Je m en fiche...
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Description

Que c’est difficile, quand on est adolescent, de choisir une carrière ! Ce l’est encore plus pour Christian, car sa famille déménage de Sudbury à Ottawa. Une nouvelle école, une nouvelle ville, de nouveaux visages... Heureusement, Christian fait la rencontre de Chloé, qu’il convainc bientôt de partir avec lui sur le pouce pour Sudbury. Mais il n’y a pas que des âmes charitables sur les routes les soirs d’automne... Les deux C ont-ils prévu toutes les conséquences de leur escapade ?
La métamorphose d’un adolescent qui surmonte ses craintes pour regarder l’avenir avec enthousiasme.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 04 octobre 2012
Nombre de lectures 7
EAN13 9782896827046
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0017€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

collection météore
Je m’en fiche…
roman
Jo-Anne Richer
Pour ses activités d’édition, Bouton d’or Acadie reconnaît l’aide financière de la Direction des arts du Nouveau-Brunswick, du Conseil des Arts du Canada et du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada.

Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays.

Titre : Je m’en fiche
Texte : Jo-Anne Richer
Illustration de la couverture : Denise Paquette
Conception graphique : Lisa Lévesque

Papier ISBN 978-2-89682-002-3
PDF ISBN 978-2-89682-354-3
ePub ISBN 978-2-89682-704-6

Dépôt légal : 2 e trimestre 2012
Bibliothèque et Archives Canada
Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Distributeur : Prologue
Téléphone : (450) 434-0306 / 1 800 363-2864
Télécopieur : (450) 434-2627 / 1 800 361-8088
Courriel : prologue@prologue.ca
Distributeur en Europe : Librairie du Québec/DNM
Téléphone : 01.43.54.49.15
Télécopieur : 01.43.54.39.15
Courriel : direction@librairieduquebec.fr

© Bouton d’or Acadie
204 -236, rue St-Georges
Moncton (N.-B.), E1C 1W1, Canada
Téléphone : (506) 382-1367
Télécopieur : (506) 854-7577
Courriel : boutondoracadie@nb.aibn.com
Internet : www.boutondoracadie.com
En route 1

