Le secret des murmureurs
110 pages
Français

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Description

Édouard est scout dans la patrouille des Loups. Sa meilleure amie, Clémence, est guide chez les Panthères. Leur surprise est de taille quand ils apprennent que leur camp d’été se déroulera dans le même village, entre les sommets des Hautes-Pyrénées. Peu avant le départ, les mystères se multiplient : un chef inconnu rejoint leur groupe, on leur demande de se vacciner contre la rage ! Plus intriguant encore : de nouveaux scouts et guides devront intégrer leur groupe. Rapidement, Édouard et Clémence réalisent que les intrus ont un fascinant pouvoir : celui d’attirer les animaux, y compris sauvages, et même de les commander !

Des loups sont signalés autour du camp ! Clémence et Édouard, en tentant de percer cette énigme, vont vivre un camp extraordinaire… et dangereux ! Qui sont vraiment ces adolescents ? Qui est Christophe, leur mystérieux chef ? Et qui sont ces individus camouflés qui semblent les épier ?


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 20 juin 2018
Nombre de lectures 22
EAN13 9782728925834
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
1 – Dernière minute, dernière heure, dernier jour
2 – La joie et la rage
3 – Un chef mystérieux
4 – Un curieux papillon
5 – Première poignée de main
6 – Une paroi jusqu’au ciel
7 – Des poissons agités
8 – Un curieux visiteur
9 – Un espion dans la montagne
10 – Des crocs dans la nuit
11 – Le secret d’Ange
12 – Une histoire de sonar
13 – Dans les broussailles
14 – La glace et les rapaces
15 – Le cercle des loups
16 – Ouvre la course !
17 – La gifle
18 – Les choses ont changé
19 – Un raid éprouvant
20 – Le fer rouge
21 – Disparition
22 – Marche de nuit
23 – Combats et blessures
24 – La neige et le sang
25 – Un allié puissant
26 – Envolée
Un dernier mot…
Notes
Page de copyright
À mes frères du feu, À nos promesses, à la belle étoile, À Camille et Hippolyte.
« Des purs sommets Des montagnes les plus ardues Dont il aimait les grands horizons et les dangers Il est parti vers les sommets éternels N’ayant pas connu dans la vie L’ombre de la vallée »
Épitaphe, cimetière pyrénéiste de Gavarnie

