Beaux-Arts, première partie - Art du dessin
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Description

Rien n'est plus contraire aux progrès des connaissances que le mystère. Nous en serions encore à la recherche des arts les plus simples et les plus importants, si ceux qui les ont découverts en avaient toujours fait des secrets.

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Nombre de lectures 75
EAN13 9782335017007
Langue Français

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Exrait

EAN : 9782335017007

 
©Ligaran 2015

Notice préliminaire
La très originale histoire que l’on va lire est précédée, dans l’édition de 1798, de l’ Avertissement suivant de Naigeon :

Ce traité, dont Diderot n’a fait tirer qu’un petit nombre d’exemplaires, parce qu’il ne peut être utile qu’à une certaine classe d’artistes, se trouve difficilement. Il est même peu connu des gens de lettres, qui, en général, plus ou moins étrangers aux arts, en parlent superficiellement, n’en jugent pas mieux, et n’en suivent même l’invention et les progrès qu’avec ce faible intérêt qu’on met à toutes les choses vers lesquelles la nature n’entraîne pas avec violence. Quoique cette brochure, à laquelle Diderot avait eu de bonnes raisons de ne point mettre son nom, ait dans la forme, le style, les idées et les réflexions, ce caractère original dont tous ses écrits offrent l’empreinte plus ou moins distincte, je ne me rappelle pas qu’on la lui ait attribuée lorsqu’elle parut : et même encore aujourd’hui, si l’on en excepte l’artiste pour lequel il la fit, et un célèbre chimiste, leur ami commun, on ignore qu’il en est l’auteur. C’est cependant une énigme dont le mot n’est pas difficile à deviner.
« Ceux qui, à des notions générales assez exactes de l’objet de chaque science et de chaque art, veulent joindre sur certaines découvertes des idées particulières plus précises et savoir ce que les travaux réunis des hommes de génie ont ajouté dans chaque siècle au dépôt des connaissances humaines, liront avec plaisir ce mémoire de Diderot sur l’Encaustique des Anciens recouvré. Je l’ai cherché longtemps, pour le faire réimprimer dans l’ Encyclopédie méthodique , et j’ai été obligé de renoncer à ce projet : mais le hasard m’en ayant offert depuis un exemplaire, je le joins aujourd’hui à cette nouvelle édition des Œuvres de Diderot, non parce qu’il est rare, mais parce qu’il est bon. Il contient surtout des détails curieux et ignorés sur l’origine et les procédés mécaniques d’un art qui, porté à ce degré de perfection dont il est susceptible, mais que celui qui l’a retrouvé n’a pas encore atteint, pourrait être très utile et devenir même, entre les mains d’un artiste habile, ce qu’un nouveau calcul, une méthode nouvelle ou simplifiée est pour un géomètre, un instrument de plus pour reculer les limites de la science. »

L’édition Brière ajoute :
« Ce traité devait paraître, en 1755, dans l’ Encyclopédie , sous le titre : Encaustique ; mais Diderot dit, dans l’Avertissement placé en tête du VI e volume publié en 1756, qu’il a cru devoir admettre de préférence l’article de M. Monnoye. Si, de ce dernier, on excepte les passages cités de Vitruve, qui ne se trouvent point ici, et le procédé de M. le comte de Caylus que Diderot a sans doute omis à dessein, parce qu’il était regardé comme inférieur à celui de Bachelier, les articles de Diderot et de M. Monnoye ont la plus grande ressemblance : ce sont les mêmes idées, la même marche, les mêmes citations ; et l’on peut en conclure que Diderot a voulu non seulement laisser à M. Monnoye le fruit de son travail et de ses recherches, mais qu’il lui a même communiqué l’article qu’il destinait à l’ Encyclopédie et que M. Monnoye en a beaucoup profité. »

Ces citations nous paraissent suffire à notre tâche d’introducteur.
Histoire et le secret de la peinture en cire

