De la table des dieux à la table des hommes
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De la table des dieux à la table des hommes

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Description

La littérature de l'Antiquité romaine nous fait découvrir de profondes mutations dans les imaginaires associés à la nourriture et dans les modèles d'acquisition, de préparation et de dégustation des aliments. Ces évolutions sont liées à la reconfiguration des valeurs esthétiques, idéologiques et symboliques à cette époque. Trois genres littéraires qui mettent en oeuvre l'alimentation - l'épopée, la satire, le roman satirique - sont ici étudiés. On trouvera dans ce livre une analyse du repas chez Virgile, Horace, Perse et Juvénal, Pétrone, Suétone.

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Informations

Publié par
Date de parution 15 février 2011
Nombre de lectures 85
EAN13 9782296456303
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

DE LA TABLE DES DIEUX
À LA TABLE DES HOMMES
COLLECTION« STRUCTURES ET POUVOIRS DES IMAGINAIRES» dirigée par Myriam Watthee-Delmotte et Paul-Augustin Deproost Les sciences humaines soulignent aujourd’hui l’importance des imaginaires, c’est-à-dire du réseau interactif des représentations mentales nourri par l’héritage mythique, religieux et historique et par l’expérience vécue. Constamment réactivé dans les productions culturelles, ce réseau constitue un système dynamique qui se superpose au réel pour lui octroyer des structures signifiantes au niveau de l’interprétation individuelle et collective. Ces structures sont souvent cryptées et leur pouvoir de mobilisation est d’autant plus fort qu’elles restent en deçà du niveau de conscience ; leur analyse permet de comprendre la force de conviction des images utilisées dans les stratégies politiques, commerciales, etc. Contrairement aux représentations fixes, les imaginaires visent un réseau sémantique interactif : l’adaptabilité des structures de l’imaginaire à différents contextes explique sa puissance de façonnage du réel. L’objectif de cette collection est de rendre compte des travaux développés dans le Centre de Recherches sur l’Imaginaire de l’Université catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve) et de centres de recherches associés, qui ont pour spécificité d’aborder cette problématique dans une perspective systémique : ils rapprochent à cet égard les champs de l’antiquité (qui interroge les sources, notamment mythiques, et en propose une typologie) et de la modernité (qui porte la trace des permanences et des mutations des imaginaires), et font se croiser les domaines de la littérature et des arts (lieux d’ancrage prioritaires des imaginaires dans des structures décodables) avec l’Histoire (qui témoigne des formes d’efficacité des imaginaires dans le réel). Ce champ d’investigation se trouve renforcé par les travaux de chercheurs en théologie, psychologie de la religion et philosophie.
InêsDEORNELLAS ECASTRO
DE LA TABLE DES DIEUX
ÀLA TABLE DES HOMMES La symbolique de l’alimentation dans l’Antiquité romaine
Traduction du portugais de Christina Deschamps revue et corrigée par Joël Thomas
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-54286-0 EAN : 9782296542860
REMERCIEMENTSCet ouvrage est le texte légèrement modifié de ma thèse de doctorat en langue et culture latine intituléeDa Mesa dosDeuses à Mesa dos homens. A simbólica da alimentação na Antiguidade romana, présentée à la Faculté de Sciences Sociales et Humaines de l’Université Nouvelle de Lisbonne et soutenue en 2007 devant un jury comprenant les Professeurs Joël Thomas (Université de Perpignan), Aires Nascimento et Paulo Farmhouse Alberto (Université de Lisbonne), Francisco de Oliveira (Université de Coimbra) et Helder Godinho, Artur Anselmo et Manuel Rodrigues (Université Nouvelle de Lisbonne). À tous je suis très reconnaissante de leur accueil si généreux de mon travail et de leurs précieuses suggestions concernant la publication. Le choix de la thématique découle d'un intérêt personnel pour le domaine de l'alimentation en général et pour la gastronomie en particulier. Lorsque je me suis engagée à approfondir mes connaissances sur les pratiques alimentaires et conviviales des Romains, j'avais choisi pour objet de ma dissertation de Diplôme d'études approfondies en littérature latine leDe re coquinaria, qui n’avait jamais été traduit au Portugal. Le travail présenté, et publié ensuite grâce à l’engagement généreux du président du jury, le Professeur Francisco de Oliveira, à qui je suis reconnaissante, m'a fait réfléchir sur les possibilités qu’offrait ce secteur d'étude, dont le statut était peu valorisé par les curricula académiques. Je veux remercierex cordele Professeur Aires Nascimento, mon directeur de thèse, dont les sages conseils et les pertinentes suggestions m'ont incitée à faire à chaque fois mieux. J'ai envers ce Maître — et peu de nos jours méritent cette désignation — une dette de gratitude qui remonte à ma première année de Licence à la Faculté de Lettres de Lisbonne. Par son intelligence critique, sa rigueur scientifique et sa générosité, il est devenu une référence pour moi et pour les dernières générations qui sont passées par le Département d'Études Classi-ques de cette Faculté. Je me réjouis et je suis honorée d’avoir mérité sa confiance et son amitié.