« Soyez toujours prêts à vivre heureux et à mourir heureux. Soyez toujours fidèles à votre promesse d’éclaireur même quand vous aurez cessé d’être un enfant. »
Robert Baden-Powell, Dernier message aux scouts, Baden-Powell, Pernh, 2016
Chapitre I
Dernière minute, dernière heure, dernier jour
Lorsque la sonnerie retentit entre les murs du collège, Édouard sursauta et releva le nez de son cahier, tel un loup attiré par le mouvement d’un lièvre.
À vrai dire, c’était à peu près dans cet état mental qu’il se trouvait. Celui d’un prédateur qui a perçu un signal captivant, et dont les babines se retroussent sur les crocs prêts à mordre le vent.
Sans même s’en rendre compte, Édouard sourit. M. Laga, le professeur d’espagnol, surprit son regard étincelant de joie, mais cela n’affecta pas le moins du monde l’adolescent. Il ne portait pas ce sinistre personnage dans son cœur, et ce sentiment était réciproque. M. Laga, pour tout dire, il ne comptait pas le revoir ! Non, plus jamais, puisqu’il vivait, à cet instant précis, la dernière minute du dernier jour de sa dernière année au collège.
Bien entendu, il devrait affronter, d’ici quelques jours, les épreuves écrites du brevet des collèges mais il ne s’agirait, de son point de vue, que d’une simple formalité.
Tranquillement, ravi du regard impuissant du professeur qu’il sentait peser sur son front, il referma son cahier, rangea ses crayons dans sa trousse et glissa le tout dans son sac.
Puis, tout de même, il jeta un regard en direction de sa meilleure amie, assise à trois places de là, un rang derrière lui.
Clémence aussi souriait, et Édouard n’avait nul besoin de l’interroger pour savoir pourquoi : tout comme lui, elle tolérait l’école, consciente que c’était nécessaire dans la vie – et surtout obligatoire – mais elle ne s’avérait pas vraiment pressée quand il s’agissait d’aller en cours le lundi matin… ou la plupart des autres matins.
Comme lui, elle préférait la vie en plein air, la cuisine sur des feux, les chants sous la lune, la beauté des ciels étoilés, le vent dans les branches, l’amitié loin des parents et l’aventure des grands jeux.
En résumé, la vie en camp scout.
Bientôt le camp ! songea Clémence, stimulée par la dernière sonnerie du dernier jour de sa dernière année au collège.
Dans cinq jours, elle y serait, avec ses meilleures amies.
Elle posa son sac sur ses genoux, l’ouvrit comme la gueule d’un poisson, puis y fit basculer, sans rien trier ni vérifier, le matériel éparpillé sur son bureau. Puis elle jeta un regard en direction d’Édouard, son meilleur ami depuis la sixième. Il entamerait, lui aussi, son troisième camp scout dans moins d’une semaine. Pas au même endroit que les filles, bien sûr. Mais, bah, rien de grave, car ils seraient appelés à se croiser encore souvent au cours des années à venir.
Selon l’adolescente et la plupart de ses amies, les garçons n’étaient pas toujours très malins à cet âge. Trop gamins pour certains, trop vulgaires pour d’autres, souvent un peu les deux… Seuls deux ou trois élèves masculins de 3 e B faisaient, à son avis, exception. Dont Édouard, présent dans la même classe qu’elle depuis la sixième.
C’est lui, elle s’en souvenait, qui l’avait guidée, en compagnie de son père, jusqu’au stand des scouts, au forum des associations du mois de septembre, quand il avait désiré s’inscrire, près de trois ans plus tôt. À l’époque, il était encore louveteau 1 .
Le regard vert de son ami croisa le sien et il cligna de l’œil. Elle avait remarqué qu’Édouard, comme beaucoup de gens à la fois timides et malins, affichait, presque en permanence, un sourire poli pour égayer son visage.
Cette fois, cependant, le sourire d’Édouard était radieux. Le garçon semblait sincèrement heureux, et sa joie contamina sur-le-champ Clémence.
Édouard était de nature plutôt réservée au milieu d’une foule, mais il pouvait aussi devenir rieur et blagueur, du moins avec les gens avec qui il se sentait à l’aise.
Elle lui adressa un sourire lumineux et referma son sac, pressée de quitter la salle.
Quand ils se retrouvèrent dans la cour, Édouard fit un geste qu’il n’avait jamais fait auparavant : il serra Clémence entre ses bras, la fit quitter le sol puis tournoyer autour de lui.
Puis il la reposa à terre, ravi de son audace.
– Ma p’tite Clémence, c’est l’bonheur, non ? gloussa l’adolescent.
Clémence éclata de rire, décidée à ne pas tenir compte des regards ironiques de ses camarades. Pour la plupart, elle ne les reverrait pas au lycée. Dès lors, pourquoi devrait-elle s’en faire ?
Édouard, en revanche, elle le croiserait plusieurs années encore chez les scouts, lors des rendez-vous au local ou des sorties de groupe.
Édouard semblait sur la même longueur d’onde. En ce dernier jour de cours, il n’avait plus à faire semblant. À jouer un personnage, comme beaucoup de collégiens, pour qui le regard des autres était important, donc pesant.
Il laissait exploser son bonheur et Clémence décida de rire avec lui.
Les rabat-joie, on s’en moquait !
Cependant, il n’était pas question, pour la guide 2 , de quitter ses amis, filles ou garçons, sans des adieux en bonne et due forme.
Elle connaissait certains de ses camarades depuis quatre ans voire plus, et elle savait que bon nombre d’entre eux s’inscriraient à d’autres lycées que le sien.
