Georges H.
168 pages
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Georges H. , livre ebook

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Description

A la libération de Bordeaux, l'avocat Georges H. avait-il eu à défendre collaborateurs et autres traîtres, lui qui avait accompagné nombre d'hommes au peloton d'exécution? Ou bien s'agissait-il d'autre chose? Une soixantaine d'années après les faits, trente ans après sa mort, Lucas commence à entrevoir la vérité dans les archives jaunies de son père, officier du Bureau de sécurité militaire... Pour pallier le silence d'un père resté secret, un homme s'imagine l'entendre enfin s'ouvrir à lui. Au fil de ces discussions fictives, l'auteur nous replonge dans les heures sombres de la France. Parfois ambigu, notamment sur la question délicate du rôle des fonctionnaires, le roman de Lucien M. Martin entend alimenter le débat sur les responsabilités dans la collaboration et la résistance. Dérangeant mais fascinant.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 21 février 2014
Nombre de lectures 16
EAN13 9782342019421
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Georges H.
Du même auteur
Sous la signature « Vidal Ponsin » Traitement de surface, 2002 La Dame de La Chesnaie, 2002 Tant va la cruche à Law, 2003 Si ce n’est pas vrai…, 2003
Sous la signature « Médéric » Retour de bâton, 2004 Lambert, 2005 De pièces et de morceaux, 2006 Un maître chanteur, 2006 L’Affaire Bagnères, 2007 Un remède pire que le mal, 2008 La Passion d’Émilie, 2009 As-tu une intime conviction?, 2010 Au-delà de l’Horizon, 2011
Sous la signature « Lucien M. Martin » Cet homme était-il Dieu ?, 2011 La Rédemption, qu’est-ce donc ?, 2012
Lucien M. Martin Georges H.
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou co-pie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les tex-tes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0119294.000.R.P.2013.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2014
(Ponce Pilate)à la pression populaire,« cédait mais entendait signifier qu’il n’assumait point la responsabilité de la décision. Il prit de l’eau et se lava les mains devant le peuple. »
Daniel-Rops, Jésus en son temps, x, p. 533.
« Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l’exécution des tâ-ches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt pu-blic… »
Loi du 13 juillet 1983, article 28
« N’est pas pénalement responsable la personne qui accomplit un acte commandé par l’autorité légi-time sauf si cet acte est manifestement illégal »
Code pénal, article 122-4 alinéa 2
Chapitre 1 C’était un petit matin de début mai ; le soleil naissant encore caché par la butte, l’air frais, presque froid ; le ciel d’un bleu de glacier, sans fond, sans fin. C’était cet instant magique où, pour saluer sans doute l’éveil de Phœbus, les oiseaux, soudain, observent ensemble un silence de quel-ques instants. C’était là. Si les indications qui lui avaient été données étaient exactes – et s’il les avait bien comprises – c’était là, oui, là que…, là qu’il avait voulu venir après avoir lu et relu ces feuillets jaunis par le temps… plus de soixante ans… une autre époque et c’était pourtant pour Lucas, à cet instant, presque hier. Cet espace, vaste, appuyé sur la butte et enclos d’une haie d’épineux, l’avait surpris et il s’étonnait d’ailleurs de sa surprise : comment ce lieu, aujourd’hui si serein, si calme, si apaisant porterait-il encore les traces de ce dont il avait été le témoin plus de soixante ans plus tôt ? Aurait-il pu imaginer y trouver une stelle, une plaque, un témoi-gnage, une marque vraiment humaine ? Non, bien sûr, l’idée ne lui en était même pas venue ; en réalité, il n’avait rien imaginé de tel ; et, de fait, rien, pour une personne non avertie, rien ne suggérait, rien n’évoquait ce qui s’y était passé, dans un si lointain passé. Rien, si ce n’était l’existence même de cet enclos, curieusement vide, inex-ploité ; quelques milliers de mètres carrés inutilisés, une acre environ d’une terre apparemment riche, lui semblait-il. L’herbe y était vigoureuse, drue, grasse, plus encore au pied de la butte, lui sembla-t-il.
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Plus vigoureuse, plus drue, l’herbe, là, au pied de la butte ? Une seconde, l’idée lui coupa le souffle. Cette idée était absurde, impossible : la nature est plus oublieuse que l’homme et recouvre vite les traces des fureurs humai-nes… Et puis, il avait voulu être là, certes à l’heure où ces drames s’étaient joués, mais c’est d’abord dans les pre-miers frimas de l’automne et sous un ciel encore sombre que s’étaient accomplis ces actes terribles. Est-ce, paradoxalement, la vue de cette herbe particu-lièrement généreuse là où, une soixantaine d’années plus tôt, se dressait un poteau, qui le plongea dans un fantasme, le projeta en imagination à cette lointaine époque ? Le ciel lui parut s’assombrir ; des ombres humaines commencèrent à animer cet enclos. Dans une brume de novembre, il croyait deviner un groupe d’hommes, quatre, cinq, six, une escouade même, en « battle-dress », l’arme au pied, apparemment désœuvrés. Puis, des phares percè-rent le léger brouillard, des voitures s’arrêtèrent à une cinquantaine de mètres de la butte, des hommes, encore des hommes en descendirent, la plupart en uniforme, quel-ques-uns en civil ; ces hommes se regroupèrent et paraissaient entretenir, mezza voce, une conversation ani-mée. Lucas devinait pourquoi ils venaient là : il leur fallait assumer la responsabilité de la décision qui allait être exé-cutée, jusqu’au bout. Ils les voyaient mieux maintenant, comme s’il était parmi eux – alors que, aujourd’hui, pen-sait-il, ils étaient tous morts, presque certainement ; ils parlaient à voix basse, la mine grave ; certains lui parurent même pales, les traits creusés, le regard fiévreux. Des minutes passèrent. Un fourgon arriva à son tour, s’arrêta à quelque distance du poteau ; cinq hommes en descendirent ; quatre d’entre eux étaient en uniforme, l’un d’eux était un officier ; le cinquième, tenu, soutenu plutôt par deux des militaires, était revêtu d’une sorte de treillis. Pale, il ne l’était pas : il était livide et Lucas se rappela le jour de la libération de Bordeaux, où, adolescent, et vivant
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