Le trésor des Stuart
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Description

Pour son anniversaire, Billy Stuart a reçu un vieux coffre et le carnet de bord d'un lointain ancêtre: le pirate M. R. Stuart. Avec la carte au trésor trouvée dans le cahier, les Zintrépides partent à la recherche du butin. Le défi sera de taille, surtout s'ils veulent garder Dévil, le chef des Zaventuriers, à l'écart de leur quête.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 24 janvier 2020
Nombre de lectures 5
EAN13 9782897624552
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0017€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Éditrice : Colette Dufresne
Directrice artistique : Marie-Ève Boisvert, Éditions Michel Quintin
Adaptation numérique : Studio C1C4



La publication de cet ouvrage a été réalisée grâce au soutien financier du Conseil des arts du Canada et de la SODEC.

Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC

Tous droits de traduction et d’adaptation réservés pour tous les pays. Toute reproduction d’un extrait quelconque de ce livre, par procédé mécanique ou électronique, y compris la microreproduction, est strictement interdite sans l’autorisation écrite de l’éditeur.

ISBN 978-2-89762-455-2 (ePub)
ISBN 978-2-89762-440-8 (papier)

Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2019
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives Canada, 2019

© 2019, Éditions Michel Quintin inc.

Éditions Michel Quintin
Montréal (Québec) Canada
editionsmichelquintin.ca
info@editionsmichelquintin.ca
« Ouaf! Ouaf! Ouaf! »
— Ah! Tais-toi, sale cabot!
Chaque jour, depuis le début de l’été, c’est la même histoire. Je dois promener FrouFrou, le caniche blanc de nos voisins, les MacTerring. C’est mon travail. L’argent que je reçois me permet d’acheter des écrevisses en chocolat, ma friandise préférée.
J’estime que c’est cher payé…
J’ai l’impression de perdre quotidiennement une heure de ma vie. C’est pire aujourd’hui, parce que c’est ma fête.
« Ouaf! Ouaf! Ouaf! »
Il me semble que l’un de mes amis des Zintrépides – Foxy la renarde, Muskie la mouffette, Galopin le caméléon, ou Yéti la belette – aurait pu offrir ses services pour promener le caniche à ma place en ce milieu d’après-midi.
Ça, ç’aurait été un véritable cadeau!
« Ouaf! Ouaf! Ouaf! »
Oh non!
— Tiens, tiens, tiens! Si ce n’est pas Billy Stuart et son chien foufou, dit en me saluant Dévil, le carcajou.
Il me barre la route, flanqué de ses amis : Gromodo le dragon de Komodo, Féline le lynx, Milouve la louve, et Bébère l’ours noir. Arrogants, insolents, aussi brutaux qu’imbéciles, ils sont les Zaventuriers, la troupe rivale des Zintrépides.
Les Zaventuriers n’ont jamais digéré le fait que nous ayons été nommés la troupe scoute de l’année dans la région de MacTavish. J’inscris donc « orgueilleux » sur la liste de leurs qualificatifs.
— Ce n’est pas mon chien, Dévil, lui dis-je pour la forme.
Car, sur le fond, il le sait très bien. C’est qu’il aime m’agacer avec ce détail à quatre pattes.
— Où est ta belle Foxy? me lance Féline.
Je plisse les yeux et je serre les dents.
— Ce n’est pas ma belle Foxy, dis-je.
— Ah! Elle n’est pas belle, Foxy? répond Milouve.
Les deux mènent une attaque combinée.
— Qu’est-ce qu’il y a? dit une voix près de moi.
« Ouaf! Ouaf! Ouaf! »
FrouFrou est excité par l’arrivée de mon amie Foxy.
