Légendes de Normandie
197 pages
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Légendes de Normandie , livre ebook

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Description

Publiées pour la première fois en 1902 et constamment rééditées depuis lors, ces Légendes normandes sont l’occasion de découvrir l’univers merveilleux ou fantastique du conte traditionnel normand auquel vient se mêler le légendaire de l’histoire de la Normandie et de quelques-uns des personnages haut en couleur qui l’ont marquée.


Une approche agréable, instructive, divertissante et surprenante pour découvrir la Normandie et son passé sous la plume d’un des écrivains régionalistes normands de la première moitié du XXe siècle.

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782824055497
Langue Français
Poids de l'ouvrage 22 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,006€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

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LOUISBASCAN
AN E I D N A M R O N E D S E D N E G É LÉGENDES DE NORMANDIE VL116-B
É D I T I O N S D E S R É G I O N A L I S M E S
L’histoire a sa vérité, la légende a la sienne. La vérité légendaire est d’une autre nature que la vérité historique. La vérité légendaire, c’est l’invention ayant pour résultat la réalité. Du reste, l’histoire et la légende ont le même but, peindre, sous l’homme m o m e n t a n é , l ’ h o m m e é t e r n e l » . VICTOR HUGO.
Tous droits de traduction de reproduction et d’adaptation réservés pour tous les pays. Conception, mise en page et maquette : © Eric Chaplain Pour la présente édition : © EDR/EDITIONS DES RÉGIONALISMES ™ — 2011/2014/2020 EDR sarl : 48B, rue de Gâte-Grenier — 17160 CRESSÉ ISBN 978.2.8240.0377.1 Malgré le soin apporté à la correction de nos ouvrages, il peut arriver que nous laissions passer coquilles ou fautes — l’informatique, outil merveilleux, a parfois des ruses diaboliques... N’hésitez pas à nous en faire part : cela nous permettra d’améliorer les textes publiés lors de prochaines rééditions.
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LOUIS BASCAN
LÉGENDES DE NORMANDIE ILLUSTRATIONS DE GEORGES LEFÈVRE
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BIBLIOGRAPHIE
BARETTE (ABBÉ).Histoire de Balleroy et de soncanton; 1 vol. in-12, Condé-sur-Noireau, Auger, 1833. BERT (JEAN DE).Chronique des guerres des Anglais en Normandie (manuscrit), in-f°, 1360. BEZIERS (M.).Histoire sommaire de la ville de Bayeux ;1 vol. in-12, Caen, Manoury, 1773. BOSQUET (AMÉLIE).La Normandie romanesque et merveilleuse; 1 vol. in-8°, Paris, Techener, 1815. BOUGEAULT.;Histoire des littératures étrangères 3 vol. in-8°, t. er ie I , Paris, Plon et C , 1876. Cabinet des Fées (Le); 36 vol. in-8°, 1786. CAUMONT (DE).Statistique monumentale du Calvados; 3 vol. in 8°, Paris, Derache, et Caen, Harder, 1846. Chroniques et excellents Faits des Ducs de Normandie; in-4°gothique, Paris, 1535. Chroniques anglo-normandes,publiées pour la première fois par F. Michel ; 3 vol. in-8°, Rouen, E. Frère, 1833. Collin DE PLANCY.;Légendes de l’histoire de France 1 vol. in-8°, Paris, Renier frères. DE LA RUE (ABBÉ).Essais historiques sur la ville de Caen et son arrondissement ;2 vol. in-8°, Caen, Poisson, 1820. DEPPING.;Histoire des expéditions maritimes des Normands 2 vol. in-8°, Paris, Ponthieu, 1826. Histoire de la Normandie sous le règne de Guillaume le Conqué-rant depuis la conquête de l’Angleterre ;2 vol. in-8°, Rouen, E. Frère, 1933. DUBOIS (L.).;Archives annuelles de la Normandie 2 vol. in-8°, Caen, Mancel, 1824-26. DU MÉRILS (E.).;De la Légende de Robert le Diable 1 vol. in-8°, Paris, Brière, 1851. DUMESNIL (M.).Chroniques neustriennes ;1 vol. in-8°, Paris, Renard, 1825. Du MOULIN (G.).Histoire générale de Normandie ;1vol. in-8°, Rouen, Osmont, 1631. FERE (O.).Légendes et Traditions de la Normandie; 4 vol. in-8°, Rouen, Haulard, 1845. FLEURY (JEAN).Traditions populaires des environs de Cherbourg