Alors, il y eut des accolades, des bises, des rires et quelques larmes, aussi, dans la cour.
Au moment où Édouard passait le portail, un élève de 3 e C le percuta de plein fouet. Le garçon, un certain Lucas, avait reculé à grande vitesse, sans prendre le temps de regarder derrière lui.
Édouard comprit sur-le-champ que quelque chose n’allait pas. Le collégien s’agitait, visage rouge, poings serrés. Une bagarre avait éclaté !
À vrai dire, il ne s’agissait pas vraiment d’une bataille rangée, mais d’une violente dispute qui opposait ce garçon à trois autres élèves de troisième. Ces derniers le harcelaient pour une raison inconnue.
Pas un adulte n’était visible. Le jeune scout s’éloigna d’une dizaine de pas, pour rejoindre Titouan, le quatrième de sa patrouille, qui avait lui aussi décidé de demeurer à distance.
Face à ses agresseurs, Lucas tenta de protester.
– Arrêtez, j’ai rien contre vous, c’était pas moi ! implora-t-il.
Sa voix se tordit, comme s’il était encore en train de muer. Ses ennemis ricanèrent.
Je suis scout, je devrais intervenir , songea Édouard, en colère contre lui-même.
Sauf qu’il était incapable d’ouvrir la bouche au milieu de la bataille. Tout comme Titouan d’ailleurs, qui regardait la route avec un air gêné, priant sans doute pour que son père, qui passait le prendre devant le collège avec son nouveau monospace, ne tarde pas trop.
Attiré par le tintamarre, M. Géray, le conseiller principal d’éducation, franchit le petit portail en coup de vent. Il avait les cheveux ras et la carrure d’un soldat des forces spéciales.
– Suffit ! s’écria-t-il.
Ce seul mot parvint, comme un coup de canon, à rétablir le calme. Dans la foulée, M. Géray prévint les quatre collégiens, Lucas compris, que leurs parents seraient convoqués d’ici peu, fin d’année ou pas.
Désormais, les joues de la victime avaient viré à l’écarlate. Ses yeux étincelaient, comme l’auraient fait ceux d’un enfant giflé par sa mère en public. Il avait échappé de peu, en présence d’un bon nombre d’élèves, dont beaucoup de filles de troisième, à une cuisante humiliation.
Bousculant deux sixièmes au passage, il passa le portail pour se réfugier dans la cour, sous les regards hostiles de ses agresseurs.
Un coup de klaxon fit sursauter Édouard.
Le père de Titouan venait d’arriver. Celui-ci se précipita vers le monospace et s’y engouffra, sans même avoir pris le temps de saluer son ami scout.
D’accord, il n’est pas très courageux, mais il n’est pas le seul, rumina Édouard, amer.
S’il avait pu se gifler des deux mains, il l’aurait fait. Il s’en voulait terriblement. Pourquoi n’avait-il pas osé intervenir ? Pourquoi ne se risquait-il pas à dire les choses franchement, parfois ? Est-ce que tous les garçons de son âge étaient aussi réservés que lui ? Sûrement pas. Jean, son CP 3 , n’était pas ainsi. Clémence non plus. Souvent, elle balançait leurs quatre vérités à ses amies. Parfois même, des mots qui explosaient comme des missiles. Seul Édouard semblait échapper à ses remarques bien senties.
Pourquoi n’était-il pas comme elle ? Lors des camps scouts, y compris durant les batailles qui marquaient les grands jeux, il avait la réputation d’être plutôt courageux, et même carrément volontaire.
Oui mais, justement, dans ce cas il ne s’agissait que de jeux . Là, devant le collège, c’était une vraie bagarre qui avait éclaté. Et il n’avait rien dit, rien fait.
Un peu inquiète, Clémence franchit le portail qui séparait la cour du collège de la rue. Édouard serait-il encore là ?
L’éclaireur aux mèches brunes l’attendait juste derrière le portail.
Il fit mine de ne pas remarquer les paupières humides de son amie. En fin d’année, à l’heure de se séparer, beaucoup de filles, ainsi que quelques garçons, finissaient en larmes, mais ce n’était pas le genre d’Édouard. Il lui arrivait de pleurer, mais de plus en plus rarement, et toujours seul, sur son oreiller.
Clémence l’entraîna dans son sillage et ils s’écartèrent un peu de l’entrée.
– J’ai demandé à ma mère de ne pas venir tout de suite, dit-il. Est-ce que tu sais où tu vas ?
– Où je vais où ?
– En camp, évidemment. Tu sais à quel endroit ?
En théorie, les destinations des guides et des scouts devaient être tenues secrètes. Mais les chefs en informaient les parents lors de la réunion de juin, et il y avait toujours des fuites.
– Dans les Pyrénées, répondit-elle.
Édouard fronça les sourcils.
– Bizarre, nous aussi. Dans le département des Hautes-Pyrénées.
– Hein ? T’es sûr ? On va dans le même coin ?
C’était une étrange coïncidence. Il y avait peu de chances que deux camps, celui des scouts et celui des guides, préparés par des chefs différents, se retrouvent programmés dans la même région, la même année !
– Certain, affirma Édouard. Dans quelle ville allez-vous ?
Clémence avait obtenu l’information par l’intermédiaire d’Alexine, l’une de ses meilleures amies chez les guides, ­troisième comme elle, mais dans l’équipe des Antilopes. Clémence, elle, était membre des Panthères. Alexine avait réussi, en multipliant les sourires charmants, à soutirer l’information à son père.
– Gavarnie. C’est tout en haut des montagnes, j’ai vérifié sur Internet.
– Comme nous ! laissa tomber Édouard.
Les grands yeux gris-bleu de Clémence s’écarquillèrent.

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