Jusqu à toucher les étoiles
170 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Jusqu'à toucher les étoiles , livre ebook

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
170 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

États-Unis, 1962.

Vadim rêve de pouvoir intégrer la NASA. Mais en ces temps de guerre froide, il n’est pas bien vu d’être un américain d’origine russe… Alors quand un homme frappe à sa porte pour lui offrir une réelle opportunité d’accéder au poste qu’il convoite, Vadim n’hésite pas longtemps.

URSS, 1962.

Tania rejoint la Cité des Étoiles avec le rêve d’être sélectionnée pour devenir la première femme à voyager dans l’espace. Les dix candidates dont elle fait partie sont soumises à un entraînement des plus rudes. Si la moindre faiblesse est décelée, elles peuvent dire adieu à leur rêve.

Le Gipsy Book est un livre de sagesse écrit par un vieux gitan, Nanosh Balatta. Il est passé de main en main, a voyagé dans le temps, changeant chaque fois la vie de ceux et celles qui le lisaient.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 20 juillet 2021
Nombre de lectures 0
EAN13 9782728930593
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0019€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Sommaire Prologue Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5 Chapitre 6 Chapitre 7 Chapitre 8 Chapitre 9 Chapitre 10 Chapitre 11 Chapitre 12 Chapitre 13 Chapitre 14 Chapitre 15 Chapitre 16 Chapitre 17 Chapitre 18 Chapitre 19 Chapitre 20 Chapitre 21 Chapitre 22 Chapitre 23 Chapitre 24 Chapitre 25 Chapitre 26 Chapitre 27 Chapitre 28 Chapitre 29 Chapitre 30 Chapitre 31 Chapitre 32 Chapitre 33 Chapitre 34 Chapitre 35 Chapitre 36 Chapitre 37 Chapitre 38 Chapitre 39 Chapitre 40 Chapitre 41 Chapitre 42 Chapitre 43 Chapitre 44 Chapitre 45 Chapitre 46 Chapitre 47 Chapitre 48 Chapitre 49 Chapitre 50 Chapitre 51 Chapitre 52 Chapitre 53 Chapitre 54 Chapitre 55 Chapitre 56 Chapitre 57 Chapitre 58 Épilogue Note de l’auteur Notes de bas de page Page de copyright
Points de repère Cover Title Page Copyright Page Footnotes Corps de texte
À Thibault et nos enfants.
« Si la branche veut fleurir, qu’elle honore ses racines. » Proverbe africain
PROLOGUE
Port de Sébastopol en Crimée, le 10 novembre 1920
La sirène du navire retentit, sinistre.
Accrochée au bastingage, Anastasia fouille du regard la foule massée sur le quai. Il y a tant de monde agglutiné là, dans ­l’attente d’un départ qu’elle ne distingue pas les silhouettes aimées.
Des hommes décrochent les épais cordages qui tombent dans l’eau avec un bruit sourd. Une secousse du navire fait gémir quelques femmes à côté d’Anastasia. La jeune fille tend le cou, hagarde. Elle se penche dangereusement au-dessus de la rambarde. Elle doit les voir. Elle veut les voir, juste avant de partir. Ses parents.
– Mademoiselle, s’il vous plaît, reculez-vous.
Un homme d’équipage s’est approché d’elle pour la faire s’éloigner du bord. Cette jeune fille tendue vers le port ­l’inquiète. Il a peur qu’elle se jette à l’eau. Anastasia ne ­l’entend pas et continue de scruter le quai.
– Mademoiselle… insiste le marin.
Et soudain, Anastasia les aperçoit. Son père et sa mère. Ils se tiennent tous les deux à l’extrémité du quai, les yeux rivés sur le navire qui s’écarte lentement. Le général Piotr Potemkovski est raide dans son uniforme à la veste blanche, homme de devoir jusqu’au bout des ongles, impeccable et imperturbable. À ses côtés, sa femme semble toute menue mais Anastasia sait que cette fragilité n’est qu’apparente. Sa mère, Alexandra Potemkovski, a une rare force de caractère. Elle est courageuse et déterminée, inflexible parfois.
« Je reste avec vous, mon cher, a-t-elle déclaré à son mari quand il leur a annoncé qu’ils devaient fuir le pays car tout était perdu. Anastasia prendra le bateau avec Véra et nous les rejoindrons plus tard. Il est hors de question que je parte avant vous. »
Le général n’avait même pas protesté. Il savait que rien ne ferait changer sa femme d’avis. Et puis, égoïstement, il était heureux de la garder à ses côtés. Amoureux de son épouse comme au premier jour, il répugnait à se séparer d’elle.
– Mademoiselle !