Au Professeur Helder Godinho, mon co-directeur, je désire exprimer ma reconnaissance pour la totale disponibilité avec laquelle il a toujours suivi ce travail. Tant la recherche que maintenant la publication sont redevables de son intérêt et de son l'amitié.
Les frais de la traduction française de ce travail ont été soutenus par mon centre de recherche IELT – Instituto de Estudos de Literatura Tradicional –, qui participe aussi à l’édition. À sa directrice, le Professeur Ana Paula Guimarães va ma gratitude pour tout l’appui reçu.
Au professeur Paul-Augustin Deproost (Université catholique de Louvain à Louvain-la-Neuve), qui s’est intéressé à la publication de ma thèse et qui l’a
accueillie dans sa prestigieuse collection, tout mon remerciement pour son travail éditorial et pour ses suggestions lors de la phase finale. Je remercie l’équipe d’accueil du VECT-Mare nostrum, – Voyages, Échanges, Confrontations, Transformations – de l’Université de Perpignan-Via Domitia (France), qui se porte acquéreur de dix exemplaires de cet ouvrage, pour faciliter sa diffusion scientifique.
Je suis très reconnaissante au Professeur Joël Thomas, insigne expert, pour la très grande générosité avec laquelle il m’a offert son précieux temps pour, dès le début, discuter le projet de thèse, débattre des idées, indiquer une bibliographie, se prêter à faire une lecture attentive et rigoureuse. Il a suggéré la publication et m’a encouragée à faire traduire le texte en français, duquel il a fait l’indispensable révision finale. C’est lui, en effet, que je dois remercier le plus pour cette édition.
À ma Mère, un être exceptionnel, constante dans son affection et son en-couragement, mon plus tendre remerciement. Au long de ces dernières années, pendant que j’écrivais ce travail, la Fortune a voulu que j’assiste au départ de beaucoup de ceux qui me sont chers. C’est à eux, à tous ceux qui habitent mon cœur et à ma Mère aussi qu’est dédié ce livre.
INTRODUCTION
Les nourritures doivent être « bonnes à penser avant d'être bonnes à consommer » 1 Claude Lévi-Strauss « Mox etiam fruges tellus inarata ferebat Nec renouatus ager grauidis canebat aristis ; Flumina iam lactis, iam flumina nectaris ibant Flauaque de uiridi stillabant ilice mella. » 2 Ovide,Met. 1. 109-112 La nostalgie des temps où l’homme n’avait pas besoin de travailler et où les aliments croissaient naturellement, pouvant même surgir déjà prêts à consommer, est untoposfréquent ; cela incarne une projection du mythique Âge d’Or aussi identifié comme une « utopie gastronomique » qui, depuis la comédie 3 attique de la fin du 5e siècle av. J.-C. , a parcouru, à travers toutes les adaptations qui en ont été faites, différentes époques et différents genres littéraires. Ovide, dans lesMétamorphoses, nous décrit un Âge d’Or, où, à côté de la rectitude et de la vertu spontanées qui réglaient le quotidien, la terre aussi, sans jamais réclamer le labeur de l’homme, lui prodiguait une table pleine de céréales, de nectar, de lait et de miel. En vérité, chaque moment historique a son propre paradigme du paradis perdu et il y a évidemment un réflexe au niveau alimentaire. Si nous procédions à un inventaire des registres de l’imaginaire inhérent aux conceptions du paradis chez différents peuples de l’Antiquité et même chez ceux du Nouveau Monde, un trait commun à toutes les élaborations serait bien évident : l’abondance ali-mentaire caractéristique de cet espace mythique.
