La bibliothèque des citrons
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Description

Calypso est une jeune fille solitaire. Depuis la mort de sa mère, son père est absorbé par l’écriture de l’œuvre de sa vie, une grande histoire des citrons, et elle se réfugie dans la lecture des nombreux livres de sa bibliothèque…

Mais quand Calypso rencontre Mae, une nouvelle de sa classe, sa vie bascule dans l’inconnu ! L’orpheline fait l’expérience de l’amitié, des délices de l’écriture, et aussi d’une famille joyeusement chaotique où l’on aime bien se disputer. Plus heureuse qu’elle ne l’a été depuis longtemps, Calypso découvre alors un étonnant secret sur son père, et les événements se précipitent.

Titre original : A library of lemons


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 mai 2017
Nombre de lectures 90
EAN13 9782215134930
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

JO COTTERILL
LA BIBLIOTHÈQUE DES CITRONS
Traduit de l’anglais par Charlotte Grossetête
TABLE DES MATIÈRES
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33
Chapitre 34
Chapitre 35
Chapitre 36
Chapitre 37
Chapitre 38
Chapitre 39
Chapitre 40
Chapitre 41
Chapitre 42
Épilogue

Notes
Déjà parus
Page de copyright
CHAPITRE 1
La nouvelle, Mae, m’a demandé de jouer avec elle aujourd’hui. Je n’ai pas su quoi dire. Elle a de longs cheveux noirs qu’elle porte en deux nattes fixées au sommet de sa tête, comme Heidi. Elle a un visage rond de poupée avec des yeux bleu vif, et elle est arrivée à l’école ce trimestre.
J’étais assise dans mon coin préféré de la cour avec un livre. C’est mon habitude pendant les récréations. Mae m’a adressé un sourire plein d’espoir, mais j’ai fait non de la tête et je suis retournée à mon livre.
– OK, a-t-elle dit, et elle s’en est allée.
J’ai essayé de me concentrer sur mon livre, mais mon regard n’arrêtait pas de s’échapper des pages pour la regarder. Elle dit souvent OK ; ça a l’air de bien lui aller. Ça rime même avec son nom. OK, Mae. Quand elle s’est présentée en classe, elle nous a expliqué qu’elle avait changé d’école parce que sa famille avait déménagé. Mais elle ne paraissait pas en souffrir. Elle a toujours l’air joyeux.
Je me disais qu’elle allait proposer son amitié à quelqu’un d’autre, mais elle est partie toute seule vers la grille et elle s’est mise à ramasser des brindilles par terre. Elle en a fait un petit tas. Puis elle s’est assise et a tiré quelque chose de sa poche. Le soleil s’est reflété dessus – c’était une loupe.
Elle essayait de mettre le feu aux brindilles. J’ai regardé, fascinée. Est-ce que ça allait marcher ? Elle avait visiblement du mal à trouver le bon angle. Ses yeux faisaient des va-et-vient entre le ciel et la loupe, qu’elle inclinait d’un côté puis de l’autre.
« Mauvais procédé, ai-je pensé. Il faudrait qu’elle maintienne la loupe dans la même position pendant longtemps, pour que le rayon de lumière central chauffe la brindille au même endroit. » J’ai lu ça dans un livre. Allumer un feu de cette façon, ce n’est pas très pratique, mais ça peut fonctionner si on est assez patient et que le soleil brille assez fort. Mais on est en automne, là. Le soleil ne brille pas très fort.
Je la regardais avec une telle intensité que quand elle a levé les yeux et qu’elle m’a aperçue, le choc a failli me faire lâcher mon livre. Vite, mon regard est revenu à ma page, mais je n’ai pas résisté au besoin de jeter un autre coup d’œil à Mae. Elle continuait à me fixer des yeux, et souriait comme si j’étais son amie.
L’embarras me mettait le visage en feu. Je n’ai plus levé les yeux de mon livre.
Mae n’a pas réussi à mettre le feu à ses brindilles. Je le sais parce que, dans le cas contraire, une maîtresse serait arrivée en courant. Au lieu de ça, quand la cloche a sonné, tout le monde s’est mis en rang comme d’habitude. Je me suis attardée derrière les autres, j’ai attendu que presque tout le monde soit rentré, et je me suis précipitée à la grille pour examiner le petit tas de brindilles de Mae.
Il n’y avait plus de tas. Mae avait disposé les brindilles sur le sol de manière à tracer des lettres. Celles-ci formaient un mot.

CALYPSO

Je suis rentrée en classe au pas de course, le cœur battant. Pourquoi avait-elle écrit mon nom avec ces brindilles ?

