Le lion et l
81 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Le lion et l'homme

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
81 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Dans un village vivaient un homme, ses deux épouses et leurs filles. La fille de la première femme s'appelait Makalé et celle de la seconde Fatou. Les années passèrent. Puis vint un jour où le père de famille mourut, suivi peu de temps après, par la mère de Makalé. Restèrent alors la deuxième épouse et les deux filles. Cette femme couva littéralement sa fille d'une tendresse immense comme il n'est pas permis et voua à l'orpheline une haine terrible. Que deviendra la malheureuse Fatou ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2005
Nombre de lectures 437
EAN13 9782336269658
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

La Légende des Mondes
Collection dirigée par Isabelle Cadoré, Denis Rolland, Joëlle et Marcelle Chassin

Dernières parutions
Marig OHANIAN, Un rubis pour le roi. Contes et Merveilles d Arménie, 2005.
Adèle CABY-LIVANNAH, La case maléfique suivi de Samana et les panthères du Congo, 2005.
Nathalie BELIN-RIDWAN, Contes d ’ Indonésie , 2005.
DOUMBI-FAKOLY, Une veillée au village. Contes du Mali, 2004
Marie-José et Joseph TUBIANA, Contes Zaghawa du Tchad tomes I et II (nouvelle édition), 2004.
Alain GRINDA et François BARRE, Une semaine de contes dans le Mercantour, 2004.
Koumanthio Zeinab DIALLO, Daado l’orpheline, 2004.
Koumanthio Zeinab DIALLO, Le fils du roi de Guémé, 2004.
Bienvenu AGBOLAN-AFOUTOU, Ablavi la femme buffle et autres contes du Bénin, 2004.
Abdel Kader SAIDI, Le fils de la paysanne et autres contes d’Algérie, 2004.
Anne-Catherine HEINISCH, Léo le lion et autres contes du désert, 2004.
Daniel Mutuvi MUEMA, Quand les animaux parlaient dans la savane. Contes du Kenya, 2004.
Daniel Mutuvi MUEMA, L’homme qui portait un bébé dans son genoux et autres contes du Kenya, 2004.
Noël LECOUTOUR, La femme Djinn. Contes de l’ouest africain, 2003.
Bernard Germain LACOMBE, Paroles de nuages, 2003.
Claude BOURGUIGNON, Légendes de la Pampa, 2003.
Marina POTTIER-QUIRÓLGICO, Hugues Jean de DIANOUX, Contes et légendes des Philippines, t.1 : Mythes et légendes des Philippines, t.2: L’origine des Philippines, Mythes de la création, 2003.
Jean-Claude RENOUX, Le voyage d’Hakim, Contes pour les enfants d’aujourd’hui, 2003.
Le lion et l'homme