1  C. Lévi-Strauss,Le totémisme aujourd'hui,Paris, PUF, 1962, p. 128. 2  Trad. : « Bientôt après, la terre, que nul n’avait labourée, se couvrait de moissons, les champs, sans culture, jaunissaient sous les lourds épis ; alors des fleuves de lait, des fleu-ves de nectar coulaient çà et là et l’yeuse au vert feuillage distillait le miel blond. » 3  Athénée dans lesDeipnosphistai 6. 267e-270a, à propos de l’absence du travail pénible pour l’obtention d’aliments dans un passé éloigné, cite quelques exemples de cette « utopie gastronomique » présente chez six auteurs de la Vieille Comédie (Cratinos, Cratès, Téléclides, Phérécrate, Nicophon et Métagénès) dont les pièces nous sont seule-ment arrivées sous forme de fragments. Curieusement, les aliments les plus mentionnés ne sont pas de simples aliments sous leur forme crue, mais des produits finis comme le vin et les céréales sous forme de panades, de pâtes et, plus souvent, de gâteaux variés.
8 DE LA TABLE DES DIEUX À LA TABLE DES HOMMES Expulsé de la table des dieux, l’homme a dû apprendre à travailler dans les champs pour survivre. Il n’a jamais oublié d’honorer solennellement les divi-nités qui lui ont appris à connaître la terre, mais aussi, il n’a jamais cessé d’associer l’agriculture à une des plus grandes punitions déjà imposées à l’humanité. Manger est en effet un geste qui rappelle quotidiennement à l’homme le labeur et la brièveté de la vie. Cependant, une fois garantie la satis-faction de la nécessité, le même geste convoque la dimension du plaisir et, rapi-dement, les trois étapes fondamentales du parcours alimentaire – l’acquisition, la 4 préparation et la dégustation –, se sont converties en art. En effet, l’homme est l’unique animal qui considère comme un art l’acte de préparer les aliments. Les élaborations intellectuelles sur latableà notre avis, l’un constituent, des indices du degré de civilisation et de sophistication d’un p euple. Dans la littérature de l’Antiquité, nous trouvons reflétées, sous des formes distinctes, suivant le temps, l’espace et le genre, des préoccupations liées à la table.
Notre recherche a comme objectif l’analyse de la façon dont, à Rome, la littérature a trouvé dans l’univers civilisationnel de latable une thématique de réflexion. Cependant, latableen tant que réalité éminemment historique ne sera pas le thème qui nous occupera, ce seront plutôt les créations verbales transmises par l’imaginaire et par le style où les représentations de l’homme en interaction avec les aliments intègrent des grammaires discursives avec une signification, tant sur le plan esthétique qu’idéologique, symbolique ou religieux.