— Vous parliez de moi, Billy Stuart? me demande-t-elle, intriguée.
La renarde caresse la tête de son FrouFrou d’amour chéri.
— Oui, Foxy, dit Féline à ma place.
Milouve ajoute aussitôt :
— Billy Stuart nous a avoué qu’il ne te trouvait pas belle…
J’explose de fureur :
— Quoi? Je n’ai pas dit ça!
Les cinq Zaventuriers hochent la tête.
Je suis tellement embarrassé. Peu importe ce que je répondrai, j’aurai l’air fou.
Foxy fusille Féline et Milouve du regard. La renarde est consciente qu’elles feront tout pour nous embêter.
Mon amie me sourit.
— À propos, bonne fête, Billy Stuart…
La gaffe!
Si elle pensait faire diversion, la renarde a raté son coup. Féline saute sur l’occasion.
— Tu devrais lui donner un bisou, à ton beau Billy Stuart d’amour chéri! Smouch! Smouch!
— Yurk! yurk! yurk! fait Dévil, le meneur du groupe, avec son habituel sourire carnassier.
Je chuchote à Foxy :
— Tu ne me smouches pas devant eux, d’accord?
— Franchement, Billy Stuart! s’offusque-t-elle. Je n’ai pas l’intention de te smoucher nulle part!
— Une chicane d’amoureux! observe Féline avec l’approbation de Milouve.
D’un signe de tête, Dévil lance un ordre silencieux à Bébère et à Gromodo. Les deux me saisissent par les bras et m’immobilisent. Le carcajou s’approche et, avec son haleine puant le rat mort, il me dit :
— Puisque c’est ton anniversaire, Billy Stuart, tu as droit à la bascule des Zaventuriers.
Ça parle aux millions d’écrevisses de la rivière Bulstrode!
Pas ça…
Tout ça, c’est la faute de ce sale cabot.
Si je n’avais pas eu à faire cette promenade, je ne serais pas tombé sur la bande des Zaventuriers. Et Foxy n’aurait pas révélé devant eux que c’était ma fête.
À cause de ça, on va me donner la bascule, version Zaventuriers, un supplice réservé à ceux et celles dont l’unique malheur est d’être nés cette journée-là…
Croyez-moi, ça n’a rien d’un cadeau emballant.
Tandis que Féline et Milouve maîtrisent Foxy, Dévil empoigne mes jambes; à l’autre extrémité, Bébère, l’ours noir, et Gromodo, le dragon de Komodo, me tiennent par les bras.
Résister serait inutile. À trois, ils sont plus forts que moi. C’est parti!
Le trio me monte dans les airs et crie :
— Une!
Au retour vers le sol, Gromodo m’assène un coup de queue sur le derrière. Ça claque comme un fouet.
— Aïe!
Les Zaventuriers rigolent.
— Yurk! yurk! yurk! s’amuse Dévil, le carcajou.
— Deux! hurlent les Zaventuriers.
Autre coup de queue sur mon popotin. C’est humiliant et douloureux.
Soudain, les trois s’arrêtent.
— Tu as quel âge, Billy Stuart? veut savoir Dévil.
— Deux ans! C’est tout! dis-je, toujours suspendu au-dessus du trottoir.
Le carcajou hausse les épaules.
— Bof! Ce n’est pas assez! On va demander à ton chien.
Dévil s’adresse alors à FrouFrou :
— Il a quel âge, ton maître?
Je suis tranquille. Au pire, il va japper trois fois.
« Ouaf! Ouaf! Ouaf! Ouaf! Ouaf! Ouaf! Ouaf! Ouaf! Ouaf! Ouaf! »
— Stupide cabot! lui dis-je.
— Franchement, Billy Stuart, réplique Foxy. Mon beau FrouFrou d’amour chéri a peur pour toi…
Me voilà de nouveau dans les airs. J’appréhende le troisième coup de Gromodo.
J’entends une voix aiguë :
— Qu’ils y viennent! Non, mais qu’ils y viennent, les Zazas! s’écrie mon ami Yéti.
La belette agite ses poings. Galopin, le caméléon, s’approche de l’ours noir et lui glisse à l’oreille :
— Euh, Bébère… T’as un truc au museau…
