Il était une fois l
282 pages
Français

Il était une fois l'interdisciplinarité

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282 pages
Français

Description

Alors que dans les études françaises de sémiotique structurale les contes constituaient l'un des lieux privilégiés des échanges entre littérature et linguistique, ils font aujourd'hui l'objet de productions séparées. Le présent ouvrage, qui fait dialoguer des linguistes et des littéraires travaillant sur Perrault, entend produire l'analyse critique de ce cloisonnement disciplinaire. Prenant appui sur le corpus des Contes, il réfléchit aux conditions de possibilité d'un retour de l'interdisciplinarité.

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Date de parution 31 août 2010
Nombre de lectures 22
EAN13 9782296493155
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

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Exrait

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Il était une fois l’interdisciplinarité
Approches discursives desContesde Perrault
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Au cœur des textes Collection dirigée par Claire STOLZ(Université ParisSorbonne)
1. Alia BACCARBOURNAZ,Essais sur la littérature tunisienne d’expression française, 2005. 2. Alya CHELLYZEMNI,Le sauveur dansBataillesdans la montagnede Jean Giono, 2005. 3. Noureddine LAMOUCHI,JeanPaul Sartre, critique littéraire, 2006. 4. Catherine VIOLLET et MarieFrançoise LEMONNIERDELPY (dir.), Métamorphoses du journal personnel. De Rétif de la Bretonne à Sophie Calle,2006. 5. Lia KURTSWÖSTE, MarieAlbane RIOUXWATINE et Mathilde VALLESPIR, Éthique et significations, 2007. 6. JeanLouis JEANNELLE et Catherine VIOLLET (dir.),Genèse et autofiction, 2007. 7. Irène FENOGLIO (dir.),L’écriture et le souci de la langue. Écrivains, linguistes : témoignages et traces manuscrites, 2007. 8. Irène FENOGLIO,Une autographie du tragique. Les manuscrits deLesFaitset deL’avenir dure longtempsde Louis Althusser, 2007. 9. Delphine DENIS (dir.),L’obscurité. Langage et herméneutique sous l’Ancien Régime, 2007. 10. Aurèle CRASSON (dir.),L’édition du manuscrit. De l’archive de création au scriptorium électronique, 2008. 11. Lucile GAUDIN et Geneviève SALVAN (dir.),Les registres. Enjeux stylistiques et visées pragmatiques, 2008. 12. Françoise RULLIERTHEURET,Faut pas pisser sur les vieilles recettes. San Antonio ou la fascination pour le genre romanesque, 2008. 13. Valentina CHEPIGA,Émile et un romain, à paraître. 14. Véronique MONTÉMONT et Catherine VIOLLET (dir.),Le Moi et ses modèles. Genèse et transtextualités, 2009. 15. Ridha BOURKHIS et Mohammed BENJELLOUN (dir.),La phrase littéraire, 2008. 16. Salah OUESLATI,Le lecteur dans lesPoésiesde Stéphane Mallarmé, 2009. 17. JeanMichel ADAM et Ute HEIDMANN,Le texte littéraire. Pour une approche interdisciplinaire, 2009. 18. Françoise SIMONETTENANT,Journal personnel et correspondance (1785 1939) ou les affinités électives, 2009. 19. Samia KASSABCHARFI (dir.),Altérité et mutations dans la langue. Pour une stylistique des littératures francophones, 2010. 20. Olga ANOKHINA (ed.),Multilinguisme et créativité littéraire, 2011. 21. Claire BADIOUMONFERRAN (dir.),Il était une fois l’interdisciplinarité. Approches discursives desContesde Perrault, 2010.
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Claire BadiouMonferran (dir.)
Il était une fois l’interdisciplinarité
Approches discursives desContesde Perrault
N° 21
A C A D E M I A A B B R U Y L A N T
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Ouvrage réalisé avec le concours de l’E.A. 4089 « Sens, Texte, Informatique, Histoire » de l’E.D. V « Concepts et langages » et du Conseil scientifique de l’Université de ParisSorbonne
D/2010/4910/26
©BruylantAcademia s.a. Grand’Place, 29 B1348 LOUVAINLANEUVE
ISBN 13 : 9782872099856
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants droit. Imprimé en Belgique.
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www.academiabruylant.be
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PRÉSENTATION
Le dialogue interdisciplinaire : un « conte de peau d’âne » ?
Claire BADIOUMONFERRAN Université ParisSorbonne (Paris IV)
