Duos 2.2 - Rosalie et Emmanuel
186 pages
Français

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Duos 2.2 - Rosalie et Emmanuel , livre ebook

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Description

Décidément, l’amour ne convient pas à Rosalie et elle s’éloigne bientôt de Leonard. La magie n’opère plus et elle se sent en porte-à-faux dans cette relation inextricable.
Pourtant elle ne peut se défendre des rêves – ou des cauchemars ? – qui hantent son sommeil et qui lui font miroiter un nouvel épisode de sa vie amoureuse dans lequel elle craint de s’engager.
C’est un chassé-croisé qui s’amorce. Emmanuel et Rosalie s’évitent en dépit des manœuvres de leur entourage, mais un destin les pousse inexorablement l’un vers l’autre. Leur rencontre prendra des airs d’apothéose.
Puis, à un bien mauvais moment, ce même destin viendra provoquer le drame…

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 17 décembre 2012
Nombre de lectures 4
EAN13 9782894358207
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0025€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

stéphanie macfred


DUOS 2.2
Illustration de la page couverture : Magali Villeneuve
Conception de la couverture et infographie : Marie-Ève Boisvert, Éditions Michel Quintin
Conversion au format ePub : Studio C1C4

La publication de cet ouvrage a été réalisée grâce au soutien financier du Conseil des Arts du Canada et de la SODEC. De plus, les Éditions Michel Quintin reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour leurs activités d’édition.
Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC
Tous droits de traduction et d’adaptation réservés pour tous les pays. Toute reproduction d’un extrait quelconque de ce livre, par procédé mécanique ou électronique, y compris la microreproduction, est strictement interdite sans l’autorisation écrite de l’éditeur.

ISBN 978-2-89435-570-1 (version imprimée)
ISBN 978-2-89435-820-7 (version ePub)

