La météo de mon cœur
87 pages
Français

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Description

« C’est vrai que je n’ai pas toujours été sage, mais je ne suis pas non plus une délinquante… »

Marius, son frère adoré, part en première année de médecine, et c’est tout l’univers de Soline, quinze ans, qui bascule. Même Garp, son chat, semble au bout de sa vie !

Heureusement, cette année de seconde compte quelques bonnes surprises, comme Zélie, qui devient sa meilleure amie et lui apprend que, pour chasser le cafard, rien ne vaut une petite visite au cimetière…D’ailleurs, qui aurait cru qu’entre deux tombes Soline connaîtrait le coup de foudre ? Sûrement pas elle ! Mais bon, maintenant que le beau Noham est là, ce n’est quand même pas une succession de malchances ( si, si !), de quiproquos ( aussi !), et peut-être de deux ou trois (petits) mensonges, qui va tout gâcher, n’est-ce pas ?


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 21 mars 2019
Nombre de lectures 6
EAN13 9782215172444
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0049€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Épilogue
Remerciements
Notes
Page de copyright
A toi, Maman, Et à celle que tu m’as aidée à devenir.
Prologue

C’est vrai, quand j’avais deux ans et demi, j’ai failli tuer notre chat. Ce matin-là, ma mère et moi étions sur son lit, calées contre ses oreillers. Elle me lisait un album. (Enfin, c’est la version officielle. Version officieuse : elle textotait, je regardais les dessins animés. Je ne m’en souviens pas, mais la lecture à voix haute, le matin, ça fait vraiment trop mère parfaite.) Garp, notre chaton noir, se tenait sur le rebord de la fenêtre ouverte. Le téléphone de la maison a sonné, ma mère s’est levée pour décrocher. C’était mon père. Et là, je me suis dressée sur mes petites jambes, j’ai bondi, j’ai poussé le chat et il est tombé d’un étage. C’est en tout cas ce que ma mère raconte.
– Soline vient de pousser Garp par la fenêtre ! s’est-elle écriée.
M’aurait-elle dénoncée si ça n’avait pas été papa au téléphone ? (Là, au moins, le crime restait dans la famille.) Puis elle a raccroché pour aller constater les dégâts. Il n’y en avait aucun : Garp campait sur ses pattes, à peine chancelant.
Ma mère a longtemps eu sa propre interprétation de l’événement : comme elle surprotégeait ce chaton, c’est le seul moyen que j’aurais trouvé, du haut de mes deux ans et demi, pour le lui faire comprendre : c’était, selon elle, une expression directe de mon insatisfaction.
Ajoutez à ça que ma mère était enceinte de ma petite sœur, et vous arriverez à la même conclusion qu’elle (ou pas !) : jalouse du bébé à venir, je m’en prenais au chat !
Pour ma part, j’ai une autre théorie : notre chat avait sans doute envie de sauter, il hésitait, je l’ai aidé à se décider. D’ailleurs, Garp ne m’en a pas tenu rigueur, nous avons toujours été très proches. (« C’est l’animal de ta vie », m’affirme ma mère.) Mon chamour voulait vérifier cette légende qui affirme que les chats retombent sur leurs pattes.
Il l’a fait, et ça lui a donné une confiance en lui qui ne l’a jamais quitté ensuite.
C’était il y a treize ans. Soit quatre-vingt-onze ans en vie de chat, donc on peut dire qu’il y a prescription. Garp n’a jamais miaulé le contraire.
Après cet événement, je n’ai plus jamais poussé personne par la fenêtre.
C’est vrai que je n’ai pas toujours été sage, mais je ne suis pas non plus une délinquante, il faut me croire !
Cette importante précision apportée, je vais pouvoir tout raconter.
Chapitre 1 Fortes précipitations, Averses et éclaircies.
Je ne voudrais pas donner l’impression de partager avec ma mère ce penchant pour la psychologie « faite maison » (si dangereuse pour les proches), mais je crois que tout a commencé avec le départ de mon grand frère. Le Dééépaaart , devrais-je insister, pour donner à l’événement toute sa portée dramatique. Mais ça m’ennuierait que, sur un malentendu, on imagine mon frangin allongé entre quatre planches…
Marius n’est pas mort. Il n’est pas non plus parti en Afrique pour fabriquer du fromage à base de lait de girafe. Il est seulement étudiant en médecine. À vingt kilomètres à peine de chez nous.
À la mi-août, il a commencé un stage de trois semaines de préparation à la première année de médecine. Il paraît qu’il a pleuré quand mes parents l’ont laissé ce soir d’été dans son studio meublé, moderne et moche. Je crois maman quand elle le raconte. Elle-même avait retenu ses larmes toute la journée, et elle a craqué à la dernière minute.
– Nous n’étions pas tristes, seulement dépassés par l’émotion, précise-t-elle toujours.
Et, honnêtement, c’est bien le style de Marius de se laisser déborder par ses sentiments dans des moments pareils, même si, quand on le rencontre, il donne l’impression du mec cool imperturbable.
Je n’ai pas vécu la scène. D’abord, parce qu’il n’y avait pas de place dans ce studio pour qu’on y tienne à cinq. (Quoique, je soupçonne Marius d’avoir réussi à y faire tenir, danser et boire bien plus de personnes plus tard, une fois son émotion de rentrée puis ses examens passés.) Ensuite, parce que, ma sœur Violette et moi, nous étions en vacances chez nos grands-parents paternels dans le nord de la France.
