Deux orphelines
111 pages
Français

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Deux orphelines , livre ebook

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Description

Extrait: "Il y a quelques années, le long des larges rues sinueuses et des raides sentiers en lignes droites qui se croisent dans le village d'Overton-Brow, on entendait tous les soirs le tintement d'une petite clochette bien connue des habitants. Elle annonçait que la petite vendeuse de gâteaux faisait sa ronde quotidienne."

À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN :

Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants :

• Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin.
• Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 27
EAN13 9782335102352
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0008€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

EAN : 9782335102352

 
©Ligaran 2015

Préface
On pourra reconnaître ici quelques fragments d’une petite nouvelle anglaise «  The muffin Girl  » qui a paru sans nom d’auteur, à Londres, mais qui fait partie d’une collection publiée, croyons-nous, sous les auspices du regretté Père Faber et des Oratoriens d’Angleterre.
Certains procédés trop à la mode chez nos voisins d’outre-Manche me dispensaient pleinement, à ce qu’on m’a dit, de faire à mes lecteurs cette confidence d’une inspiration étrangère dont un bien petit nombre d’entre eux aurait eu l’occasion de s’apercevoir. N’a-t-on pas vu la littérature anglaise s’approprier, sans le moindre scrupule, nos romans ou nos pièces de théâtre, après s’être donné tout simplement la peine de les traduire, d’en défigurer les noms propres et d’en changer les titres ? Mais c’est là, il faut le reconnaître, une pratique peu faite pour rehausser l’honneur de la république des lettres, et dès lors qu’on la réprouve, on perd le droit de l’imiter, même de loin.
J’aime mieux remercier ingénument l’auteur inconnu de «  The muffin Girl  », et lui demander pardon d’avoir osé refondre son œuvre en la transportant dans notre langue, et essayer de faire un tableau d’une esquisse qui, en elle-même, était un chef-d’œuvre.
Du reste, n’exagérons rien. Si mes emprunts à l’opuscule anglais sont assez importants pour faire à ma loyauté un devoir de les mentionner, il s’en faut qu’ils le soient assez pour ôter à mon travail son caractère propre et son originalité. Je pourrais citer des situations culminantes, des personnages principaux, pivots du présent drame, qui ne sont même pas indiqués dans le récit anglais. Tels sont, par exemple, le personnage d’Olivier Waspson-Cleave et tout ce qui s’y rattache directement ou indirectement ; tels encore le protestantisme du landlord de Cleave-Hall et de sa famille, que le récit anglais suppose catholiques. En un mot, on compterait dans «  Deux orphelines  » jusqu’à cent ou cent vingt pages de suite dont pas une ligne ne se trouve dans «  The muffin Girl  ».
J’ai entremêlé dans le drame, tout en évitant de le surcharger et de l’alourdir, une série de courtes études des mœurs britanniques, en parallèle avec nos habitudes, nos goûts et notre caractère français. Le travail d’esprit de M. Réginald Cleave, relativement aux questions religieuses, et les raisonnements du Père Joseph sur le même sujet, me paraissent aussi répondre avec assez d’exactitude, si je ne me flatte, aux préoccupations providentielles de l’Angleterre contemporaine et à l’étonnante révolution morale annoncée par le génie prophétique, de Joseph de Maistre, il y a cinquante ans, alors qu’elle semblait impossible ; révolution que tant d’âmes pieuses sur le continent aident de leurs prières et que le monde entier, chrétiens et incrédules, surveille avec une attention pleine d’angoisses et d’espérances.
C’est par les excursions épisodiques de ce genre que je me suis efforcé d’instruire, sans rompre toutefois l’unité ni l’intérêt du récit. Plaire et amuser sont un résultat désirable, mais digne de peu d’efforts, à mon avis, quand il est seul, et la théorie de « l’art pour l’art », aussi bien que l’axiome latin : «  Scribitur ad narrandum, non ad probandum  », en dehors des ouvrages d’histoire, me semblent tout à fait au-dessous d’une plume sérieuse et chrétienne. Je l’ai dit ailleurs : Je me sens profondément incapable, non seulement d’écrire pour laisser au lecteur des impressions malsaines, mais de n’en pas rechercher de profitables et de salutaires, et de me contenter d’une passagère et stérile émotion.
CHAPITRE PREMIER La petite clochette