Jean-Marie Toure
Sommaire
La Légende des Mondes - Collection dirigée par Isabelle Cadoré, Denis Rolland, Joëlle et Marcelle Chassin Page de titre Page de Copyright Avant-propos Le lion et l’homme Le roi, le serpent, l’homme indiscret et la vieille femme ingrate Les deux sœurs Makalé et Fatou Fatou au teint clair Binta l’orpheline Le frère irremplaçable Le Cadet indésirable Les trois frères Le chef polygame et la femme à queue Un enfant terrible Bintou et Mariam La rançon de la confiance La force d’une amitié Le chasseur et le cordonnier La bien-aimée et la mal-aimée Les trois paroles Korinbö, l’homme courageux LÉGENDE DES MONDES / AFRIQUE À L’HARMATTAN
© L’Harmattan, 2005
5-7, rue de l’École-Polytechnique 75005 Paris-France L’Harmattan, Italia s.r.l, Via Degli Artisti 15 10124 Torino L’Harmattan Hongrie Kônyvesbolt Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest http://www.librairieharmattan.com harmattan1@wanadoo.fr
9782747586627
EAN : 9782747586627
Avant-propos
La Révolution Culturelle Socialiste avait institué, sous la Première République, l’enseignement des langues nationales, même dans les institutions d’Enseignement Supérieur. Cet enseignement avait essentiellement porté sur l’exhumation et la réhabilitation des sources de la littérature orale : les proverbes, les devinettes, les contes et légendes. Etant chargé du cours de Sosso dans les facultés de l’I.P.Gan, toutes options confondues, j’avais demandé à mes étudiants de recueillir des contes du terroir susceptibles d’enrichir, au fil des années, mon enseignement.
Ce sont ces contes que j’ai essayé de traduire en français, tout naturellement et que j’ai cru devoir mettre à la disposition d’un public plus large de lecteurs. Certains de ces étudiantes et étudiants se souviendront peut-être d’avoir contribué à constituer ce qui est devenu notre patrimoine culturel commun.
Il s’agit d’Awa Camille Camara, jean-Louis Bangoura, Edouard Binet Bangoura, Jean-Olivier Aboly, Mohamed Keita (Alberto), Papa Mambaye Faye, Jean-Luc Goillardon, Jean-Pierre Ety Sylla, Mahawa Traoré, Philippe Mady Bangouraa, Hayette Haouade, Goavogui Daniel, Justin Morel Junior, Marie-Jeanne Sembèno, Mohamed Sacko, Souaréba Souaré...etc. Aujourd’hui dispersés aux quatre coins de notre pays et même du monde, et feu Ansoumane Camara de Victoria.
Que ceux qui se sentent frustrés de n’avoir pas été cités me pardonnent. Les années passant, le souvenir de leur nom a fini par s’estomper de ma mémoire mais en me lisant, s’ils en ont l’opportunité, je le souhaite de tout cœur, ils verront si j’ai été ou non fidèle à l’esprit des textes qu’ils m’avaient remis dans le cadre de leur scolarité.
Mon vœu le plus ardent est que ce recueil de contes d’ici et d’ailleurs serve à les replonger dans le souvenir de ce qui fut certainement leur jeunesse studieuse et insouciante.
Puisse enfin la morale de chaque conte de ce recueil servir de guide à chacun de leurs enfants sur le difficile chemin de la vie.
Dr Jean-Marie Touré
Le lion et l’homme
Il était un lion d’une force exceptionnelle au point qu’aucun être n’osait se mesurer à lui.
- Mon fils, lui dit un jour sa mère, tu es fort. C’est indéniable, mais il est un être plus fort que toi, il est comme toi, à la différence qu’il a deux pieds, et tu ne peux rien contre lui.
- Mère, dit le lion, je jure au nom de ma force, je n’aurai la conscience tranquille que le jour où j’aurai prouvé à ce bipède que je suis le plus fort de tous.
- Reste tranquille, mon fils, lui redit sa mère, c’est un être qui vient à bout de tout. C’est lui qui a tué ton père. C’est Dieu qui m’a libérée de lui, autrement toi-même tu n’aurais pas eu la vie sauve.
Le lion se mit debout et dit :
- Le bipède a dû vaincre mon père par la traîtrise ou dans le meilleur des cas, il a pu mettre à profit sa vieillesse. Le drame, c’est que tu n’aies pas eu le courage d’aller à son secours et que tu aies préféré fuir. D’ailleurs mon père n’est pas mort, je vais me mettre à sa recherche, il doit être retenu en otage chez le bipède, il me faut le venger, il me faut me venger.
Ceci dit, le lion se mit à rugir au point de déraciner les arbres.
- Tu as vu l’effet de ma force ? dit-il à sa mère, je reviens. Je vais régler son compte au bipède.
Sur ce, il sortit en courant et ne put donc entendre les dernières paroles de sa mère.
Il marcha pendant plusieurs jours, sur son passage les autres animaux se cachaient.
Un jour, il rencontra un bœuf plus grand qu’un fromager qui broutait.
- C’est toi, lui demanda-t-il, le plus fort de tous les êtres et qui a deux pieds ?
- Non, répondit le bœuf, l’être aux deux pieds dont tu parles, le plus fort de toutes les créatures, est mon propriétaire. C’est de lui que moi aussi j’ai peur.
Ces propos commencèrent à semer le trouble dans le cœur du lion, mais pas pour longtemps, il s’arma de courage et dit au bœuf :
- Je cherche ton propriétaire. J’en ai entendu parler, je veux le voir, nous allons nous mesurer pour savoir qui de nous deux est le plus fort.
Ces paroles firent sursauter le bœuf au point qu’il se contenta de dire tout simplement :
- Vas-y, tu le trouveras chez lui.
Un autre jour, le lion rencontra l’éléphant qui courait dans la savane. Les traces de ses pattes sur le sol offraient le spectacle d’un champ labouré par un tracteur.
- C’est toi, lui demanda le lion, que l’on dit être la plus forte de toutes les créatures ?
- Non, répondit l’éléphant, celui dont j’ai peur c’est le bipède, c’est lui qui est en train de me pourchasser, il veut m’enlever ma trompe et mes défenses.
Après cet aveu, l’éléphant reprit sa course folle laissant le lion planté là. Quand celui-ci apprit tout ceci à propos du bipède, il prit peur, mais cela ne le démoralisa pas pour autant. Il continua sa route jusqu’au moment où il croisa le bipède, debout, se demandant comment tuer l’éléphant. Quand il l’observa, le lion le prit pour un être sans importance, parce que sur le plan de la carrure, il n’en imposait pas du tout.
- Je veux savoir, dit le lion, qui de nous deux est le plus fort.
- Voilà une bonne affaire, dit l’homme, mais attends-moi.
Il prit son fusil.
- Tu vois ceci, dit-il au lion.
Au moment où le lion allait regarder, l’homme fit feu, lui crevant les deux yeux. Le lion tomba. Mais avant que l’animal n’expire, l’homme se mit debout sur lui et lui dit : - Sous le rapport de la force physique, tu me dépasses de très loin, mais mon intelligence me permet d’avoir la suprématie sur toutes les autres créatures. Ton orgueil a fait que j’ai eu raison de toi aujourd’hui.

