reçus. « Nous n’avons rien à vendre à quiconque va à Jérusalem ! »
Jacques et Jean sont pour la manière forte : « Seigneur, veux-tu que nous disions que la foudre tombe sur eux et les brûle ? » Jésus les réprimanda sévèrement : « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes ! »
17



Déjà, une première fois, Jean s’était fait « remettre en place » par Jésus.
De même que naguère, certains disciples du Baptiste trouvaient que Jésus faisait concurrence à leur maître, voilà qu’il s’aperçoit que Jésus à son tour a des concurrents. C’est inadmissible ! Jean, alors, agit comme un enfant rapporteur. Il va trouver Jésus : « Rabbi, nous avons vu quelqu’un qui se permet de chasser les démons en ton nom. Il n’est pas des nôtres. Ah ! mais… nous l’avons empêché ! — Gardez-vous en bien, répond Jésus. Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. »
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Jean avait donc fort à faire pour devenir un disciple parfait. Mais Jésus, qui l’aimait, le formait peu à peu, en se servant des menus événements de la vie quotidienne.
Bien plus tard, nous apprend Marc, Jean commettra encore une autre « bourde ». D’après Matthieu, c’est sa mère Salomé, cette maîtresse femme qui faisait la loi chez elle, qui porte la responsabilité de l’affaire.
Ne voilà-t-il pas que Jean et son frère — accom­pagnés de leur mère — viennent trouver Jésus : « Nous avons quelque chose à te demander. » Matthieu dit que leur mère « se prosterne » devant Jésus. C’est vraiment solennel !
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« Que voulez-vous ? », dit Jésus. « Accorde-nous d’être assis, l’un à ta droite, l’autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire ».
Allons bon ! Ces jeunes n’ont encore rien com­pris. Jésus avait pourtant expliqué qu’il ne fallait pas rechercher les premières places, et que c’était celui qui s’abaisse qui serait couvert d’honneur. Il avait dit aussi que pour « entrer dans sa gloire », il lui faudrait d’abord beaucoup souffrir, et qu’il en serait de même pour ceux qui prétendent le suivre.
Il répond donc aux deux frères : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Et d’abord, pouvez-vous boire la coupe que je dois boire ? »
20



Parole mystérieuse ! Sans trop comprendre Jacques et Jean assurent qu’ils le peuvent. « Vous la boirez en effet », reprend Jésus. « Quant à être assis à ma droite et à ma gauche, cela regarde mon Père, et non pas moi. »
Du coup, les autres apôtres, trouvant que Jacques et Jean ont vraiment exagéré, se mon­trent indignés par l’attitude des deux frères.
Faut-il ajouter que ce n’est pas Jean qui nous rapporte ces faits, qui ne sont pas à son éloge ! Mais comme il ne s’est jamais vanté non plus de ses bonnes actions, nous pouvons bien lui par­donner cette forme de… modestie.
21

Jour après jour, et pendant trois an­nées, Jean sera témoin de tout ce que Jésus dira et fera. Pour décrire sa vie quotidienne, c’est toute la vie pu­blique de Jésus qu’il nous faudrait ra­conter 1 .
Nous sommes donc obligés de laisser de côté certains discours de Jésus ou certains miracles que Jean est seul à nous rapporter. Nous y reviendrons plus loin, quand nous expliquerons comment, bien après Matthieu, Marc et Luc, il a écrit « le quatrième évangile ».
Peu de temps avant l’arrestation de Jé­sus, se passe un événement qui met le comble à la fureur de ses ennemis, au point de décider ceux-ci à « prendre les grands moyens » pour empêcher celui qu’ils appellent le « séducteur du peuple » de continuer à faire des dis­ciples. Jean est le seul à nous faire connaître cet événement : la résurrec­tion de Lazare.
(1) Voir l’album n° 1 : « La plus belle histoire ».
22



Dans la banlieue de Jérusalem se trouve le village de Béthanie, souvent visité par Jésus. Une famille amie le recevait : il y avait là deux sœurs, Marthe et Marie, vivant avec leur frère Lazare. Marthe était la maîtresse de maison.
Voilà que Lazare tombe gravement malade : les deux sœurs font prévenir Jésus, se disant : « Il viendra et il le guérira. » Or, Jésus attend deux jours avant de dire à ses disciples : « Allons-y. » Ceux-ci s’inquiètent : « Béthanie est trop près de Jérusalem. Tu sais bien que là-bas, tu as des ennemis qui veulent te tuer… »
23



« Une journée n’a-t-elle pas douze heures ? » répond Jésus (autrement dit : l’heure de ma mort n’a pas encore sonné). « Notre ami Lazare repose, je m’en vais le réveiller. — S’il dort, tout va bien », reprennent les disciples. Mais Jésus précise : « Je veux dire : il est mort. Et je suis heureux de n’avoir pas été là. Allons-y, et après cela, vous croirez ». Il savait en effet que la foi des apôtres était encore bien fragile.
À son arrivée, on apprit que Lazare était mort, et même enseveli depuis quatre jours. Marthe s’avança vers Jésus : « Si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ! »
24



Peinée d’avoir eu cette parole de reproche, elle ajouta : « Je sais bien que tout ce que tu demanderas à Dieu, Il te l’accordera. — Ton frère ressuscitera », lui dit Jésus. « À la fin des temps ! » reprit Marthe. C’était déjà une belle réponse de foi, car les Juifs ne croyaient pas tous à la résurrection des morts.
Mais Jésus : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il est mort, vivra. Le crois-tu ? — Oui, Seigneur », répondit Marthe. « J’ai toujours cru que tu es le Messie, le fils de Dieu, celui qui devait venir en ce monde ».

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