Papa dit toujours qu’il faut se considérer comme son propre meilleur ami. Quand j’étais plus petite, je ne comprenais pas ce que ça voulait dire, mais maintenant, je vois bien. Ça veut dire qu’on doit être heureux quand on est seul ; qu’on ne devrait pas avoir besoin de la compagnie des autres pour être heureux. Papa dit qu’il se passe très bien des autres.
Je me demande parfois s’il avait besoin de ma mère, mais ce n’est pas le genre de question que je peux lui poser. Et je ne peux pas la poser à ma mère, parce qu’elle est morte.
À l’école, les maîtresses s’inquiétaient souvent de me voir m’asseoir à l’écart des autres. Elles écrivaient des mots du genre : « C’est une fillette très solitaire » ou « Elle s’isole ». Comme s’il s’agissait d’une mauvaise attitude.
Mon dernier bulletin dit quelque chose de différent : « Elle aura du mal à s’adapter au collège l’année prochaine si elle ne parvient pas à se faire de bons amis. »
– Ils n’y connaissent rien, a dit papa en lisant ce mot à la fin du dernier trimestre. Ils ne comprennent pas les gens qui n’ont pas besoin d’être entourés. Ils croient que l’indépendance va de pair avec la solitude. Ils n’ont jamais entendu parler de la force intérieure.
Papa croit très fort à la force intérieure.
– S’il m’arrivait quelque chose, répète souvent papa, tout irait bien pour toi, Calypso. Tu as une grande force intérieure.
Je suis fière qu’il m’attribue une grande force intérieure, mais je n’aime pas imaginer qu’il puisse arriver quelque chose à papa. Il est arrivé quelque chose à maman, il y a cinq ans, et j’essaie de ne pas y penser non plus. Tout s’est passé si vite : elle s’est sentie un peu mal, elle est allée voir le médecin, on lui a fait des analyses et on lui a dit qu’elle avait un cancer. Ensuite, elle est tombée malade très vite, et puis elle est morte. Si papa mourait maintenant, je ne suis pas sûre du tout que tout irait bien pour moi.
Dès qu’il dit ça, les larmes me montent aux yeux. Il le remarque, et secoue la tête comme si je l’avais encore trahi.
– Inutile de te laisser abattre, dit-il. Je te montre juste comment être forte. Trouve ta force intérieure.
Je m’essuie les yeux et j’essaie. Elle est là, j’en suis sûre. Il le répète assez souvent, elle est forcément en moi.
– Tout irait bien pour moi, dis-je sans laisser ma voix trembler. Et si… s’il m’arrivait quelque chose à moi, tout irait bien pour toi .
– Exactement, répond-il avec un sourire encourageant, et il s’éloigne en direction de sa bibliothèque.
J’essaie de ne pas me laisser affecter par son acquiescement. C’est parce qu’il a une grande force intérieure. Ce n’est pas parce qu’il ne m’aime pas.
À l’école, les autres enfants n’essaient plus de m’avoir pour meilleure amie. J’aime bien jouer avec eux – ce n’est pas que je n’aime pas les gens. Mais pour être honnête, je préfère les livres. J’aime l’espace de calme qu’ils créent dans ma tête ; un espace où peuvent surgir des mondes magiques, des îles ou des mystères.
Mae est nouvelle et elle ne comprend pas encore. Elle se rendra bien compte dans les jours qui viennent, et elle se trouvera quelqu’un d’autre comme meilleure amie.
CHAPITRE 2
Mae et ses brindilles continuent de m’intriguer à mon retour de l’école. J’entre dans la maison et je passe sur la pointe des pieds devant la porte de la bibliothèque pour ne pas déranger papa dans son travail. C’est une grosse porte en bois, sur la gauche, épaisse et ancienne, et il ne m’entendrait probablement pas de toute façon, mais j’ai pris l’habitude de marcher sans bruit. Puis je monte dans ma chambre et je me mets à mes devoirs.
La bibliothèque a toujours été le bureau de papa. Maman avait un petit atelier à l’étage dans la troisième chambre, la plus petite. Après sa mort, nous l’avons transformé en bibliothèque pour moi, j’ai donc maintenant une chambre et une bibliothèque. Je mesure ma chance parce que je ne connais pas d’autre enfant de mon âge qui ait une pièce à lui tout seul pour ses livres. Du vivant de maman, cette pièce était remplie de toiles, de chevalets, de peintures à l’huile, d’aquarelles, de pinceaux et de white-spirit. On y sent encore une odeur très discrète laissée par les tableaux à l’huile, même si ceux-ci ne s’y trouvent plus depuis des années. J’aime bien m’asseoir dans ma bibliothèque, avec ses murs tapissés d’étagères et de livres, et respirer l’odeur de maman tout en lisant. C’est ma pièce à moi, et papa n’y entre jamais.
Mes devoirs terminés, je descends faire du thé. Il n’y a pas grand-chose dans les placards, comme d’habitude, mais je déniche un peu de pain et de fromage et une boîte de haricots cuits en conserve. Je fais griller le pain et je réchauffe les haricots sur lesquels je fais fondre un peu de fromage. Puis je m’assieds à la table de la cuisine et je mange d’une main 1 , en me servant de l’autre pour tenir devant moi un livre ouvert. C’est Pollyanna 2 , un livre écrit il y a des années et des années. Je n’accroche pas beaucoup, parce que l’héroïne est étonnamment ennuyeuse ; tout ce qui l’intéresse, c’est que les gens l’aiment. Je commence à me demander si ça vaut la peine de continuer. Anne, dans Anne… La Maison aux pignons verts 3 , est bien plus mon genre de personnage. Ou Sophie dans Le ciel nous appartient 4 , ou Louie dans The Girl who Walked on Air 5 . Elles ont toutes de l’imagination et elles cherchent l’aventure. Elles ne passent pas leur temps à être « contentes » de trucs.
J’ai terminé et fait la vaisselle ; papa n’a toujours pas fait son apparition. Alors je prépare une tasse de thé que j’emporte à sa bibliothèque.
– Papa ?
Je frappe à la lourde porte et j’ouvre.
Le bureau de papa est sur la gauche. Il est assis là, comme d’habitude, les yeux collés à un manuscrit. Il est correcteur, ce qui signifie qu’il lit les livres avant leur impression, pour vérifier qu’ils sont parfaits. Papa est capable de repérer des erreurs qui ont échappé à dix éditeurs. Même à l’heure actuelle, avec tous les ordinateurs dont on dispose, personne ne peut battre mon père quand il s’agit de relire. Il a bien un ordinateur, mais il ne s’en sert presque jamais.

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