10 histoires de Moyen Âge
85 pages
Français

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Description

Histoire vraie, policier, humour, science-fiction, fantastique, sentiments… Les 10 histoires de ce livre abordent tous ces genres à la fois !
Autour du thème de la chevalerie, voici de quoi s’embarquer dans d’extraordinaires aventures, aux côtés de héros qui ne manquent pas de courage.

Les auteurs :
Marie Bertherat, Barbara Castello et Pascal Deloche, Brigitte Coppin, Giorda, Johan Helio, Victoire Labauge, Jean-Marc Ligny, Emmanuel Viau


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 17 novembre 2015
Nombre de lectures 107
EAN13 9782215159575
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

MOYEN ÂGE
Table des matières

Le chevalier maudit Ceux de Roche Diable

Le mystère de l’épée volée Le mystère du donjon

Guillaume, le chevalier errant

La Démone des Batailles Destination l’an mil

La geste d’un preux chevalier
« Ô cruel est l’amour »

Un impossible amour

Copyright
Dans la même collection
Le chevalier maudit
d’Emmanuel Viau illustré par André Benn
1 – Le col
Le paladin releva la visière de son heaume. Des gouttes de pluie vinrent se mélanger aux larmes et au sang qui coulaient sur son visage. L’homme était épuisé. Il tremblait de froid, de fatigue et de chagrin.
Pour effectuer les derniers mètres qui le séparaient du sommet du promontoire, il dut se servir de son épée, souillée et ébréchée, comme d’un bâton de marche. Ayant enfin gagné le col, il fut saisi par un vent glacial et violent et se laissa tomber près d’un rocher pour s’abriter. Derrière lui, à plusieurs centaines de mètres en contrebas, trois petites silhouettes se déplaçaient dans l’ombre, peinant à le rattraper.
Roryk, le Maître Hache, fut le premier à le rejoindre. Le nain était ici sur son terrain, la dure pierre des montagnes, mais les événements des derniers jours avaient eu raison à la fois de sa résistance physique et de son mental. Sans un mot, il s’affala aux côtés du paladin. L’elfe et le moine arrivèrent ensemble, un quart d’heure plus tard. Le vent se déchaîna et le ciel s’abattit sur le col.
Un long moment s’écoula et aucun d’entre eux ne voulut évoquer la tragique horreur qu’ils venaient de vivre. Accroupi sur ses talons, Wynen, l’elfe, eut un pâle sourire :
– Nous n’irons plus très loin aujourd’hui. Le paladin se redressa :
– Et pourtant, il le faut. Il ne sert à rien de se reposer ici, en pleine tempête.
– Quant à moi, je ne ferai plus un seul pas. Que le vent m’emporte, et que la pluie me gèle, je m’en moque. Mes jambes ne m’ont jamais fait autant souffrir. Une armée de trolls me courserait que je ne bougerais pas !
Le paladin sourit aux mots du nain.
– Holà, Maître Hache, qui vous parle de trolls ? Notre bon Gangeois a ici de bien meilleurs remèdes. N’est-ce pas, Gangeois ?
Le moine farfouilla dans sa sacoche :
– J’ai pu récupérer ceci dans notre fuite, hier.
Il tendit une gourde emplie d’un liquide brunâtre avant de poursuivre :
– Et j’ai bien trois ou quatre sorts en mémoire. Mais je crains de ne pouvoir faire plus. Lorsque nous serons arrivés, je ne vous serai plus d’une grande utilité.
Martial, le paladin, tenta de garder un ton léger malgré la peur et le désespoir qui l’accablaient :
– Eh bien, réconforte-nous maintenant, Gangeois. C’est tout de suite que nous avons besoin de tes services. Quand nous parviendrons au château, il sera trop tard pour faire demi-tour.
Roryk accusa le coup.
– Ainsi vous n’avez pas changé d’idée ? Bougres d’humains, avec tout le respect que je vous dois, vous pensez toujours prendre d’assaut la forteresse ? Dans notre état ?
Le nain protestait, furieux, mais chacun savait, et lui aussi sans doute, que c’était pour la forme. Ils n’étaient pas venus jusque-là pour faire marche arrière. Martial avait juré, à genoux devant son peuple, que leur quête finirait ici, dans ces terres. Que ces dix années d’errance et d’humiliation, après qu’ils furent chassés de leurs terres par les Tristes Seigneurs, cesseraient enfin.
Ils avaient parcouru le Haut Continent, longé les côtes écumeuses, traversé les lacs sombres et les plaines herbeuses, gravi les collines et les pics. Aucun endroit n’était pour eux. On ne voulait pas de ces errants, et Martial se refusait à faire la guerre aux peuples qu’il rencontrait dans le seul but de conquérir un bout de terre. Alors, après ces longues années de voyages malheureux, il ne leur restait plus qu’une seule direction : les Montagnes du Nord.
