Disparition à minuit
139 pages
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Description

C’est la rentrée au pensionnat de Knight’s Haddon et Edie et Anastasia se retrouvent avec joie. Les choses se gâtent avec l’arrivée d’une nouvelle élève, Janet. Edie la trouve étrange et fantasque, mais la jeune fille sympathise avec elle malgré la jalousie d’Anastasia. Quand cette dernière accuse Edie de trahison, Edie ne peut compter que sur Janet, qui est la seule à la croire innocente. Mais Edie a-t-elle raison de lui faire confiance ?

Des secrets, de l’amitié, une orpheline attachante, une élève énigmatique, laissez-vous emporter par la nouvelle intrigue à suspense des Mystères du pensionnat.

Première publication en Angleterre sous le titre Mischief at Midnight.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 06 octobre 2017
Nombre de lectures 19
EAN13 9782215135050
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
Chapitre 1 – Nostalgique de l’école
Chapitre 2 – Le mystère de la nouvelle élève
Chapitre 3 – Anastasia fixe ses règles
Chapitre 4 – Un certain Stonor
Chapitre 5 – Les furets de la fayote
Chapitre 6 – Prise à contre-pied !
Chapitre 7 – Une chose et une autre
Chapitre 8 – Disparition à minuit
Chapitre 9 – Eustacia Stone et la fuite en hélicoptère
Chapitre 10 – Tu peux croire ce que tu veux !
Chapitre 11 – Mademoiselle Bouche-Cousue
Chapitre 12 – Un rude réveil
Chapitre 13 – Janet change son fusil d’épaule
Chapitre 14 – L’histoire revisitée
Chapitre 15 – L’indice clé du peignoir
Chapitre 16 – Une clé sans cadenas
Chapitre 17 – Des actes, pas des paroles
Chapitre 18 – Les choses se précisent
Chapitre 19 – Des bobards et des aveux
Chapitre 20 – Zone grise
Chapitre 21 – Janet démasquée
Chapitre 22 – La loi, c’est la loi
Chapitre 23 – Anastasia lâche le morceau
Chapitre 24 – Un cadenas sans clé
Chapitre 25 – Un roi de neige dérisoire
Chapitre 26 – Edie la Libératrice !
Chapitre 27 – La suite des événements
Chapitre 28 – Fothy dit la vérité
Déjà paru
Notes
Copyright
À Tipu et Freya et Foldy-au-milieu.
Chapitre 1 Nostalgique de l’école
– C omment se sont passées tes vacances ?
– Super bien. Et les tiennes ?
– Topissimes. Sauf qu’on a été bloqués chez nous par la neige au Nouvel An.
– Trop drôle.
– Pas vraiment. On devait aller à Paris.
– Tant pis 1 Paris ! La France, quel ennui. Regarde le bronzage de Sally, elle est allée en Jamaïque.
Sally fit une grimace.
– Ça faisait bizarre d’être à la plage en janvier. J’aurais préféré aller au ski.
Un murmure compréhensif s’éleva dans le dortoir. Tout le monde était d’accord pour dire que le ski valait bien mieux que la plage au Nouvel An, tout le monde sauf Edie, qui restait assise sur son lit sans rien dire. Elle détestait l’après-midi de la rentrée, où il fallait subir les récits de vacances des autres.
– Tu es allée où, Edie ? demanda Alice.
– À Folly Farm, chez mes cousins, répondit Edie en espérant qu’on n’allait pas lui demander de détails.
– C’est mieux que de rester avec Fothy, je suppose ? dit Sally.
Edie haussa les épaules. Tout le monde savait qu’il lui était arrivé de passer ses vacances avec Miss Fotheringay, la directrice, et elle sentait que les filles la plaignaient. Elles ignoraient qu’Edie préférait largement ces moments-là à ses vacances en famille dans le Devon ; et jamais elle ne le leur aurait avoué.