Depuis ce temps, les lions comme les autres animaux ont peur de l’homme.
Le roi, le serpent, l’homme indiscret et la vieille femme ingrate
Un Roi avait deux filles : Nsira et Maya. Leur baptême se fit en présence exclusive du roi et du serpent boa. Seuls donc le roi et le serpent connaissaient les noms des deux jeunes filles.
Quand elles eurent l’ âge de se mettre en ménage, le roi voulut les marier. Il fit battre la tabala pour rassembler ses sujets dans sa cour. Il fit savoir qu’il donnerait ses filles à celui qui dirait leurs noms. Ce jour-là, chacun chercha à les deviner, mais personne ne parvint à les trouver.
- Tu peux compter sur ma discrétion, lui dit Moussa.
- Eh bien, la première fille a pour nom Nsira, la seconde, Maya, dit le serpent.
Fort de cette révélation, Moussa se présenta à la Cour du roi.
- Silence ! dit-il, je voudrais parler.
Le garde du corps du roi lui rétorqua :
- Va-t’en d’ici, tu n’es pas homme à trouver les noms des deux princesses.
- Dans la vie, répliqua Moussa, il ne faut rien surestimer ou sous-estimer. La première fille s’appelle Nsira, la seconde Maya.
Ainsi revint à Moussa la main des deux princesses.
Trois jours après l’événement, le roi rendit visite à ses filles. Il en profita pour demander à Moussa le nom de celui qui lui avait vendu la mèche.
- C’est mon frère le serpent, lui dit Moussa.
De retour chez lui, le roi ordonna de faire tuer le serpent. Pris de peur, celui-ci alla se confier à une vieille femme.
- Cache-moi, lui demanda-t-il, ma tête est mise à prix.
La vieille femme mit le serpent sous son oreiller. Il lui dit:
- On risque de me voir ici, ce serait mieux que tu m’avales.
Ainsi fut fait. Quand revint le calme et que le danger sembla désormais écarté, la vieille femme dit au serpent :
- Sors maintenant de mon ventre.
- D’ accord, répondit le boa, mais à condition que tous les jours tu me nourrisses de grenouilles et de crapauds, autrement je te perforerai la vésicule biliaire et tu en mourras.
L’inquiétude s’empara de la vieille femme, obligée tous les jours de marcher le long de la rivière en quête de grenouilles et de crapauds. Elle avait d’ailleurs maigri et tout le village la détestait.
Un jour, une aigrette la trouva au bord de la rivière et lui dit :
- Mais grand-mère que cherches-tu ici ? Je t’y trouve tous les jours. C’est ici que nous venons aussi chercher notre pitance, de grâce épargne nos grenouilles et crapauds. Je vais essayer de t’aider, grand-mère, dit l’aigrette. Apporte tout simplement des grenouilles et des crapauds. Ainsi dit, ainsi fait.
L’aigrette dit alors au serpent :
- Tiens.
A cet appel, le serpent sortit la tête que l’aigrette tira jusqu’à terre. Mais au moment où l’aigrette allait s’envoler, la vieille femme lui saisit une patte disant qu’un devin lui avait demandé de sacrifier aux mânes des ancêtres un poulet blanc et qu’une aigrette pouvait avantageusement le remplacer...
L’oiseau ne dut sa liberté qu’à l’enfant de la vieille femme...
L’indiscrétion et l’ingratitude sont mauvaises conseillères.
Telle est la morale de ce conte.
Les deux sœurs
Deux filles étaient devenues très tôt orphelines. Elles avaient élu domicile dans une termitière.
Quand le jour se levait, l’aînée allait leur chercher à manger et ne revenait que le soir. Avant de sortir, elle demandait à sa sœur de fermer hermétiquement la porte et pour mieux assurer sa sécurité, elle lui apprit une chanson. Et la consigne était qu’elle n’ouvrirait la porte le soir qu’après l’avoir entendue.
Les deux sœurs vivaient malheureusement en pleine brousse, loin de toute habitation. Les animaux étaient tout naturellement leurs voisins immédiats.
Un jour, un loup, ayant réussi à percer le secret du mot de passe des deux sœurs, vint en l’absence de la sœur aînée et se mit à chanter devant la termitière. La voix nasillarde de l’animal emmena la sœur cadette sur le seuil de la porte qu’elle n’ouvrit pas.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents