Crush, vanille et pomme caramélisée
127 pages
Français

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Crush, vanille et pomme caramélisée , livre ebook

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Description

Horreur ! Lily doit partir vivre un an chez son père, qui s’est remarié. Et avec Hannah, sa demi-sœur, rien ne va ! Quand celle-ci se rapproche d’Ethan, le crush secret de Lily, la guerre semble déclarée... Les deux filles arriveront-elles à mettre leurs désaccords de côté ?

Traduit de l'anglais, titre original : Swirl : Apple Pie Promises.

Sasha, Maddie, Jasmine, Sully, Lily, cinq héroïnes, cinq histoires différentes, émouvantes et attachantes, à découvrir dans Crush, la série à boire frappée !


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 16 avril 2019
Nombre de lectures 54
EAN13 9782215172482
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0019€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières

1. La montagne a disparu
2. Promesses et décollage
3. Pas prévu au programme
4. Les choses tournent mal
5. Option Maison Hantée
6. Information top secrète
7. Questions… et réponses
8. Dommages collatéraux
9. Préparatifs en vue
10. Acide et pas du tout sucré
11. À tes souhaits !
12. Juste un gâteau
13. Vengeance XXL
14. Distribution des rôles
15. C’est en forgeant qu’on devient forgeron
16. Vengeance imminente
17. Et si on mangeait des pommes ?
18. On y est presque…
19. Et les gâteaux furent mis en miettes
20. Ce n’est pas du gâteau
21. Le silence n’est pas d’or
22. Moments magiques

