Ceci est mon sang - Trilogie Œuvre Divine T. 1
155 pages
Français

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Ceci est mon sang - Trilogie Œuvre Divine T. 1 , livre ebook

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Description

D écouvrez le destin de l’ange de beauté Valentina au travers des deux derniers millénaires. Abandonnée par les siens, elle recherchera sa raison de vivre dans le monde des hommes. Avec toutes les joies et toutes les peines d’une vie immortelle, elle se forgera la plus incroyable des destinées…

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 04 octobre 2013
Nombre de lectures 11
EAN13 9782312013916
Langue Français

Extrait

Ceci est mon sang

Eve Roilant
Ceci est mon sang
Trilogie Œuvre Divine T.1












LES ÉDITIONS DU NET 22 rue Édouard Nieuport 92150 Suresnes
Pardonnez ma connaissance tout comme je pardonne votre ignorance…































© Les Éditions du Net, 2013 ISBN : 978-2-312-01391-6
Prologue
Le silence régnait. Ma conscience demeurait faible, très faible. Où étais-je, depuis combien de temps reposais-je ici ? Des heures, des années, peut-être des siècles ? Le temps s’était endormi, je vivais encore, je survivais…

Un jour, ou une nuit, un bruit fracassant vint résonner à mes oreilles, probablement un éboulement de rochers. Cette cascade de pierre me permit d’entendre à nouveau la vie autour de moi. Enfin, les sons de cette douce forêt jaillirent. Un hululement de hibou me fit même tressaillir ! Je détestais toujours autant ces sinistres volatiles mais quel bonheur de les entendre à nouveau. Ils furent suivis d’une multitude de sons de toutes sortes, de petits cris aigus d’écureuils aux sauts souples de chevreuils, enfin j’entendis la vie d’une nature magnifiée. J’écoutais à nouveau ce monde bruyant que je pensais devenu muet pour l’éternité.

Diable ?! Une explosion familière vient d’éclater dans le ciel. Cela ressemble au claquement retentissant de cette fameuse poudre noire que se plaisait à me montrer mon ami Marco mais en plus puissant, beaucoup plus puissant. De nouveaux bruits accompagnent cette détonation, plus loin, en contrebas. Des voix discutent, s’invectivent et finissent par s’estomper. Elles reprennent légèrement, elles sont colériques et se rapprochent, oui, elles viennent vers moi. Ce sont deux timbres masculins qui s’amplifient. J’entends désormais le bruit de leurs pas, ils ne sont plus qu’à quelques mètres de moi.
Qu’est-ce qui arrive ?! Pourquoi se mettent-ils donc à crier ainsi ?! Cela résonne dans toute la grotte ! Est-ce le fait de me voir qui alerte ces pauvres âmes à ce point ? Je suis plutôt une belle femme et même si mon état laisse à désirer, la mort fait partie de la vie, enfin surtout celles des autres pour ma part.
Ah ! Un petit son d’émerveillement remplace maintenant leurs frayeurs, ils parlent de trésor magnifique. Bien, ils doivent mieux me voir, mon ego se rassure ! Leur discussion est en français, facilement reconnaissable par son origine latine bien que légèrement différent de celui que je pratiquais. Ils se rapprochent encore plus de moi, se questionnent, l’un motivant l’autre.
Hein ? Quelqu’un me touche ?! Je sens faiblement ses doigts, à peine la pression de ses phalanges sur mon corps. Il m’accroche la poitrine, il tire fort, encore, il réessaye…

