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Description

Inde, 1947. La fortune de Charles et Elizabeth Richardson vient d’être réduite en cendres en même temps que l’imprimerie de leur père, à Londres. Ils doivent prendre un nouveau départ.

C’est en Inde, dans la demeure de leur oncle, Gerald Barnett, qu’ils trouveront leur nouveau foyer. Cependant, c’est une route semée d’embûches qui les attend, dans un pays où les tensions s’accroissent de jour en jour.

Au cœur de la grande bâtisse qui accueille les jeunes gens vivent Dalip, le sage majordome sikh, Jangu, le fidèle serviteur hindou, Nīla, l’intouchable déterminée, Parmina, la discrète cuisinière musulmane… Autant de noms, de nationalités, de religions et d’existences qui vont être bouleversés par l’indépendance à venir mais également par un livre tombé par hasard entre les mains d’Elizabeth : le Gipsy Book.

Quand un pays s’embrase et se déchire, peut-il rester un espoir de fraternité ?


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 juillet 2022
Nombre de lectures 1
EAN13 9782728932764
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0374€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Table des matières Prologue Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5 Chapitre 6 Chapitre 7 Chapitre 8 Chapitre 9 Chapitre 10 Chapitre 11 Chapitre 12 Chapitre 13 Chapitre 14 Chapitre 15 Chapitre 16 Chapitre 17 Chapitre 18 Chapitre 19 Chapitre 20 Chapitre 21 Chapitre 22 Chapitre 23 Chapitre 24 Chapitre 25 Chapitre 26 Chapitre 27 Chapitre 28 Chapitre 29 Chapitre 30 Chapitre 31 Chapitre 32 Chapitre 33 Chapitre 34 Chapitre 35 Chapitre 36 Chapitre 37 Chapitre 38 Chapitre 39 Chapitre 40 Chapitre 41 Chapitre 42 Chapitre 43 Chapitre 44 Chapitre 45 Chapitre 46 Chapitre 47 Chapitre 48 Chapitre 49 Chapitre 50 Chapitre 51 Chapitre 52 Chapitre 53 Chapitre 54 Chapitre 55 Chapitre 56 Chapitre 57 Chapitre 58 Chapitre 59 Chapitre 60 Chapitre 61 Chapitre 62 Chapitre 63 Précisions de ­l’auteure Notes Page de copyright
Points de repère Cover Title Page Copyright Page Corps de texte
« La liberté ­n’est pas ­l’absence ­d’engagement mais la capacité de choisir. » Paulo Coelho
PROLOGUE
La jeune fille ­s’approche sans bruit et se penche sur le vieillard allongé sur une simple natte. Il dort profondément, ses lunettes cerclées de fer posées à côté de sa tête et ses livres sacrés à portée de main.
Qui pourrait croire en voyant cet homme de soixante-dix-sept ans, vêtu ­d’un pauvre pagne blanc, ­qu’il est certainement ­l’homme le plus influent de ­l’Inde ? Mohandas Gandhi que tous appellent le Mahātmā, la « grande âme », défie ­l’autorité anglaise depuis des années pour réclamer ­l’indépendance de son pays. Il a multiplié les discours, les actions non violentes, les séjours en prison et les grèves de la faim pour obtenir le départ des Anglais de ­l’Inde. Il est sur le point de réussir.
Sa petite-nièce, Manu, qui ­s’occupe de lui depuis de nombreuses années, secoue ­l’épaule de Gandhi avec douceur.
– Bapu 1 ! murmure-t-elle. Bapu !
Gandhi ouvre un œil. Manu lui sourit.
– Bapu , la Grande-Bretagne a nommé un nouveau vice-roi, lui annonce-t-elle ­d’emblée. Il arrive dans quelques jours pour négocier ­l’indépendance.
La jeune fille est heureuse. Elle sait que son grand-oncle aspire à ce rêve depuis des années. Pourtant la bonne nouvelle ­n’a pas ­l’effet escompté sur le Mahātmā. Son visage se ferme soudain et se ratatine, miroir ­d’une peine infinie.
– Bapu ? ­s’inquiète aussitôt Manu. Quelque chose ne va pas ?
Le vieil homme se redresse sur un coude et chausse ses lunettes. Derrière les verres, ses yeux brillent ­d’une étrange tristesse.