C a y est : leur vie commence et la mienne finit… Qu’ils sont contents, mes parents! Nous sommes en route pour Ottawa avec toutes nos possessions. Nous déménageons dans une nouvelle ville. Du jour au lendemain, plus d’amis, plus d’équipes sportives, plus de canot, plus de coins pour s’évader dans la nature. Mes parents ont fini leur période naturaliste : maintenant, nous allons vivre dans la grande ville. Qu’ils ont hâte de s’adonner à toutes les activités qui se déroulent en français dans une des capitales nationales du pays! Moi, je suis content que ça les fasse suer que la ville de Québec s’approprie le même titre. Deux capitales nationales à l’intérieur d’un même pays, c’est toute une démocratie!
Rien à voir avec la prétendue démocratie qui règne dans ma famille. J’ai seize ans et je dois recommencer ma vie à quelques jours de la rentrée scolaire, au deuxième cycle par-dessus le marché. À Sudbury, je suis connu sous le nom de Chris Rockwater, la traduction de Rocheleau, ou encore comme Chris Rock tout court. Un vécu comme celui-là, ça ne se reproduit pas. Ça fait quinze minutes que nous sommes sur la route, et je m’ennuie déjà de mon groupe d’amis et de nos escapades en bateau sur le lac Ramsey, de nos feux de camp le soir sur la plage, de notre camping sauvage en hiver, de nos randonnées en ski de fond au flambeau… à Sudbury, pas à Ottawa.
— Merde, merde et remerde…
— Qu’est-ce que tu dis, Christian?
— Rien, je me parle.
— Arrête de bougonner et essaie d’avoir des pensées positives.
— Facile à dire pour des dictateurs!
— Tu chialeras dans six mois, pas avant. Comme ça, on court la chance de pas t’entendre chialer pour rien.
— Très drôle, Mom, mais c’est pas toi qui sacrifies ta vie.
— Ça fait juste seize ans que je te consacre la mienne, mais je sais que ça compte pas en ce moment. Tiens, écoute mon nouveau CD de Jean-François Breau.
— C’est tellement généreux de ta part!
Comme si elle peut me faire oublier ma rage d’être obligé de tout recommencer dans une autre ville, dans une autre école, de me refaire un groupe d’amis, et en plus elle tente de me franciser avec son CD de musique française… Les tactiques de diversion de ma mère sont nombreuses, créatives et loin d’être épuisées.
En ce moment, j’écoute « Never Again », de Nickelback, sur mon iPod, dans le genre « jamais plus on ne m’obligera à déménager contre mon gré». Dans dix-huit mois, j’aurai dix-huit ans et je prendrai mes propres décisions, comme me faire dessiner un tatou. Je ne sais pas encore lequel, peut-être un symbole chinois? L’essentiel, c’est que je prendrai enfin le contrôle de ma vie et que je déciderai où je veux vivre.
Il faut que je choisisse mes cours, qui commencent dans moins d’une semaine. Je n’ai pas le goût de me concentrer ni sur le rythme, ni sur le message des chansons, car c’est ce que ma mère aimerait que nous fassions, analyser l’album ensemble. Je comprends pourquoi mes parents insistent pour me transmettre tout leur savoir sur la francophonie, ô source inépuisable qu’ils sont, mais ils sont fatigants à la longue. L’entonnoir est plein, je ne veux plus rien savoir!!! C’est pour nous rapprocher de Montréal et de ses nombreux avantages que nous allons vivre à Ottawa… C’est en tout cas une des raisons que mes parents donnent. Non pas que j’aie quelque chose contre Ottawa, ce n’est juste pas là que je veux vivre, point à la ligne.
Bon, je reviens aux études… Une autre décision que je dois prendre, genre urgent, c’est si je vais aller à l’université ou au collège, et dans quel domaine je vais me diriger, avant même d’avoir travaillé. Comment savoir ce que je veux faire plus tard? Est-ce que je vais faire comme mon cousin Jean-Luc, qui a étudié durant trois ans en administration des affaires avant de réaliser qu’il préférait porter un coffre à outils plutôt qu’un porte-documents? Il a donc suivi un cours de menuiserie au collège et il n’arrête pas de travailler depuis. Il semble heureux de travailler avec ses mains. Il réussit très bien sa vie sans diplôme universitaire.
Ma mère ne dit rien, mais je sens qu’elle aimerait que j’aille à l’université. Mon père, lui, insiste pour que j’aie un diplôme, une spécialisation quelconque. L’important d’après lui n’est pas de gagner beaucoup d’argent, mais d’avoir un travail qu’on aime. Il me dit de ne pas choisir un cours en fonction du nombre d’années pour le terminer, mais selon mon intérêt pour le domaine. Les années consacrées à la carrière seront beaucoup plus nombreuses que les années de formation qui y mènent, d’où l’importance, d’après lui, de bien choisir. Facile à dire pour lui : c’était beaucoup plus facile dans son temps. Il a gardé la même job toute sa vie et une bonne pension l’attend à la retraite. Aujourd’hui, la réalité est bien différente…
Je ne sais pas encore ce qui m’intéresse. Je sais ce que j’aime, mais qu’est-ce qu’on fait quand ce qu’on aime le plus, c’est de s’amuser dans tous les sports possibles? Ce n’est pas tellement payant, s’amuser. J’aimerais aussi que mon travail m’amène à voyager, à rencontrer des gens, à vivre de nouvelles expériences. Je hais la routine, les quatre murs d’un bureau et les patrons qui exploitent leurs employés jusqu’aux ulcères et aux crises de coeur. Je ne me vois pas transiger avec le stress des grandes entreprises, l’ambition casse-cou, l’hypocrisie, la jalousie, le poignard dans le dos. Bon, je dramatise un peu, mais il me semble que les patrons se soucient très peu de leurs employés et de leur bien-être, à en juger par la mine éternellement fatiguée de mes parents. Je pourrais prendre un cours coopératif, peut-être, mais en quoi?
— L’école où tu vas aller est plus grosse que celle de Sudbury, n’est-ce pas?