Pour cela, il est important pour nous de comprendre de quelle manière le texte littéraire « discourt » sur les relations entre l’homme et les dieux, latableet les distinctions sociales, l’opposition entre unetableassurément identifiée avec 5 la tradition romaine et la table de l’(des) autre(s) , et, en conséquence latable comme décor de comportements orthodoxes et hétérodoxes, l’homme et le
4  Ce sont les trois étapes du code alimentaire suivant C. Lévi–Strauss,Mythologiques, L’origine des manières de table, Paris, Plon, 1968. 5  S’il y a un espace dans le quotidien qui permet un regard sur l’autre, c’est celui de la table : « On déchiffre le plaisir de l’autre » affirme Roland Barthes. Ainsi, comme il le note par la suite, la convivialité elle-même cesse d’être innocente : « Il y a dans la mise en scène d’un bon repas autre chose que l’exercice d’un code mondain, eût-il une très an-cienne origine historique : il rôde autour de la table une vague pulsion scopique : on re-garde (on guette) sur l’autre les effets de la nourriture, on saisit comment le corps se travaille de l’intérieur ». Cf. Brillat-Savarin,Physiologie du goût avec une lecture de Roland Barthes, Paris, Hermann, 1981, p. 10. Dans un espace temporel et géographique-ment aussi large que celui du Haut Empire, nous trouvons, évidemment, des refus dans l’adoption du canon alimentaire diffusé ; quelques-uns préconisent des régimes de vie distincts, non seulement sur le plan de latable, comme c’est le cas des doctrines philoso-phiques qui préconisent le végétarisme. L’opposition au canon en vigueur peut autant indiquer un simple mouvement de retour au passé dans des moments de crise (n’oublions pas que, depuis Hésiode, l’âge d’or gréco-latin est une référence végétarienne), que ma-nifester des arguments d’ordre diététique, moral, rituel, métaphysique ou même zoologi-que, découlant de l’influence orphique, pythagoricienne et néo-platonicienne parmi les auteurs romains.
 INTRODUCTION 9 monde végétal, l’homme et le monde animal, les aliments pour le corps et les aliments pour l’esprit. Mais nous ne pouvons pas oublier que ces aspects de la pensée romaine – et de sa symbolique – sont eux-mêmes sous-tendus par les realia qui émergent des préoccupations liées à la production, au ch oix et à la préparation des aliments à consommer. Pour la recherche de ces problématiques, nous avons procédé à la déf ini-tion d’uncorpusdélibérément hétérogène et représentatif de la singularité dans le domaine de la création littéraire et simultanément emblématique d’un aspect de l’identité romaine. Nous avons réuni quatre des genres les plus significatifs de la production littéraire latine auxquels est évidemment associée une lecture dif-férente du statut culturel de latableet de son tissu symbolique : le genre épique, la satire, le roman satirique et la biographie.
Robert Scholes dans « Towards a structuralist Poetics of Fiction » consi-dère le thème d’une poétique de fiction comme un instrument pratique pour la critique des genres, vu qu’elle est elle-même un concept générique qui découle des prémisses que la fiction n’a pas un fonctionnement identique à la poésie lyrique et que la littérature d’imagination fonctionne de manière distincte des autres constructions verbales, qui ne sont ni d’imitation, ni d’imagination. Ainsi s’impose une poétique pour la fiction vu que celle-ci est un genre distinct avec ses caractéristiques, problématiques et potentialités. En plus, le processus d’écriture et celui de lecture, éléments fondamentaux, constituent essentiellement sa nature générique.
Nous sommes partie du principe que le processus d’écriture est toujours de nature générique, vu que tout écrivain, quelle que soit son époque, conçoit son travail en fonction de sa propre culture littéraire et, même quand il cherche à être original – question qui viendra seulement à prendre des proportions d’obsession e 6 à partir du 19 siècle –, l’originalité émerge en fonction d’un horizon littéraire
6  Malheureusement une certaine critique a transposé cette thématique à l’Antiquité gréco-latine, sans conscience du rôle des concepts de tradition, et même d’inspiration, dans la création littéraire parmi les auteurs classiques. Au lieu de parler de « distance » face à la tradition, il serait préférable d’expliciter que, parmi les Grecs et les Latins, on visait surtout une sage actualisation des modèles qui formaient les canons élus pour cha-que époque. Et, plus grande était la connaissance de ce qu’était la tradition, plus grand était l’éventuel impact des innovations dans le genre auquel l’auteur se consacrait, qui découlaient souvent d’unecontaminatio érudite. En effet, le sentiment d’anxiété de l’auteur craignant de manquer d’originalité dans son écriture — que la critique a célébré dans le sillage des essais de Harold Bloom —, si il a du sens pour un spécialiste du ro-mantisme, nous paraît tout à fait anachronique dans le domaine de la littérature gréco-latine. De toute façon, nous allons être confrontés à des histoires de la littérature lat ine, didactiquement structurées, où pour chaque auteur et son œuvre, en plus des analyses succinctes de la production de l’écrivain avec une brève référence à son style et au lan-gage, apparaît souvent un item appelé « originalité de l’auteur ». De nos jours, la crois-sante obsession de l’originalité en est arrivée au point que certains apprentis écrivains disent préférer ne pas lire d’autres œuvres du même genre littéraire craignant d’être in-fluencés dans leur propre écriture !
