Eric Chevillard, l Art de la contre-attaque
175 pages
Français

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Eric Chevillard, l'Art de la contre-attaque , livre ebook

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Description

Ecrivain prolixe, Eric Chevillard est l’un des plus grands talents du paysage littéraire français contemporain. Avec à son plus d’une trentaine de publications variées, il est perpétuellement engagé par son œuvre dans une entreprise de construction-démolition des codes, l’une n’allant jamais sans l’autre.
Mourir m’enrhume, premier opus publié en 1967, inaugure un univers loufoque marqué par l’humour, la fantaisie et le jeu avec langage et logique. Ce monde carnavalesque opère un renversement des des conventions – en priorité celles du roman et de sa dimension réaliste – de l’esprit de sérieux ou encore de la raison triomphante. Car la littérature, pour Eric Chevillard, est un art de la contre-attaque.
Cet ouvrage met en lumière une œuvre encore partiellement inconnue dans toute sa saisissante cohérence et sa flamboyante originalité.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 18 septembre 2014
Nombre de lectures 0
EAN13 9782304044072
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Eric Chevillard, L Art de la contre-attaque


Marc Daniel

Éditions Le Manuscrit 2017
ISBN:9782304044072
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
Table des matières

Introduction
Première partieUne dimension critique
Chapitre ILe réel contesté
Chapitre IILa civilisation et l’esprit de sérieux
Chapitre IIILa littérature et le roman
Deuxième partieUn antiromanesque ludique
Chapitre ILe démontage de l’illusion réaliste
Chapitre IIUne écriture renversante
Chapitre IIILe jeu avec le langage
Troisième partieLes relations narrateur – auteur – lecteur
Chapitre ILa construction d’une figure de lecteur
Chapitre IILes figures du narrateur et de l’auteur
Conclusion
AnnexeRésumé des romans d’Éric Chevillard
Bibliographie
Marc Daniel
Eric Chevillard
L’Art de la contre-attaque
 
L’Esprit des Lettres
 
 
 
Éditions Le Manuscrit Paris
« L’Esprit des Lettres »
 
Collection dirigée par Alain Schaffner et Philippe Zard
 
« L’Esprit des Lettres » présente, dans un esprit d’ouverture et de rigueur, toutes les tendances de la critique contemporaine en littérature française ou comparée. Chaque proposition de publication fait l’objet d’une évaluation scientifique par les directeurs de collection ainsi que par des spécialistes reconnus.
 
 
 
 
Ouvrage publié avec le concours de l’équipe de recherche « Écritures de la modernité ». (THALIM, UMR 7172)
Dans la même collection
 
Agnès Spiquel et Alain Schaffner (dir.), Albert Camus, l’exigence morale. Hommage à Jacqueline Lévi-Valensi , 2006
Jean-Yves Guérin (dir.), La Nouvelle Revue française de Jean Paulhan , 2006
Isabelle Poulin, Écritures de la douleur : Dostoïevski, Sarraute, Nabokov , 2007
Philippe Marty, Le poème et le phénomène , 2007
Philippe Zard (dir.), Sillage de Kafka , 2007
Jean-Yves Guérin (dir.), Audiberti. Chroniques, roman, théâtre , 2007
Emmanuelle André, Martine Boyer-Weinmann, Hélène Kuntz (dir.), Tout contre le réel. Miroirs du fait divers , 2008
Yves Landerouin, Aude Locatelli (dir.), Musique et littérature , 2008
Hedi Kaddour (dir.), Littérature et saveur. Explications de textes et commentaires offerts à Jean Goldzink , 2008
Alain Romestaing (dir.), Jean Giono. Corps et cosmétiques , 2009
Jean Goldzink, La Plume et l’Idée, ou l’intelligence des Lumières , 2009
Vincent Ferré, Daniel Mortier (éd.), Littérature, Histoire et politique au 20 e siècle : hommage à Jean-Pierre Morel , 2010
Jean Goldzink, Aux amis, faux frères et malades imaginaires des Lumières , 2011
Patrick Sultan, La scène littéraire postcoloniale , 2011
Yves Landerouin, Le roman de la quête esthétique , 2011
Alison Boulanger, Chiara Nannicini et Alice Pintiaux (dir.), Ruptures du récit. Essais sur la discontinuité narrative , 2012
Daniela Fabiani et Danilo Vicca (dir.), Julien Green et l’Europe , 2012
Anne Tomiche, L’intradisible dont je suis fait , 2013
Pierre-Jean Dufief et Marie Perrin-Daubard (textes rassemblés et présentés par), Violence politique et Littérature au xix e siècle , 2013
Martine Leibovici, Autobiographies des transfuges. Karl Philipp Moritz, Richard Wright, Assia Djebar , 2013
Yehuda Jean-Bernard Moraly, L’Œuvre impossible : Claudel, Genet, Fellini, 2013
Introduction
 