Anastasia était la seule à qui Edie avait dit combien elle détestait ces séjours à Folly Farm – chez Tante Sophia qui paraissait ne jamais s’apercevoir de sa présence, chez son tyrannique cousin Lyle qui ne s’en apercevait que trop. Edie avait eu Anastasia au téléphone quelques jours auparavant, et elle lui avait raconté ses vacances catastrophiques.
– Je vais dire à Papa qu’il faudra toujours que tu passes Noël chez nous, avait conclu Anastasia fermement.
Edie se rappelait le son de sa voix, réconfortant mais irréel, à l’heure où son amie l’appelait de Moscou et qu’elle-même se tenait dans la cuisine froide et crasseuse de Folly Farm. Edie avait hâte de retrouver Anastasia. Mais celle-ci était systématiquement la dernière à arriver le jour de la rentrée.
– Et tes cadeaux ? Sympas ? insista Sally.
Edie rougit.
– Au moins, tu étais à la campagne, loin de notre vieille ville ennuyeuse de Londres, s’empressa de glisser Rose. Plus tard, je serai vétérinaire, et j’aurai…
– Une ferme à toi avec des chevaux, des cochons, des poulets et des moutons, complétèrent Sally et Alice ensemble, dans un éclat de rire.
– Tu nous pompes l’air, dit Phoebe qui, avachie sur le siège de la fenêtre, croquait une tablette de chocolat. C’est bien la dixième fois que…
Elle fut interrompue par un choc soudain à la porte.
– Salut tout le monde ! On est toutes dans le même dortoir ? On va bien s’amuser !
C’était Anastasia, qui traînait des sacs et ressemblait à une poupée de porcelaine avec ses yeux brillants, ses joues roses et ses cheveux sombres qui dégringolaient sur une étole en fourrure. Elle embrassa rapidement tout le monde, en gardant Edie pour la fin ; puis elle serra la main de cette dernière entre les siennes et s’assit à côté d’elle sur le lit jonché d’affaires à ranger.
– Je vois que tu n’as pas fait beaucoup de progrès en maths pendant les vacances, dit Rose, malicieuse. Comment est-ce qu’on pourrait tenir à sept dans un dortoir de quatre ?
– Tête-bêche ? suggéra Anastasia.
– Belinda, Phoebe et moi, on est en face dans le couloir, avec une mystérieuse nouvelle, dit Rose. Tu viens, Bee ? On ferait mieux de choisir nos lits avant qu’elle se pointe.
Alice et Sally accompagnèrent leurs amies dans l’autre dortoir, laissant Edie et Anastasia en tête à tête.
– Je nous ai réservé ces deux lits, dit Edie en désignant le sien et celui d’à-côté.
– Et tu m’as gardé celui qui est sous la fenêtre, dit Anastasia en la serrant dans ses bras. Oh, merci Edie !
Edie sourit. Elle savait combien ce genre de détail comptait pour Anastasia.
– Tu vas bien, Edie ? Ça n’a pas l’air, dit Anastasia en se laissant tomber avec volupté sur le lit étroit, et en levant un œil scrutateur depuis l’oreiller.
– Si, ça va. Contente d’être revenue. C’est juste…
– D’entendre tout le monde s’extasier sur ses vacances « topissimes » ?
– Même ça, ça ne me dérange pas. Ce qui me gêne, c’est quand les gens me posent des questions sur Fothy. Je ne sais pas quoi répondre.
– Tu pourrais toujours dire la vérité.
– Je sais. Mais ça m’obligerait à admettre que je préfère rester ici avec Fothy, et tout le monde me traiterait de chouchoute.
Pensive, Anastasia reprit :
– Tu ne devrais peut-être pas le prendre si mal, Edie, je veux dire, tu es sa chouchoute… Eh ! s’écria-t-elle en voyant Edie se pencher sur elle comme pour la boxer. Je ne voulais pas te vexer. Je suis la chouchoute de beaucoup de monde, moi. C’est cool d’être une chouchoute. Tiens, pendant que j’y pense, ­poursuivit-elle en se rasseyant pour enlever son manteau. Ça, c’est pour toi.
