La rage de vaincre
99 pages
Français

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Description

A seulement dix-sept ans, Annette est championne d'escalade. Mais un jour, sa vie bascule: lors d'une ascension, elle fait une chute qui la plonge dans le coma...Réveillée par son esprit compétitif, Annette fera tout pour pouvoir encore vivre de sa passion, même si elle doit affronter son père, qui veut à tout prix l'écarter du danger.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 6
EAN13 9782490637560
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Larage de vaincre







AmélieRomarin

La rage de vaincre

















© Les ÉditionsETHEN
Le Code de la propriétéintellectuelle interdit les copies ou reproductions destinéesà une utilisation collective. Toute représentation oureproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédéque ce soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayant cause,est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes desarticles L.335-2 et suivants du Code de la propriétéintellectuelle.








Ames parents,
pourles remercier d’avoir toujours été si présentsdans ma vie.
Chapitre 1

C’est une sensation étrange,une chute, vous ne trouvez pas ? D'abord, c'est la panique, onse dit qu'on va mourir alors qu'on aurait voulu vivre bien plus queça. Et comme on a l'impression que tout se passe au ralenti,on a le temps de fermer les yeux, d'accepter ce qui nous arrive et des'imaginer qu'on est en train de voler, de faire un saut enparachute, que tout se passera bien. Et puis, c'est le noir complet.
Nous attendions tous ce jour avecimpatience : escalade du rocher de Jambes par la jeune etcélèbre Annette Valo ! Tout le monde étaitlà : ma famille, ma meilleure amie Lucie, les fans, lesjournalistes. Et, bien sûr, j'étais aussi impatientequ'eux ! J'étais en pleine gloire, la plus jeunechampionne de Belgique !
Je ne sais pas trop ce qu’il s'estpassé. Je pense qu'une dégaine était mal fixéedans la roche... J'ai chuté et la corde n'a pas dûrésister, à moins que ce ne soit la sangle, on l'apeut-être mal vérifiée... La dernièrechose que j'ai entendue, à part les gens qui hurlaient, c'estla voix de mon père dans l'oreillette. En compétition,ou dans des jours comme celui-là où je veux aller plusloin et battre mes records, j'aime communiquer par ce moyen. Çame donne du courage, je ne suis pas seule sur le terrain et j'aijuste l'impression de m'entraîner. Bref... Papa a criéd'une voix cassée que je ne lui reconnaissais pas. Çam'a fait mal de l'entendre.
J'ai senti que les urgentistes memettaient dans l'ambulance, je les ai entendus m'encourager àrester à la surface. Dans ma chambre d'hôpital, mesparents sont venus me rendre visite, ils pleuraient. Je voulais leurmontrer que je les entendais, les réconforter, donner un signede vie quelconque, mais je ne savais pas comment. Je n'y arrivaispas. Mon corps était comme anesthésié, iln'était plus mien, je ne le contrôlais pas.
Puis, papa a allumé la télé.Tout en cherchant une chaîne, il me disait :
— Ecoute, Annette. Tes fanscomptent sur toi... on compte tous sur toi !
J'ai compris qu'il avait mis le journal.La journaliste disait : « Un tragique événements'est passé à Bouge, il y a quelques jours : lajeune Annette Valo, à peine âgée de 17 ans,championne d'escalade, a fait une chute de plusieurs mètresalors qu'elle grimpait les rochers de Jambes. Depuis, elle esthospitalisée à l'hôpital Saint-Luc, àBouge, que vous pouvez voir derrière moi. Elle est plongéedans un coma profond. Plusieurs fans restent dans le parking del'hôpital dans l'espoir qu'elle se réveille ».
Puis j'ai entendu des jeunes voix defilles et de garçons, probablement des fans ou le personnel demon club d'escalade : « Elle avait l'air tellementvivante, dans son élément, quand elle escaladait... »,« Je l'admire ! Et je ne voudrais pas venir àparler d'elle au passé. Courage, Annette ! Tu escaladescomme tu respires alors je suis sûr que tu viendras àbout de ce coma ! ».
Ces témoignages me faisaientplaisir, me touchaient. J'ai senti quelque chose sur mes joues, etpuis papa s'est écrié :
— Elle pleure ! Regarde,Corinne, elle pleure ! Je vais appeler l'infirmière.
— Chéri, ça ne veutpeut-être rien dire..., répondit maman.