(dans l’Annuairedes arrondissements de Cherbourg et de Valognes); 2 vol. in-12, 1841, 1842. Littérature orale de la Basse-Normandie (Hague et Val-de-Saire) ; ie 1 vol. in-12 elzévir, Paris, Maisonneuve et C , 1883. FLOQUET (A.).Anecdotes normandes ;1 vol. in-8°, Rouen, E. Le Grand, 1838. GOURDON DE GENOUILLAC.Histoire de l’abbaye de Fécamp et de o ses abbés ;1 vol. in-8 , Paris, Dentu, 1872. Histoire de la ville de Rouen ;2 vol. in-4°, Rouen, L. du Souillet, 1731. LABUTTE (A.).Essai historique sur HonLeur et l’arrondissement de Pont-l’Évêque ;1 vol. in-8°, HonLeur, Dupray, 1840. LA FILLASTRE (P.).Superstitions du canton de Briquebec(dans l’Annuairede la Manche) ;1 vol. in-12, 1832. LANGEAIN (ABBÉ).Recherches historiquessurFalaise ;1 vol. in-12, Falaise, Brée, 1814. LAVALLEV (G.).Légendes normandes (Barbare, Michel Cabieu, le Maître de l’œuvre. l’Hôtel Fortuné) ;1 vol. in-12, Paris, Hachette ie et C , 1867. Un Chanoine enlevé par le diable ;1 vol. in-1°, richement illustré, Paris, Ch. Mendel. LECŒUR (J.).;Esquisses du Bocage normand 2 vol. in-8°, Condé-sur-Noireau, Morel, 1883. LE REMUER (E.).;Littérature populaire de Normandie 1 vol. in-8°, Avranches, H. Gibert, 1884. LICQUET (Tu.).Histoire de Normandie jusqu’à la conquête de l’Angleterre ;2 vol. in-8°, Rouen, E. Frère, 1833. MANCEL (G.) et WOINEZ (C.).;Histoire de la ville de Caen 1 vol. in-8°, Caen,Clérisse, 1836. Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie ;in-8°, Caen, Hardel, Le Blanc-Hardel, Delesques, 1837-95. Histoire de Falaise ;1 vol. in-12, Falaise, Montauzé, 1889. MORLENT (J.).Le Havre ancien et moderne et ses environs ;2 vol. e in-12, le Havre, J. Morlent, 1823 ; 2 édition en 1841. NOËL (S.-B.-J.).;Essais sur le département de la Seine-Inférieure 2 vol. in-8°, Rouen, 1795. Normandie illustrée (La); 2 vol. in-8°, Nantes, Charpentier père, ie Ils et C, 1852. Normandie monumentale et pittoresque (La); 10 vol. in-f°, le ie Havre, Lemale et C , 1895.
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PASSY (A.).;Description géologique de la Seine-Inférieure 1 vol. in-4° avec atlas, Rouen, Periaux, 1832. PLUQUET (F.).;Contes populaires de Bayeux 1 vol. in-8°, Caen, Chalopin Ils, 1825. Essaihistorique sur la ville de Bayeux etsonarrondissement; 1 vol. in-8°, Caen, T. Chalopin, 1829. SAUVAGE (H.).Chroniques de Mortain ;1 vol. in-8°, Mortain, Lebel, 1850. Recherches historiques sur l’arrondissement de Mortain ;I vol. in-8°, Mortain, Lebel, 1851. Légendes recueillies dans l’arrondissement de Mortain ;1 vol. in-8°, Mortain, Lebel, 1858. SÉBILLOT (P.)Contes des provinces de France; 4 vol. in-12, Paris, Léopold Cerf, 1881. THIERRY (A.).Histoire de la conquête de l’Angleterre par les ie Normands; 4 vol. in-4°, Paris, Furne, Jouvet et C , 1867. TREBUTIEN (O.-S.).Caen,son histoire, ses monuments, son com-merce et ses environs ;1 vol. in-12, Caen, Le Blanc-Hardel. VAUGEOIS (G.).;Antiquités de la ville de l’Aigle et de ses environs 1 vol. in-8°, l’Aigle, Brédif, 1811. Version, orales recueillies dans les départements du Calvados, de la Manche et de la Seine-Inférieure, par les élèves-maîtres de l’école normale de Caen et plusieurs instituteurs, de 1896 à 1901. VIGNEUL-MARVILLE (de).Mélanges d’histoire et de littérature ;3 vol. in-12, Rouen, 1699-1701. VITAL (ORDERIC).Histoire de Normandie,publiée pour la première fois en français par F. Guizot ; 4 vol. in-8°, Caen, Mancel, 1826. WACE (R.).Le Roman de Rou et des Ducs de Normandie,publié pour la première fois en français par F. Pluquet ; 2 vol. in-8°, Rouen, E. Frère, 1827.
SAINT MICHEL ET SATAN
aint Michel et Satan étaient voisins. Un soir d’hiver qu’ils passaient ensemble la veillée, une discussion s éleva entre S eux : Satan prétendait que sa puissance était infinie, saint Michel soutenait que Dieu seul est tout-puissant. « Eh bien ! dit le diable, appelle Dieu à ton aide ; bâtis un château, je vais en construire un autre, et nous verrons lequel des deux sera le plus beau ». Saint Michel accepta le défi. Aussitôt le diable envoya une légion de diablotins chercher de gros blocs de granit dans tous les coins du monde. Les premiers qui furent de retour se mirent à l’œuvre sans tar-der ; ils commencèrent un château colossal sur un Plot battu des vagues et recouvert par les tempêtes. D’autres diablotins apportèrent tant de blocs qu’une montagne de granit se dressa au-dessus des flots. Satan était ravi. Saint Michel fit beaucoup moins de frais ; avec des cristaux de glace, il construisit sur la grève des murailles transparentes, des tours hardies couronnées de clochetons aux gracieuses colonnettes. Ce palais étincelant de lumière, reflétant au loin ses mille feux diamantés, éclipsa le sombre entassement de granit. Malgré son orgueil, Satan dut s’avouer vaincu. Grande fut son humiliation. Le désespoir le rendit jaloux, les tortures de l’envie l’empê-chèrent de dormir. Enfin, n’y tenant plus, il demanda au saint s’il voulait échanger sa demeure contre la sienne ; saint Michel y consentit. Lorsque vint l’été, le soleil brillant fit fondre le château de glace du diable ; celui du saint subsiste encore aujourd’hui : c’est le Mont-Saint-Michel. ***