On appelle,Contes de peau d’asne,petits contes inventez pour l’amusement des De enfans : & cela se dit à cause d’un certain petit conte, où l’on introduit une fille qui estoit habillée de la peau d’un asne (Dictionnaire de l’Académie française, 1694, PEAU). Le vulgaire appelle,Conte au vieux loup. conte de vieille. conte de ma mere l’oye. conte de la cicogne, à lacicogne. conte de peau d’asne. conte à dormir debout. conte jaune, bleu, violet. conte borgne,Des fables ridicules telles que sont celles dont les vieilles gens entretiennent & amusent les enfants (Dictionnaire de l’Académie française, 1694, CONTE). 1 2 3 Toc, toc : qui est là ? » Quelques linguistes et quelques littéraires cher «chant à débattre ensemble desContesde Perrault. Et à débattre du débat. Autrement dit, des conditions de possibilité du retour d’un échange bidisci plinaire sur leur objet. « Il était une fois l’interdisciplinarité » : la formule
1 Perrault (1980 [1697] : 53). Le Petit Chaperon rouge. Toutes les références de la Présentation sont issues de l’édition originale desHistoires ou contes du temps passé : avec des Moralitezà Paris, chez Barbin, en 1697 (reproduites en 1980, parue par J. Barchilon dans un fac similé, Genève : Slatkine). Sur le statut exact de ce texte, voir ici même la première contribution de JeanMarc Chatelain. 2 JeanMichel Adam (Université de Lausanne), Marc Arabyan (Université de Limoges), Catherine Détrie (Université de Montpellier), Bertrand Verine (Université de Montpellier). Bien qu’il ne soit pas spécialiste de Perrault, Christian Puech (Université Paris III) a accepté, à ma demande, d’être associé comme historien des théories linguistiques à ces débats. 3 Marc Escola (Université Paris VIII), Ute Heidmann (Université de Lausanne), Christine NoilleClauzade (Université Grenoble III), JeanPaul Sermain (Université
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inaugurale du contage, ressaisie dans le titre du présent ouvrage, a été 4 maintes fois commentée. Ici même , Christine NoilleClauzade rappelle que « [s’] il est vrai que les événements du conteétaient une fois, alors la voix du conte pose dans une assertion non sérieuse, ludique, que la vérification du conte a été opérée (ailleurs, jadis, une seule fois) dans un monde inactuel, alternatif, concurrent du monde actuel ». L’on pourrait sans peine reconduire ce type d’analyse pour l’histoire récente de la critique française desContesde Perrault. Si ce corpus institué a fait l’objet d’une approche interdisciplinaire, à la fois linguistique et littéraire, c’est bien ailleurs, jadis, une seule fois, dans le monde alternatif des études de sémiologie structurale. Plus rien de tel dans le monde actuel, à l’exception notable toutefois des travaux entre pris – mais en Suisse, à l’université de Lausanne – par Ute Heidmann et 5 JeanMichel Adam . Lors de la journée d’études qui s’est tenue à l’université 6 de ParisSorbonne, en mai 2008, en préambule à ce livre , les intervenants des tables rondes et le public ont produit l’analyse des barrières franco françaises faisant obstacle, en régime poststructuraliste, au développement 7 d’une recherche bidisciplinaire. Sans entrer dans le détail de la discussion , je mentionnerai, pour mémoire, les trois plus importantes d’entre elles. Barrière institutionnelle tout d’abord. Cette dernière concerne, d’une part, le renforcement du cloisonnement des cursus de linguistique et de littéra
Paris III). Bien que leurs recherches ne portent pas spécifiquement sur Perrault, Jean Marc Chatelain (conservateur à la réserve des livres rares de la BNF) et Delphine Denis, spécialiste de l’histoire des formes et des styles sous l’ancien régime (Université de la SorbonneParis IV), ont bien voulu, en tant que philologues, apporter leur contribution aux débats. 4 NoilleClauzade, « La raison des effets : la logique de l’argumentation dans les Contesde Perrault ». 5 Ute Heidmann est spécialiste de littérature comparée, et JeanMichel Adam d’analyse du discours. Ils sont les initiateurs d’un important programme de recherche sur la transtextualité desContes. 6 « Littérature et linguistique en dialogue : réflexions sur la critique française desContesPerrault », Université de Paris SorbonneParis IV, salle des Actes, 31 de mai 2008, Cl. BadiouMonferran (organisatrice). Je remercie l’École doctorale « Concepts et Langages » (E.D. V) et l’ATILFCNRS, UMR 7118, sans le soutien financier desquels cette journée de travail n’aurait pu avoir lieu. 7 Je renvoie à la seconde partie de ce livre, qui reproduit l’intégralité des échanges auxquels ont donné lieu les deux tables rondes de ladite journée.
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Présentation