La ville de Wimereux, sa plage, sa digue-promenade, ses glaciers, ses marées et ses rochers, qui ont dédicacé nos genoux comme ceux de notre père quarante ans plus tôt. Et surtout, notre royaume : la maison de Marie et Guy, nos grands-parents, où nos envies règnent !
Bien sûr, j’étais contente que Marius parte en médecine : il avait huit ans quand il a annoncé pour la première fois qu’il voulait être docteur quand il serait grand, et n’a jamais changé d’avis. (Même si je ne l’ai pas trouvé très original sur son choix : nos deux grands-pères portaient déjà des blouses blanches. Je vous laisse imaginer les commentaires psycho de ma mère sur le sujet…) Honnêtement, il était temps qu’il parte. Ça devenait vraiment compliqué entre les parents et lui. Les scènes se multipliaient.
Par exemple :
– Tu peux baisser ta musique ? C’est vraiment pénible.
– Mouais…
Un classique de l’embrouille. Sauf quand c’est le fils qui râle parce que la mère consulte les dernières soldes en ligne au petit-déjeuner sans couper le son de sa tablette.
Avec mon père, c’était différent. Je ne saurais même pas dire qui avait raison et qui avait tort. Dès que Marius a eu plus de trois poils au menton, il a joué à l’adulte : il en faisait trop. Mon père, lui, le voyait toujours comme un gamin et le lui montrait bien. Leurs dialogues, quand il y en avait, ressemblaient aux miaulements de deux chats qui se disputent un territoire. Ça perce les tympans et on comprend qu’on ne pourra pas s’approcher sans prendre un méchant coup de griffes. Une chance qu’aucun des deux n’ait pissé sur le tapis du salon pour marquer son territoire !
En terminale, Marius a atteint sa taille adulte. Il a collé deux-trois centimètres à papa. Toujours cette rivalité. Heureusement, il a eu la délicatesse de s’arrêter à temps pour ne pas dépasser papy : c’est notre modèle à tous. (Mon grand-père maternel est un savant mélange d’intelligence, de gentillesse et d’humour. Et il en faut pour côtoyer notre aimante mais autoritaire grand-mère !)
Je serais tentée de dire que c’est à ce moment-là que notre paternel a commencé à renoncer à l’affrontement, préférant régler ça avec maman. Mais je ne voudrais surtout pas le faire passer pour un lâche, mon père est toujours mon héros. (Et ce n’est même pas ma mère qui l’affirme !)
Là encore, les scènes se multipliaient. Quand Marius n’était pas là, mon père demandait à ma mère : « Tu as vu ? Ton fils a bu mes bières » ou « Tu as vu ? Marius a laissé des mégots de cigarette sur la terrasse » ou encore « Tu sais que Marius a dépensé 250 euros dans une paire de baskets ? »
La réponse de ma mère était toujours la même : « Oui. » Pas un mot de plus.
Je soupçonne maman d’avoir une bande-son intérieure. Elle se parle à elle-même en secret. Ça lui permet d’éviter des disputes. Je crois même que cette petite voix intérieure, qui répond à papa, à ses enfants et même à sa mère, a beaucoup d’humour : parfois, notre mère ne parvient pas à retenir son sourire, et même papa sent alors qu’elle se moque de nous. Seulement, il ne peut rien dire !
L’ambiance allait naturellement se détendre avec le départ de Marius. Sauf que, c’est là que ça se corse, il allait terriblement me manquer ! C’est le plus génial grand frère que l’on puisse imaginer. Du genre à vous dégoter – rien que ça ! – une minitablette d’occasion pour votre anniversaire (et vous l’offrir sans prévenir les parents, convaincus que l’abus d’écran est dangereux pour la santé). Ou encore à vous rédiger le même soir votre sujet d’imagination en français sur la nouvelle fantastique et la réponse au SMS de Gabriel. (À savoir LE message que j’attendais depuis ma venue au monde, même si je n’en étais pas forcément consciente dès le début.)
J’ai eu la meilleure note de la classe en français et je suis sortie avec Gabriel. Alors, il n’assure pas, le frangin ? (Surtout que c’est lui aussi qui m’a consolée quand Gabriel a « décidé d’un commun accord » que c’était fini entre nous.)
D’un côté, je me répétais que c’était super que Marius suive sa vocation tandis que maman dépenserait en paix et en musique sur Internet. D’un autre, je savais que la vie (la mienne, en tout cas) serait moins douce sans lui.
Certes, Marius rentrait tous les week-ends. Alors, dès le vendredi soir, nous reprenions nos bonnes vieilles habitudes : il venait squatter mon lit et nous mations des séries ensemble.
Mon grand frère adore s’installer sous ma couette ! Simple concours de circonstances : moi seule dispose d’un lit double. (J’avoue que j’ai assuré en me positionnant en premier quand les parents ont parlé de changer le leur ; Marius a rappelé qu’il était l’aîné, mais ça n’a servi à rien.) De plus, ma chambre est située juste au-dessus de la box : nulle part ailleurs, à l’étage, on capte suffisamment de Wi-Fi pour regarder des films en streaming.
Mais quand même, à la maison, en semaine, ce n’était plus comme avant. Pas mieux, pas pire. Plus pareil.
Ma mère s’est mise à vivre au rythme de ce fils qui rentrait le vendredi soir.
Il suffisait, pour en prendre la mesure, d’examiner le frigo, véritable baromètre de la vie familiale.

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