Il y a quelques années, le long des larges rues sinueuses et des raides sentiers en lignes droites qui se croisent dans le village d’Overton-Brow, on entendait tous les soirs le tintement d’une petite clochette bien connue des habitants. Elle annonçait que la petite vendeuse de gâteaux faisait sa ronde quotidienne.
Overton-Brow est un spacieux faubourg, ou plutôt village de plaisance, adossé aux flancs d’une colline, au-dessus d’un vaste port appelé Marston, non loin de l’embouchure de la Tamise. Le rapprochement de ces deux centres de population fait ressortir entre eux un contraste auquel le voyageur étranger à l’Angleterre a toujours de la peine à s’habituer. Autant les habitations du premier s’étalent coquettes et somptueuses, autant celles du second, à l’exception de quelques hauts bâtiments publics en bordure des quais, sont serrées, noires et étroites.
Le travail n’est point rare à Marston, et les ouvriers qui y accourent en foule sont presque toujours sûrs d’y trouver de l’ouvrage. Le commerce s’accroît tous les jours : les manufactures s’ajoutent aux manufactures, et malheureusement aussi les tavernes aux tavernes ; mais l’ouvrier, comme partout, est imprévoyant, et si la richesse publique ne cesse de s’accroître, c’est en s’accumulant dans un petit nombre de mains privilégiées, où s’entassent des fortunes prodigieuses. À côté de cette haute et puissante aristocratie de la houille et du coton, la foule croupit ou même s’enfonce plus avant dans la misère, bien loin de remonter vers l’aisance.
Le nombre des pauvres à Marston est depuis longtemps en disproportion complète avec celui des logements qui leur sont destinés. Chaque nouveau dock ajouté aux anciens, chaque magasin agrandi par son opulent propriétaire, chaque restauration de quais ou élargissement de débarcadères a été un empiétement sur le quartier des pauvres. Celui-ci ne pouvait reculer à son tour sur les hauteurs d’Overton-Brow, dont aucun des gracieux jardins ou des élégants pavillons n’aurait consenti à disparaître ou à se rétrécir. Il ne le pouvait pas davantage sur les falaises qui couronnent le rivage. Là, il est vrai, les terrains à bâtir ne manqueraient point ; mais ils se vendent par grands lots, à des prix élevés, et, parmi les spéculateurs qui les couvrent de villas pour les visiteurs d’été, aucun ne s’est avisé, jusqu’ici, d’y construire des habitations modestes à portée de la ville et surtout à portée des petites bourses.
C’est ainsi que les pêcheurs, matelots, portefaix, ouvriers des fabriques et artisans de tous genres, malgré des salaires suffisants, continuent à s’entasser les uns sur les autres, depuis la cave jusqu’aux mansardes, dans des réduits mesquins, souvent humides, presque toujours mal éclairés et toujours insuffisamment aérés. Comment est-il possible à des familles d’habiter proprement et décemment dans de pareils bouges ? se demande-t-on en traversant les étroites ruelles ; aussi ne sont-ils habités, en général, ni proprement ni décemment. Il y règne une promiscuité forcée à laquelle la morale ne gagne rien.
Cependant, du sein de cette atmosphère fumeuse, on voyait monter chaque jour, aux derniers rayons du soleil couchant, la petite marchande, précédée du son argentin de sa clochette.
Elle portait devant elle, à la hauteur de ses bras, une corbeille ovale munie de deux anses, une de chaque côté. Un épais cordon noir était passé dans ces deux anses et suspendait la corbeille à son cou.
Qui était-elle et d’où venait-elle ? La plupart des acheteurs ne s’inquiétaient guère que de la qualité de sa marchandise, et comme celle-ci était excellente, leur curiosité n’allait pas au-delà. Ceux qui avaient voulu en savoir davantage n’avaient obtenu que des réponses polies, mais évasives.
Au nombre de ces derniers était la femme d’un capitaine de vaisseau qui n’habitait point d’ordinaire Overton-Brow. M. Barnold venait de prendre la mer pour une mission importante et lointaine, et M me Barnold s’était installée dans un modeste, mais charmant cottage de la colline, afin d’y passer le moins tristement possible une de ces périodes de veuvage intermittent si fréquentes dans la vie des femmes de marins.
M me Barnold, sur le continent, eût passé pour très riche ; mais au milieu des opulents landlords ou manufacturiers de son voisinage, sa fortune ressemblait plus à l’aisance qu’à la richesse. Femme sérieuse et d’habitudes très chrétiennes, elle vivait fort retirée. Une

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