Et elle ôta l’étole de fourrure qu’elle enroula autour du cou d’Edie.
– Mais… Tu ne peux pas m’offrir ça !
– Pourquoi ? Je te l’ai achetée à Moscou. Je l’avais sur moi seulement parce qu’elle risquait d’être écrabouillée dans ma valise. Tu aimes ? C’est de la vraie, tu sais.
– Je… oui, oui, bien sûr, répondit Edie en caressant l’étole d’un geste hésitant.
Anastasia sourit.
– Papa pensait que tu étais peut-être antifourrure. Il dit que beaucoup d’Anglais font des chichis à ce sujet. Mais je lui ai dit que tu n’étais pas comme ça. Oh, Edie, regarde-toi dans le miroir – elle te va vraiment bien !
Edie essaya d’avoir l’air contente, mais elle se disait que l’étole lisse qui recouvrait sa tunique d’uniforme brune avait un petit air vivant assez inquiétant. Elle fut soulagée d’entendre la voix de Matrone à la porte ; cela lui donna une excuse pour enlever très vite l’étole.
– Bonjour, alors, voyons, qui est là ? Anastasia Stolonov, enfin ? C’est justement vous que je cherchais. Comment allez-vous, ma chérie ? Bienvenue dans les murs. Maintenant, voyons voir, avez-vous défait vos valises ? D’après ce que je vois, je dirais que non. Il y a eu une inversion, mon trésor, vous n’êtes pas dans ce dortoir, vous êtes à Charlbury avec Rose, Belinda et Phoebe.
Campée sur le seuil, Matrone regarda les filles par-dessus ses lunettes, puis elle revint à la feuille d’instructions qu’elle tenait à la main. Elle arborait une expression chaleureuse qui changea lorsque les filles la prirent furieusement à partie.
– Qu’est-ce que vous voulez dire, une inversion ? On a toujours été dans le même dortoir !
– Vous ne pouvez pas nous séparer !
– Ce n’est pas juste ! Il doit y avoir une erreur ! Vous ne pouvez pas nous forcer !
– Silence ! Vous avez bien du toupet, répliqua Matrone. Si vous souhaitez porter plainte, faites-le auprès de Miss Fotheringay, pas de moi. Mais je peux vous assurer que ses instructions sont claires. Vous savez l’attention qu’elle porte aux listes des dortoirs.
Anastasia s’assombrit.
– Mais pourquoi est-ce qu’elle nous ferait un coup pareil ? C’est de la méchanceté gratuite.
– C’est elle la patronne, répondit Matrone. Posez-lui la question. Et maintenant, dépêchez-vous, je vous prie. J’ai mieux à faire le jour de la rentrée que de discuter avec des deuxièmes années récalcitrantes.
– Je ne bougerai pas d’ici, dit Anastasia, fermement assise sur son lit. On fait la grève, hein, Edie ?
– Une grève pour quoi ? demanda Alice qui revenait avec Sally.
– Elles essaient de me faire déménager à Charlbury, dit ­Anastasia.
Sally fronça les sourcils.
– Charlbury ? Qui s’installe ici, alors ?
– Une nouvelle, répondit vivement Matrone. Janet Stone.
– Il y a sûrement une erreur, dit Sally, appuyant Edie et Anastasia. Son nom figure sur la porte de Charlbury. Rose et Belinda se demandaient qui c’était. Vous savez quelque chose, Matrone ?
– Rien du tout, répondit fermement Matrone. Maintenant, Anastasia, dépêchez-vous, ou vous passerez la nuit de la rentrée à l’infirmerie.
– Je m’en fiche, fit Anastasia d’un air obstiné, mais Edie perçut que sa voix s’étranglait.
Comme Matrone quittait la pièce, elle essaya de réconforter son amie.
– Charlbury est juste en face, Ansti, et je me glisserai chaque nuit dans ton dortoir. Et au moins, comme ça, on est sûres d’être ensemble cet été. Fothy n’oserait pas nous séparer deux trimestres de suite.
