Hôtel Parallell
96 pages
Français

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Hôtel Parallell , livre ebook

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Description

"Nous fournissons tout le confort moderne : des mondes de poche aptes à satisfaire les plus exigeants, des chambres avec vues sur n’importe quel continuum, des raccourcis faciles à emprunter entre les univers... sans oublier nos célèbres mini-bars."

Lorsque Will répond à une petite annonce pour un job d’été à l’Hôtel Parallell, il est loin d’imaginer l’incroyable aventure qui l’attend...

Car l’Hôtel Parallell n’est pas un hôtel ordinaire : bâti entre les univers, il accueille des clients venus de milliers de Terres parallèles. Des clients un brin spéciaux...

Embauché pour devenir l’assistant d’Arbogast, le détective de l’hôtel, Will va aller de surprise en surprise : échapper à une tentative d’assassinat, éviter une mort affreuse par ingestion, combattre des créatures abominables, et tenter de survivre à un séjour sur l’Île des Morts...

Qui aurait cru qu’une banale histoire de robinet qui fuit cacherait autant de secrets ?


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 23 juillet 2021
Nombre de lectures 1
EAN13 9782215177401
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0017€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5 Chapitre 6 Chapitre 7 Chapitre 8 Chapitre 9 Chapitre 10 Chapitre 11 Chapitre 12 Chapitre 13 Chapitre 14 Chapitre 15 Chapitre 16 Chapitre 17 Chapitre 18 Chapitre 19 Chapitre 20 Chapitre 21 Chapitre 22 Page de copyright
Points de repère Cover Title Page Copyright Page Dédicace Corps de texte
Pour Lucie (le prochain sera pour Mona)
Chapitre 1
Le Clairon de Beaupré,
édition du 15 avril 1990
Will contempla d’un air absent les titres du journal : lancement du télescope Hubble, décès de l’actrice Greta Garbo, appel à la paix de Nelson Mandela… Il soupira et ouvrit le quotidien directement à la page des petites annonces.
Il devait dénicher un job pour cet été. Ses parents avaient été clairs : ils ne le supporteraient pas une saison de plus à tourner en rond dans la maison. Will savait qu’ils cherchaient surtout à ce que leur fils expérimente l’autonomie. Il approchait de ses dix-sept ans et, dans quelque temps, il quitterait le foyer pour poursuivre ses études.
La page convoitée s’étala bientôt devant lui, mur intimidant dont chaque brique promettait autant d’espoirs que de déceptions. Il parcourut la première colonne comme un alpiniste étudie une paroi avant son ascension. Quelques formules attirèrent son attention : job d’été, tourisme, horaires souples . Il prit une longue inspiration et plongea dans sa lecture. Il parcourut posément chaque annonce, parfois à plusieurs reprises afin de décrypter les abréviations que des radins utilisaient pour gagner dix centimes sur le nombre de lettres.
Prestations de menuisier, d’employé, offre de garde d’enfants, de cours à donner, recherches d’apprenti… Au milieu de la deuxième page, il sentit la migraine le gagner. Il se tortilla sur sa chaise, se massa le front et tomba sur un minuscule entrefilet tout en bas de la rubrique. Il le considéra avec perplexité. Il ne l’avait pas remarqué auparavant, ce qui était étonnant car il avait été entouré au feutre rouge.
Il se pencha et lut : Hôtel Parallell cherche homme à tout faire pour la période juillet-août. Se rendre sur place, chemin des Sept-Chutes, pour plus d’informations.
Plusieurs pensées jaillirent simultanément dans l’esprit de Will. La première était l’orthographe fantaisiste du nom de l’établissement, avec ses deux paires de L comme autant de segments parallèles. Une coquille du rédacteur ou un effet voulu par le gérant ?
La seconde réflexion était qu’il n’avait jamais vu aucun hôtel aux Sept-Chutes. D’un autre côté, on construisait tellement vite ces jours-ci… Et puis, si l’annonce recherchait de la main-d’œuvre pour cet été, c’est peut-être qu’elle n’avait pas encore recruté de saisonniers, ce qui allait dans le sens d’une édification récente.
Et pour finir, qui avait entouré l’insert ? Il baissa la tête jusqu’à effleurer le papier. Ce n’était pas un effet d’impression destiné à mettre le paragraphe en évidence mais bien un tracé manuel.
Il releva la tête.
– Maman ? lança-t-il vers le salon. C’est toi qui as entouré une annonce dans le journal ?
La réponse lui parvint quelques secondes plus tard.
– C’est toi qui as été le chercher, Will. Je n’y ai pas touché. Tu as trouvé quelque chose d’intéressant ?
– Je ne sais pas.
Il revint à la page. Il était encore moins probable que ce soit son père, ce dernier n’ouvrait jamais un quotidien. Il appelait les reporters les infaux-amis, des gens qui s’invitent chez vous de toutes les manières possibles en disant ce que vous devez penser tout en proclamant leur neutralité.