Cette fois-ci, le marin a empoigné le bras d’Anastasia pour la tirer en arrière.
– Laissez, Monsieur, je m’en occupe, lui dit alors une autre jeune fille blonde qui a surgi à côté de lui. Elle est mon amie. Anastasia… murmure-t-elle alors d’une voix douce.
Anastasia cligne des yeux. Une larme perle sur sa joue tandis que la silhouette de ses parents se dilue dans la lumière encore vive. Son père, au garde-à-vous, salue le navire qui s’éloigne. Et, tout à coup, la jeune fille le voit qui détache légèrement sa main de son front, la lève imperceptiblement puis la laisse retomber lourdement le long de son corps. Anastasia réprime un sanglot. Ce geste furtif est un geste d’adieu, elle le sait. Elle l’a toujours su, de toute façon. Dès l’instant où son père a dit qu’il resterait jusqu’à ce que tous ses hommes soient partis et en sécurité, la jeune fille a compris qu’il ne quitterait jamais la Russie. Laisser son pays aux mains des communistes de Lénine équivaudrait à une trahison pour lui. Il s’est toujours battu pour restaurer l’ancien régime et il se battra jusqu’au bout. Sur le sol russe et nulle part ailleurs. Dut-il en mourir.
– Anastasia, viens, lui répète doucement Véra. Il faut s’éloigner de la barrière et rejoindre notre cabine.
Anastasia se redresse et se tourne vers son amie. Ses yeux bleus brillent, humides, mais elle les frotte vigoureusement du bout de ses doigts, se racle la gorge et sourit. C’est ainsi que ses parents voudraient qu’elle se comporte. Avec la même force et la même résolution qu’eux.
– Tu as raison, dit-elle d’une voix légèrement éraillée. Allons nous installer.
Les deux jeunes filles prennent une valise dans chaque main et se frayent un passage entre les voyageurs et les bagages. Le navire n’a plus rien d’un bâtiment de guerre. Son pont ressemble davantage à une brocante ou à un magasin de curiosités. Chacun, dans sa fuite, a emporté ce qu’il avait de plus précieux et entassé le tout dans des valises sur le point ­d’exploser, des paniers, des sacs, des malles, des cartons à chapeaux et même des landaus. Une petite fille presse contre sa poitrine une grande poupée de porcelaine, une femme a emporté son samovar 1 , une autre son argenterie, un homme est assis sur sa selle de cheval qu’il caresse du plat de la main, un adolescent a bourré de livres les poches de son manteau. Les bagages sont énormes, pleins à craquer. Ils sont remplis de vêtements, de souvenirs, de photos, de vaisselle et de nourriture aussi. On sanglote, on gémit, on se lamente. Quelques-uns bavardent vivement, délibérant de l’avenir du pays. D’autres restent muets, le regard vide, le visage grave, abattus. Des enfants crient ou jouent déjà à se poursuivre. Une mère chante une berceuse à son nourrisson. Et au milieu de tout ce désordre et ce bruit, un prêtre en habit sacerdotal bénit les voyageurs pour que Dieu les protège.
Anastasia et Véra descendent vers la coursive où le père de la première leur a obtenu une cabine.
– Nous serons bien ici, déclare gravement Véra en découvrant la pièce exiguë où elles vont passer plusieurs jours.
D’un côté, deux couchettes superposées. De l’autre, une table minuscule et une penderie ouverte. Le strict nécessaire mais qui s’avère être un vrai luxe si l’on considère que la plupart des passagers devront voyager dans des espèces de dortoirs au confort plus que rudimentaire.
Anastasia s’assoit sur la couchette du bas et regarde son amie. Elle est heureuse que Véra l’accompagne. Avec elle, cet exil forcé aura un parfum d’aventure.
– Au moins, plaisante-t-elle, il n’y aura pas de place ici pour accueillir la comtesse Karasovna !
Véra rit. La comtesse est de ces femmes revêches qui ont oublié qu’elles ont été jeunes un jour et qui ne font preuve d’aucune fantaisie. Chez elle, tout est raide et ennuyeux, à commencer par sa longue robe de veuve qu’elle n’a pas quittée depuis plus de vingt ans que son mari le comte est mort d’une mauvaise chute de cheval.
– Je ne sais pas ce qui a pris à mes parents de nous confier à cet horrible chaperon ! s’exclame Anastasia qui a retrouvé sa gaîté naturelle. Nous ne sommes plus des enfants !
