Pour une critique du texte négro-africain
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Description

Les grilles d'analyse mobilisées par les chercheurs en littérature sont conçus par les Occidentaux et ne tiennent pas compte des variantes philosophiques, anthropologiques, politiques, économiques et sociales qui déterminent la conjoncture culturelle africaine. Il y a dès lors un déphasage entre le modèle d'analyse convoqué et le cadre d'application. Les auteurs de cet ouvrage souscrivent à un effort soutenu de théorisation qui tient à ouvrir une brèche dans le sens de l'autonomisation de la pensée en critique littéraire.

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Publié par
Date de parution 01 juillet 2014
Nombre de lectures 8
EAN13 9782336351612
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

camisole de force au texte africain qui Init par perdre sa sensiblité
Marcelline NNOMO ZANGA GérardMarie MESSINA
Pour une critique du texte négroafricain
De la sociocritique à la politocritique
Préface du Professeur Richard Laurent OMGBA
Pour une critique du texte négro-africain De la sociocritique à la politocritique
Emergences Africaines Dirigée par Magloire KEDE ONANA
La collection « ÉMERGENCES AFRICAINES » se propose de renverser des certitudes faciles. Nous sommes convaincus que l’Afrique, longtemps considérée comme en retrait, s’ouvre au monde, et est plus que jamais au cœur des enjeux. Son Histoire ne doit plus s’écrire ailleurs, par des continents eux-mêmes en crise de modèles à proposer/imposer. Une nouvelle génération très entreprenante d’Africains et d’Africanistes existe aujourd’hui, qui problématise et réécrit l’Histoire du continent dans toutes ses facettes, et par une approche multidisciplinaire. Il s’agit de dévoiler une Afrique des « Bonnes Nouvelles » : celle qui, parce que plus ouverte au monde, présente tous ses atouts d’émergence. Dernière arrivée dans la compétition mondiale, l’Afrique est capable d’apporter un élan différent à la mondialisation grâce à son devenir, qui est subordonné à son être.
Déjà parus
Alphonse Zozime Tamekamta et Jean Koufan Menkéné (dir.), L’urgence d’une révolution agricole au Cameroun, 2013. Alphonse Zozime Tamekamta (dir.),L’illusion démographique, 2013. Alphonse Zozime Tamekamta (dir.),Propos sur l’Afrique, 2013.
©L’Harmattan,20145Ȭ7,ruedel’Ecolepolytechnique,75005Parishttp://www.harmattan.frdiffusion.harmattan@wanadoo.frharmattan1@wanadoo.frISBN:978Ȭ2Ȭ343Ȭ03715Ȭ8EAN:9782343037158
Marcelline NNOMO ZANGA Gérard-Marie MESSINA
Pour une critique du texte négro-africain De la sociocritique à la politocritique
Préface du Professeur Richard Laurent OMGBA
L’Harmattan
Préface L’inscription des grandes mythologies contemporaines comme la démocratie, les droits de l’homme, les multinationales du terrorisme, etc. – qui semblent toutes viser une plus grande soif de liberté –, dans le champ de la littérature est aujourd’hui de plus en plus manifeste. Cette mobilisation générale peut trouver son explication à partir d’un certain nombre de raisons liées non seulement à l’histoire, mais aussi à la science de la littérature en tant qu’entité épistémologique disposant d’une large batterie de théories, d’un discours propre et de méthodes propres permettant d’en évaluer l’évolution. Il convient de reconnaître que l’intérêt pour la littérature négro-africaine en particulier est d’autant plus grand que celle-ci revendique, depuis ses premières manifestations à ce jour, une identité esthético-politique singulière. Cette littérature se veut absolument consubstantielle à l’histoire négro-africaine résolument bafouée dès les premières heures des frottements entre le continent noir et les puissances coloniales, dans le cadre d’une gouvernance de la mondialisation sur fond de colonialisme. Du fait de l’expérience traumatisante des premiers moments de frottement à la proposition de cohabitation avec la culture occidentale, l’écrivain négro-africain, dont la conscience porte les marques indélébiles de la traite négrière et ses multiples succédanés, se fait infailliblement le devoir de dire le mal africain, afin de pouvoir l’exorciser par le moyen de la catharsis verbale.