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8 ture dans le supérieur depuis les années 1980 ; d’autre part, le maintien d’une certaine idiosyncrasie française de la formation des maîtres : Christian Puech rappelle ainsi que cette formation, pour le meilleur et pour le pire, a perpétué,vial’épreuve de français moderne de ses deux concours de recru tement de l’enseignement secondaire, des « traditions d’analyse qui se sont autonomisées pendant très longtemps par rapport aux innovations scienti fiques [notamment par rapport aux soubassements structuralistes concer 9 nant l’interaction de la linguistique et de la littérature] » . Barrière idéolo 10 gique ensuite. Comme chacun sait, le « mépris réciproque » des deux disci 11 plines en dialogue a une longue histoire . Mais la technicisation, depuis ces 12 trente dernières années, du discours linguistique a accusé les clivages . On
8 Je renvoie aux interventions de Christine NoilleClauzade, JeanPaul Sermain, Catherine Détrie et Bertrand Verine à l’issue de la première table ronde. 9 Je cite l’intervention initiale de Christian Puech, modérateur de la première table ronde. Comme celuici le fait remarquer, cette idiosyncrasie française remonte e au milieu du XX siècle et explique que quand, dans le champ scientifique, au cours des années 1960, cette relation de la littérature et de la linguistique se produit, c’est sous la forme d’une importation. 10 Selon l’expression de Christian Puech, relayant les propos de Catherine Détrie, à la fin de la première table ronde. 11 Dans la discussion de la première table ronde, JeanClaude Chevalier, qui faisait partie du public, rappelle que le mépris de la linguistique et de la littérature e s’enracine dans celui de la linguistique et de la philologie qui, au début du XX siècle, oppose à Paris, sur un mode tout d’abord courtois, Meillet (« linguiste ») à Brunot (« historien de la langue »), puis, en 1945, sur un mode beaucoup plus conflictuel, le linguiste Martinet au front des philologues de la Sorbonne. Ici même, le plaidoyer de Delphine Denis pour une philologie refondée, dégagée de ses limites historiques, en phase avec le courant linguistique de « l’analyse du discours », reconduit en cherchant à le dépasser le différend de la linguistique et de la philologie. Je renvoie, dans la seconde partie de cet ouvrage, à la première intervention de la seconde table ronde, dont Delphine Denis assurait la modération. 12 En témoignent, entre autres, les deux chapitres sur l’acte de lecture (en empathie et/ou en sympathie) de la dernière section de cet ouvrage. À la langue « commune » de la contribution littéraire de JeanPaul Sermain, s’oppose ainsi la langue de spécialité – et toutes les gloses métadiscursives afférentes – de la contribution, co signée par Catherine Détrie et Bertrand Verine, de praxématique : soit, de ce courant d’analyse textuelle né à Montpellier, sous l’égide de Robert Lafont et Françoise GardèsMadray, à la fin des années 1970.
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13 reproche aujourd’hui à la littérature linguistique d’être devenue inaudible , 14 comme l’on reproche au discours littéraire son déficit scientifique . Barrière épistémologique enfin. L’alliance poststructuraliste des littéraires et des historiens a exacerbé la dichotomie « synchronievsdiachronie ». La linguis tique, comme « pensée virtuelle du système », est plus que jamais soupçonnée de privilégier la première aux dépens de la seconde, et de manquer la singu 15 larité, historique, contextuelle, sinon générique, des objets qu’elle décrit . 16 Ici même , JeanMichel Adam prend acte de la difficulté, pour le linguiste, à tenir ensemble synchronie et diachronie, et reconnaît que « l’apport des spécialistes des sciences littéraires est […] considérable, notamment pour ce qui concerne la génétique et l’établissement philologique des textes ». Dans ce contexte, la journée de travail préparatoire qui s’est tenue en mai 2008 en Sorbonne – le lieu par excellence de tous les différends rappelés cidessus – a pu être perçue par d’aucuns comme un « événement histo 17 rique » . Tout du moins, la possibilité de son organisation a montré que les « lignes de fracture » apparues dans les années 1920 (entre linguistes et philologues) et ravivées en régime poststructuraliste (entre linguistes et 18 littéraires) étaient « peutêtre en train de se réduire » . Pour les chercheurs
