Moi, Jean-Jacques Rousseau
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Description

Heureux lecteur de ce petit Platon, tu vas participer dans les pages qui suivent à une aventure unique et extraordinaire : moi, Jean-Jacques Rousseau, musicien incompris, voyageur philosophe, écrivain pourchassé, je vais me mettre à nu ! Tout nu !

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Informations

Publié par
Date de parution 01 mars 2012
Nombre de lectures 56
EAN13 9782361650612
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0500€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Jean-Jacques Rousseau ( 1712 — 1778 )
Il me faut lire et relire Rousseau jusqu’à ce que la beauté de l’expression ne me perturbe plus du tout ; alors seulement je peux appliquer ma raison à le comprendre... Le premier de tous, Rousseau découvrit sous la diversité des formes humaines la nature de l’Homme dans les profondeurs où elle était cachée. Rousseau est le Newton de la Morale !
d’après Emmanuel Kant, Remarques à propos des observations sur les sentiments du beau et du sublime , 1764

Edwige Chirouter enseigne la philosophie à l’Université de Nantes. Mais comme Jean-Jacques, elle préfère les vagabondages et part souvent philosopher avec les enfants partout où l’on veut bien l’accueillir : dans les écoles, les hôpitaux, les théâtres, et jusqu’aux réserves indiennes du Canada...
Diplômée de la section Illustration des Arts décoratifs de Strasbourg, Mayumi Otero dessine chaque mois dans Le Tigre . Elle a publié une Promenade au Musée dans la collection Ramino de la RMN, et de nombreux ouvrages d’artistes très colorés et loufoques dans sa maison d’édition expérimentale Icinori.
Heureux lecteur de ce petit Platon, tu vas participer dans les pages qui suivent à une aventure unique et extraordinaire : moi, Jean-Jacques Rousseau, musicien incompris, voyageur philosophe, écrivain pourchassé, je vais me mettre à nu ! Tout nu !
Je vais me confier entièrement à toi et te dévoiler la vérité d’une âme humaine dans toute sa grandeur et sa misère. Rien ne te sera caché ! Je suis l’homme de verre, celui qui dit tout et ne dissimule rien. Je forme ici une entreprise qui n’eut jamais d’exemple et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature, et cet homme ce sera moi !
Je vais dès ce soir créer et mettre en scène devant toi mon ultime et plus belle œuvre : un opéra qui dévoilera au monde les tourments et les joies de ma vie, les éclats révolutionnaires de mon œuvre.
Reclus à Ermenonville, je me cache des félons qui n’ont de cesse de comploter ma perte : Diderot, Hume, Hobbes et surtout Voltaire, tu les connais ! Ils veulent à tout prix empêcher la réalisation de ce dernier projet qui mettra en lumière toutes leurs fourberies et traîtrises. Leur pouvoir de nuisance est immense, ils ont des espions partout ! Il n’est donc pas sans risque pour toi de me suivre dans cette aventure et d’être mon complice. Mais si tu es assez hardi, viens et tourne la page.

Les jardins d’Ermenonville seront le décor idéal de cet opéra. Tout se jouera ici, dans le domaine de mes rêveries solitaires où, enfin loin du tumulte du monde, je m’abandonne aux dernières joies d’une existence tourmentée.
Ah ! quel bonheur de m’atteler à ce dernier ouvrage... C’est la passion de ma vie, tu sais. Car avant d’être philosophe, voyageur, écrivain, herboriste, je suis d’abord musicien ! C’est moi qui ai écrit l’article « Musique » dans L’Encyclopédie ! Tu l’ignorais, j’en suis sûr ! Comment ce grand talent a-t-il pu se perdre dans la mémoire des hommes ? Pourquoi nulle postérité dans cet art qui m’est le plus cher ? J’ai écrit plusieurs opéras, donnés devant le Roi lui-même. Écoute un de mes airs :
Avec l’objet de mes amours, Rien ne m’afflige, tout m’enchante ; Sans cesse il rit, toujours je chante : C’est une chaîne d’heureux jours. Quand on sait bien aimer, que la vie est charmante !
Ah ! que c’est chantant, quel ravissement ! que c’est dansant ! Viens donc avec moi, virevoltons !
J’ai même inventé un nouveau système de notation musicale pour remplacer l’horrible solfège qui a fait souffrir tant d’innocentes victimes en ce monde. Les bougres d’idiots de l’Académie de musique n’y ont rien compris non plus. Certains disent que mon système est si compliqué qu’à part son inventeur, nul ne saurait s’y retrouver !
Mais ce soir, fi de toutes ces moqueries mesquines. Viens avec moi, allons chercher chanteurs et acteurs. Il nous faut juste deux ou trois interprètes. Ma femme Thérèse en sera, elle n’a guère le choix.


Thérèse, ma mie, suis-nous. Ce soir, nous montons dans les jardins mon nouvel opéra devant une foule innombrable. J’ai pensé à toi pour interpréter quelques rôles d’importance.
— Vous avez pensé à moi, mon amour ! Mais comment ferai-je pour chanter vos airs ? Je n’aurai pas le temps de les apprendre par cœur et je ne sais pas lire…
— C’est pour cela que j’ai choisi des scènes où tu n’interviens que très peu. Ne te fais nul souci. Écoute, obéis-moi, et tout sera parfait comme à l’habitude.
En revanche, pour les autres acteurs, nous sommes un peu pris de court... Il faut avouer que je n’ai plus guère d’ami qui ne se soit vendu à ces renégats... D’ailleurs, écoute, on vient ! Ce sont eux, à coup sûr ! Cachons-nous !
Tiens ? Cela ne ressemble pas à la démarche de leurs sbires... On dirait... mais oui ! C’est l’enfant sauvage ! Il a grandi ici, loin du commerce des hommes ! Regarde-le : il marche tout nu, à quatre pattes, et n’éprouve aucun sentiment, ni peine, ni joie. Il semble même insensible au froid. La preuve que l’éducation fait tout de nous ! Sans parents, sans famille, sans éducateurs, sans instruction, nous resterions comme lui à l’état de bête. Avec un peu de chance, nous pouvons l’attraper, il sera un interprète formidable... Thérèse, montre-toi ! Ami lecteur, passe par derrière, et attends-le !

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