Le Tresor de memramcook
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Description

Voici un projet scolaire qui commence très mal pour Marie «Chicane»… qui l’entrainera cependant dans une aventure de découvertes historiques insoupçonnées !
Déjà que c’est tout un défi d’être «la nouvelle» de l’école. Mais en plus, être obligée de faire équipe avec Mathieu Landry ! Le garçon à casquette veut l’entraîner dans une chasse au trésor. Et puis il y a ce vent qui souffle sans arrêt dans la vallée de Memramcook. On dirait qu’il murmure des choses, la nuit… Marie et Mathieu devront s’apprivoiser, tout en suivant les traces du père Camille Lefebvre (fondateur du Collège Saint-Joseph), afin de découvrir qui a bien pu vandaliser le Monument-Lefebvre. Mettront-ils la main sur le convoité trésor de Memramcook ? Ce sera à leurs risques et périls.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 décembre 2014
Nombre de lectures 18
EAN13 9782896820634
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0424€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Pour ses activités d’édition, Bouton d’or Acadie reconnaît l’aide financière de la Direction des arts du Nouveau-Brunswick, du Conseil des arts du Canada et du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada.

Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous les pays.


Titre : Le trésor de Memramcook
Texte : Dominic Langlois Illustrations : Maurice Cormier Chargé de projet : Sébastien Lord-Émard Conception graphique : Lisa Lévesque Conception du ePub : Stéphane Cormier Direction littéraire : Marie Cadieux

ISBN Papier : 978-2-89682-061-0 ISBN PDF : 978-2-89682-062-7 ISBN ePub : 978-2-89682-063-4 Dépôt légal : 3 e trimestre 2014 Bibliothèque et Archives Canada Bibliothèque et Archives nationales du Québec


© Bouton d’or Acadie
C.P. 575, succ. Main
Moncton (N.-B.), E1C 8L9, Canada
Téléphone : (506) 382-1367
Télécopieur : (506) 854-7577
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Internet : www.boutondoracadie.com
www.avoslivres.ca

Créé en Acadie boutondoracadie.com
Dominic Langlois
Le trésor de Memramcook
illustrations de Maurice Cormier

BOUTON D’OR ACADIE

L’orage

J ’ai l’impression d’être dans un film de zombies ou de vampires. Il fait nuit noire dans la vallée et il vente à écorner les boeufs. Au loin, le ciel gronde et fait parfois trembler les murs. L’orage n’est pas encore ici, mais il approche. Je suis vissée à ma fenêtre et je ne dors pas. J’observe les branches qui viennent de temps à autre gratter contre la vitre et je ne peux pas dire que je trouve ça rassurant.
Pendant quelques minutes, entre deux coups de tonnerre, j’entends quelque chose résonner. Un ping!, comme un son de pioche contre la roche. J’attends un instant en retenant mon souffle. Ping! Ça résonne encore.
Je me demande si on n’essaie pas de déterrer les morts au cimetière. Une chose est certaine : à l’heure qu’il est, je vais sûrement avoir l’air d’une morte vivante à l’école demain.
Du rêve a la réalité
M arie Chicoine! Tu dors encore ou quoi? Ça fait deux fois que je te demande si tu peux me dire comment s’appelle le père qui a fondé le Collège Saint-Joseph. »
Je devrais répondre que ça fait des semaines que je ne dors pas bien. Depuis mon arrivée à Memramcook en début d’année scolaire, en fait. Je suis habituée aux bruits de la ville et au tapage des grands centres. Ici, il n’y a que le vent pour se plaindre la nuit. Je crois que ça fait même fuir les fantômes. Mais bon, je ne crois pas que sa question porte sur le mal du pays.
« Alors, ça vient, le nom de celui qui a fondé le Collège? »
J’ai l’air d’une extraterrestre dans ce village avec mes robes à fleurs et mes bandeaux colorés pour retenir mes cheveux. C’est pourquoi j’essaie de rester discrète, de ne pas trop en faire en classe. Surtout qu’il n’est jamais bien vu de trop réussir à l’école. J’ai déjà assez de tracas avec mon intégration. Mais je n’y peux rien si l’enseignante me pointe toujours du doigt.
Sur l’un des murs de la classe, il y a une grande affiche sur laquelle on peut voir l’évolution d’un arbre. On y explique sa croissance depuis la plantation d’une graine, qui ressemble à un haricot blanc. De ma place, je l’ai pratiquement sous les yeux. C’est cette fève qui me permet de me rappeler le nom du père.
« C’est Lefebvre, Madame. Camille Lefebvre. »
En plus, c’est facile, on ne parle que de lui depuis ce matin. C’est que quelqu’un a vandalisé le monument qui a été construit en son honneur. Les bruits de la nuit dernière, le ping que j’entendais, ce n’était pas un rêve. À mon arrivée à l’école, il y avait tout un attroupement devant le bâtiment. Ça semble tellement sérieux, cette histoire, que c’est ce qui a donné la bonne idée à notre enseignante de nous coller un travail portant sur les accomplissements de cet homme.
« Très bien. Maintenant, est-ce que vous savez pourquoi on l’a surnommé le Moïse de l’Acadie?
– Parce que c’est lui qui a séparé la rivière Memramcook en deux! » s’exclame Mathieu Landry.
Mathieu Landry, c’est le garçon par lequel mes ennuis ont commencé. Un vrai cauchemar. Je m’attendais à ce que quelqu’un se moque de mes vêtements, de mon look, ça n’aurait pas été la première fois, mais ce n’est pas ça qui l’a fait réagir. Non, c’est mon nom de famille. Si on choisit la manière de s’habiller, on ne choisit pas comment on s’appelle! Je venais à peine d’arriver quand il m’a ridiculisée :