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Satan fut donc obligé de vivre dans une humble chaumière, sur la côte ; mais il possédait des champs fertiles, des prairies bien arrosées, des coteaux plantés de grands arbres et des vallées verdoyantes. Le saint, lui, ne régnait que sur des sables mouvants ; sans ses prières, il serait mort de faim plus d’une fois. Après plusieurs années de jeûne, saint Michel se lassa d’un pareil régime. Il alla trouver le diable et lui dit :
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« Je viens te proposer une affaire ; cède-moi toutes tes terres, je les cultiverai de mon mieux, et nous partagerons la récolte. Est-ce dit ? » Le diable, qui était paresseux, accepta. Saint Michel reprit : « Comme je ne veux pas que tu aies à te plaindre de moi, choisis toi-même ce que tu préfères : la récolte qui sera sur terre, ou celle qui sera dessous ? » Satan s’écria : « Je prends celle qui sera sur terre. — Entendu », dit le saint. Six mois après, dans l’immense domaine du diable, on ne voyait que navets, carottes et oignons. Satan n’eut rien, se plaignit vivement et voulut rompre le contrat. Mais saint Michel avait pris goût à la culture. « Pour te dédommager, dit-il à sa dupe, je t’offre, cette année ; toutcequi sera sous terre. — Convenu », répondit l’autre avec joie. Au printemps suivant, toute l’étendue des terres était cou-verte de blés, d’avoines, d’orges et de colzas superbes. Satan n’eut rien encore et se fâcha tout rouge. Comme il s’apprê-tait à frapper saint Michel, celui-ci lui envoya dans les reins un formidable coup de pied, qui le lança comme une balle à travers l’espace... Il vint s’abattre sur les rochers de Mortain, où les cornes de son front et les griffes de ses pieds laissèrent des traces ineffaçables. Il se releva meurtri, boiteux, estropié pour le restant de ses jours. Regardant au loin le mont fatal, il comprit qu’il avait affaire à plus fort que lui ; aussi se mit-il en route pour des pays étrangers, abandonnant à son ennemi ses champs, ses prés, ses coteaux et ses vallons.
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LE TONNELIER AVARE
l y avait une fois, dans un village des environs de Lisieux, un tonnelier avare, d’une avarice sordide. Il était cependant I un des plus riches de l’endroit. Cela ne l’empêchait pas de se nourrir et de s’habiller comme un pauvre, de travailler comme un esclave, de se plaindre continuellement. À l’entendre, le commerce allait mal, le bois renchérissait, les clients n’étaient plus ce qu’ils étaient autrefois ; personne, non, personne n’était plus malheureux que lui. En vérité, il ne pensait qu’à son argent. Ses chers écus lui tenaient lieu de femme, d’enfants, de parents et d’amis ; ils détournaient ses regards des souffrances des autres ; ils étouf-faient en lui tout sentiment de pitié ; en un mot, ils rendaient son coeur dur et froid comme une pierre. Un jour qu’il travaillait dans son atelier, il entend frapper à sa porte. Il ouvre. Un vieillard infirme, couvert de haillons, l’air exténué de fatigue, lui demande un verre d’eau. « Va boire à la fontaine qui est au bout du chemin ! réplique brutalement le tonnelier. — La fontaine est bien loin pour mes faibles jambes, reprend le vieillard. Je vous en supplie, donnez-moi un verre d’eau ; je suis si fatigué ! — Crois-tu donc, répond le tonnelier, que je vais me dé-ranger pour un va-nu-pieds comme toi ? Je n’ai pas de temps à perdre. Sors, va-t’en ! » À ces mots, le mendiant se redresse, majestueux et sé-vère : « Tu es connu dans tout le pays pour ton avarice ; je pourrais te punir de ta dureté ; je te commande seulement de remplir ce tonneau que tu viens de faire ». Cela dit, le vieillard s’éloigne. Ces paroles, ce ton d’autorité, stupéfièrent l’avare ; un moment
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