– Je ne peux pas me réjouir tout à fait, Manu, confesse-t-il. Je rêve ­d’une Inde indépendante et unie mais je pressens que ce vice-roi va découper notre beau pays en deux.
Manu ne peut se résoudre à partager ­l’inquiétude de Gandhi.
– ­L’histoire est en marche, Bapu , se réjouit-elle. Bientôt ­l’Inde sera libre !
Gandhi soupire.
– Mais à quel prix… souffle-t-il.
1
Londres, 24 mars 1947
À sa sortie du métro, le gamin le repère et se lance à sa poursuite en brandissant son journal devant lui.
– Le journal, Monsieur. Achetez le journal !
­L’homme avance vite, les mains profondément enfoncées dans les poches de son manteau. Il est pressé comme tous les jours.
– Le nouveau vice-roi est bien arrivé en Inde, poursuit le gamin dans un nuage de buée givrée. Regardez la photo : Lord et Lady Mountbatten débarquent à ­l’aéroport de New Delhi.
­L’homme ­d’affaires rentre la tête dans les épaules pour se protéger du froid. Il ­n’a que faire de ce qui se passe à ­l’autre bout du monde. ­L’Inde, ­l’Empire britannique… Tout cela est bien trop éloigné. Lui, ce qui ­l’intéresse, ­c’est Londres. Et sa banlieue éventuellement.
– Des choses pour moi ? demande-t-il à ­l’enfant qui continue de le suivre en courant.
Le jeune crieur de journaux hoche la tête pour acquiescer.
– Page 4, déclare-t-il fièrement. Un incendie en plein cœur de Londres.
­L’homme sourit, satisfait. Voilà qui lui plaît ! Il sort une pièce de sa poche, la lance au gamin et attrape sans ­s’arrêter le journal ­qu’il lui tend. Alors ­qu’il disparaît déjà à ­l’angle de la rue, le petit vendeur de journaux ­s’arrête et contemple la pièce ­d’un shilling dans sa main rougie par le froid. ­C’est douze fois plus que le prix du journal. Si seulement tous ses clients étaient aussi généreux.
Une dizaine de minutes plus tard, ­l’homme pénètre dans son bureau, ­s’affale dans son fauteuil sans même se découvrir et ouvre le journal directement à la page 4.
UN EFFROYABLE INCENDIE DÉTRUIT ­l’IMPRIMERIE RICHARDSON & SON
Nous ignorons encore les causes exactes de l’incendie qui a ravagé l’imprimerie Richardson & Son au cœur de Londres, la nuit dernière. Les pompiers penchent pour un démarrage de feu dans les réserves de papier. Malheureusement, le seul témoin susceptible de fournir des explications sur le drame a trouvé la mort dans l’incendie. En effet, Monsieur Edward Richardson, patron de Richardson & Son, s’est précipité dans son usine dès qu’il a constaté le départ de feu. Tandis qu’il tentait de sauver les archives de l’entre­prise, une poutre s’est détachée du plafond et l’a tué sur le coup. Son corps n’a été retrouvé que tard dans la nuit lorsque les pompiers ont enfin maîtrisé les flammes.
L’incendie d’une rare violence a entièrement détruit l’usine ainsi que la maison de Monsieur Richardson qui lui était attenante. Fort heureusement, grâce au travail admirable des pompiers, le feu ne s’est pas propagé aux autres maisons du quartier. Le pire a été évité.
Les ouvriers venus travailler ce matin ont découvert, horrifiés, les restes calcinés de leur usine. Même les presses à imprimer sont inutilisables. La fournaise a fait fondre et se tordre leurs montants métalliques.
À l’annonce de la mort de leur patron, de nombreux ouvriers se sont montrés très émus. « C’était un brave homme, toujours à l’écoute » ont confié certains. « Il était attentif à ce que nous puissions travailler dans de bonnes conditions » ont témoigné d’autres. Pour preuve, à cause de la pénurie de charbon que traverse notre pays et pour faire face à la formidable vague de froid qui s’est abattue sur Londres ces derniers temps, Monsieur Edward Richardson avait vraisemblablement fait venir des stères de bois pour chauffer son usine. De là à penser que ce bois ajouté aux réserves de papier ait permis d’alimenter le feu, il n’y a qu’un pas. Les experts, qui devraient intervenir dès que les cendres auront refroidi, remettront leur rapport d’ici une semaine environ.