Toute la classe a pouffé de rire, mais j’aurais mieux fait de me la fermer. Le simple fait de m’être ouvert la trappe m’a catégorisée pour de bon. De différente, je suis devenue la méchante de service, celle dont il faut se méfier. Une vraie chasse aux sorcières, alors que c’était lui qui avait jeté de l’huile sur le feu. J’aurais dû en profiter pour me moquer de cette casquette ridicule qu’il a toujours sur la tête ou, pire encore, de ces broches qu’il a en bouche, mais je n’ai rien dit. Ça ne vient jamais au bon moment, ces idées-là.
« Non, ça, c’est une autre histoire, Mathieu. Comme vous le savez, a poursuivi en riant madame Sophie, à cette époque-là, les Acadiens étaient peu instruits et très pauvres. Ils avaient tellement de mal à arriver, qu’ils ne voyaient pas la nécessité d’aller à l’école après la cinquième année. C’est le père Lefebvre qui a convaincu la population de l’importance d’investir dans l’enseignement. Il a fait en sorte qu’on a eu des avocats et des médecins acadiens. En fait, il a eu une influence majeure et on a commencé à parler de la Renaissance acadienne. Pour votre travail, j’aimerais que vous fassiez une présentation sur cette importante période de notre histoire. Vous pouvez faire ça en équipe de deux.
– Mon pépère m’a dit qu’au temps du père Lefebvre, on a retrouvé un vieux canon qui tirait tout seul quand les Anglais passaient. C’est-tu vrai, ça? » ajoute Mathieu.
Ah, ah, ah. BRAVO. Toujours prêt à dire des folies pour faire rire la classe, celui-là. Vraiment, par moments, il vaut mieux être sourde que d’entendre des âneries pareilles. Bon, je l’avoue, je lui en veux de toujours dire n’importe quoi, mais là, je trouve qu’il exagère et qu’il coupe constamment la parole à l’enseignante. C’est plus fort que moi, je ne peux pas me retenir tellement je suis exaspérée de l’entendre.
« Bon, quelle autre niaiserie t’as encore inventée pour nous faire perdre notre temps, que je lance à voix haute.
– Toi, la Chicaneuse, on t’a rien demandé !
– Eille! C’est quoi, ces impolitesses-là dans la classe?
– C’est elle qui a commencé, Madame!
– Si tu disais des affaires intéressantes au moins, Mathieu Landry!
– Ça suffit tous les deux! Je ne veux plus rien entendre. C’est pas des manières de parler aux autres. Toi, Marie, ramasse tes affaires et va t’expliquer au bureau du directeur.
– Mais, Madame… J’ai rien fait!
– Je ne veux plus rien entendre, j’ai dit. Tu pourras lui raconter comment tu te comportes en classe. Je suis sûre qu’il va trouver que tu as des affaires intéressantes à dire… »
Décidément, j’ai manqué une autre belle occasion de me taire. C’est la troisième fois cette semaine que je dois me rendre au bureau du directeur. Je sens que je vais en entendre parler…
Un choix déchirant
P ierre Cassidy, le directeur de l’école, est pratiquement chauve. Une couronne de cheveux ras orne le derrière de son crâne. C’est d’ailleurs probablement dans l’espoir de compenser la perte de ses cheveux qu’il porte la moustache. Une grosse moustache bien fournie qui lui cache la lèvre supérieure. Mon père appelle ça « un filtre à soupe ».
