Les Créatures du sceau
140 pages
Français

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Les Créatures du sceau , livre ebook

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Description

Tous les vingt ans, un sceau magique se brise à Souleyrac et libère les créatures dont il protégeait la ville. Qui sont les gylves et que veulent-ils ?



Pourquoi des dizaines de lycéens se comportent-ils soudain de manière étrange et inquiétante ?


Lisa et sa bande d'amis n'ont que quelques semaines pour agir. Ils devront remonter jusqu'à l'origine de ces dangereuses créatures et faire le choix juste pour décider du sort du sceau

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782492966385
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0041€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Table des matières 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Épilogue Remerciements

 
 
 
À Edgar.
1
 
Onze heures dix. Les ventres commençaient à gargouiller et les pieds à traîner. La classe de Lisa se dirigeait vers le bâtiment A pour visiter le CDI. En comparaison du collège, le lycée paraissait immense aux élèves qui l’avaient parcouru de long en large toute la matinée pour apprendre à s’y repérer. Leur professeur principal souffla en ouvrant la porte, visiblement aussi las qu’eux de ce marathon.
– Dernière étape ! Retenez que le meilleur lieu pour trouver des informations fiables, c’est ici. Madame Ficelot, notre professeure documentaliste, va vous expliquer le système de prêt, puis vous pourrez faire un tour dans les allées.
Sa phrase achevée, il se laissa tomber dans un grand fauteuil de lecture et disparut derrière une revue.
Lisa rejoignit discrètement Anouk qui s’était adossée au mur près de la porte. Pour le moment, elle était son seul repère dans cette classe. Sur la douzaine de personnes de son collège venues dans ce lycée, Edgar Quinet, aucune ne s’était retrouvée avec elle. Trente-quatre élèves en seconde huit, trente-trois inconnus. Ça commençait bien… À l’inverse, sa meilleure amie, Anaëlle, avait intégré la seconde deux en compagnie de deux filles de leur ancien collège. Des filles qui leur étaient plutôt antipathiques, l’année précédente. Pourtant, Anaëlle s’était immédiatement raccrochée à leur groupe et avait fait comprendre à Lisa qu’elle traînerait désormais avec elles. Après trois ans d’une amitié intense, c’était difficile à digérer. La rentrée avait eu lieu trois jours plus tôt, et depuis, lorsqu’elles se croisaient, Anaëlle se prétendait pressée et répondait froidement à Lisa. Elle l’évitait, la repoussait hors de sa vie. Lisa se sentait chaque fois davantage blessée. Comment admettre qu’elle comptait soudain aussi peu, qu’elle était à ce point… jetable ?
– J’ai faim, chuchota Anouk tandis que madame Ficelot listait les abonnements aux revues du CDI.
Lisa approuva silencieusement. L’ennui donnait un air boudeur à son amie, loin de sa gaieté habituelle. Leur rencontre avait été la bouffée d’oxygène de ce début d’année.
Le premier matin, Lisa s’était assise à une table du fond de la classe. Triturer ses longs cheveux, ruminer son stress, attendre de savoir à quelle sauce elle allait être mangée : le fameux truc des secondes qui semblent durer des heures dans toute sa splendeur. Elle avait eu l’impression de revivre son entrée en sixième… Et si personne ne venait s’installer à côté d’elle ? L’idée de se retrouver toute seule l’angoissait. À plusieurs, même juste à deux, les regards des autres importeraient moins, elle ne les remarquerait plus.
Anouk, grande brune aux cheveux courts coiffés en pétard, s’était approchée avec un sourire crispé.
– Je ne connais personne, je peux me poser ici ?
Acquiescement et soulagement : Lisa lui avait aussitôt confié son trac, et toutes deux avaient ri. Elles ne s’étaient plus quittées, trop heureuses du courant qui était immédiatement passé entre elles. La suite de la journée avait consisté à attribuer des surnoms à chacun de leurs profs, détailler à deux les autres élèves de la classe, ouvrir un placard à balai qu’elles avaient confondu avec la salle de physique-chimie et piquer un fou rire à cette occasion. Cela leur avait amplement suffi pour décider, dès le lendemain, de se réserver les places en cours et se considérer amies.
La professeure documentaliste achevait ses explications, long discours connu sur le bout des doigts. Lisa lui donnait la soixantaine. À combien de lycéens et depuis combien d’années répétait-elle ces mêmes mots ?
– Prenez le temps de vous balader entre les rayonnages pour repérer le classement thématique, conclut madame Ficelot, et venez me voir un par un pour récupérer votre carte de prêt.
Lisa et Anouk se détournèrent pour entrer dans les allées du CDI où des dizaines d’ouvrages s’alignaient sur les étagères. Elles se séparèrent, comme pour explorer plusieurs chemins à la fois dans ce labyrinthe. Lisa passait ses doigts sur la mosaïque des couvertures aux couleurs variées. Cet endroit lui plaisait, calme malgré les nombreux élèves qui l’arpentaient. Elle aimait ouvrir des livres au hasard et plonger le nez dans leur odeur de papier neuf ou poussiéreux. Son regard parcourait les rayons lorsqu’il se posa sur une grosse encyclopédie qu’elle tira machinalement. Un feuillet coincé entre l’ouvrage et son voisin tomba par terre.
– Qu’est-ce que c’est ? demanda Anouk qui arrivait par l’autre bout de l’allée.
Lisa ramassa le papier. Son contact l’étonna, plus lourd et plus épais que ce à quoi elle s’attendait : c’était un parchemin plutôt qu’une simple feuille. Ses yeux s’écarquillèrent quand elle lut silencieusement le texte tracé à l’encre noire.
 