13 Ici même, dans la contribution qu’il soumet à l’attention des lecteurs de ce livre, Marc Escola oppose la « langue maternelle » des littéraires à la « langue étrangère » des linguistes. 14 Les littéraires, au demeurant, assument ce statut pré (ou post) scientifique. Je renvoie à la réflexion de JeanPaul Sermain au cours de la seconde table ronde : « si je peux faire un bout de chemin très important avec les linguistes, ou les stylisticiens et les philologues, en tant que littéraire, je m’en séparerai à un moment, parce que je ne me sens pas moimême, en faisant de la littérature, comme faisant de la science et du savoir. Je dirai que la visée de la littérature, c’est de penser avec les textes littéraires, et pas seulement de les étudier ». 15 Sur le changement d’alliance en régime poststructuraliste, avec le passage d’une alliance « littératurelinguistique » à une alliance « littératurehistoire (du livre, des institutions, de la médecine…) », je renvoie aux interventions de Marc Escola lors de la seconde table ronde. Pour une analyse du différend épistémologique induit par ce changement d’alliance, je renvoie à l’intervention initiale de Delphine Denis lors de la seconde table ronde, ainsi qu’à l’intervention ultérieure d’Ute Heidmann. 16 JeanMichel Adam, première table ronde, seconde intervention. 17 Selon le mot de JeanClaude Chevalier, première table ronde. 18 Selon les termes de Christian Puech, première table ronde, dernière intervention.
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Présentation
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réunis autour desContesde Perrault, il ne s’agissait pas tant de développer une nouvelle méthodologie, transdisciplinaire et de l’appliquer à leur objet. Mais de renouer, plus modestement, le fil d’un dialogue interdisciplinaire, 19 20 sinon pluridisciplinaire interrompu – du moins en France – depuis une trentaine d’années. Autrement dit, d’effectuer le travail de mémoire
19 Pourunemiseaupointsurlesnotionsdepluridisciplinarité,d’interdisciplinarité, et de transdisciplinarité, voir Darbellay (2005), ou encore Darbellay & Paulsen, dir., (2008). Dans Darbellay & Paulsen, dir., (2008), Nicole Rege Colet (2008 : 1618) ressaisit la définition de chacune des trois notions en ces termes : « Selon la tradition initiée par Piaget (1972), on peut distinguer trois formes de collaboration : la pluridisciplinarité, l’interdisciplinarité et la transdisciplinarité. La pluridisciplinarité exprime la simple juxtaposition des disciplines. L’interdisciplinarité se réfère à une interaction entre les disciplines, mais sans que cellesci en soient radicalement modifiées. Quant à la notion de transdisciplinarité […] il s’agit d’un concept flottant, les uns parlant de nouvelle épistémologie ou d’un système général des sciences, les autres de transgression des frontières disciplinaires […] On peut distinguer deux approches de la transdisciplinarité. Une approche épistémologique, que Kesteman (2004) nomme la “transdisciplinarité utopique”, vise l’unité de la connaissance […] Une seconde approche, que Kesteman nomme “transdisciplinarité utilitariste”, est de nature beaucoup plus instrumentale, et elle positionne la transdisciplinarité dans une logique de création de sens […] ». 20 Ailleurs, la situation est assez différente. Pour m’en tenir à l’exemple de la Suisse, je renvoie, pardelà les travaux de Darbellay, à ceux, plus proches de notre objet, d’Adam & Heidmann, notamment à Adam & Heidmann, dir., (2005). Cet ouvrage entend s’inscrire dans le prolongement de celui d’Amossy & Maingueneau, dir., (2004). Sans préjuger de la légitimité de cette filiation, attestée pour bien des points, il m’apparaît toutefois que si le collectif d’Adam & Heidmann cherche à penser (du moins par moments) la place spécifique de la littérature dans l’espace discursif qu’il décrit, on ne trouve rien de tel dans l’ouvrage de 2004. Comme le rappelle Jean Louis Chiss (2005 : 4041) à ce sujet, « l’“élargissement” (Amossy et Maingueneau p. 11) de l’objet d’investigation justifié par la dynamique des recherches sur les “genres de discours” » consiste, pour ces chercheurs, en une annexion de la littérature « dans l’espace des discours », comme pratique discursive parmi d’autres. Parce qu’elle est confondue (depuis la nuit des temps) avec la question de son « autonomie », la question de la « spécificité » de la littérature n’est pas comme telle posée. L’interaction de la littérature et du discours s’en trouve diluée. Elle se limite à un mécanisme applicationniste. Selon Chiss, « audelà de la volonté manifestée par plusieurs auteurs de conjurer l’instrumentalisation », la littérature estde factoreléguée, par les analystes du discours, au rang de « terrain expérimental d’élaborations théoriques et descriptives construites en dehors d’elle et des questions qu’elle pose à la linguistique ».
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