« Mademoiselle Chicoine! Tiens donc, je ne t’avais pas encore vue aujourd’hui! »
C’est un homme plutôt jovial et toujours ouvert aux compromis. Dans le fond, il est sympathique, et j’imagine qu’il ne fait que son travail, mais le problème, c’est qu’il ne me voit jamais à mon meilleur. Aujourd’hui, par exemple, je n’ai pas l’impression d’être la seule responsable. Je ne comprends pas pourquoi Mathieu Landry n’a pas été envoyé au bureau du directeur lui aussi. J’ai l’impression de ne pas être traitée de la même façon que les autres et ça me met hors de moi. C’est pour ça que je me présente en colère dans son bureau et que je bouscule les chaises en entrant. Disons que je ne suis pas très patiente et plutôt prompte à répondre. On me l’a assez dit!
Pierre Cassidy en a vu d’autres et il n’est pas particulièrement intimidé par mon humeur. En fait, je lui fais perdre rapidement son sourire. Quelques mots d’explication de ma part suffisent pour qu’il se mette lui aussi en tête que je dois apprendre quelque chose sur le passé du village.
« Comme tu le sais sûrement, après la troisième visite à mon bureau, je devrais appeler tes parents et leur demander une rencontre pour discuter de ton comportement à l’école. Mais puisque je suis de bonne humeur aujourd’hui, je vais te proposer un marché. D’abord, est-ce que tu sais pourquoi je porte un nom anglais?
– Pas vraiment. J’imagine que c’est parce qu’il y a des Anglais par icitte.
– Ma mère est une Poirier et elle nous a élevés en français, mais mon père était d’origine irlandaise. Savais-tu que le Collège Saint-Joseph était bilingue? Les Français et les Anglais fréquentaient la même école.
– Pis, c’est quoi le lien avec le marché que vous me proposez?
– Je pense que c’est important que tu en apprennes un peu plus sur la région. Mathieu, c’est un des meilleurs élèves de l’école. Si tu acceptes de faire ta présentation avec lui, je m’engage à ne pas informer tes parents que tu as été envoyée à mon bureau toute la semaine.
– Ben voyons, c’est de l’abus de pouvoir, ça, Monsieur. Tout le monde dans l’école sait très bien que je déteste Mathieu Landry.
– Tu peux appeler ça comme tu veux, Marie. Moi, je trouve que je t’offre une chance de te reprendre en essayant de collaborer avec les autres et de t’intégrer à l’école. Je comprends que les choses ne sont pas faciles pour toi depuis ton arrivée, mais ça va être comme ça dans la vie. Lorsque tu vas chercher du travail, tu ne vas pas pouvoir choisir tes collègues. Tu vas devoir composer avec ceux qui étaient là avant toi. C’est la même chose ici. C’est à toi de t’adapter.
– Pis vous réglez ça en m’obligeant à travailler avec lui.
– C’est en plein ça! Je ne suis pas ici pour négocier. Je possède tous les arguments pour prendre rendez-vous avec tes parents.

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