Quand viendra la vingtième année,
Le sceau devra céder,
Alors, se révèleront les mots sur le papier.
Toi qui lis, cherche les gylves ennemis,
Eux qui se divisent pour mieux régner,
Eux qui infestent les esprits.
Trouve tes deux alliés pour les contrer
Et perpétue le sceau pour préserver l’Humanité.
 
– C’est complètement… bizarre, s’étonna Lisa. C’est tombé quand j’ai pris ce livre.
– Bizarre ? On a fait plus bizarre qu’un papier jauni.
Lisa la dévisagea sans comprendre.
– Comment ça ? Tu as vu le texte, il est étrange, non ?
– Du texte ? Où ça, derrière ?
Anouk saisit le parchemin et le tourna dans tous les sens.
– Qu’est-ce que tu racontes ? Y a rien d’écrit nulle part. Il a l’air vieux ce papier, je ne sais pas ce qu’il fait ici.
– Tu te moques de moi ?
Le front d’Anouk se plissa tandis qu’elle levait un sourcil. Non qu’elle cherchât à grimacer, mais elle était en train de se dire qu’elle avait peut-être mal choisi sa nouvelle amie. Un malaise s’installa, chacune attendait que l’autre annonce la fin de sa blague ratée.
– Je vais le remettre où je l’ai trouvé, finit par décider Lisa, gênée.
– Je pars voir derrière…
Super , songea Lisa, je viens de gagner deux cents points de fille-cinglée-à-éviter…
Elle remit l’encyclopédie et le parchemin à leur place, fit quelques pas dans l’allée et sentit son ventre se crisper, se tordre même. Si c’était la faim, c’était une grosse faim. Sur sa droite, un livre marron intitulé L’agriculture au Moyen Âge l’attirait furieusement. Elle n’avait pourtant jamais été passionnée par l’histoire-géo et se fichait éperdument de l’agriculture. Incapable de résister, elle saisit l’ouvrage et un parchemin tomba à ses pieds. Le même, évidemment. Elle survola les mots qui lui parurent toujours aussi étranges, puis, instinctivement, elle revint sur ses pas pour reprendre l’encyclopédie à côté de laquelle elle avait glissé le feuillet une minute plus tôt. Rien. Le parchemin n’y était plus. Un frisson la parcourut.
– Lisa, viens voir ! lança Anouk en passant la tête dans l’allée.
Cette interruption la ramena brusquement à la réalité.
– J’arrive…
Bonne nouvelle, Anouk lui adressait encore la parole. Mauvaise nouvelle, Lisa devenait manifestement folle. Elle plia le parchemin avec un manque de précautions à faire pâlir un historien, puis le fourra dans la poche de sa veste. Cela ne servait à rien d’essayer de comprendre maintenant.
Son amie l’attendait devant une photo accrochée au mur, elle semblait déjà avoir oublié l’incident ou, à défaut, ne pas lui attacher d’importance.
– Je ne savais pas qu’un incendie avait tout brûlé en 1998, commenta Anouk.
– C’est impressionnant, il ne reste presque rien…
Sur l’image, on voyait le lycée réduit à des pans de murs effondrés, fumants. La statue d’Edgar Quinet était noircie par le feu, de l’autre côté de la cour. On apercevait, derrière, tout au fond, le bâtiment des internes qui avait été épargné. Le long de la cloison du CDI, différentes photos montraient les travaux de reconstruction et le lycée tel qu’on pouvait l’arpenter aujourd’hui, en 2018 : les bâtiments A, B et C, la grosse rotonde qui servait de cantine. Le gymnase et la piscine n’y étaient pas, probablement trop éloignés pour avoir été touchés par l’incendie. Cela expliquait pourquoi ils paraissaient deux fois plus vieux que le reste de l’établissement.
– Flippant ! Espérons que ça n’arrive pas tous les vingt ans, blagua Anouk.
Lisa ne put s’empêcher de repenser au parchemin. Quand viendra la vingtième année. Elle se pinça les lèvres pour ne rien dire.
– Hé, les filles, j’ai déniché un livre porno !
Tom, l’énergumène qui venait de s’interposer entre elles et les photos encadrées, brandissait un ouvrage sur l’art grec. Anouk et Lisa levèrent les yeux au ciel, mais pouffèrent bientôt devant la statue d’un athlète nu sur la couverture. Cinq autres élèves se groupèrent derrière elles pour admirer la trouvaille. Tom fit défiler les pages et les rires fusèrent.
– Trèèès intelligent, lança leur professeur en se faufilant dans l’attroupement. Si monsieur boute-en-train a fini son show, nous allons retourner en classe pour que vous récupériez vos affaires.
Tom perdit de son assurance, son visage vira au rouge. Il se raccrocha au sourire que lui adressa Lisa sans savoir l’interpréter : de « tu fais moins le malin » à « ce n’est pas si grave », trop de versions possibles se déclinaient. Il fila ranger l’ouvrage avant que le professeur n’ajoute quelque chose, puis rejoignit le rang.
Quelques minutes plus tard, le troupeau d’élèves affamés traversait la cour dans l’autre sens, passant tout près de la statue d’Edgar.
 
*
 
Le self était immense. Immense et fabuleux. Non seulement le choix ne manquait pas – quatre plats chauds, entrées à foison, fromages, desserts et fruits –, mais en plus c’était bon. Le lycée avait un délicieux goût de liberté grâce à son portail ouvert à toute heure et il marquait encore des points avec la nourriture. Lisa était comblée.
– Comment a-t-on survécu au collège ? demanda-t-elle en humant son assiette.
– Toi aussi, ils

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