Les robes, le rose, les paillettes, le maquillage... Moi, jamais !
80 pages
Français

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Description

Jaxx n'aime pas les robes, ni le rose, ni le maquillage, ni les paillettes... Elle préfère jouer au foot et porter des shorts : garçon manqué, et fière de l'être ! Mais la rentrée scolaire s’annonce catastrophique. Sa meilleure amie s’affiche avec une affreuse bande de copines maniérées, les garçons ne veulent plus d’elle dans leur équipe de foot… et surtout, sa tante Katie lui demande d’être demoiselle d’honneur à son mariage ! Quand Jaxx apprend qu’elle va devoir y porter une robe rose, qui plus est aux côtés de son ennemie jurée, elle décide de passer à l’action... Une histoire pleine de péripéties sur une fille déjantée qui veut rester fidèle à elle-même.Titre original : Traumas of a Tomboy Bridesmaid


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 17 janvier 2018
Nombre de lectures 312
EAN13 9782215139096
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Traduit de l’anglais par Charlotte Grossetête
Table des matières
Petit déjeuner - Premier jour - Sixième
Premier jour - Sixième - École
La pire récréation de toute ma vie
Football contre netball
Une annonce inattendue
Plan de mariage à la Jaxx
Il y a demoiselles d'honneur et demoiselles d'honneur
Le grand match
Une invitation inattendue
Les fiançailles
Les discours
Après la soirée
Ma sortie au cours de danse
Mariéezilla ?
La grande appli blanche
Les garçons ne pleurent pas, si ?
Vraies amies
La culotte rose
Une ribambelle de smileys
Wedding Bliss, l'enfer de la noce
La salle des Ravissements - Non !
Dans les bois
Le piège !
Cassé !
Il y a coupe et coupe
L'enterrement de vie de jeune fille
Une sale matinée de mariage
Telle mère telle fille
Voici la mariée
De vraies douves
Le mariage de mes rêves
Le parfait amour
Notes
Page de copyright
Petit déjeuner - Premier jour - Sixième
Maman veut que je devienne une fille maintenant que j’entre en sixième 1 , mais jamais de la vie.
Un uniforme d’hiver hideux, composé d’une jupe et d’un chemisier, me foudroyait du regard depuis ma penderie, mais j’ai préféré choisir le short et le tee-shirt de coupe masculine que je portais tout le temps l’an dernier. Ils étaient un peu petits, mais j’ai estimé que si je m’abstenais de lever le doigt en classe, mon tee-shirt ne grimperait pas trop haut : personne ne remarquerait rien.
J’avais de nouveau des croûtes aux deux genoux. Je m’étais fait l’écorchure de gauche en glissant sur la route. Celle de droite datait du jour où j’avais surfé sur la vague parfaite pour venir m’échouer au milieu des galets. Ce sont les risques du métier quand on passe l’été à la plage.
Quand je suis descendue, l’œil de lynx de maman s’est posé pile à l’endroit où le bas de mon tee-shirt et le haut de mon short ne se rencontraient pas tout à fait.
– Tu ne peux pas aller à l’école comme ça, a-t-elle dit.
– Pourquoi ?
– Tes vêtements sont trop petits.
Maman dit toujours des trucs de ce genre. Je n’essaie même plus de la satisfaire.
Papa m’a passé un bras autour des épaules.
– Tu as vraiment grandi pendant ces vacances. Maman est seulement jalouse parce que tu es presque aussi grande qu’elle maintenant.
Papa dit toujours quelque chose de gentil quand maman passe à l’attaque.
Maman lui a lancé un de ses regards noirs.
– Je ne veux pas que les gens pensent qu’on n’est pas capables de lui acheter des vêtements neufs, a-t-elle dit.
– Personne ne pense une chose pareille, a répondu papa. Qu’est-ce que ça peut faire si Jaxx exhibe ses genoux écorchés ?
– Ce n’est pas aux genoux que je pensais. Ce tee-shirt est trop petit.
– Tu pourrais m’en acheter quelques-uns, de la taille au-dessus ?
– Je t’ai acheté des chemisiers et une jupe.
Maman a essayé de capter mon regard, mais je lui ai tourné le dos et je me suis attaquée à mon petit déjeuner.
Papa a versé du muesli dans son bol. La recette spéciale de maman, qu’on croirait préparée en grattant le sol de la cage d’un perroquet. Je savais que papa ne l’aimait pas, mais il la mangeait pour faire plaisir à maman. Les aliments riches en fibres étaient son dernier dada. La semaine suivante, ce serait quelque chose d’autre. Papa espérait en secret qu’elle en viendrait au steak-frites, mais ce n’était pas encore arrivé.
– Je n’ai pas vu de jupe, ai-je dit.
– Dans ta penderie, a-t-elle rétorqué.
– Oh, cette jupe-là ! Je croyais que c’était une des tiennes.
– Toutes les filles porteront des jupes cette année.
Maman m’a tendu une tartine grillée.
– Pas Sophie.
J’ai étalé une épaisse couche de Nutella sur ma tartine. Maman avait renoncé à me faire manger de son muesli fait maison.
– Sauf si sa mère l’habille de force.
– Salut, tout le monde !
Katie a fait irruption dans la pièce comme si elle se trouvait encore sur sa planche de surf.
– Ça gaze ?
