Des cinq qui partirent à la chasse, seuls quatre revinrent et sonnèrent l’alarme: au cœur de la forêt, Zieng s’était volatilisé. Les battues restèrent vaines, l’homme pieux était introuvable. Lorsque son neveu Mouss qui l’accompagnait au moment des faits exhibe et dispense crânement une soudaine fortune, nul ne s’interroge encore sur sa provenance. Il faudra attendre que le cadavre du disparu, charrié par les eaux, remonte à la surface pour que les autorités policières décident de s’intéresser à lui et de l’arrêter, lui ses acolytes. Dans la salle de tribunal, face aux juges et au peuple réuni, le jeune homme acculé se lancera alors dans une macabre confession qui modifiera à jamais le visage de la communauté… En son sein, Juset. Un style florissant pour un récit âpre et sanguinaire, une écriture généreuse et imagée pour dire l’atroce et le barbare… "Cuvée de sang" embrasse totalement ces contrastes et paradoxes saisissants. Cyniques et acerbes, ils déstabilisent littéralement un lecteur qui découvre, derrière ce roman vénéneux et oppressant, une critique des fléaux qui ravagent le continent africain et ses habitants.