L’ours noir me lâche subitement, déséquilibre tout le monde et, soucieux, demande à la ronde :
— C’est vrai, les gars? C’est vrai?
Sans trop de mal, je me défais de l’emprise de Dévil et de Gromodo. La mouffette Muskie lève la queue en direction de Féline et de Milouve, qui libèrent immédiatement la renarde.
Je retrouve les Zintrépides. Nous sommes maintenant face à face avec les Zaventuriers. La tension est à couper au couteau.
À son tour, le carcajou lève la queue. Il est devant Muskie. Si les deux tirent, ça va sentir mauvais dans le quartier.
— On voulait seulement lui souhaiter bonne fête à notre manière, déclare le carcajou pour se justifier.
— Ouais, on la connaît, votre manière de brute, gronde Muskie.
J’essaie d’apaiser l’ambiance pour éviter l’affrontement.
— Troupe, on s’en va…
Lentement, nous nous éloignons.
— Mes amis, c’est ma tournée de gâteau! leur dis-je, soulagé qu’ils soient venus à ma rescousse.
Une voix grinçante éclate au coin de la rue.
— Foxy, n’oublie pas ton bisou de fête à Billy Stuart!
Les regards des Zintrépides s’attardent sur nous deux.
— On se dépêche! leur dis-je. J’ai faim!
Ma rencontre avec Dévil et ses Zaventuriers n’aura pas gâché ma journée d’anniversaire.
Pendant mon absence de la maison, mes parents ont décoré la cour avec des ballons. Sur une table, ils ont disposé des cadeaux et un gâteau à la vanille garni d’écrevisses en chocolat. Miam-miam!
Le temps est idéal pour célébrer mon anniversaire à l’extérieur.
On mange le gâteau avant d’ouvrir les cadeaux. Les mouches s’invitent, au grand plaisir de Galopin qui les gobe les unes après les autres.
— La garniture du gâteau est excellente, Billy Stuart, commente-t-il, générant des grimaces chez mes amis.
Les Zintrépides me chantent « Bonne fête, Billy Stuart ». Même le chien FrouFrou se joint à la chorale avec des hurlements.
— Tais-toi, sale cabot! Tu jappes faux! lui dis-je.
— Franchement, Billy Stuart! se fâche Foxy.
Loin de le faire taire, elle l’encourage en poussant des « Aouuuuuh! ».
Tout ça, c’est un peu fouuuuuu!
Je suis gâté. En plus de boîtes d’écrevisses en chocolat – mes amis me connaissent trop bien et c’est vrai que je suis tellement prévisible –, je reçois… une nouvelle laisse.
— Pour promener ton FrouFrou, précise ma mère.
Je proteste du bout des lèvres.
— Ce n’est pas mon Fr…
Foxy m’interrompt :
— Quelle délicate attention, madame Stuart! dit-elle, ravie.
J’ai droit en plus à une gourde pour chien, à un rouleau de sacs pour ramasser les besoins du caniche, à des rubans réflecteurs pour les balades du soir avec le chien… et à un abonnement d’un an au magazine mensuel Wouf-Wouf .
J’ai le sentiment bizarre que c’est la fête de FrouFrou et non plus la mienne.
J’entends soudain un bruit dans la haie de cèdres qui clôture notre terrain. C’est curieux, j’ai comme l’impression qu’on nous épie…
Tout à coup, je constate qu’il y a un absent : mon grand-père Virgile!
Je suis déçu. Ça paraît dans mon regard, parce que mon père le voit. Il semble lire dans mes pensées.
— Ton grand-père Virgile, m’explique-t-il, est reparti…
C’est vrai, j’avais oublié ce détail. Lorsque mon grand-père part en voyage, on ne se demande pas seulement où… mais aussi quand!
Il peut remonter le temps en franchissant des voies de passage qui le mènent à l’époque qu’il souhaite explorer. Les Zintrépides et moi avons d’ailleurs souvent expérimenté ce phénomène, dans des aventures aussi extraordinaires que mémorables.
À l’heure actuelle, Virgile Stuart doit être… au Mexique, à la formidable période des Mayas, avant l’arrivée des Européens en Amérique. Mon grand-père s’est donné comme objectif de visiter la pyramide maya El Castillo, avec la spécialiste du sujet, Lily MacKenzie 1 . Dommage…
Les cadeaux d’anniversaire de mon grand-père Virgile sont toujours géniaux. Par exemple, pour mes neuf ans, j’ai reçu la dent qu’un T-Rex a perdue en voulant mordre la collerette d’un tricératops. Mon grand-père m’a juré avoir assisté à leur combat.
Oui, Virgile Stuart a une vie où se côtoient le danger et l’excitation.
Je suis très proche de lui. Son absence, même si je la comprends, m’attriste un peu, évidemment.
Mon père entre dans la maison. Il revient au bout de quelques secondes avec un gros cadeau emballé.
— De la part de ton grand-papa, indique-t-il.
J’arrache le papier aux couleurs rouge écossais des Stuart.
Muskie s’écrie :
— Un coffre au trésor!
J’ai déjà vu ce coffre dans le grenier de mon grand-père, parmi les centaines de souvenirs rapportés de ses voyages. Tout ça ferait le bonheur de bien des musées dans le monde.
Ce coffre de bois au couvercle bombé pourrait facilement accueillir tous mes effets scolaires. Je ne crois pas que ce soit ça, le cadeau. Le présent se trouve sûrement à l’intérieur.
Avant d’ouvrir le coffre, je remarque sur son couvercle une plaque de cuivre sur laquelle est gravé un mot : FREEDOM .
— C’est une boisson énergisante? dit Foxy, sans trop y croire.
Freedom. Ce nom ne m’est pas inconnu. J’essaie de revoir mentalement où était le coffre dans le capharnaüm au grenier de mon grand-père Virgile.
— Ton grand-père est en train de te mener en bateau, Billy Stuart! rigole Galopin.
Je souris. Mon grand-père n’est pas le genre à me faire des blagues. Je…
Un bateau!
Je m’écrie :
— Oui! Un vaisseau! Tu es génial, Galopin.
— Je sais! approuve-t-il.
— Le Freedom est une caravelle, un navire de pirates très rapide, facile à manœuvrer. Mon grand-père en avait un modèle réduit. Il l’avait placé près de ce coffre dans le grenier.
— Un bateau de pirates? répète Muskie, fébrile. C’est ce que je pensais : cette boîte est un coffre au trésor!
Je sens les regards des Zintrépides par-dessus mon épaule. J’ouvre le coffre…
— Où est le trésor? dit Muskie, déçue.
En effet, il n’y a pas trace de trésor là-dedans. Uniquement une carte de mon grand-père, un carnet et une longue-vue en cuivre.

Longue-vue, télescope, lunette d’approche. Ces termes désignent pratiquement la même chose : un instrument d’optique qui permet de voir à distance. Plutôt utile sur un navire, encore plus sur un vaisseau pirate.
Je lis à voix haute le mot de Virgile.
« Joyeux anniversaire, cher petit-fils! Tu excuseras mon absence en cette belle journée, mais en ce moment je visite les pyramides mayas avec mon amie Lily MacKenzie. Ce voyage est fascinant. N’hésite pas à venir nous rejoindre avec les Zintrépides et ton chien FrouFrou, si le cœur t’en dit… »
« Ouaf! Ouaf! Ouaf! » fait le caniche en entendant son nom.
Je soupire en levant les yeux au plafond. Puis je poursuis ma lecture :
« Voici donc ton cadeau. Connaissant ton goût pour l’aventure et l’exploration, j’ai prévu cette surprise pour toi.

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