— Qu’est-ce qu’il y a encore, Mom? Oui, l’école est plus grosse… Pourquoi?
— Ça veut dire qu’il va y avoir plus de filles, donc tu auras plus de choix…
— J’m’en fiche, des filles d’Ottawa! J’aime mieux ma gang et mon association sportive, des gars sur qui je peux compter.
— Christian, tu vas te faire d’autres amis… Et puis, ce n’est pas comme si tu reverras plus tes amis de Sudbury.
— Ce sera plus jamais pareil, et tu le sais. Pense à tes propres amis d’enfance… Est-ce que tu les vois souvent maintenant?
Vlan pour cette nouvelle initiative de diversion! J’aurai au moins un peu de répit jusqu’à la prochaine tentative. Le trajet va me sembler interminable! Six heures de route avec ses parents, quel pèlerinage! J’aurais préféré jouer au billard chez Louis avec la gang, pour finir la soirée dans le jacuzzi sur la galerie. Mais non, il fallait déménager!
La route s’étire à n’en plus finir devant nous. Même le train qui nous accompagne le long de la 17 semble se lamenter en harmonie avec mon humeur. L’arrière de la remorque du camion de transport, devant nous, me semble comme un grand trou noir vers lequel j’avance trop vite. C’est facile de faire de la poésie quand on est malheureux!
— Dad, tu vas me laisser conduire entre Sturgeon Falls et North Bay? La route est droite et sans danger.
— Christian, tu sais aussi bien que moi que tu peux pas conduire sur la grande route avec ton permis temporaire.
— Ah, Dad, il va rien arriver!
— Justement, parce que tu vas rester sur le siège d’en arrière.
— Comment est-ce que je peux acquérir de l’expérience si je m’exerce jamais?
— La fréquence des mots « jamais » et « toujours » dans ton vocabulaire journalier démontre pas une tendance vers la maturité, Christian. D’abord, je te laisse conduire une fois par semaine. Si tu veux t’exercer plus souvent, inscris-toi à un cours de conduite. Je sais que c’est cher, mais on t’en paiera la moitié. On t’a d’ailleurs déjà expliqué tout ça.
— Je sais, je sais, il faut que je me trouve une job. Celle que j’avais trouvée n’était pas à ton goût!
— Christian, fais-tu exprès? Tu finissais trop tard le soir pour prendre l’autobus, et j’étais couché à cette heure-là. Et puis, ces heures de travail risquaient de nuire à tes études. À Ottawa, il sera plus facile de te trouver un emploi approprié, vu le grand marché du travail. Le service de transport en commun y est aussi probablement plus fréquent.
— Parfait, ça me donne encore plus l’envie d’arriver à Ottawa! Je vais devoir chercher un emploi, en plus de tout le reste…
Là, je commence à comprendre un peu mieux comment Marco se sentait quand il est arrivé d’Italie. Comme il était un bon sportif, il s’est vite intégré à la gang, mais ça n’a pas dû être facile. Une chance qu’il y avait une communauté italienne à Sudbury pour accueillir sa famille! Le chanceux parle couramment trois langues sans chercher ses mots! C’est quelque chose que j’aimerais faire, apprendre une troisième langue. Ça facilite les voyages et améliore les possibilités d’emploi. Pourquoi je ne commencerais pas tout de suite? Je vais avoir le temps étant donné que je n’aurai plus vraiment de vie sociale!
Ils offrent quoi comme cours de langues à cette école? Le cours d’espagnol est offert de la dixième à douzième année. Alors, je coche l’espagnol. Voilà l’Amérique du Sud qui m’ouvre ses portes. Le programme sport-études paraît étendu. Au moins, je vais pouvoir me faire des amis en pratiquant des sports de mon choix comme le soccer, le baseball, le hockey, la planche à neige, le volley-ball, le basket-ball et la natation. Il semble aussi y avoir une salle de poids et haltères bien garnie. Peut-être que je ne trouverai pas le temps si long, après tout, occupé comme je me promets de le devenir.
— Tu sais, tu vas pouvoir faire plus de planche à neige à Ottawa. Il y a des montagnes juste de l’autre côté de la rivière. Le mont Tremblant est seulement à deux heures de route et le mont Sainte-Anne est à cinq heures de route. On va pouvoir y aller plus souvent qu’avant.
— Oui, Mom. Ce sera vraiment amusant d’en faire tout seul!
— On ira avec toi. As-tu choisi tes cours, le bougon?
— J’ai choisi des cours d’éducation physique et d’espagnol. Je suis en train de lire la description du cours d’arts médiatiques. L’école possède la dernière technologie pour filmer et monter des vidéos. Ça pourrait être intéressant.
— En parlant d’exercice physique, Ottawa a beaucoup de pistes cyclables. On pourra faire des excursions ensemble.
— Mom, c’est correct, je vais me faire des amis, je vais m’organiser tout seul.
— Comme ça, j’ai pas à m’inquiéter, tu vas te faire de nouveaux amis?
— Drôle, la mère, très drôle. J’ai faim; quand est-ce qu’on s’arrête?
— On arrive bientôt à Matawa. On pourrait arrêter à notre restaurant français favori.
Elle n’arrête jamais! Le pire, c’est qu’elle n’a pas fini d’essayer ses techniques de diversion pour me distraire de mes problèmes. Ce qu’elle ne voit pas toujours, ce sont mes méthodes de diversion à moi. Je sais très bien sur quels pitons peser pour simplement la distraire d’un sujet ou provoquer une tempête lors d’une décision majeure. La question du français, sous quelque forme que ce soit, produit une réaction garantie. Qu’ils sont prévisibles… Tout comme grand-père, d’ailleurs, qui ne manque jamais l’occasion de souligner l’importance de pratiquer sa religion régulièrement.
En attendant que nous nous arrêtions pour manger, je vais lire quelques pages. Ça va mettre les parents de bonne humeur, même si ce que je lis est en anglais. J’aime bien la série « Dungeons and Dragons », que Jean-Luc m’a prêtée.

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