La verbalisation du mal africain pour l’objectif de la constitution de l’identité d’une Afrique dont la mémoire reste désarticulée contraint dès lors les écrivains négro-africains en général et les romanciers en particulier à produire une littérature atypique au regard des normes esthétiques et éthiques occidentales. Toutefois, la profusion des prix littéraires avec des noms comme Mongo Beti, Francis Bebey,
Calixthe Beyala, Jacques Fame Ndongo, Lottin Wekape, Ahmadou Kourouma, Alain Mabanckou, Thierno Monenembo pour ne citer que ceux-ci, et surtout le grand intérêt porté sur les œuvres romanesques des écrivains africains du continent et de la diaspora dont les œuvres tiennent le haut du pavé exigent nécessairement de s’arrêter un instant pour examiner la gestion théorique et épistémologique de ce capital politique et culturel si immense.
C’est la tâche que les universitaires camerounais Marcelline Nnomo Zanga et Gérard-Marie Messina se sont assignée. Conscients du fait que la propension est grande de vouloir contraindre le texte africain à rentrer dans la camisole de force de l’appareil idéologique du Nord, et de vouloir le couler injustement dans le moule de la critique occidentale, les auteurs se donnent le défi de formuler un modèle théorique d’une critique spécifiquement africaine.
Tout le mérite de cet ouvrage est dans l’effort de théorisation fourni par les auteurs qui réussissent le tour de force de postuler desfondements théoriques et épistémologiques pour une critique du texte négro-africain. Ils parviennent à négocier le postulat d’une nouvelle sociocritique qui se veut une savante synthèse d’un foisonnement de théories partant de la mimèsis aristotélicienne pour aboutir à ce qu’ils désignent comme lapolitocritique, en passant par les approches critiques purement textuelles à dominante linguistique comme la sémiologie, avec Algirdas Julien Greimas et Philippe Hamon.
Cette théorie de la sociocritique et de la politocritique du texte qui, au-delà de la conscience de classe, mieux de milieu et de race animant l’écrivain négro-africain, dont le projet idéologique relatif à la libération de l’Afrique est clair, opère une visualisation de la catégorie du personnage mis en branle tour à tour par son être, son faire et son importance hiérarchique. La figure du narrateur opposant politique mise
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en équation illustre bien cette détermination chez les écrivains africains en général et chez les romanciers en particulier résolument décidés de s’emparer de l’histoire africaine bafouée dans le souci de la reconstruire.
L’ouvrage est d’une forte densité heuristique. Il s’agit d’un chassé-croisé d’idéologies, de visions du monde dont le but est d’amener les Africains et surtout les chercheurs en littérature et même dans le domaine des sciences humaines en général à prendre à nouveau conscience de l’immense richesse que représente la littérature aujourd’hui. Curieusement, si en même temps qu’elle donne du grain à moudre aux africanistes de tous bords, elle constitue pour eux un véritable pain béni, il y a lieu de constater que pour les Africains eux-mêmes, elle semble être à la croisée des chemins. Ce d’autant plus que l’accès à cette abondante production demeure assez difficile, même si on peut noter çà et là des efforts significatifs en matière de production et de distribution des livres.
La présente initiative démontre tout simplement que rien n’est perdu. Il s’agit d’un acte de prise de conscience qui amène les auteurs à se positionner clairement en vue de négocier une meilleure réception critique de ces œuvres par les Africains eux-mêmes. Ainsi, le texte négro-africain se veut dans son essence mêmeparole de la totalisation du réel,pour parler comme Engelbert Mveng ; c’est unlogos de l’anthropos sur le cosmos, c’est-à-dire une parole de l’homme sur le monde, comme dirait Mathieu-François Minyono-Nkodo.
Pr. Richard-Laurent OMGBA Doyen de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines Université de Yaoundé I
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