 
L’œuvre d’Éric Chevillard est de celles qui, à mesure qu’elles se construisent, révèlent une profonde unité, à travers la diversité même des livres qui la composent. Si la formulation peut paraître convenue, elle se manifeste pourtant de façon éclatante chez cet auteur. Dix-neuf romans parus à ce jour, sans compter des recueils de textes brefs et six volumes, qui sont la version papier de son blog, L’Autofictif  : c’est une œuvre déjà abondante et qui permet d’y déceler à la fois cette unité et cette diversité.
L’une se nourrit, pour une part, de l’autre. Nous voulons parler ici de ce qu’il convient d’appeler le jeu avec les genres littéraires, une constante dans l’œuvre, qui se décline, nécessairement, en variables. Qu’il s’agisse du conte – massivement –, du roman d’aventures, de l’autobiographie, du récit de voyage, du haïku, ou, plus modestement, de la nouvelle policière, voire du roman d’anticipation (à quoi nous ajouterons l’édition savante), les formes littéraires canoniques ne cessent, livre après livre, de proposer un terrain de jeu propice à toutes les fantaisies de Chevillard, un aiguillon pour son imaginaire.
A cette unité, il faut ajouter la cohérence formelle particulière dont l’œuvre témoigne. Celle-ci révèle un lien étroit entre un contenu thématique et une forme. A la contestation incessante de l’ordre des choses, à la dénonciation de l’esprit de sérieux, s’associe la volonté de réordonner le monde, de le présenter sous d’autres modalités, en le nommant autrement, par la fantaisie, l’extravagance, l’humour.
 
La cohérence et l’unité de l’œuvre se trouvent renforcées par de nombreuses résonances d’un livre à l’autre, à travers la reprise de noms de personnages ou d’énoncés. Ainsi le nom du professeur Opole est-il utilisé dans Un Fantôme , Préhistoire , Les Absences du capitaine Cook et Du hérisson . Le nom d’un autre scientifique, Zeiger, apparaît dans Palafox et Du Hérisson . Le même prénom, Méline, désigne la compagne du narrateur dans trois récits différents ( Du Hérisson , Au Plafond , Le Vaillant petit tailleur ), dérivé en Métilde dans Démolir Nisard . Le nom d’Albert Moindre, avant d’être celui du narrateur de Sans l’orang-outan , puis de Dino Egger , désigne le personnage principal de Trois tentatives pour réintroduire le tigre mangeur d’hommes dans nos campagnes , l’un des récits composant L’Œuvre posthume de Thomas Pilaster . Il réapparaît pour désigner un personnage de L’Auteur et moi .
Il ne s’agit pas, le plus souvent, de retour de personnages à proprement parler (quoique les sœurs Le Bigre, furtivement mentionnées dans Du Hérisson , évoquent bien celles plus longuement croisées dans Les Absences du capitaine Cook ), mais de touches légères, de clins d’œil adressés au lecteur, et, par la réitération de ces noms, d’une volonté de tisser un mince réseau de fils reliant entre eux ces récits, et dessinant la figure d’un narrateur unique.
Venant confirmer cette unicité, les occurrences sont nombreuses, d’énoncés repris d’un livre à l’autre.
Le titre du recueil de Pilaster (dans L’Œuvre posthume de Thomas Pilaster ), «  Autant d’hippocampes » , recycle une formule proposée dès le deuxième récit de Chevillard, Le Démarcheur  :
 
il reprend à son compte la question épineuse de l’hippocampe, qui suis-je ? […] la réponse existe-t-elle seulement ? vérifiable, indiscutable ? auquel cas n’est-elle pas contenue dans la question ? Autant d’hippocampes. » (D, 60).
 
D’autres formules de ce même recueil reviennent sous la plume du narrateur de Du Hérisson . Ce dernier reprend à son compte, mot pour mot, les griefs et l’ambition de Furne pour qualifier sa démarche d’écrivain. Dans Démolir Nisard , enjambant onze autres récits, retentit un écho du Démarcheur et des épitaphes rédigées par son personnage principal, le rédacteur funéraire Monge, avec ces énoncés ironiques du narrateur déplorant de n’avoir pu assister à la cérémonie en hommage à Nisard : « Il est des regrets que rien n’efface. Ni le temps ni l’oubli ne tariront mes pleurs. » (DN, 146) L’Auteur et moi revient pour sa part sur deux romans précédents, Dino Egger et Démolir Nisard , présents dans ce récit au titre de référents réels. Des textes de l’auteur déjà publiés (le « Supplément au voyage d’Oreille rouge » et un texte de L’Autofictif , notamment) y trouvent, par ailleurs, une seconde vie. C’est aussi le cas pour de nombreux textes du Désordre azerty .
Ces échos peuvent être créés de la manière la plus joueuse, voire bouffonne, proclamant la volonté insistante, en dehors de toute autre motivation, de susciter la reconnaissance d’une instance narrative unique, et, in fine , de l’auteur, à travers l’œuvre entière.
Des livres autour d’une absence
A partir de Palafox , les récits d’Éric Chevillard semblent avoir presque tous en commun d’être construits, d’une manière ou d’une autre, autour d’une absence, de faire

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