Les Droits de l homme
57 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Les Droits de l'homme

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
57 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description


Le 10 décembre 1948, un événement s'est produit à Paris, dont la portée historique n'a pas été immédiatement mesurée. Une poignée de personnes visionnaires et courageuses ont présenté la Déclaration universelle des droits de l'Homme, qu'ils avaient rédigée. Pour la première fois, un texte international s'adressait directement à tous les habitants de la terre, sans passer par le filtre des États, des gouvernements et des droits nationaux. La démarche était déjà audacieuse. Le contenu ne l'était pas moins. Dès les premières lignes, il posait le principe d'un droit universel à la dignité humaine. Mais l'expression « droits de l'homme » ne l'est pas moins ! Elle nous est devenue si familière que sa définition semble aller de soi. Elle soulève pourtant de nombreuses questions.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 62
EAN13 9782843682049
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0041€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Les collections du citoyen Monde & Société
Les droits de l'homme

Ouvrage collectif Texte : Dominique de Margerie et François Le Brun

16, rue de Marignan – 75008 Paris Téléphone 01 53 83 95 78 – Fax 01 53 75 36 80 contact@nane-editions.fr www.nane-editions.fr
Sommaire
Introduction
Le contexte historique
Les droits de l'homme avant 1948
Les droits de l'homme de nos jours : quels sont-ils ?
Dans le prolongement des droits de l'homme
Comment faire respecter les droits de l'homme ?
Les droits de l'homme : utopie ou réalité ?

Lexique
Collections
Adresses utiles
Introduction Un texte de 1948 toujours aussi actuel
L e 10 décembre 1948, un événement s’est produit à Paris, dont la portée historique n’a pas été immédiatement mesurée. Une poignée de personnes visionnaires et courageuses ont présenté la Déclaration universelle des droits de l’homme qu’elles avaient rédigée. Pour la première fois, un texte international s’adressait directement à tous les habitants de la Terre sans passer par le filtre des États, des gouvernements et des droits nationaux. La démarche était déjà audacieuse. Le contenu ne l’était pas moins. Dès les premières lignes, il posait le principe d’un droit universel à la dignité humaine.
 
En 1948, l’armistice du 8 mai 1945 est à la fois proche et déjà lointain. La tragédie des champs de bataille avait certes été stoppée. Mais la paix à peine retrouvée, le monde entier était informé de l’horreur des camps nazis. Il découvre également la puissance dévastatrice de deux bombes atomiques au Japon. En outre, deux blocs idéologiques s’affrontent dans une guerre froide qui ne dit pas encore son nom. Dans cet environnement déshumanisé, le sort de chaque individu pèse peu.
 

Stéphane Hessel (1917-2013).
 
Pourtant, un texte s’intéressait à chacun d’entre nous. Pour la première fois dans l’histoire des traités internationaux, des droits fondamentaux nous étaient reconnus. Ces droits ne pouvaient pas nous être retirés, car ils étaient déclarés inaliénables* . Leur caractère universel était également consacré. Cela veut dire qu’ils sont valables partout dans le monde, quels que soient les régimes politiques locaux et les pratiques culturelles ou religieuses.
 

Eleanor Roosevelt (1884-1962), veuve du président des États-Unis Franklin D. Roosevelt, lors de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme (à laquelle elle avait pris une grande part) par l’ONU Paris, palais de Chaillot, 1948.
 
Lors de la première édition de cet ouvrage, en 2008, à l’occasion du soixantième anniversaire de la Déclaration universelle, la préface avait été rédigée par un homme-clé au sein de ce petit groupe de héros discrets qui furent à l’origine du texte. Il s’agissait de Stéphane Hessel, l’auteur du best-seller Indignez-vous !
À l’époque, il était chef de cabinet d’Henri Laugier, Secrétaire général adjoint de la toute jeune Organisation des Nations unies. Comme son supérieur était chargé de la Commission des droits de l’homme, le Français fut donc aux premières loges pour l’élaboration du texte.
 
SAVIEZ-VOUS QUE…
À l’ONU, il y a six langues officielles : l’anglais, l’arabe, le chinois, l’espagnol, le français et le russe.
 