Les deux jeunes filles casent une partie des valises sous la couchette basse et s’emploient à défaire le reste de leurs bagages. Elles aussi ont dû choisir parmi toutes leurs affaires ce qu’elles voulaient emporter. Anastasia a pris quelques bijoux donnés par sa mère, la vieille bible de son grand-père, une broche ayant appartenu à sa grand-mère, son carnet de bal recouvert de cuir et d’un médaillon d’ivoire qu’elle n’a jamais pu utiliser, ainsi qu’un épais cahier dans lequel elle note les événements de chaque jour. Véra, d’origine plus modeste, n’a presque rien emporté de précieux en dehors d’une photo de ses parents aujourd’hui décédés. Ils étaient au service de la famille Potemkovski quand ils furent tués tous les deux dans un accident ferroviaire alors qu’ils prenaient le train pour la première fois. C’était il y a deux ans. Le général n’avait pas eu le cœur de laisser leur fille sans toit. Il l’avait recueillie chez lui et Véra était rapidement devenue l’amie d’Anastasia qui s’ennuyait ferme, seule enfant de la maison.
Véra regarde un moment la photo. Anastasia, qui est à côté d’elle, se penche et sourit.
– Nous avons bien changé, constate-t-elle.
Le cliché représente le général Potemkovski, sa femme, sa fille ainsi que toute sa domesticité, comme une grande photo de famille.
– Toi surtout, la taquine Véra en rangeant la photo bien à plat entre deux chemisiers. Je trouve que tu as pris quelques rides.
Avec un air faussement horrifié, Anastasia se dirige vers un petit miroir accroché au mur et grimace exagérément en détaillant chaque parcelle de son visage.
– J’ai surtout une mine affreuse, s’exclame-t-elle. Que dirais-tu de retourner sur le pont prendre l’air ? Et puis j’aimerais explorer un peu ce navire, si nous devons y passer plusieurs jours.
– Et la comtesse ?
– Nous l’éviterons, répond Anastasia espiègle. Je l’imagine mal réussir à nous courser dans les couloirs de ce bateau !
Anastasia se dirige d’un pas alerte vers la porte. Elle a retrouvé l’insouciance propre à son âge. Elle vient d’avoir dix-sept ans et une nouvelle vie commence pour elle.
1
42 ans plus tard, en janvier 1962, en URSS
La porte latérale de l’avion s’ouvre en provoquant un formidable appel d’air.
– En position ! hurle l’instructeur pour se faire entendre malgré le bruit.
Tania se lève, son équipement sanglé par-dessus sa combinaison. Elle sera la quatrième à passer et la dernière, car elle est la plus légère. Ses compagnons s’avancent, courbés en deux. Leurs silhouettes imposantes, alourdies par leur matériel, obstruent presque toute la porte. Impossible d’avoir une claire vision de l’état du ciel à cette altitude. Mais Tania est parfaitement sereine. Quand ils ont entamé l’ascension, le ciel était dégagé, à l’exception de quelques petits cumulus ressemblant à des moutons perdus dans un grand champ d’azur. Un peu de vent également, juste ce qu’il faut.
– Allez ! ordonne l’instructeur.
Le premier de la file disparaît par la porte.
– Allez !
Et de deux.
– Allez !
Le troisième.
Un pas encore. Tania est à la porte. Une mèche de cheveux blonds s’échappe de son casque, vient danser quelques instants devant ses yeux bleus et s’accroche dans ses longs cils.
– Allez !
Tania sourit et se jette dans le vide, la tête la première.
À peine a-t-elle franchi la porte que l’air déplacé par l’avion la happe et l’écarte de l’appareil en même temps qu’elle commence sa chute libre. Tania relève la tête en direction du fuselage. Elle écarte les bras et les jambes, cherche un appui dans l’air avec ses mains. La vitesse est vertigineuse. Le bruit de l’air dans ses oreilles, assourdissant. Ses joues se déforment sous ses lunettes de saut. La jeune fille incline légèrement ses mains pour entamer une rotation. Un rapide coup d’œil vers le sol, à plus de 1 800 mètres sous ses pieds. Une longue piste d’aérodrome, des champs à perte de vue et un petit bosquet d’arbres au coin du hangar. Nouvelle inclinaison des mains dans le sens opposé. La rotation cesse. Tania se stabilise et regarde l’altimètre fixé sur son parachute ventral. 1 300 mètres. Il lui reste un peu de temps. Elle recommence une rotation dans l’autre sens puis se stabilise à nouveau. La sensation de l’air sous son corps est merveilleuse, grisante. Tania sourit de plus belle. Nouveau coup d’œil à son altimètre. 1 000 mètres. Elle attrape alors la poignée fixée à sa hanche et tire dessus d’un geste vif.
Son parachute se dégage et se gonfle d’un seul coup. Le choc est violent, freinant subitement Tania dans sa chute. Les sangles lui cisaillent le haut des cuisses. En un instant, la vitesse se réduit, le bruit diminue. La chute folle est terminée. Tania vole, portée par une magnifique coupole blanche. Sous ses pieds, l’immense champ de la base se rapproche lentement. C’est l’avantage d’être si légère : elle descend moins vite que les autres et profite plus longtemps de cette délicieuse sensation de légèreté.
Mais soudain, un choc dans son épaule gauche lui fait lever la tête précipitamment. Au-dessus d’elle, un bouquet de suspentes vient de se sectionner. La coupole commence à battre dans le vent de façon désordonnée. Tania fronce les sourcils. Elle a pourtant parfaitement vérifié son matériel avant de monter dans l’avion. Elle regarde l’altimètre posé sur son parachute ventral. 400 mètres. Seulement… Sans tergiverser, elle attrape la poignée de son parachute ventral et tire dessus. En quelques secondes – de longues secondes –, la coupole de secours sort. 250 mètres. Le deuxième parachute peine à se gonfler. 190 mètres. De nouvelles suspentes craquent sous la toile principale. Tania décroche à nouveau. Surtout ne pas paniquer. Elle tente de se ralentir en tirant sur ses sangles. 120 mètres. Le sol se rapproche à toute vitesse à présent. 100 mètres. Tania essaye de modifier sa direction. Si elle atterrit contre le vent, le choc sera moins violent. 50 mètres. Elle allonge ses jambes. 40 mètres. Tania tire sur ses sangles. 30 mètres. La coupole de secours se gonfle enfin totalement. 20 mètres. Tania retient son souffle, prête à encaisser le choc. 15 mètres. Elle serre les dents. 10 mètres. Nouveau craquement. 3 mètres. Les pieds de la jeune fille percutent violemment le sol. D’un coup de hanche, elle se laisse choir sur les fesses et roule sur le côté. Le parachute principal continue de battre en hauteur. Celui de secours se dégonfle un bref instant puis reprend du vent, traînant Tania derrière lui. Les épis de blé coupés ras et secs lui entaillent la peau. Elle tente de se protéger le visage en relevant la tête. Les cailloux du sol lui labourent le côté. Jusqu’où va-t-elle être ballottée ainsi ? Soudain, une légère dévente dégonfle partiellement le parachute de secours. Profitant de l’accalmie, Tania bande ses muscles, se retourne et se jette en avant pour agripper la toile de son parachute. Elle lutte pour l’empêcher de prendre à nouveau le vent, rampe sur la toile, la canalise puis, d’une main sûre, elle attrape les suspentes de l’autre parachute et le ramène à elle.
– Là, tu ne bougeras plus ! grogne-t-elle entre ses dents en ramassant toute la toile en un gros paquet qui ressemble à du linge froissé.
La jeune fille se relève et regarde autour d’elle. Au loin, elle aperçoit le petit point brillant de l’avion qui s’apprête à atterrir. Près du hangar, tout semble calme. Un très léger pincement au cœur la fait grimacer. Elle aurait aimé que quelques-uns de ses collègues accourent vers elle pour lui demander ce qui s’était passé et la réconforter. Ils ont déjà dû rentrer à l’intérieur du hangar et ne se seront aperçus de rien. C’est étrange, pourtant. D’ordinaire, il en reste toujours au moins un dehors, pour s’assurer que tout le monde rentre bien au bercail. Mais peut-être que, avec le temps, ils se sont lassés de l’attendre car elle est toujours la dernière à retrouver la terre ferme après un saut.
Tout en regagnant le hangar, Tania se demande ce qui a bien pu sectionner ainsi les suspentes. Lorsqu’elle a plié son parachute, la dernière fois, tout paraissait normal. Pas de signe d’usure, aucun nœud ni éraflure suspecte.
Quand Tania rejoint enfin la base, elle plisse les yeux. Deux hommes en uniforme sombre sont debout sur la piste de décollage. Raides sous leur casquette, ils regardent dans sa direction et semblent l’attendre. Imperceptiblement, Tania ralentit le pas. La jeune fille, qui vient de sauter en parachute et peut-être même de braver la mort sans paniquer ni avoir peur, sent soudain un frisson d’angoisse lui parcourir la peau. Dans la Russie soviétique, il n’est jamais bon de trouver l’armée sur sa route. Tania déglutit, sourit timidement et s’avance en pressant sa toile de parachute contre elle.
– Camarade Tatiana Kroubov ? lui demande le plus petit d’une voix étrangement haut perchée.
– Oui.
– Tu es bien la fille de Pavel Kroubov et Véra Melkinov ?
– C’est moi, oui, répond Tania, inquiète.
– Commandant Andreas Goulachev, se présente-t-il. Suis-nous.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents