Moriba Yassa le paresseux
65 pages
Français

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Description

Sébouroussé a peur de tout ; Samou deviendra un chef plein de sagesse ; Karitio désobéit à son père ; Jéliba le griot sauvera des vies ; Niélé, une jeune fille étrange, épousera un roi... Quelques contes mêlant sagesse, humour, avertissement, qui vous emmèneront à la découverte d'un pays aux traditions ancestrales, le Mali.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juin 2008
Nombre de lectures 76
EAN13 9782336268231
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

La Légende Des Mondes
Collection dirigée par Isabelle Cadoré, Denis Rolland, Joëlle et Marcelle Chassin
Dernières parutions
Chérif SECK, Sur la route de Diana-Ba. Contes du Sénégal en pays Mandé et Fouladou, 2008.
Raouf MAMA, Zinsa et Zinhoué, les sœurs jumelle. Contes fon du Bénin, 2008.
Codruta TOPALA, Fils des larmes. Contes roumains, 2008.
Christian Elo GABA, Le tam-tam des animaux , 2008.
Colette DUMAS, Salomé , 2008.
Raouf MAMA, Comment Caméléon devint source de sagesse. Contes fon du Bénin , 2008.
Youssef ALLIOUI, La sagesse des oiseaux, contes kabyles, texte bilingue berbère-français , 2008.
France VERRIER, Le destin (bilingue français-serbe), 2008.
Christine Gnimagnon ADJAHI, Le forgeron musicien. Contes fon du Bénin , 2008.
Marie-Line BALZAMONT, Contes médiévaux du quartier Mouffetard, 2007.
Renaud LAVANDIER, Le Rire du Tibet, histoires grivoises et facétieuses d’Aku Tonpa, 2007.
Sonia KOSKAS, Chlimou, qui parlait aux oiseaux. Contes juifs de la Méditerranée, 2007.
Elisabeth MWANTSI et Jacques-Noël GOUAT, La jeune fille sous les roseaux , 2007.
Oumar DIALLO, Le destin de Leldo Tara, Prince peuhl du Fouta Damga, Sénégal , 2007.
Youssef ALLIOUI, L’ogresse et l’abeille, contes kabyles, texte bilingue berbère-français , 2007.
Térèz LEOTIN, Doigts d’or, bilingue créole-français , 2007.
André VOISIN, Contes et légendes des nomades du Sahara, 2007.
DO-LAM Chi-lan, Contes du Viêt-Nam, enfance et tradition orale , 2007.
Moriba Yassa le paresseux

N'Tji Idriss Mariko
© L’Harmattan, 2008 5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1 @wanadoo.fr
9782296058996
EAN : 9782296058996
Sommaire
La Légende Des Mondes - Collection dirigée par Isabelle Cadoré, Denis Rolland, Joëlle et Marcelle Chassin Page de titre Page de Copyright AVANT-PROPOS SÉBOUROUSSÉ LES ANCIENS LA PETITE FILLE DÉSOBÉISSANTE LA RUSE DE JELIBA LE VOLEUR DEMASQUE LES COÉPOUSES L’HÉRITAGE LE REMORDS LA PROMESSE MORIBA YASSA LE PARESSEUX
AVANT-PROPOS
La menace de disparition qui pèse sur les œuvres de l’oralité est plus que jamais réelle dans un monde envahi par l’écriture.
Il est donc urgent de prendre des mesures pour sauver ce qui peut l’être encore du patrimoine oral africain.

C’est pourquoi, en écho à l’alerte lancée il y a plusieurs décennies par le sage Amadou Hampâté Ba, nous nous sommes employés, en collaboration avec nos étudiants, à collecter et traduire en français des contes et récits du Mali.

Nous connaissons les limites d’une telle entreprise qui ne rend qu’imparfaitement l’esprit et la lettre de ces récits parce qu’il leur manque la chaleur de la parole et l’ornement du geste.
SÉBOUROUSSÉ
Celui qui lève son bras droit pour dire qu’il n’a besoin de personne, doit lever l’autre bras gauche pour dire que personne n’a besoin de lui.

Il était une fois un roi et sa fille nommée Sébouroussé.
Sébouroussé était choyée par son père qui ne lui refusait rien, lui donnait tout ce qu’elle réclamait, tout ce dont elle avait besoin. Au moindre petit cri, à la moindre petite lamentation, le roi s’affairait autour de sa fille, prêt à satisfaire ses moindres petits désirs, ses moindres petits caprices. Jamais enfance n’avait été aussi gaie, aussi rassurée que celle de Sébouroussé. Pour elle le roi avait fait construire une très belle maison à étage.

Elle y vivait avec la vieille Baya que son père avait engagée uniquement pour lui tenir compagnie et la servir. Pour les travaux ménagers, la vieille Baya était sur pied tous les jours, matin et soir. Naturellement, Sébouroussé ne touchait à rien. Elle ne rendait visite à personne et ne recevait aucune visite.
La vieille veillait à ce que rien ne lui manquât. Sébouroussé ne semblait pas souffrir de son isolement. Elle n’avait jamais vu personne.
Les animaux, qu’ils fussent domestiques ou sauvages, lui étaient inconnus. Sébouroussé grandit ainsi dans l’aisance, dans l’insouciance et dans l’isolement total jusqu’à sa majorité.
Un jour, Baya demanda audience au roi et lui dit :
- Majesté, votre fille a grandi. Elle a atteint la majorité et est en âge de se marier. Du reste, des prétendants commencent à se manifester. Il est temps que vous leur prêtiez attention.

Parmi les nombreux candidats, le roi accorda sa préférence à un notable du village le plus proche. Ce choix obéissait au désir de ne pas voir sa fille s’éloigner de lui. Le jour du mariage arriva et il fallut conduire la mariée chez son époux. Ce fut un mariage mémorable. Les délégations vinrent des quatre coins du royaume, chargées de cadeaux. On dansa et on chanta.

Tout le monde était à la fête, excepté Sébouroussé dont le visage reflétait l’inquiétude. Jamais de sa vie elle n’avait vu autant de monde et l’idée de quitter son palais pour aller vers l’inconnu ne la rassurait guère.
De quoi serait faite sa vie de femme mariée ? Au prix de quels sacrifices faudra-t-il s’insérer dans ce monde différent de celui où elle avait jusqu’à présent vécu ? Autant de questions qui hantaient la nouvelle mariée et auxquelles elle n’avait pas un début de réponse.
Lorsque la foule s’approcha d’elle, Sébouroussé se mit à pleurer et s’agrippa à Baya en chantant :

- Il va me mordre, Baya. A quoi la vieille répondit : - Il ne te mordra pas Sébouroussé Il ne te mordra pas Sébouroussé Le cortège nuptial ne mord personne Sébouroussé, tais-toi ! - Alors Baya prends-moi sur tes genoux.
Baya la prit sur ses genoux, la consola et Sébouroussé se tut. On fit venir le cheval qui devait lui servir de monture pour faire le chemin. Sébouroussé eut peur de l’animal. Elle s’agrippa à Baya en pleurant :

- Il va me mordre, Baya. - Il ne te mordra pas Sébouroussé Il ne te mordra pas Sébouroussé Le cheval nuptial ne mord personne Sébouroussé tais-toi ! - Alors Baya prends-moi sur tes genoux.
Baya la prit sur ses genoux, la consola et elle se tut. Après plusieurs heures de marche ponctuée de scènes du même genre, le cortège arriva enfin à destination. Sébouroussé fut installée dans sa nouvelle demeure. Trois jours après, les parents et amis de la famille royale se retirèrent et rejoignirent leurs villages respectifs, laissant derrière eux Sébouroussé.

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