Émile et Mado. Enfants dans la Résistance
68 pages
Français

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Description

Paris, avril 1943.

Émile attend. Sa mère est infirmière à la Pitié-Salpêtrière. Si elle ne rentre pas de la nuit, il sait ce qu’il doit faire : partir avec Puce, son épagneul, et prendre le train jusqu’à Chartres où il retrouvera sa tante Jeanne. À 4 heures du matin, sa décision est prise : il quitte les lieux. Sur le quai de la gare, Mado répète son texte en secret : « Je m’appelle Madeleine Germain, je suis née le 12 mars 1931, je m’appelle… » Le train est à quai. La Gestapo patrouille. Les deux enfants sont en danger…

Un roman d’amitié et d’aventure au cœur de la seconde guerre mondiale !


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 08 avril 2020
Nombre de lectures 32
EAN13 9782215162261
Langue Français

Exrait

Table des matières I – Seul… II – Nouvelle vie III – Consignes IV – Les hommes en noir V – Fouilles VI – Rendez-vous VII – Sueurs froides VIII – Présentations IX – En route ! X – Interrogatoire XI – Confidences XII – Des indices XIII – À la belle étoile XIV – Recherches XV – En fuite… XVI – Deuxième visite XVII – Une aide providentielle XVIII – Intrusion XIX – Sous la bâche XX – Terminus ! XXI – Méprise XXII – À destination de Chartres XXIII – Contrôle XXIV – Mauvaise rencontre XXV – Recherches XXVI – Pris au piège XXVII – Jeanne Duval XXVIII – Repérage XXIX – La mère abbesse XXX – De nuit XXXI – Révélations Épilogue Notes Déjà paru Page de copyright
Points de repère Cover Title Page Dedication Copyright Page Notes de fin Corps de texte
À mes enfants et à mon mari
I Seul…
Paris, avril 1943
Puce remue une oreille. Allongée sur le tapis du salon, la tête posée sur ses pattes, la chienne ouvre un œil. Elle a entendu quelque chose. Soudain, elle se dresse sur ses pattes et s’approche de la porte d’entrée. Elle colle son nez contre le panneau de bois qui sépare l’appartement du palier, les oreilles dressées.
– Grrr ! Grrr !
Ses faibles grognements réveillent Émile endormi dans le canapé.
– Puce ! appelle-t-il doucement. Viens ici.
Mais la chienne ne bouge pas, toute tendue vers la porte.
– Puce !
Elle tourne la tête vers Émile, le regarde puis pose à nouveau sa truffe contre la porte. Cela ne lui ressemble pas de ne pas obéir.
Émile se lève doucement et s’approche d’elle.
– Qu’est-ce que tu as, ma belle ? demande-t-il en lui caressant la tête.
Un très léger frottement derrière la porte l’alerte aussitôt. Il se raidit.
– Grrr ! Grrr !
Émile tend l’oreille, mais les seuls bruits qui lui parviennent sont les battements de son cœur qui bondit dans sa poitrine.
Après quelques secondes qui lui paraissent des heures, Puce cesse enfin de grogner. Tout semble calme.
« J’ai dû rêver, » se raisonne Émile.
Il s’écarte enfin de la porte quand, soudain, il entend une lame de plancher grincer à l’autre bout du couloir. Cette fois-ci, cela ne fait aucun doute, il y a quelqu’un sur le palier. Quelqu’un qui cherche à se faire le plus discret possible.
Émile frisonne de peur. Il n’y a jamais personne qui monte jusque chez eux. Personne d’autre ne vit ici. L’appartement qu’il partage avec sa mère est le seul à cet étage de l’immeuble, juste sous les toits.
Émile n’a pas toujours habité là, ni même dans ce quartier de Paris. Il y a peu, il vivait dans un grand appartement non loin de la tour Eiffel. Mais c’était avant que son père militaire ne soit fait prisonnier par les Allemands, au tout début de la guerre, dès le mois de juin 1940. Il y a presque trois ans. Le 7 juin 1940 plus exactement. Émile s’en souvient parfaitement. Ce jour-là, il fêtait ses neuf ans…
Au début, juste après l’emprisonnement de son père, sa mère et lui avaient continué d’habiter leur appartement. Ils espéraient qu’Anatole Bourdon reviendrait rapidement et que les choses rentreraient dans l’ordre. Mais les Allemands n’avaient pas l’intention de libérer si facilement leurs prisonniers de guerre, surtout les officiers. N’ayant presque aucune nouvelle, et à cause du manque d’argent, Émile et sa mère avaient dû déménager. Sa mère avait eu ce petit logement sous les toits en échange de quelques heures chez monsieur Carbonnet, le vieux propriétaire qui habite à l’étage juste au-dessous du leur. La mère d’Émile est infirmière. Elle prodigue au vieillard les soins dont il a besoin et lui tient compagnie. Émile aussi passe presque chaque jour chez lui pour lui lire le journal ou son courrier. Le jeune garçon aime beaucoup monsieur Carbonnet. Cet ancien négociant en épices a parcouru le monde entier à la recherche de ses précieux aromates. Quand il raconte ses souvenirs, c’est un peu comme si Émile voyageait lui aussi.
Émile reste debout derrière la porte, le cœur battant. Il ose à peine respirer. Plus aucun bruit ne lui parvient du couloir mais il ne bouge pas. À côté de lui, Puce s’est assise et reste aux aguets.
Après de longues minutes, Émile rejoint le canapé du salon où il s’était endormi. Il jette un coup d’œil à la petite horloge posée sur la commode. Minuit. Sa mère ne devrait pas tarder maintenant. À l’hôpital, elle a accepté de faire des heures supplémentaires pour être payée davantage, mais Émile n’aime pas cela. Il s’inquiète pour elle et veille toujours pour l’attendre. Il a beau savoir que le laissez-passer lui donne le droit de circuler malgré le couvre-feu 1 , il n’est jamais tranquille. Les nuits ne sont pas sûres dans Paris. Les Allemands patrouillent sans cesse et Émile entend régulièrement le récit de personnes qui disparaissent sans raison. Si sa mère ne rentrait pas un jour, il resterait tout seul. Avec Puce…
Émile s’assoit et tapote le canapé à côté de lui. Aussitôt Puce le rejoint et glisse sa tête entre ses bras.
– Heureusement que tu es là, toi, lui souffle-t-il à l’oreille.
Émile plonge son visage dans les poils de son chien. La chaleur de l’animal le réconforte et l’écho des battements réguliers de son cœur le berce. Sans s’en rendre compte, il se rendort. Si la mère du jeune garçon était là, elle s’amuserait de les voir ainsi tous les deux l’un contre l’autre.

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