Henri IV (1re partie)
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Henri IV (1re partie) , livre ebook

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pubOne.info present you this new edition. Les commentateurs donnent a ces deux pieces le titre de comedies; et en effet, bien que le sujet appartienne a la tragedie, l'intention en est comique. Dans les tragedies de Shakspeare, le comique nait quelquefois spontanement de la situation des personnages introduits pour le service de l'action tragique: ici non-seulement une partie de l'action roule absolument sur des personnages de comedie; mais encore la plupart de ceux que leur rang, les interets dont ils s'occupent et les dangers auxquels ils s'exposent pourraient elever a la dignite de personnages tragiques, sont presentes sous l'aspect qui appartient a la comedie, par le cote faible ou bizarre de leur nature. L'impetuosite presque puerile du bouillant Hotspur, la brutale originalite de son bon sens, cette humeur d'un soldat contre tout ce qui veut retenir un instant ses pensees hors du cercle des interets auxquels il a devoue sa vie, donnent lieu a des scenes extremement piquantes. Le Gallois Glendower, glorieux, fanfaron, charlatan en meme temps que brave, qui tient tete a Hotspur tant que celui-ci le menace ou le contrarie, mais qui cede et se retire aussitot qu'une plaisanterie vient alarmer son amour-propre par la crainte du ridicule, est une conception vraiment comique

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 06 novembre 2010
Nombre de lectures 0
EAN13 9782819940425
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0100€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

HENRI IV
TRAGÉDIE
PREMIÈRE PARTIE.
NOTICE
SUR LA PREMIÈRE PARTIE
DE HENRI IV
Les commentateurs donnent à ces deux pièces le titrede comédies; et en effet, bien que le sujet appartienne à latragédie, l'intention en est comique. Dans les tragédies deShakspeare, le comique naît quelquefois spontanément de lasituation des personnages introduits pour le service de l'actiontragique: ici non-seulement une partie de l'action roule absolumentsur des personnages de comédie; mais encore la plupart de ceux queleur rang, les intérêts dont ils s'occupent et les dangers auxquelsils s'exposent pourraient élever à la dignité de personnagestragiques, sont présentés sous l'aspect qui appartient à lacomédie, par le côté faible ou bizarre de leur nature.L'impétuosité presque puérile du bouillant Hotspur, la brutaleoriginalité de son bon sens, cette humeur d'un soldat contre toutce qui veut retenir un instant ses pensées hors du cercle desintérêts auxquels il a dévoué sa vie, donnent lieu à des scènesextrêmement piquantes. Le Gallois Glendower, glorieux, fanfaron,charlatan en même temps que brave, qui tient tête à Hotspur tantque celui-ci le menace ou le contrarie, mais qui cède et se retireaussitôt qu'une plaisanterie vient alarmer son amour-propre par lacrainte du ridicule, est une conception vraiment comique. Il n'y apas jusqu'aux trois ou quatre paroles que prononce Douglas quin'aient aussi leur nuance de fanfaronnade. Aucun de ces troiscourages ne s'exprime de même; mais tout cède à celui de Hotspur,auquel la teinte comique qu'a reçue son caractère n'ôte rien del'intérêt qu'il inspire. On s'attache à lui comme à l'Alceste du Misanthrope , à un grand caractère victime d'une qualité quel'impétuosité de son humeur et la préoccupation de ses propresidées ont tourné en défaut. On voit le brave Hotspur acceptantl'entreprise qu'on lui propose avant de la connaître, certain dusuccès dès qu'il est frappé de l'idée de l'action; on le voitperdant successivement tous les appuis sur lesquels il avaitcompté, abandonné ou trahi par ceux qui l'ont entraîné dans ledanger, et comme poussé par une sorte de fatalité vers l'abîmequ'il n'aperçoit qu'au moment où il n'est plus temps de reculer, etoù il tombe en ne regrettant que sa gloire. C'est là sans doute unecatastrophe tragique, et le fond de la première pièce, qui a poursujet le premier pas de Henri V vers la gloire, en exigeait une dece genre; mais la peinture des égarements de la jeunesse du princen'en forme pas moins la partie la plus importante de l'ouvrage,dont le caractère principal est Falstaff.
