Pierrot et Miette, héros des tranchées
77 pages
Français

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Description

1917, à quelques kilomètres du front où s'affrontent Français et Allemands. C'est là que survivent Pierrot, 12 ans, et son grand-père, dans la ferme familiale. Grâce à sa chienne Miette, le jeune garçon trouve le courage et la force d'affronter la souffrance et la mort. L'amitié qui les lie est ce qu'il reste de plus précieux à Pierrot. Mais la guerre les sépare : Miette est réquisitionnée pour servir de chien-messager sur le front...

Un roman d’amitié et d’aventures au cœur de la Première guerre mondiale !


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 04 juin 2018
Nombre de lectures 12
EAN13 9782215139911
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0019€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
I – Mobilisée !
II – Drôle de soldat
III – Insomnie
IV – Le fanion
V – Préparatifs
VI – Au revoir
VII – Rencontres
VIII – Sur la route
IX – Sauvetage
X – Au pied du moulin
XI – Un refuge
XII – En première ligne
XIII – Retrouvailles
XIV – Tout est calme
XV – Menus services
XVI – La vie s’organise
XVII – Une lettre
XVIII – Bientôt la relève
XIX – Sous le feu
XX – Inquiétude
XXI – Feux croisés
XXII – Chien messager
XXIII – Enfin de retour
XXIV – Désespoir
XXV – La relève arrive !
XXVI – Opérations de recherche
XXVII – À la ferme
Épilogue
Déjà paru
Copyright
À Bertrand
I Mobilisée !
Non loin de Verdun, 1917
« Whou whou whou whou whou ! »
Pierrot s’arrête, redresse la tête et tend l’oreille. Il lui a semblé entendre quelque chose.
« Whou whou whou whou whouaf !
Cette fois-ci, Pierrot est sûr de lui. Miette ! Miette ­l’appelle.
Le jeune garçon ferme les yeux et se concentre sur les aboiements afin de les interpréter. Aboiements graves et longs qui donnent l’alerte. Grognements d’intimidation en cas de danger. Jappements aigus pour l’inviter à jouer. Sa chienne et lui sont si proches que, même de loin, il est capable de savoir la raison qui la pousse à se manifester. Cette fois-ci, la tonalité de Miette est profonde et son cri long et insistant. Pierrot comprend immédiatement que c’est grave et urgent. Aussitôt, il abandonne son panier dans les buissons et court en direction de la ferme de son grand-père.
« Vite ! Plus vite, Pierrot ! » semble l’encourager Miette qui glapit à présent, presque plaintivement.
Pierrot redouble d’ardeur. Il passe à travers les broussailles sans se soucier des ronces qui déchirent sa chemise et la peau de ses jambes. Les aboiements diminuent. On dirait qu’ils s’éloignent. Pierrot accélère encore. Il a dû arriver quelque chose à la ferme. Petit Père est tombé, ou bien il s’est blessé. À moins que des soldats ne soient encore venus pour leur réclamer de la nourriture. N’ont-ils pas compris que Pierrot et son grand-père n’ont plus rien à leur donner ? On leur a déjà presque tout pris. Ils se nourrissent tant bien que mal avec leurs maigres réserves, les œufs de leurs deux poules et les quelques baies, champignons et racines que Pierrot va chercher dans la forêt pour améliorer leur ordinaire.
Pierrot court à perdre haleine. Son cœur cogne si fort dans sa poitrine qu’on dirait qu’il va éclater. Son sang bat à ses tempes au point que le garçon n’entend même plus Miette aboyer.
« J’arrive ! » crie Pierrot dans sa tête.
Comme la ferme lui paraît loin tout à coup. Cette fois encore, il s’est enfoncé profond dans la forêt, espérant y trouver des champignons pour agrémenter le potage. Il n’aurait pas dû laisser son grand-père. Même s’il multiplie les efforts pour le cacher, Petit Père se fatigue plus vite qu’avant. Pierrot le voit bien. Le bruit des bombardements qui arrive jusqu’à la ferme l’épuise nerveusement. À chaque claquement plus puissant que les autres, il sursaute. Une bombe lui a pris son fils et sa belle-fille – les parents de Pierrot – et il ne peut s’habituer à ces explosions.
Pierrot déboule en courant dans la cour de la ferme, les joues et les poumons en feu.
– Petit Père ? hurle-t-il. Petit Père ?
Pierrot s’arrête, saisi par le terrible silence qui règne dans l’enceinte des bâtiments. Rien ne bouge. Même Miette s’est tue.
– Petit Père ? répète Pierrot la gorge nouée.
Le jeune garçon s’approche de la maison, le souffle court. Il a peur, un mauvais pressentiment lui broie le cœur. Il pousse la porte qui grince doucement. À l’intérieur, tout est sombre comme à l’ordinaire : Petit Père n’allume jamais les lampes dans la journée pour ne pas gaspiller l’huile.
– Petit Père ?
La voix de Pierrot est inquiète. Il scrute la pièce des yeux, tente de se faire à la pénombre et distingue une ombre sur une chaise, au bout de la table. Pierrot soupire, soulagé.
– Petit Père ?
L’ombre bouge à peine. Pierrot s’approche prudemment jusqu’à son grand-père assis, les coudes sur la table, la tête dans les mains.
– Petit Père, murmure Pierrot, j’ai entendu Miette. Elle m’a appelé. Qu’est-ce qui ne va pas ?
Le vieil homme relève lentement la tête. À présent, les yeux de Pierrot se sont habitués à la pénombre. Il voit distinctement le visage de son grand-père. Une grosse larme coule le long de sa joue creusée de rides profondes.

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