– Enfin, je l’ai eu ! lance Jean-Michel en extirpant la flèche plantée dans ce corps froid recouvert d’une étonnante toge romaine blanche.
– Montre-moi ! Montre ! Elle est vraiment gigantesque, avec de l’or incrusté tout le long !!! Superbe !! dit Lionel en pointant la torche dessus.
– On fait quoi pour elle ? On retourne prévenir les flics du barrage ?
– Hors de question ! Pour leur rendre ce trésor ?! De toute façon, elle est morte depuis un moment, c’est une fille du coin qui a certainement voulu en finir !
– Avec une flèche dans le ventre et les bras en croix ?! Ca ne semble pas vraiment logique comme suicide. On dirait plutôt…
– Un sacrifice ? reprit Lionel en reprenant sa respiration.
– Et puis, elle repose sur un autel de marbre rose. Qu’est-ce que cela fait là ?
– Bon, on s’en fiche ! On a fait deux cents bornes pour venir ici et on nous a viré comme des voleurs, autant en être dans ce cas ! Et vu le monde qui traîne dans cette montagne, elle sera vite trouvée !!! conclut Lionel décidé à décamper au plus tôt.
Tournant leurs talons vers l’entrée de la grotte, ils sont surpris d’entendre un léger souffle à peine plus perceptible qu’une éphémère brise d’été.
– C’est quoi ce délire ? lâche doucement Lionel décontenancé.
– Elle… elle est encore vivante ? bégaye Jean-Michel comme souvent lors d’émotions trop vives.
Aussi prudemment qu’une souris devant le fromage d’un piège, nos voleurs de tombes se rapprochent en regardant le corps allongé sur l’autel. Une respiration lente, faiblement perceptible émane encore…
Par réflexe ou inconscience, Lionel se penche pour écouter plus attentivement ce discret souffle. Par réflexe toujours, mes crocs pénètrent dans cette gorge posée devant mes lèvres et boivent un flot de sang chaud, humide et terriblement vivifiant pour mon corps meurtri. J’aspire immédiatement tout son sang jusqu’à la moindre goutte charriée par son cœur.
Un flot d’images me traverse alors l’esprit, comme toujours lorsque je prends une vie humaine, je vois son amour complexé pour sa mère, l’argent qui fait son bonheur, sa relation ambigüe avec Jean-Michel. C’est un être médiocre tout comme son acolyte mais il satisfait mon appétit et constitue un excellent premier repas.
Enfin, je reprends le contrôle de mon corps depuis si longtemps inanimé. Doucement mais d’une main droite redevenue ferme, je repousse le cadavre de mon bienfaiteur et je m’approche de son compagnon tétanisé par l’effroi.
Je me transforme sensiblement, mon ardente chevelure blonde revient à la vie, les sillons de ma peau se referment délicatement et mon teint reprend sa couleur rose pâle dont l’éclat est si propre à notre espèce.
Pas après pas, je me rapproche de cet homme frêle au drôle d’accoutrement. Il entame une prière en me suppliant à genoux. Le fier est désormais terrifié. Je tente alors de retrouver mes mots en combinant leur discussion et ma langue d’autrefois.
– En quelle année sommes-nous mon ami ? dis-je en le regardant droit dans les yeux.
Fasciné autant qu’apeuré, il ne peut prononcer aucun mot mais marque de son doigt une année dans la poussière du sol.
– 2012 ??? Non, ce n’est pas possible ! Ce n’est pas vrai ! dis-je à voix haute.
Ma stupéfaction doit se traduire en colère à ses yeux car le brigand courbe l’échine jusqu’au sol.
– Mon Dieu ! Je suis ici depuis près de 600 ans ?! dis-je incrédule.
Les yeux dans le vide, encore bouleversée par cette révélation, je le maudis à tort en m’approchant de lui.
– Je vous en prie, c’est presque noël !!! reprend-il en pleurant.
– Et bien je vais t’offrir un merveilleux cadeau mon ami ! dis-je en souriant à pleines dents.
Ma réponse saugrenue vient accentuer son état de désespoir. Ce dernier me rappelle la réalité de notre espèce, notre survie dépend de notre discrétion, encore plus en temps inconnu. Ne jamais laisser de trace, jamais. Je m’approche de son cou, son temps est fini.
Quelques minutes passent, l’abondance de sang réveille progressivement ma mémoire et me permet de retrouver mon identité, mon passé, ma vie. Après tous ces siècles d’oubli, je m’approche de la lumière qui apparaît devant moi.
Je suis toujours dans cette petite caverne de montagne. Rien n’a changé. J’observe à nouveau cette grande dent de pierre plantée sur la plaine. Le soleil se lève, ses rayons me frappent au visage en m’irradiant de chaleur. De joie et de douleur, mes yeux n’en finissent plus de pleurer. Je suis éveillée, la fin des temps vient de commencer…
Saint Valentin
Je suis une sacrifiée ! Sacrifiée sur l’autel de Dieu, pour son amour et par amour. Il est difficile d’accepter que l’amour d’un saint homme pour son Dieu, pour les siens puisse entraîner la mort d’une jeune fille de dix-sept ans. Ce fut pourtant mon cas !

– Valentina ? Valentina ? Tu es prête ? me questionna ma mère toute émue à l’idée de le revoir sous peu.
– Pratiquement mère, pratiquement ! répondis-je sur un ton narquois.
Son amour pour lui était évident et bien qu’interdit, j’enviais profondément ma mère. Mon père était mort au combat contre les goths quelques mois avant ma naissance. Il appartenait à la légion romaine et défendait l’honneur de l’Imperator Caesar Caius Vibius Afinius Gallus Veldumnianus Volusianus Pius Felix Invictus Augustus , le bien-nommé Volusien. Bien que détestant cette nom

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