I
Rien n’est plus contraire aux progrès des connaissances que le mystère. Nous en serions encore à la recherche des arts les plus simples et les plus importants, si ceux qui les ont découverts en avaient toujours fait des secrets. Loin de nous donc cet esprit d’intérêt ou d’orgueil, qui semble conspirer avec l’imbécillité naturelle de l’homme et la brièveté de sa vie, pour perpétuer son ignorance ; ce serait un crime que de priver ses semblables de la connaissance d’un art utile ; ce serait oublier toute la misère de leur condition, que de leur envier la connaissance d’un art d’agrément.
C’est en conséquence de ces principes, que je me suis fait un devoir de publier ce que j’ai pu recueillir sur la peinture en cire. Ce mémoire aura deux objets principaux ; l’histoire, et le secret. J’exposerai l’une sans partialité ; et l’autre sans indulgence et sans réserve. S’il se glisse quelques erreurs involontaires dans les faits historiques, sur lesquels il a fallu s’en rapporter à la bonne foi d’autrui ; en revanche, on peut compter que dans les procédés mécaniques, où il a toujours été possible de n’en croire que ses yeux, il n’y en aura guère d’autres que celles que nous relèverons.
II
M. Bachelier, le seul peintre habile en fleurs que nous ayons, fit en 1749 un tableau en cire. Le sujet en était tiré de la fable : c’était Flore et Zéphire. Il fut conduit à cette espèce de peinture par un de ces petits évènements, tels que le hasard, qui travaille sans cesse à l’avancement des arts, en produit tous les jours dans les ateliers.
Des enfants de la maison où il était pensionnaire, s’amusèrent à jouer avec des boules de cire, au défaut de volants. Une de ces boules tomba dans un godet où M. Bachelier tenait de l’essence de térébenthine pour son usage ; l’essence de térébenthine produisit son effet sur la cire ; la boule fut dissoute ; et tout le mérite de M. Bachelier fut alors de conjecturer, à l’aspect de cette dissolution fortuite, qu’on pourrait la substituer à l’huile qu’on emploie dans la peinture.
Il prit donc un grand gobelet ; il le remplit en partie d’essence de térébenthine ; il y fit dissoudre de la cire, sans observer aucune proportion entre la quantité de la cire et celle du dissolvant. La dissolution se fit à froid, dans l’espace de vingt-quatre heures ; elle avait la consistance d’une gelée fort claire.
Il délaya sur le porphyre des couleurs en poudre, avec sa cire dissoute ; il en forma sa palette ; et il se mit à peindre sur une toile imprimée à l’huile, et telle qu’on l’achète chez le marchand pour la peinture ordinaire.
Il comptait avoir fait une découverte, et il ne négligea rien pour la relever par la perfection de l’ouvrage. Cependant, sa peinture fut sèche ; il eut peine à se défaire de son tableau à un prix fort modique, et il renonça à une invention qui ne lui parut favorable, ni aux progrès de l’art, ni à l’intérêt de l’artiste.
Il y avait environ cinq ans que M. Bachelier, conduit par hasard à la peinture en cire, l’avait abandonnée, lorsque M. le comte de Cavlus présenta à l’Académie la tête de Minerve , que l’on a vue chez M. Vien et chez M me Geoffrin, et que l’on peut voir dans le cabinet de M. La Live de Jully. Le bruit momentané que ce phénomène excita retentit encore dans nos oreilles : « C’est, disaient les artistes et les amateurs, la plus belle chose du monde ; c’est l’ Encaustique des Anciens ; c’est M. le comte de Caylus qui l’a retrouvé. »
En effet, les tentatives de M. Bachelier étant demeurées dans un entier oubli, ce ne furent point des essais ignorés qui dirigèrent M. le comte de Gaylus ; ce fut au contraire la Minerve de M. le comte de Gaylus qui rappela M. Bachelier à ses premiers essais. Si la Minerve n’a été peinte qu’à la cire dissoute par l’esprit de térébenthine, comme il est vraisemblable, c’est, si l’on veut, assez peu de chose en soi ; ce n’est point du tout l’ Encaustique des Anciens ; mais c’est l’occasion des découvertes de M. Bachelier.
M. le comte de Gaylus fut engagé à la recherche de la peinture en cire des Anciens, par différents passages de Pline le naturaliste, où cet auteur en a fait mention, comme il a parlé de beaucoup d’autres choses, c’est-à-dire d’une manière incorrecte, obscure et laconique. Voici la plupart de ces passages. Il dit : « Nous ne connaissons point celui qui pensa le premier à peindre avec des cires, et à brûler sa peinture. Quelques-uns attribuent cette invention à Aristide ; ils ajoutent que Praxitèle la perfectionna. Mais les peintur

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