Falstaff est l'un des personnages les plus célèbresde la comédie anglaise, et peut-être aucun théâtre n'en offre-t-ilun plus gai. Ce serait un spectacle assez triste que celui desemportements d'une jeunesse aussi désordonnée que celle de Henri V,dans des moeurs aussi rudes que celles de son temps, si, au milieude cette grossière débauche, des habitudes et des prétentions d'ungenre plus relevé ne venaient former un contraste et jouer un rôled'autant plus amusant qu'il est déplacé. Il eût été fort moral,sans doute, de faire porter, sur le prince qui s'avilit, leridicule de cette inconvenance; mais quand Shakspeare n'eût pas étéle poëte de la cour d'Angleterre, ni la vraisemblance ni l'art nelui permettaient de dégrader un personnage tel que Henri V; il asoin, au contraire, de lui conserver partout la hauteur de soncaractère et la supériorité de sa position; et Falstaff, destiné ànous amuser, n'est admis dans la pièce que pour le divertissementdu prince.
Fait pour être un homme de bonne compagnie, Falstaffn'a pas encore renoncé à toutes ses prétentions en ce genre: il n'apoint adopté la grossièreté des situations où le rabaissent sesvices; il leur a tout livré, excepté son amour-propre; il ne s'estpoint fait un mérite de sa crapule, il n'a point mis sa vanité dansles exploits d'un bandit: les manières et les qualités d'ungentilhomme, c'est encore à cela qu'il tiendrait s'il pouvait tenirà quelque chose; c'est à cela qu'il prétendrait s'il lui étaitpermis d'avoir, ou possible de soutenir une prétention. Du moinsveut-il se donner le plaisir de les affecter toutes, dût ce plaisirlui valoir un affront; sans y croire, sans espérer qu'on le croie,il faut à tout prix qu'il réjouisse ses oreilles de l'éloge de sabravoure, presque de ses vertus. C'est là une de ses faiblesses,comme le goût du vin d'Espagne est une tentation à laquelle il nelui est pas plus possible de résister, et la naïveté avec laquelleil cède, les embarras où elle le met, l'espèce d'imprudencehypocrite qui l'aide à s'en tirer, en l'ont un personnageextraordinairement plaisant. Les jeux de mots, bien que fréquentsdans cette pièce, y sont beaucoup moins nombreux que dans quelquesautres drames d'un genre plus sérieux, et ils y sont infinimentmieux placés. Le mélange de subtilité, que Shakspeare devait àl'esprit de son temps, n'empêche pas que dans cette pièce, ainsique dans celles où reparaît Falstaff, la gaieté ne soit peut-êtreplus franche et plus naturelle que dans aucun autre ouvrage duthéâtre anglais.
La première partie de Henri IV parut, selonMalone, en 1597. Chalmers et Drake croient qu'elle fut écrite en1596; mais leur opinion, à cet égard, ne s'appuie sur aucuntémoignage sérieux. Ce qu'il y a de bien positif, c'est que cettepièce fut écrite avant 1598, car Meres la cite dans cette mêmeannée parmi les oeuvres de Shakspeare.
PERSONNAGES
LE ROI HENRI IV.
HENRI, prince de Galles, } fils du
JEAN, prince de Lancastre, } roi.
LE COMTE DE WESTMORELAND, } partisans
SIR WALTER BLOUNT, } du roi.
THOMAS PERCY, comte de Worcester.
HENRI PERCY, comte de Northumberland.
HENRI PERCY, surnommé HOTSPUR, son fils.
EDMOND MORTIMER, comte de la Marche.
SCROOP, archevêque d'York.
ARCHIBALD, comte de Douglas.
OWEN GLENDOWER.
SIR RICHARD VERNON.
SIR JEAN FALSTAFF.
POINS.
GADSHILL.
PETO
BARDOLPHE.
LADY PERCY, femme de Hotspur, soeur de Mortimer.
LADY MORTIMER, fille de Glendower, et femme deMortimer.
QUICKLY, hôtesse d'une taverne à East-Cheap.
Lords, officiers, shérif, cabaretier, garçon dechambre, garçons de cabaret, deux voituriers, voyageurs, suite.