Ses cheveux étaient magnifiques, blonds et ondulés comme toujours. Katie avait toujours l’air d’une apparition débarquée tout droit de Californie, tellement naturelle, même si son sèche-cheveux tournait à pleine puissance depuis 7 heures du matin, même si j’avais bien vu toute la patouille pour cheveux dont elle se servait.
J’ai les cheveux bouclés moi aussi, mais les miens ne sont pas blond doré ; ils sont d’un brun terne et ennuyeux. Quel que soit le mal que je me donne (ou que Katie se donne pour moi), je ressemble davantage à une explosion dans une usine de matelas qu’à un rêve californien. Ce matin, je m’étais fait une queue-de-cheval touffue pour l’école, mais mes cheveux s’échappaient quand même de partout. Quelle importance ? Je n’aurai jamais l’allure extraordinaire de Katie.
Katie a attrapé un bout de tartine grillée sur mon assiette.
– Hé ! C’est à moi ! ai-je dit.
Trop tard. Elle m’a fait un clin d’œil, a plié la tartine en deux et l’a fourrée d’un coup dans sa bouche.
Katie est la sœur de papa, mais je ne l’appelle pas « tante » parce qu’elle dit que ça lui donne un coup de vieux. C’est plus une grande sœur qu’une tante et elle est la personne la plus géniale que je connaisse. Quand j’étais bébé, mes grands-parents sont morts (les parents de papa et de Katie). Katie était encore à l’école, alors elle est venue vivre chez nous et elle n’est jamais repartie.
Elle a monté une petite affaire : elle fabrique des pendentifs de surf et des bracelets d’amitié, et je l’ai aidée à les vendre sur la plage cet été. Elle met de l’argent de côté pour qu’on puisse s’offrir un voyage en camping-car à travers l’Europe l’été prochain. Juste toutes les deux.
On ne l’a pas encore annoncé à maman, parce qu’elle ferait probablement une crise en disant que je suis trop jeune, et elle nous interdirait d’y aller. Mais elle ne peut pas nous en empêcher. Katie et moi avons écrit un pacte secret, que nous avons scellé en y apposant des empreintes digitales trempées dans de l’encre rouge pour faire l’effet du sang.
L’été est fini maintenant, personne ne veut acheter des pendentifs à la plage ; alors Katie a repris son boulot dans une maison de disques. Je trouve ça génial.
– Encore du pain grillé ? lui a demandé maman.
– Pas le temps.
Katie a attrapé deux pommes et s’est mise à jongler avec, en essayant de mordre dans chacune à mesure qu’elles passaient devant sa bouche. L’une d’elles est tombée par terre et a disparu sous la table. Katie a croqué un énorme morceau de l’autre et lancé, la bouche pleine :
– À plusss !
La porte d’entrée a claqué et la maison est redevenue silencieuse.
– Quel tourbillon, cette fille ! a dit maman en ramassant la pomme égarée.
– Tu dis ça tous les jours, ai-je dit.
– Parce que c’est vrai. Quand est-ce qu’elle finira par grandir ?
– Elle a presque trente ans, est intervenu papa.
– Justement. Il serait temps qu’elle quitte la maison, a marmonné maman en coupant la partie abîmée de la pomme et en croquant dans la partie saine.
– Qu’est-ce que tu dis ?
J’ai bondi ; je me suis cogné les genoux contre la table, ce qui a décollé l’une de mes croûtes. Ça m’a fait drôlement mal.
– Tu veux la mettre dehors ?
– Non ! ont répondu maman et papa en même temps.
– C’est juste que la plupart des enfants finissent par quitter la maison un jour ou l’autre, a dit maman.
– Elle est chez elle ici, lui a rappelé papa.
– Je sais.
Maman a jeté son trognon de pomme à la poubelle.
– C’est juste qu’elle m’use. Quand ce n’est pas un tourbillon, c’est un ouragan.
– Elle a Pete maintenant.
Papa a essayé d’enlacer maman, mais elle l’a repoussé. Elle fait souvent ça ces temps-ci.
– Ils vont peut-être s’installer ensemble.
– Le feront pas, ai-je dit. Pete n’est qu’un copain de plus.
Katie avait rencontré Pete cet été. Je l’aimais bien. Il m’achetait des glaces et faisait rire Katie. Il avait même son camping-car à lui, mais c’était juste un surfeur de plus. Katie avait déjà eu des copains comme lui. Ils ne duraient qu’un été et puis ils s’en allaient prendre la vague ailleurs. Katie ne voulait pas partir avec eux. Elle voulait rester ici, avec nous.
– Tu vas te changer et mettre cette jupe ? a dit maman.
– Non.
– Maman t’a acheté une jupe, alors si tu changes d’avis tu pourras toujours la mettre, a dit papa. C’est ce qu’on a décidé, non ?
Papa a regardé maman. Maman a pincé les lèvres avec cette expression du genre « Je suppose que oui ».
– Tu vas être en retard, a-t-elle dit. Tu as tout ? Ta trousse ?
– Bien sûr !
Je n’avais pas touché à ma trousse de l’été. Elle était encore dans mon sac, là où je l’avais laissée le dernier jour de l’année scolaire.
– Alors c’est parti, Miss Short et Tee-shirt, a dit papa en faisant tinter ses clés de voiture. « Premier jour. Sixième. »
Un long silence a suivi, pendant lequel maman a pincé les lèvres de nouveau.
– La jupe est là pour quand tu seras prête à la mettre, a-t-elle dit. Bonne journée.
– Merci, maman. Je t’aime.
J’ai soufflé un baiser dans sa direction, parce que maman n’aime pas trop le contact direct, et j’ai franchi la porte en courant derrière papa.

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