Quelqu'un accourut aussitôt,sûrement l'infirmière que papa venait d'appeler. Elledemanda, un peu paniquée :
— Que se passe-t-il ?
— Elle a pleuré ! seréjouit papa. Regardez !
— Patrick..., commençamaman, dans l'intention de le calmer.
— Je lui ai mis le journal,expliqua-t-il. Il y a eu quelques témoignages à sonsujet et elle a pleuré. Elle a dû entendre et en êtreémue ! Ça veut dire qu'elle est vivante, n'est-cepas ?
Il y eut un silence avant quel'infirmière ne réponde :
— Je suis désoléeMonsieur mais... ça ne veut rien dire. En général,le corps réagit mais ce n'est pas volontaire...
— Je vous dis qu'elle est vivante !
Papa s'assit sur mon lit et prit monvisage entre ses mains en disant :
— Annette... Je sais que tu nousentends. Tu es une battante... Tu sais ça ? Tu t'estoujours battue pour tout. C'est encore le cas maintenant, d'accord ?Bats-toi et reviens ! Tu dois te battre, ma fille. Tu es mapetite terreur à moi, ne l'oublie pas. Arrête de nousfaire attendre et reviens ! Je t'en supplie, Annette, reviens !
A ces mots, il éclata en sanglots.J'entendis l'infirmière quitter la chambre et ma mèrequi tentait de réconforter mon père.
Après ça, je pense qu'ilssont partis. Ça me rend malade de ne pas pouvoir donner unsigne de vie, je ne veux pas faire souffrir papa. Je veux revenir !
Je ne sais pas depuis combien de temps jesuis là. Tout ce que je peux vous dire, c'est que papa vienttous les jours. Il me lit le journal, parfois il me lit deshistoires. Un soir, il est resté dormir dans ma chambre parcequ'ils passaient « Cliffhanger : traque au sommet »avec Sylvester Stallone à la télé. Tout le mondesait que c'est mon film préféré... bizarrement.Papa commentait le film tout seul, il y avait de la tristesse ou dudésespoir dans sa voix. Peut-être un mélange desdeux. J'aurais aimé pouvoir lui répondre, plaisanteravec lui sur le film, comme on fait toujours...
Le lendemain matin, il me souffla :« Je ne laisserai plus jamais rien de mal t'arriver ».Il me fit une bise sur le front et partit. J'ai réfléchilonguement à ses paroles, mais quand je vous dis longuement,dites-vous bien que je n'ai pas la notion du temps. C’aurait puêtre une heure comme des jours, j'en sais rien. Il allaitm'éviter des accidents de voiture, de me faire griffer par unchat ou mordre par un chien, éviter que je me brûle, cegenre de choses. Mais c'est ce qu'il avait déjà faitpendant dix-sept ans alors je ne comprenais pas trop ce que çavoulait dire.
Et puis, d'un coup, tout est devenuclair : si je venais à me réveiller, ilm'empêcherait d'escalader. Il me l'interdirait. Il aurait troppeur que je chute à nouveau. Mais l'escalade, c'est toute mavie ! Mon club, c'est mon chez moi, ma famille. Escalader, c'estma bouffée d'air, ma sensation de vivre, de prendre desrisques. Non ! Je ne pouvais pas le laisser me priver de ça !Je me battrais jusqu'au bout ! Je lui prouverais que j'en suisencore capable !
Et pendant que je me disais tout ça,je voyais une lumière. Plus je m'en approchais et plus je mesentais mieux. Plus je m'en approchais et plus je respirais. Plus jem'en approchais, plus je remontais à la surface.
Chapitre 2

Je me relevai brusquement dans mon lit enprenant une grande bouffée d'air, comme quelqu'un qui sort del'eau ou qui se réveille après un cauchemar.
Des « bip, bip »par-ci, par-là, des murs blancs, une odeur de médicamentdans l'air... ça ne fait pas de doute : je suis àl'hôpital. J'ai la vague impression de savoir pourquoi je suislà mais il m'est impossible de m'en rappeler.
Une infirmière entra dans machambre :
— Bonjour, dis-je.
— Bonjour, répondit-elleméthodiquement.
Soudain, elle s'immobilisa. Elle meregarda avec de grands yeux, comme si elle venait de voir un fantôme.Elle essaya de prononcer quelque chose mais aucun son ne sortit de sabouche.
— Vous allez bien ?demandai-je, inquiète.
— Ou... oui, bafouilla-t-elle. Çaalors... tu es réveillée !
— Faut croire..., répondis-jesans trop comprendre ce qui était en train de se passer.
— Tu n'as aucun souvenir ?
Je fis non de la tête et elles'assit sur mon lit.
— Tu as fait une chute de plusieursmètres, dit-elle. Et... ça faisait quatre mois que tuétais dans le

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