La scène est en Angleterre.
ACTE PREMIER
SCÈNE I
Un appartement dans le palais.
Entrent LE ROI HENRI, WESTMORELAND, SIRWALTER BLOUNT et d'autres .
LE ROI. — Ébranlés et épuisés par les soucis commenous le sommes, tâchons de trouver un moment où la paix effrayéepuisse reprendre haleine, et nous annoncer d'une voix entrecoupéeles nouvelles luttes que nous devons aller soutenir sur delointains rivages. . . Les abords 1 de cette terre altérée neverront plus ses lèvres teintes du sang de ses propres enfants. Laterre ne sillonnera plus son sein de tranchées, n'écrasera plus sesfleurs sous les pieds ferrés de coursiers ennemis. Ces yeux irritésqui naguère comme les météores d'un ciel orageux, tous d'une mêmenature, tous formés de la même substance, se venaient rencontrerdans le choc des partis livrés à la guerre intestine et dans lamêlée furieuse des massacres civils formeront maintenant des rangsunis et bien ordonnés, ils se dirigeront tous vers un même but, etne combattront plus leurs connaissances, leurs parents, leursalliés. Le tranchant de la guerre ne viendra plus comme un couteaumal rengainé couper son propre maître. Maintenant donc, mes amis,soldat du Christ, enrôlé sous sa croix sainte, pour laquelle nousnous sommes tous engagés à combattre, nous allons conduire jusqu'àson sépulcre une armée d'Anglais dont les bras furent formés dansle sein de leur mère pour aller poursuivre les païens sur lesplaines saintes que foulèrent ses pieds divins, cloués, il y aquatorze cents ans, pour notre avantage, sur le bois amer de lacroix. Mais ce projet existe depuis un an, et je n'ai pas besoin devous le dire: cela sera, donc ce n'est pas encore aujourd'hui quenous nous rassemblons pour le départ. Maintenant, Westmoreland, moncher cousin, rendez-moi compte de ce qui fut arrêté hier au soirdans notre conseil, pour hâter une expédition si chère.
Note 1:(retour) No more the thirsty entrance ofthis soil
Shall daub her lips with her own children'sblood.
Les commentateurs, à qui cette phrase a paru tropdifficile à expliquer, ont supposé quelque corruption dans le texteet ont substitué le mot Erinnys au mot entrance ,qu'on trouve dans les premières éditions. La correction ne paraîtpas heureuse. Shakspeare, dans ses pièces tirées de l'histoiremoderne, use rarement des images de l'ancienne mythologie, etcelle-ci ne serait nullement en rapport avec le genre de poésieemployé dans le reste du discours. Le mot entrance , aucontraire, par une de ces extensions si familières à Shakspeare, etsi naturelles dans une langue qui n'est point fixée, peut très-bienavoir été employé dans son sens naturel d' entrée , abords , avenue , et dans le sens de bouche ; ilest même probable que c'est cet avantage de présenter une doubleidée qui l'aura fait choisir au poëte. Les abords del'Angleterre en étaient naturellement la partie la plusensanglantée, soit par les invasions maritimes, soit par lesincursions des Écossais et des Gallois qui se mêlaient presquetoujours à ses troubles civils; et la bouche altérée de la terreteignant ses lèvres , etc. , est une métaphore suivie à lamanière de Shakspeare, dont la grammaire est beaucoup plus vagueque l'imagination. Les commentateurs ont presque toujours le tortde vouloir l'expliquer par la grammaire.
WESTMORELAND. — Mon souverain, on discutait avecardeur les moyens de l'exécuter promptement, et hier au soirseulement on avait arrêté plusieurs des dépenses qu'elle exige,lorsqu'à travers ces débats survint tout à coup un courrier deGalles, chargé de fâcheuses nouvelles. La pire de toutes c'est quele noble Mortimer, qui conduisait les gens du comte d'Herefordcontre les troupes irrégulières et sauvages de Glendower, est tombéentre les mains féroces de ce Gallois. Mille de ses soldats ont étémassacrés; et les Galloises ont exercé sur leurs cadavres de telleshorre

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