­L’homme replie son journal avec satisfaction et prend enfin le temps de retirer son manteau et son chapeau. Déjà, il ­échafaude son plan. ­S’il manœuvre habilement, il sera prochainement propriétaire ­d’un nouveau terrain à bâtir dans le centre de Londres.
2
Deux semaines plus tard
Le vieux notaire relève la tête de son document et observe Charles Richardson à travers le verre de son monocle. Il connaît le garçon depuis son plus jeune âge et il ne ­s’attendait pas à le trouver un jour devant lui, avec ce brassard noir de deuil passé par-dessus la manche de son élégant costume. Logiquement, Maître Smith ­n’aurait jamais dû voir cela. ­C’est lui, avec son grand âge, qui aurait dû partir le premier.
– Comprends-tu la situation, Charles ? demande-t-il ­d’une voix qui chevrote légèrement.
Voilà une heure que le jeune Anglais se trouve dans son étude pour faire le point sur la situation avec lui.
Charles se redresse sur son siège, serre les dents et plante ses yeux dans ceux du notaire. À cet instant précis, la ressemblance avec son père est saisissante. La mèche brune sur le côté qui retombe sur le haut de son oreille, le nez busqué, les yeux bleus, les lèvres minces, le bas du visage volontaire, les épaules larges, la taille plutôt moyenne. On croirait voir Edward Richardson dans sa jeunesse. ­Jusqu’au maintien un peu trop raide sur le fauteuil.
– Nous sommes ruinés, ­c’est bien cela ? déclare-t-il ­d’une voix neutre.
Le vieil homme hoche la tête lentement.
– ­J’aurais préféré ­t’annoncer de meilleures nouvelles, Charles, mais…
– Et moi donc ! Vous ne pouviez pas savoir.
Le notaire dévisage son interlocuteur sans rien dire. Depuis le temps ­qu’il travaille dans cette étude, il en a eu des mauvaises nouvelles à annoncer. Il a vu également des réactions en tout genre. Il y a les inconsolables, les sidérés, les muets, les furieux, les violents même, les incrédules, les philosophes, les désespérés. Et puis il y a ceux qui serrent les dents et qui font face, imperturbables. Encaisser et ne rien laisser paraître, voilà leur façon ­d’affronter la réalité. Charles est de ceux-là. Mais le notaire voit la veine gonflée qui bat dans son cou, la crispation de sa mâchoire et ses mains qui pressent ses cuisses.
– Et ­l’assurance ? demande soudain Charles. Vous avez pensé à contacter ­l’assurance ?
Le vieil homme grimace.
« Bien sûr ­qu’il ­l’a fait, pense Charles. Il connaît son métier. »
Et en effet…
– Ils ne paieront rien, Charles, ­s’excuse Maître Smith. ­L’imprimerie était bien assurée contre ­l’incendie mais ton père ­n’aurait pas dû y entreposer du bois pour chauffer ses ouvriers. Il voulait bien faire. ­C’était un homme bon. Hélas, cette entorse à la sécurité dégage ­l’assurance de toute responsabilité.
– Forcément, lâche Charles avec un petit rire amer.
– Quant à ­l’argent que ton père avait de côté, il va servir à rembourser les clients et à payer les dernières factures de ­l’imprimerie, les salaires et les frais ­d’enterrement. ­D’après mes calculs, il y aura juste ce ­qu’il faut. Il ne vous restera plus rien à ta sœur et toi. Je suis désolé.
Maître Smith a presque honte de ce ­qu’il dit au fils de ­l’un de ses plus anciens amis mais il lui doit la vérité. Toute la vérité.
– Il y a bien le terrain de ­l’usine et de la maison, poursuit-il donc, professionnel ­jusqu’au bout. Mais je ­n’ai pas non plus de bons éléments à te transmettre.
– À savoir ?
– Pour revendre le terrain, il faudrait pouvoir le déblayer entièrement avant puis le nettoyer, ce qui…
– Coûte cher, bien entendu, tranche Charles,

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