Notes
Dans la même collection
Page de copyright
CHAPITRE 1
La montagne a disparu

Je sais qu’on dit que manger une pomme par jour est bon pour la santé. Personnellement, je préfère en manger dans une tarte. Et pas n’importe quelle tarte : MA tarte aux pommes, celle que je prépare moi-même. Il n’y a rien de tel que le parfum des pommes dorées au beurre et saupoudrées de cannelle. Ça veut dire que tout va bien, même si tes parents se sont disputés, même si ton appareil dentaire a été resserré, qu’une montagne de boutons d’acné vient d’exploser sur ton visage ou que le garçon pour qui tu as le béguin depuis la 6 e ne soupçonne toujours pas ton existence.
C’est le pouvoir de la tarte.
C’est pour ça que je souris en ce moment. Parce que maman et moi sommes en train d’en faire une. ­L’automne n’a pas encore officiellement débuté, mais c’est tout comme en cette matinée du dernier samedi d’août : l’air s’est nettement refroidi et le ciel est nuageux.
Nous utilisons deux variétés de pommes : la Golden, pour sa douceur et sa fermeté, et la Granny parce qu’elle est acide et rafraîchissante. L’ensemble forme un tout parfait. Si on met trop de Golden, le côté sucré prend le dessus. S’il y a trop de pommes Granny, la tarte devient acide et amère. Tout est une question d’équilibre.
– Cette tarte va être super, dis-je en tranchant la base d’une pomme.
– Mmmm, acquiesce maman.
Je vois bien qu’elle semble ailleurs, ses pensées certainement tournées vers son prochain travail de groupe ou sujet de recherche. Maman est en train de boucler son diplôme de Maîtrise en santé publique à l’université de ­Washington (également surnommée U-Dub), c’est pour ça qu’elle effectue deux fois par semaine le trajet Seattle-Tacoma (où nous vivons).
À l’aide de son couteau éplucheur, maman découpe sa pomme en tranches épaisses.
– Je voudrais te dire quelque chose, m’annonce-t-elle d’un ton enjoué et impatient.
– Je sais ! Tu veux que nous nous inscrivions au concours de tartes aux pommes de la fête de l’Automne ?
Mon collège parraine une collecte de fonds pour cet événement qui se déroule à la mi-octobre. En plus d’être très amusant, il permet d’augmenter les finances des associations de parents d’élèves. Du coup, tout le monde y va. Il y a des courses de chars à foin, une kermesse, un jeu de chaises musicales et même une maison hantée. Les concours sont particulièrement bien dotés : les gagnants reçoivent des cartes cadeau géniales ! L’année dernière, je n’y ai pas participé, car je pensais qu’ils étaient réservés uniquement aux élèves de 4 e . Mais en fait, tout le monde peut y aller, y compris les 5 e tels que moi.
C’est bizarre, maman ne me répond pas. Alors j’insiste :
– C’est ça, hein ? Tu veux me parler du concours de tartes aux pommes ?
– Pas vraiment. Bien que ce serait une bonne idée d’y participer. Tu es en train de devenir une excellente pâtissière, Lily.
Maman repousse quelques cheveux de son front. Comme moi, elle prend soin d’elle, je suis donc surprise de voir une mèche noire s’échapper de sa queue-de-cheval.
Elle est occupée à découper ses pommes au petit bonheur la chance en mélangeant des tranches épaisses et fines. Inquiète, je jette un œil sur le monticule formé par les morceaux.
– Maman ! Elles sont trop épaisses ! Et trop fines, aussi !
– Quoi ? Oh, tu as raison, approuve-t-elle.
Avec ses longs cheveux et son nez saupoudré de taches de rousseur, ma mère ressemble à une ado insouciante. Mais ce n’est pas le cas. Elle a trente-cinq ans et elle est particulièrement méticuleuse. Donc ce qu’elle vient de faire avec les pommes ne lui ressemble pas du tout. Elle me répète toujours que la consistance d’une tarte est primordiale : si les tranches sont trop fines, la tarte ne se tient pas. Si elles sont trop épaisses, elle est trop bourrative.
– Je dois te parler de quelque chose, répète maman.
Elle pose son couteau et regroupe les tranches de pommes dans la passoire.
– J’ai obtenu un poste de chercheur, gazouille-t-elle.
– Mais de quoi tu parles ?
– Une personne a quitté le projet. Et c’est moi qui vais la remplacer. Au Maroc. Pendant un an.
– Quoi ?! Mais ils ne peuvent pas te faire ça ! C’est trop à la dernière minute. Ils ne peuvent pas d’abord te dire « non », puis d’un seul coup « oui ». Ils auraient dû te mettre d’entrée en tête de liste.
L’automne dernier, maman a postulé pour une année d’étude à Rabat, au Maroc, pour aider à l’organisation d’une conférence sur les droits et la santé des femmes. Elle était super contente de pouvoir ainsi mieux connaître la culture de son grand-père marocain.
– Tu leur as dit non, hein ?
– J’ai dit oui.
– Mais maman… Pourquoi ? On n’a plus le temps.
Je sens mon cœur cogner jusque dans mes oreilles.
– Il reste encore deux semaines.
– Je ne serai jamais prête ! Et je n’aurai jamais le temps de dire au revoir à mes amis !
– Ne t’inquiète pas. Tu ne viens pas avec moi.
Maman secoue la passoire si fort qu’on dirait qu’elle veut extraire le jus des pommes.
– Nous avons déjà parlé de tout ça l’année dernière. C’est une bourse de douze mois dans la capitale. Je vais loger dans un minuscule appartement et je travaillerai sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Impossible dans ces conditions d’avoir une vie de famille !
– Depuis quand tu le sais ? je demande d’une voix trop aiguë, même à mes propres oreilles.
– Chérie, j’ai reçu le coup de fil il y a peu, mais nous venons juste de trouver une solution, répond-elle avec un sourire XXL.
Ma mère semble super contente de quitter son seul enfant.
– Nous ? Une solution ?
– Oui, tu vas aller vivre avec ton père. Mais nous resterons en contact permanent.
– Super ! Avec mon père et sa nouvelle-super-famille-­améliorée.
Je viens à peine de rentrer de deux mois de vacances chez mon père et je devrais déjà y retourner ? Mes mains se mettent à trembler… et ma mère à pâlir. Oh ! là, là ! Sûrement parce que je suis en train d’insinuer que ma belle-mère est une version perfectionnée d’elle-même. Or, c’est faux. Je plaque mes mains sur ma bouche. D’habitude, je suis très forte pour ne pas faire ce genre de maladresses.
Mais pas aujourd’hui. Sérieusement, maman est la personne la plus incroyable que je connaisse. Elle travaille à plein temps en tant que responsable à la clinique de santé des femmes, va en parallèle à l’université, et a toujours du temps à me consacrer. En plus, elle ne perd jamais une minute. Même si cela n’a pas toujours été le cas… Avant leur divorce, mes parents se disputaient sans arrêt. Ce n’était vraiment pas marrant. Alors je me suis promis de ne jamais faire comme eux. Ne jamais crier, ni me disputer. Et garder mes sentiments enfouis à l’intérieur de moi.
Je me rappelle encore une altercation dans l’avion, alors que nous nous rendions chez ma grand-mère, en ­Virginie. Manque de chance, mes parents étaient assis l’un à ma droite, l’autre à ma gauche, et je ne pouvais même pas faire semblant d’aller aux toilettes : le signal allumé inter­disait de défaire sa ceinture. C’était terrible. C’était bruyant. C’était surtout très embarrassant. Et tout ça à cause d’un simple chargeur de téléphone portable oublié dans la salle ­d’attente de l’aéroport. Mon père avait remué les bras dans tous les sens. Maman lui avait jeté un paquet entier de bretzels. J’en ai retrouvé un plus tard dans mes cheveux. Tous les autres passagers nous dévisageaient, y compris le garçon super mignon de l’autre côté de l’allée. Je me suis alors jurée que je ne perdrais jamais mes nerfs ainsi. Je serai admirée partout pour mon calme légendaire.
– Je suis désolée, maman, je murmure très doucement et très gentiment. Ce n’est pas ce que je voulais dire. Je ne m’attendais pas à ça… Vivre avec papa tous les jours. Et te voir partir loin. Très loin.
– Je sais.
Son visage retrouve peu à peu des couleurs.
– Lily, rappelle-toi de vivre comme si la montagne était visible.
J’acquiesce en retenant mes larmes. Ce dicton bien connu à Tacoma veut dire qu’il faut vivre chaque jour à la manière d’une journée ensoleillée, quand on peut apercevoir le sommet enneigé du Mont Rainier qui surplombe la ville. Parfois, on ne peut pas le voir à cause des nuages, mais on sait qu’il est là quand même. Mais c’est différent ici : maman sera vraiment très loin.
Tout à coup, je meurs d’envie de parler à Keisha, ma meilleure amie. Elle sera vraiment surprise d’apprendre que ma mère, qui est aussi organisée que moi, puisse s’en aller ainsi au pied levé. Cette année, maman et moi étions supposées concourir pour la meilleure tarte et gagner. Elle devait aussi m’apprendre à tricoter. Et la seule chose dont je devais m’inquiéter était de savoir si Ethan Sanarov, un super génial garçon de 4 e à qui je n’ai jamais osé parler, allait devenir plus qu’un béguin top secret. Bref, cette année était censée se passer comme ça et pas autrement.
J’envoie illico un texto à Keisha pour lui demander de venir au parc Jefferson, près du séquoia géant. Et je lui précise bien que c’est URGENT ! On a choisi cet arbre comme lieu de rendez-­vous, car il est suffisamment loin des gosses qui jouent avec les jets d’eau et dans l’aire de jeux.