Les Montagnes du Nord et les Terres noires qui s’étalaient dans leurs vallées d’ombre. Des Terres noires arides et désolées, certes, mais les hommes de Martial conservaient en eux suffisamment de force et d’espoir pour s’imaginer les rendre habitables.
Avant cela, il fallait chasser les habitants et leur seigneur de ces lieux, des êtres malfaisants et pervertis qui envoyaient régulièrement des troupes envahir des régions plus accueillantes.
Pour cette raison, et parce qu’ils n’avaient plus le choix, Martial avait décidé de se lancer à l’assaut des Montagnes. S’il gagnait, il pourrait enfin donner à son peuple une terre et il débarrasserait le Haut Continent de créatures effrayantes et belliqueuses. S’il perdait…
Son peuple avait accepté sa décision. En choisissant un chevalier, il se mettait corps et âme à son service. Martial était un chevalier saint, adoubé par les six lames des Grands Rois : il était donc lui aussi au service, corps et âme, de son peuple.
En ces temps oubliés, où le Bien combattait de toutes ses forces le Mal, le monde fonctionnait ainsi. L’honneur était une grande vertu pour les hommes bons, la traîtrise et le mensonge leur étaient inconnus.
Voilà pourquoi Martial pleurait aujourd’hui. Il conduisait son peuple à la ruine.
Son expédition guerrière contre les monstres des Montagnes avait tourné court dès la première semaine. De sa fière armée de mille cavaliers partis au combat en chantant, il ne restait plus aujourd’hui qu’un nain, un elfe, un moine et lui-même. L’idée de retourner vaincu auprès des femmes, des vieillards et des enfants qui l’attendaient aux frontières des Montagnes, lui était insupportable. Martial devait vaincre ou périr. Et ses trois amis n’avaient pas le pouvoir de le faire changer d’avis.
Pendant que le paladin ruminait de sombres pensées en regardant les tours du château, situé sur le versant opposé, le moine s’affaira auprès des autres. Les yeux fermés, il psalmodiait une mélopée, et de ses mains coula une douce lumière dorée.
À l’endroit où ils se tenaient, un col sinistre attaqué par les vents hurlants et la pluie, une chaleur bienfaisante s’établit. Elle gagna leurs membres fatigués et leur cœur, et ils retrouvèrent un peu de sérénité. Comme Gangeois s’approchait pour appliquer ses mains sur Martial, celui-ci le repoussa gentiment.
– Non, Gangeois, brave moine. Garde tes forces pour les combats à venir, pour toi, Wynen et Roryk. Dans ce qui m’attend, je ne dois compter que sur mes propres ressources.
Le chevalier paladin était un combattant hors pair, formidable manieur d’épée, d’une bravoure légendaire. Il disposait aussi de quelques pouvoirs magiques, qui, sans égaler ceux d’un magicien, rendaient souvent de grands services.
Martial invoqua un sort de bénédiction pour luimême et ses compagnons. Ce sort exaltait le courage, insufflant dans le cœur des guerriers la force du juste combat, pour le Bien. Il atténuait aussi les blessures du désespoir et, appliqué convenablement, pouvait détourner les sortilèges de créatures maudites.
Ainsi rassérénés, les quatre héros quittèrent le sommet, s’engageant dans l’étroit passage qui menait au château, dans un enfer de pluie cinglante et de vent fou de rage.
2 – Le pont-levis
Le hurlement les surprit au moment où ils posaient le pied sur le pont-levis.
Surgie de nulle part, une pluie de flèches dentelées retomba en sifflant autour d’eux. La cape de Gangeois fut transpercée de part en part sans qu’il ne fût touché.
– À couvert, vers les rochers, vite !
Martial fit demi-tour. Il était trop tard. Le sentier qu’ils venaient d’emprunter était bloqué par une dizaine de trolls des montagnes et une troupe d’archers gobelins.
Sur les bords du chemin, d’autres ombres se détachèrent parmi les rochers. De l’autre côté du pont-levis, une lourde herse condamnait l’accès à la cour du château. Les assaillants cessèrent le tir de flèches. Sûrs de leur victoire, ils n’avaient même pas dégainé leur épée. Ils se mirent à crier des insultes et des railleries dans leur langue laide et rauque.
Roryk fit de même en dialecte nain, mais même sa grosse voix ne faisait pas le poids face aux grondements de gorge des trolls. Wynen attira discrètement l’attention de Martial :
– Les douves. C’est le seul endroit. Il y a là un pas

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