Mais dans sa préface, ce témoin de premier plan avait tenu à souligner qu’à ses yeux, les deux grands inspirateurs au sein de la Commission avaient été un autre Français, René Cassin, grand résistant, compagnon de la Libération ; et une illustre Américaine, qui fut même la première d’entre elles, puisqu’elle n’était autre qu’Eleanor Roosevelt, la veuve du président américain Franklin D. Roosevelt.
Leurs travaux s’étaient déroulés en marge de la troisième Assemblée générale des Nations unies, qui se tenait au palais de Chaillot à Paris. La présence d’un nombre important de Français au sein de la Commission s’explique par la tradition. Dans les pratiques diplomatiques internationales, la France, et surtout la langue française, occupent une place privilégiée. Ainsi, à l’ONU, le français est l’une des six langues officielles.
 

René Cassin (1887 - 1976), prix Nobel de la paix 1968.
 
Cependant, l’élément déterminant fut sans doute la présence dans le groupe d’Eleanor Roosevelt. Elle incita certainement les représentants des pays membres à se montrer bienveillants. Car le contenu du texte était quasiment révolutionnaire !
 
Comme l’expliquait alors Stéphane Hessel : « Auparavant, les droits de l’homme traduisaient un rapport de pouvoir entre le dominant et ceux qu’il dominait. Quant à la Société des Nations, qui avait précédé les Nations unies, elle ne s’intéressait qu’aux États, non aux individus. » Dès lors, « porter la protection à un niveau international, et même universel, c’était très audacieux. C’était notre objectif, après avoir vécu tous ces drames, d’Auschwitz à Hiroshima. »
 


La méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité… René Cassin

 
Si René Cassin et Stéphane Hessel étaient encore vivants, ils auraient sans doute ajouté Vichy à la triste litanie des noms, car tous deux étaient juristes. Or, que s’est-il passé en France dans la période de 1940 à 1945 ? Un mythe s’est effondré : celui de l’infaillibilité du droit. Jusque-là, les citoyens se pensaient protégés par les lois, en particulier en matière de libertés publiques. Les textes étaient forcément bons, puisqu’ils étaient supposés faire triompher l’intérêt général. Le régime de Vichy a prouvé que le législateur pouvait mal faire, nier à certains citoyens leurs droits élémentaires, à commencer par celui d’exister. Sur les cendres du martyr de la persécution des juifs, des Tsiganes et des homosexuels, une nouvelle idée des libertés devait être rebâtie.
 

 
La Déclaration universelle des droits de l’homme a été créée dans ce contexte. Elle a posé les fondations de cet édifice des libertés qui était à reconstruire. Comme l’écrivait Stéphane Hessel dans sa préface, les rédacteurs de la Déclaration avaient voulu démontrer que « les droits de l’homme sont la base de la démocratie. Autrement dit, on ne gouverne pas pour le plaisir du pouvoir mais pour garantir l’exercice d’une société démocratique. Nous avons pu déclarer que les gouvernements pouvaient être tenus pour responsables des droits de leurs citoyens. Nous avons affirmé la responsabilité universelle des droits de l’homme. Le mot universel est évidemment fondamental. »
 


La paix n’a de signification que là où les droits de l’homme sont respectés, là où les gens sont nourris, et là où les individus et les nations sont libres. 14 e Dalaï Lama

 
Au fond, les droits de l'homme, qu'est-ce que c'est ?
M ais l’expression « droits de l’homme » ne l’est pas moins ! Elle nous est devenue si familière que sa définition semble aller de soi. Elle soulève pourtant de nombreuses questions. Elle est même sujette à polémi­ques. Par exemple, certains lui reprochent d’affirmer la primauté de l’homme sur la femme. De fait, les anglophones et les hispanisants ont contourné la difficulté. Ils parlent de human rights ou de derechos humanos , autrement dit, de droits humains.
 
Un autre sujet de discussion tient à la portée de la notion. Souvent, dans les conversations, les mots « droit » et « liberté » sont employés l’un pour l’autre, indifféremment, comme s’ils étaient deux parfaits synonymes. Or, ils ne le sont pas.
 


Le premier des droits de l’homme est celui de pouvoir manger à sa faim. Franklin Delano Roosevelt (1882-1945), 32 e président des États-Unis

 
Une troisième difficulté réside dans la nature de ce que l’on entend par droits de l’homme : s’agit-il de « droits de » ou de « droits à » ? La nuance est importante. S’il s’agit du droit de vivre libre, en harmonie avec sa conscience, sa spiritualité, ses préférences politiques, son orientation sexuelle, cela suppose une abstention de l’État. On part du principe que ce dernier n’a pas...

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents