Histoire de Liselotte
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Description

Le 30 Mai 1651, au fond de la forêt ardennaise, naissait Liselotte, dans une modeste cabane de bûcheron. Le 30 Mai 2001, naissait Mirabel, dans une clinique de la région parisienne. La cicatrice, au front de Mirabel, rappelait le tragique destin de la petite Liselotte. Après 350 ans, jour pour jour, les deux fillettes allaient se rejoindre. Une histoire vraie, que nous conte le descendant des parents de Liselotte, et grand-père de Mirabel. Histoire aussi vraie, ou presque, que les histoires qui ont inspiré les contes suivants, avec les petits lutins Clobidoux, Croconibus le petit crocodile mangeur de grenouilles, et toutes les Fées du monde, réunies en Confédération... Destinés à un public plus mûr, les deux derniers contes de ce recueil vous ferons traverser le temps, avec la mystérieuse Fille de la Pluie, et l'énigmatique Maître du Temps. Histoires vécues, et contées avec le coeur, en toute simplicité. Sachez accueillir l'amour dont sont porteurs leurs petits souvenirs...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 02 août 2017
Nombre de lectures 0
EAN13 9791029007316
Langue Français

Extrait

Histoire de Liselotte
Jean Marie Crevaux
Histoire de Liselotte
et autres contes
Les Éditions Chapitre.com
123, boulevard de Grenelle 75015 Paris
Du même auteur
Et le matin se leva , P.J. O SWALD , 1966 ( Cahiers de Poésie Contemporaine , publié sous le pseudonyme J EAN X AVIER M AUREC )
© Les Éditions Chapitre.com, 2017
ISBN : 979-10-290-0731-6
Avant - propos
Trois cent cinquante ans, jour pour jour, séparent la naissance de L ISELOTTE , de celle de M IRABEL . Au front de celle-ci, une cicatrice rappelle le tragique destin de sa lointaine aïeule. Du fond de la forêt ardennaise à la banlieue parisienne, les deux petites filles se sont ainsi rejointes à travers les siècles.
Une histoire vraie qui m’a inspiré ce premier conte, Histoire de L ISELOTTE .
D’autres histoires ont inspiré les contes suivants, elles sont tout aussi vraies… Enfin, pour le moins, au yeux du coeur.
Vous qui lisez ces lignes, je souhaite que votre coeur s’ouvre à ces petits souvenirs, chaque fois qu’ils s’offriront à vous, au hasard des pas du petit lutin qui vous les portera.
J EAN M ARIE C REVAUX
À Annabel
Histoire de Liselotte
En ce temps-là, tout au fond de la grande forêt des Ardennes, vivait un couple de bûcherons.
Ils s’étaient rencontrés un soir de Noël, à la messe de minuit, dans la petite église du village où ils habitaient tous deux, et s’étaient mariés l’été suivant, il y avait maintenant bientôt deux ans. Leur vie s’écoulait paisiblement, au rythme des saisons, lui, passant ses journées dans la forêt, coupant du bois de chauffage, ou abattant des arbres, dont il vendait les énormes troncs aux menuisiers des alentours, elle, entretenant le petit potager à l’arrière de la maison, ou, selon les mois, se consacrant à la cueillette des champignons dans la forêt, ou de quelques baies dont elle confectionnait de délicieuses tartes, le soir venu.
C’est peu après la floraison du muguet, qui tapissait les sous-bois aux alentours, que naquit une petite fille.
« Ce jour de l’an de grâce mille six cent cinquante et un, le trentième du mois de mai, au lever du soleil, est née Liselotte Blanche Marie, de Louise Marguerite Marie Josèphe PONSIN, et Georges Firmin Eugène… ». Les yeux embués d’émotion, le brave bûcheron traça en tremblant son nom en bas du document, d’une main plus habituée à tenir sa lourde hache que la plume que venait de lui tendre le curé du village. Puis il se hâta de regagner la petite maison de rondins qu’il avait construite de ses mains, à près de cinq heures de marche de là. Il y arriva à la nuit tombée.
La petite Liselotte dormait paisiblement, dans le berceau fait de branches de noisetier tressées, et sa maman avait eu bien du mal à ne pas s’endormir, elle aussi, en attendant le retour de Georges. Il se régala d’une grande assiette de soupe aux oignons brûlante, dans laquelle il trempait de larges tranches de pain, cuit le matin même dans le petit four qu’il avait confectionné, derrière la maison. Puis il éteignit l’unique torche qui éclairait la petite pièce, et rejoignit sa jeune épouse sous la douce chaleur de la lourde couverture de peaux de loups qui recouvrait leur lit. Tous deux s’endormirent bientôt, dans la lueur vacillante des braises qui finissaient de se consumer dans la cheminée. Tout était calme, et seul le bruit des branches doucement agitées, autour de la clairière, par une légère brise, rompait le silence environnant. Il s’éveilla au milieu de la nuit. La pleine lune éclairait l’intérieur de la pièce, et Liselotte souriait dans son sommeil. Au loin, dans la forêt, un loup hurlait.
Un été passa, puis un hiver… Lorsque le printemps revint, Liselotte s’essayait à marcher. Encore titubante, elle découvrait, émerveillée, une multitude de clochettes blanches qui avaient envahi le sous-bois autour de la chaumière. De sa petite main maladroite, elle cueillait les fragiles brins de muguet, et les rassemblait en petits bouquets, qu’elle s’empressait de porter à sa maman.
L’été venu, elle découvrit les myrtilles, qui se cachaient dans le sous-bois, encore mieux que le muguet, et apprit leur goût délicieusement acidulé. Puis vint l’automne, et les premiers champignons, accompagnés des noisettes, qu’elle était encore trop petite pour attraper, mais dont elle se régalait, quand sa maman en rapportait par pleins paniers.
C’est en suivant le chemin tracé par une bande de girolles étourdies, que Liselotte se retrouva, un doux après-midi d’octobre, nez à nez avec la Fée. Celle-ci était vêtue d’une longue robe d’un blanc immaculé, et ses longs cheveux d’or ruisselaient dans son dos, tels une cascade de lumière, jusqu’à hauteur de ses chevilles. Ses pieds étaient chaussés de fines sandales de cuir, et elle marchait parmi les fougères sans le moindre bruit.
La Fée apprit à Liselotte les champignons de la forêt, comment se regroupaient les girolles folâtres, et comment se réunissaient les familles de coulemelles. Elle lui apprit le secret des cèpes vénérables, et comment permettre à chacun de renaître chaque année, en n’arrachant pas le pied du sol qui l’avait vu naître, mais en le cassant délicatement au-dessus du tapis de mousse qui le protégeait.
Puis vint l’hiver, et ses délicieuses soirées passées à déguster les châtaignes que son père mettait à griller près des braises, dans la cheminée.
Peu importait alors que le loup hurle dans la nuit, Liselotte savait que la Fée veillait sur elle, et rien ne pouvait lui arriver. La lune, blafarde, éclairait la forêt aux alentours, et une chouette insomniaque rythmait la nuit de son hululement solitaire. Décembre arrivait, et les premiers flocons de neige commencèrent à tomber, se glissant silencieusement entre les branches des sapins.
Liselotte, patiente, attendait la nuit de Noël, et que le vieux monsieur barbu dont ses parents lui avaient révélé l’existence, lui porte les cadeaux qu’elle lui avait demandés en secret.
Trois hivers passèrent, avant que, par un matin de Noël glacial comme seules les forêts du Nord savent en produire, elle découvrît, reposant à côté de ses chausses de toile trop petites, la poupée que le vieil homme avait déposé pendant la nuit. Son visage de porcelaine doucement éclairé par la lueur du soleil levant, elle la regardait tranquillement, un sourire mystérieux au coin des lèvres. Une longue robe de soie ruisselait de ses épaules nues, et l’enveloppait jusqu’aux chevilles. Émerveillée, Liselotte n’osait la toucher, ignorante qu’elle était, des semaines de travail harassant au fond des bois que ce cadeau avait coûté à son père, en guise de paiement au vieux bonhomme de Noël. Enfin, elle osa prendre l’enfant immobile dans ses bras, et, désormais, elle ne fut plus jamais seule.
Une nuit, alors qu’elle ne parvenait pas à s’endormir, elle poussa doucement la porte de la petite cabane, et se glissa sans bruit dans l’obscurité de la forêt. Au-dessus d’elle, entre les cimes des arbres centenaires, scintillaient des milliers d’étoiles. Elle vit un premier trait de lumière traverser le ciel, puis un autre, puis encore un autre. Bientôt, des dizaines d’étoiles filantes zébrèrent le ciel, sous son regard fasciné. A côté d’elle, elle sentit une présence, et, détournant un instant les yeux du spectacle céleste, reconnut la Fée, qui souriait en la regardant.
C’est ainsi que, cette nuit-là, elle lui enseigna que chaque trait de lumière traversant le ciel était une âme qui s’envolait vers la lointaine galaxie d’où elle était venue. La Fée lui apprit aussi à distinguer, parmi ces traits de lumières, certains dont la couleur était jaune orangée, alors que les autres étaient d’un blanc éclatant. C’étaient, lui expliqua-t-elle, à l’inverse, des âmes qui venaient de cette même galaxie, et allaient passer sur la Terre le temps d’une vie. Ensuite, leur mission accomplie, elles repartiraient, traçant à leur tour dans le ciel étoilé un fulgurant trait de lumière.
Les années passèrent, et Liselotte découvrit, peu à peu, tous les secrets de la forêt, dont elle parcourait désormais sans crainte les moindres sentiers. Par un bel après-midi de printemps, alors que sa mère préparait le gâteau de son dixième anniversaire, elle prit le chemin d’une clairière connue d’elle seule, où elle savait trouver les premières jonquilles.
Le soir tombait, lorsque le craquement des brindilles, derrière elle, l

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