– Fothy oserait tout ce qu’elle veut, répondit Anastasia en laissant échapper un sanglot.
Edie se sentit coupable. Anastasia accordait beaucoup plus d’importance qu’elle-même à l’organisation des dortoirs. Ils étaient loin, les jours où elle avait joué le rôle secret de ­protectrice auprès d’Anastasia. Mais Edie était parfois frappée de voir à quel point son amie s’en remettait à elle.
– Tu veux qu’on aille voir Fothy ? demanda calmement Edie. On peut le faire tout de suite, avant le retour de Matrone.
– Vas-y, toi, dit Anastasia en tirant de sa valise une photo­graphie qu’elle posa d’un geste ferme sur sa table de chevet. Tu arrives toujours à obtenir tout ce que tu veux d’elle.

– Eh bien, chère enfant, je me demandais quand j’allais recevoir l’honneur d’une visite, dit Miss Fotheringay en se levant de son bureau et en faisant signe à Edie de s’approcher.
– Je suis désolée, dit Edie d’un ton hésitant. J’allais venir, mais…
– Vous aviez vos amies à saluer d’abord, dit Miss Fotheringay.
Elle prit les mains d’Edie entre les siennes et la regarda droit dans les yeux.
­— Je comprends.
Non, vous ne comprenez pas , pensa Edie qui avait attendu avec une impatience secrète de retrouver la directrice. Pendant que les autres prenaient le thé, elle avait rôdé à travers les couloirs dans l’espoir d’une apparition de Miss Fotheringay. Mais malgré tout le temps qu’elles avaient passé toutes les deux seules pendant les vacances, Edie n’osait jamais, en période scolaire, frapper sans raison chez la directrice.
Miss Fotheringay lâcha les mains d’Edie.
– Vous n’êtes pas venue juste pour me dire bonjour, dit-elle.
Edie se sentit mal à l’aise.
– Quelque chose vous ennuie, Edith. Dites-moi ce que c’est.
– C’est au sujet de vos listes de dortoirs, répondit Edie en rougissant.
Miss Fotheringay inclina la tête.
– Matrone est venue nous dire qu’il y avait eu une erreur et qu’Anastasia devait se mettre avec Rose et Belinda, et…
Edie s’interrompit, gênée : tout cela lui paraissait soudain puéril.
Miss Fotheringay fronça les sourcils.
– C’est exact, je crois. Oui, c’est ce que j’ai décidé.
Elle regarda Edie d’un air interrogateur, comme si elle la mettait au défi de poursuivre.
– Anastasia n’est pas contente du tout, dit Edie en rejetant la faute sur son amie.
Miss Fotheringay pinça les lèvres.
– Dans ce cas, c’est à Anastasia de venir me parler.
– C’est ce que je pensais, mais elle m’a dit qu’il valait mieux…
Edie s’arrêta, avec l’impression qu’elle envenimait les choses.
– Ce que je voulais dire, c’est que…
– Oui, Edith ?
À la manière claire et froide dont Miss Fotheringay avait prononcé son nom, Edie ressentit une crampe d’estomac familière. Tous les autres professeurs s’étaient mis à l’appeler Edie, même l’Homme, mais pour Miss Fotheringay, elle restait Edith.
« C’est le prénom que votre mère vous avait choisi, Edith », lui avait-elle dit un jour. « Je ne vois aucune raison de vous en donner un autre. »
Et Edie en était contente.
– Vous n’êtes pas la gardienne d’Anastasia, Edith, reprit Miss Fotheringay. Vous pouvez la laisser se défendre toute seule, de temps en temps.
– Oui, mais…
– Vous n’êtes pas sœurs siamoises, Edith. Si ?
– Non, c’est juste… Juste qu’on préférerait toutes les deux être dans le même dortoir, c’est tout, dit faiblement Edie.
Miss Fotheringay sourit.
– Il n’y a aucun mal à cela. Mais j’ai bien peur, Edith, que ce soit mon rôle de ne pas laisser une préférence puérile se mettre en travers d’une cause plus noble.