J’attends Keisha en écoutant le pschit-pschit du parc aquatique. J’ai l’impression d’être là depuis des siècles quand elle arrive enfin sur son vélo. Elle le balance dans l’herbe et, d’un geste, je lui indique de se dépêcher. Alors qu’elle fonce vers moi, je fais un effort surhumain pour retenir mes larmes. Keisha porte un short et un tee-shirt avec l’inscription « Girl Squad 1 » écrite en paillettes. Moi, j’ai mis la pire tenue de ma vie : un vieux survêtement et une chemise délavée toute trouée, car je n’ai pas eu le temps de me changer.
Quand Keisha me demande ce qui se passe, je m’efforce de lui répondre en détail et sans pleurer. Après m’avoir fait un gros câlin, elle me gratifie de son regard intense « made in Keisha » et prend mes mains dans les siennes.
– Aïe, la tuile ! Ça va vraiment être difficile d’être séparée de ta mère.
– Je sais, dis-je en reniflant.
Mais toujours sans pleurer.
– Tu vas y arriver, Lily. Sérieusement, tu peux tout faire.
Elle fait une pause. Je murmure :
– Merci.
– Mais si tu veux crier, vas-y ! Après tout, tu ne risques qu’une chose, c’est faire peur aux feuilles.
Je m’éclaircis la voix comme si j’avais avalé quelque chose de travers.
Soudain, Keisha se met à hurler, l’index tendu :
– Regarde ! Ethan est en train de jouer au basket.
– Sérieusement ?
J’ai les yeux qui me sortent des orbites en regardant ma tenue minable.
– Non, en fait, j’ai menti. J’ai dit ça juste pour te remonter le moral. Je déteste te voir si triste.
– Ouf ! Mais comment tu as pu penser que si Ethan – MON Ethan – me voyait habillée en clodo, ça me ferait plaisir ? Lui qui est tellement beau avec ses cheveux blonds et brillants ?
– Désolée. J’ai fait ça pour te changer les idées.
Keisha observe ma chemise déchirée et délavée. Ce n’est pas mon genre d’enfiler n’importe quel vêtement et elle le sait très bien.
– Je t’ai fait flipper, reconnaît-elle en soupirant. Mais si je te disais que la situation pouvait avoir des avantages ? Tu pourras toujours parler à ta mère par vidéo. Et probablement l’appeler souvent.
– Oui, je sais. Mais ce n’est pas pareil. Enfin, ce n’est pas que je n’aime pas mon père. Non, c’est pas ça…
– Au moins, Kimberly est gentille : tu me l’as dit toi-même. Et Hannah semble… hum… intéressante.
Papa a fait la connaissance de Kimberly l’été dernier, grâce à une appli de rencontres (appli dont je lui avais moi-même appris à se servir ! Il n’y connaît évidemment rien en matière de téléphone !) L’automne suivant, il m’a présenté Kimberly et sa fille Hannah, que j’avais déjà aperçue, même si elle a un an de plus que moi. Le collège Carlton est si grand que c’est impossible de connaître tous les élèves qui sont dans les autres classes.

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