Le garçon fit la grimace. Il ne servait à rien de reculer l’inévitable : il allait devoir se rendre sur les lieux. Le tracé rouge et la nouveauté du complexe avaient éveillé sa curiosité. Seul problème : les Sept-Chutes se trouvaient à une demi-heure de vélo, avec une pente à faire frémir un géomètre. S’il devait faire la route tous les jours, cela ferait beaucoup pour ses mollets. Hélas, pas assez pour que ses parents mettent en balance leur instinct de protection avec la conquête de son indépendance.
Et puis, le site des Chutes était magnifique. Mieux valait encore jouer les commis au grand air que dans un immeuble de rapport.
Il jeta un œil par la fenêtre. Le temps était clair. Seuls quelques traits de brume filaient vers le nord comme pour lui indiquer la route à suivre.
Il replia le journal côté annonce, se leva et enfila son blouson préféré, une vieille veste des années soixante dénichée dans une friperie. Elle était élimée aux manches et sa couleur tenait autant du bleu que du gris, mais elle arborait toujours fièrement les mots Upstairs We Go ! – sans doute le slogan oublié d’une équipe de hockey qui l’était tout autant.
Il signala à sa mère qu’il se rendait aux Chutes et quitta la maison par l’arrière-cuisine sans attendre de réponse. Son BMX reposait sagement sous l’appentis. Il l’enfourcha, songeant une fois de plus que toute sa richesse consistait en un blouson et une bicyclette.
Il remonta le chemin de gravier, atteignit la rue et, d’un coup de jarret vigoureux, mordit dans le boulevard Sainte-Anne en direction du centre. Les maisons en bois blanc s’alignaient de part et d’autre de la voie, cabanes de bûcheron montées en graine comme si la croissance des arbres s’était poursuivie après leur abattage.
Virage sur les jantes en prenant bien soin de faire crisser les pneus, puis course à travers les terrains vagues et les chaussées boueuses. Les dernières neiges achevaient de fondre. Seuls quelques monticules d’un blanc sale témoignaient des températures indécentes du mois précédent.
Il aperçut bientôt l’avenue Royale qui serpentait vers les hauteurs. Malgré le nom pompeux, ce n’était qu’un chemin de terre bordé de chalets touristiques. Il dépassa le mini-golf à thème, puis profita des derniers mètres de plat pour prendre de la vitesse. Il aimait beaucoup le sentier des Chutes. Il l’avait emprunté des dizaines de fois quand il était plus jeune. Hélas, en grandissant, les études et l’ordinateur avaient peu à peu remplacé les échappées vivifiantes dans l’air frais.
Et la pente fut là. Il connaissait bien la Garce, comme les ados de Beaupré la nommaient. Quelques faux plats pour commencer, histoire de donner l’illusion que les souvenirs pénibles de la dernière fois étaient peut-être exagérés. Puis l’épreuve s’éternisait, la montée s’intensifiait avec patience, se repaissant peu à peu de vos muscles. En général, le cycliste mal préparé était terrassé par une crampe au niveau du golf « Le Nordique ».
Il persévéra cependant et atteignit bientôt le Mont-Sainte-Anne, l’antique station de ski aux installations mécaniques dignes d’un roman de Jules Verne.
À partir de là, la route se muait en Niveau 2 d’un jeu d’arcade. Àl’ombre des érables, des plaques de verglas rendaient l’ascension délicate, voire périlleuse pour les naïfs qui ne voyaient dans ces taches sombres qu’un camaïeu d’asphalte.
Il louvoya entre les traînées et entama la dernière épreuve du parcours : la piste forestière. Gravillons et rigoles conspiraient pour faire glisser les impudents conquérants des hauteurs. L’adolescent dérapa un bon nombre de fois et dut mobiliser toute sa concentration pour déjouer ornières et trous d’eau.
Enfin, dans un ultime coup de pédale, il atteignit la plate-forme qui tenait lieu de départ pour la randonnée des Chutes. Il opéra un freinage audacieux et sauta de sa selle en laissant sa monture s’écraser contre une balustrade en rondins.
J’espère que le boulot est bien payé , songea-t-il en grimaçant.
Il s’installa sur la rambarde pour récupérer. La vue était déjà une belle récompense. Le chapelet de cascades qui donnait son nom au site bondissait de dénivelé en dénivelé, serpent fantasque qui n’en finissait pas de fondre sur les habitants en contrebas. Le long de la route 138, érables et boulots argentés formaient comme la chevelure d’un vieillard. Au-delà, c’était le Saint-Laurent, avec ses îles et son moiré tourbillonnant. Beaupré se situait à la naissance de l’estuaire, le plus grand du monde avec son petit millier de kilomètres. Un bras puissant abritait sa ville ainsi que d’autres colonies de microbes humains. Plus loin, vers l’embouchure, c’étaient des sites au goût d’aventure : Terre-Neuve, Nouvelle-Écosse, Labrador.
Will s’arracha au panorama et revint à son affaire. Où donc se trouvait ce fameux hôtel ? Il regarda autour de lui. Aucune pancarte parmi les tas de bûches et les clôtures décaties.
Il se décida et, avec une pensée émue pour ses mollets suppliciés, prit la direction du ponceau qui menait à la promenade des Sept-Chutes. Il salua les que

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