– Quelle cause plus noble ? demanda Edie, stupéfaite.
– Enfin ! répondit Miss Fotheringay en claquant des mains. Je craignais que vous ne me le demandiez jamais !
Elle se versa à boire et se laissa tomber sur le canapé.
– Asseyez-vous, ordonna-t-elle en tapotant la place vide à côté d’elle. Notre école accueille une nouvelle élève, poursuivit-elle en regardant Edie bien en face. J’ai accepté de l’inscrire au pied levé, et j’ai pensé que je pouvais compter sur vous pour veiller sur elle.
– Moi et Anastasia, on pourrait veiller sur elle ensemble, dit gravement Edie.
– Anastasia et moi, corrigea Miss Fotheringay. Et vous devez me laisser être juge quant à l’efficacité d’Anastasia en la matière. Elle n’est pas habituée à veiller sur les autres.
– Elle veille sur moi !
Miss Fotheringay leva un sourcil.
– Il va être difficile pour la nouvelle élève, Janet, d’arriver au milieu de l’année scolaire, poursuivit-elle. Et sa situation familiale n’est pas simple. Je n’étais pas sûre du tout de devoir l’inscrire. Puis j’ai pensé à vous, Edith, et j’ai estimé, en toute conscience, que je ne pouvais pas refuser d’accepter une enfant qui a peut-être autant besoin d’aide que vous à votre arrivée ici.
Edie se rappela sa première visite dans le bureau de Miss Fotheringay, plus d’un an auparavant. Elle s’était assise là, dans ce canapé, figée, hypnotisée par le regard scrutateur de Miss Fotheringay. Edie se secoua. Cette fille-là n’existait plus. Elle était plus forte, à présent.
– Maintenant dites-moi, Edith, tout s’est bien passé à Folly Farm ?
Edie haussa les épaules, mais sa gorge se serra.
– Ma pauvre enfant.
– Ça n’a pas été si terrible que ça, s’empressa de dire Edie. J’étais juste… nostalgique de l’école.
Elle n’avait pas eu l’intention de prononcer ces mots. Elle avait imaginé, au cours des vacances, le drôle d’effet que cela ferait de les dire à voix haute – « nostalgique de l’école ». Elle avait pensé en discuter avec Anastasia, et personne d’autre, mais Miss Fotheringay avait l’art d’inciter Edie à en dire toujours plus que ce qu’elle voulait.
– Je suis navrée de n’avoir pas pu vous emmener chez mes parents, reprit Miss Fotheringay. Vous leur avez manqué à tous deux.
Tout en parlant, elle s’était levée et avait marché jusqu’à la fenêtre ; elle écarta le rideau et observa la nuit d’un air pensif.
– Comment… Comment va votre père ? demanda prudemment Edie. Elle savait que M. Fotheringay avait été malade.
La directrice ne se retourna pas.
– Avez-vous appris la nouvelle concernant la tour des Préfètes ?
– Non, répondit Edie.
La tour des Préfètes se dressait dans les bois, juste au-delà des limites du parc. C’était une cachette idéale, avec des lits superposés et une cuisine, et une fenêtre qui faisait un poste d’observation parfait dépassant la cime des arbres – mais, comme son nom l’indiquait, seules les préfètes avaient le droit de s’y rendre.
C’était dans cette tour qu’Edie et Anastasia avaient trouvé refuge pour tenter d’échapper aux ravisseurs d’Anastasia. Mais personne ne parlait plus de cette affaire à présent.
– Ce ne sera plus très longtemps la tour des Préfètes, dit Miss Fotheringay, les yeux fixés dans cette direction. Elle est vendue et va être transformée en maison. Elle a fait beaucoup jaser au village – ils vont abattre presque un demi-hectare d’arbres pour construire une vraie route d’accès, et ils vont aussi devoir bâtir un pont au-dessus de la rivière.
Edie écarquilla les yeux, stupéfaite.

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