10 DE LA TABLE DES DIEUX À LA TABLE DES HOMMES déterminé ou d’une tradition par rapport à laquelle on désire se démarquer. La distance réussie est celle qui se base sur la manière de combiner des traditions héritées ou d’exploiter des possibilités du genre que les auteurs antérieurs n’ont pas remarquées ou que la conscience du moment historique a permises. De la même manière, le processus de lecture participe aussi à la nature générique, dans la mesure où il implique le type de classification que le lecteur fait d’une œuvre en fonction des principes d’appréciation ou de normes de lec-ture associées à ce qu’il entend dans sa communauté humaine. En fonction des noyaux génériques sélectionnés, nous avons opté pour une structure de ce travail en quatre parties. Dans la première partie, pour que nous puissions problématiser l’epicum genus-conscience de la romanité dans sa forme la plus élaborée et pour l’auto découlant du projet idéologique de l’œuvre, nous avons considéré que l’épopée de Virgile (70-19 av. J.-C.) constituerait en soi un champ d’analyse suffisant. En vérité, l’Énéide, bien qu’elle ait été précédée des épopées homériques et alexan-drines, comme des premiers amateurs latins du genre, Naevius (270-190 av. J.-7 C.) et Ennius (239-169 av. J.-C.), n’a pas, comme le conclut Brooks Otis , un réel précédent, même si elle se fonde sur des sources d’inspiration évidentes. La deuxième partie se centre sur l’étude de la satire, le plus romain des genres, suivant l’emblématique expression de Quintilien, « satura tota nostra est ». Nous avons organisé un groupe de textes et d’auteurs, dont les profils, époques et objectifs programmatiques nous permettent d’identifier une ligne de continuité – ou non – dans le traitement de latable, soit au niveau du langage, soit au niveau de la morphologie thématique elle-même. Nous avons sélectionné, à cet effet, des satires d’Horace (68-5 av. J.-C.), de Perse (34-62 apr. J.-C.) et de e Juvénal (fl. début du 2 apr. J.-.C.) où les représentations de latableapparaissent dans lesrealiaet dans le lexique.
Dans la troisième partie, nous examinons un roman satirique : leSatiriconde Pétrone (?-65 apr. J.-C.), un mélange de la satire et de la nouvelle sans vérita-bles continuateurs. C’est pour cette raison un genre « de synthèse », simultané-ment complexe et hybride, qui constitue la première œuvre « prosimétrique » latine où nourriture et banquet remplissent une fonction importante dans la dy-namique de l’intrigue. L’apparence de réalité, à laquelle n’est pas étrangère la discussion elle-même autour de la classification générique, a conduit à beaucoup
7  B.Otis,A study in Civilized PoetryVirgil : , foreword by Ward W. Briggs, Jr., Norman – London, University of Oklahoma Press, 1995, p. 383, affirme : « There were in fact two readily available alternatives, each of which seemed equally forbidding. He could write anothermythological epic out of storehouse of Mycenaean or heroic legend, or he could write anotherhistoricalon a Roman or Augustan theme, a epic Bellum Actiacum, for example. The one type was simply anachronistic and impossible for a true poet. The other seemed to be even less promising, a hopeless mixture of two worlds and styles, of ueraand (history) falsa (myth), a putting of urbanized Romans into Mycenaean clothe s and armour. »
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