© Copyright 2012

Éditions Michel Quintin
4770, rue Foster, Waterloo (Québec)
Canada J0E 2N0
Tél. : 450 539-3774
Téléc. : 450 539-4905
editionsmichelquintin.ca
1 Chaos intérieur
Ma ville me paraît si petite ! En fait, ma vie me paraît minuscule. Quand on se confronte à l’océan et aux montagnes infinies, le retour à la maison semble souvent nous replonger dans le ridicule. Mon terrain clôturé, ma chambre avec une seule grande fenêtre qui donne sur le voisin Bégin et sa haie de cèdres massacrée à cause de moi, mes meubles vides, mon lit figé depuis mon départ, ma plante épanouie en plein milieu de la pelouse… Nombreux sont les signes que ma présence est plus ou moins importante ; en tout cas, elle est loin d’être essentielle.
J’ai garroché ma valise sur mon lit. Des aiguilles de pin et des grains de sable se sont paresseusement détachés des fermoirs et des poches. Ma couette de plumes les a tendrement accueillis ; c’est la seule façon pour elle de voyager un peu. Mes murs sont trop pâles pour moi, mes meubles, à la fois trop petits et trop nombreux ; mon plancher de larges lattes de pin rouge est terne. J’ai envie de pleurer. Je me couche en position fœtale, dos à ma valise. Je pleure souvent, depuis la maudite fin de semaine de camping. Même si je suis à nouveau officiellement la blonde de Leonard Wolfe.
Qu’est-ce qui me manque pour que je sois capable de m’engager envers quelqu’un ? Pour ne faire qu’un avec lui ? Comment équilibre-t-on les choses ? Comment peut-on rester soi-même si on doit devenir une seule et unique entité qui prend vie à travers deux corps ? Comment arrive-t-on à faire tous ces compromis et à être bien en même temps ? Comment fait-on pour oublier certaines parties de nous afin de vivre au diapason d’une autre personne ? Comment les gens autour de nous peuvent-ils cesser d’être une menace ? Comment fait-on pour passer outre aux attirances ? Comment se sort-on de la tête les minutes de fantasme pour un inconnu, ou pire, pour quelqu’un de notre connaissance ? Comment les gens font-ils pour dire oui et tenir parole ? Comment suis-je censée savoir que Leonard est le bon ? Ou, horreur, comment est-ce que je fais, à supposer que Leonard soit le bon pour moi, pour savoir si je suis la bonne pour lui ? Et comment fait-on le reste ?
Je n’arrive pas à me sortir Emmanuel Cartier de la tête. Ses mains, dans mes rêves, sont tatouées sur ma peau. Sa voix est prisonnière de ma tête. Je n’arrive pas à me convaincre d’aller voir Leonard chez lui et de faire comme si rien n’arrivait. Je revois Emmanuel qui sort de la voiture de Raphaël, même si ça ne s’est passé que dans mon monde imaginaire, et qui marche vers moi et mon odeur de chlore ; je finis de nettoyer la piscine. Il ferme la porte du garage avec force et maîtrise et il me prend pleinement contre mon camion. Je le vois qui arrive, furieux, entre les arbres au bord du lac, et qui abat son corps contre le mien pour me prendre sauvagement et me dire qu’il a eu peur de me perdre. Je le vois arriver avec son sac de voyage, se planter devant mon Volvo et m’obliger à l’emmener avec Sarabeth et moi en voyage dans les Maritimes. Je m’imagine radieuse. Je passe les vacances de ma vie avec lui et ma meilleure amie. Je l’imagine au Vermont, sur le toit de l’auberge, me faisant l’amour parmi les hurlements des loups. Grrrr !
À la fin de notre super sortie au bar et après notre joyeux retour en taxi, mon frère Ludovic, ma sœur Frédélie et moi, je n’ai pas pu faire autrement que de me rendre à l’évidence, de me tenir debout face à face avec mon destin et de faire une grande fille de moi. Je me suis dit que, même si je mettais de côté tout le pan de ma vie infecté par l’épidémie Cartier, je ne pouvais plus être totalement honnête avec Leonard. Mon infidélité nocturne colore mes pensées au point où je me dis que je suis peut-être sur le point de devenir folle. J’ai mal au cœur de tout ce qui se passe dans ma vie. Et je me dis que je fais face, une fois de plus, au désenchantement des contes de fées. Je flotte sur ma planche, sans vagues, sans rien, perdue en plein milieu de l’océan infesté de requins. Et la garde côtière ne sait même pas que je suis là…
Mais, bon, du bord de la piscine, je parais sans doute beaucoup moins en péril que dans ma tête. Pas besoin d’écrire S.O.S sur un drap blanc ; je crois bien que mon chaos intérieur a l’air d’un simple moment de fatigue ou de laisser-aller.
Je passe des après-midi complets à écouter de la musique, assez fort pour potentiellement me défoncer les tympans, mais j’ai mes écouteurs sur les oreilles ; encore une fois, on ne peut pas dire que j’attire l’attention sur moi.
Un bon matin, je me dis que c’est terminé entre Leonard et moi et que je n’arriverai sûrement pas à remettre en cause, d’ici une ou deux réincarnations, ma décision de mettre fin à notre histoire. J’appelle Leonard nonchalamment pour l’inviter à venir me rejoindre au grand parc de la ville.
2 Tu ne t’attends pas à faire la rencontre d’un ange !
Nous sommes en août. Mon histoire avec Leonard s’est terminée dans la chaleur des derniers jours du mois de juillet. Je voyais trop mes mains se refermer caricaturalement sur mon cou, j’étouffais sous les pattes du loup alpha qui voulait tout contrôler. J’ai eu peur. Mais ce n’était pas seulement des mains imaginaires qui se fermaient sur moi, c’était toute une partie de ma vie qui se poussait pour me fondre à une seule personne. Il serait plus juste de dire : pour me confondre en une autre personne. Je n’étais pas prête à vivre ma vie sous forme d’engagement. Je n’étais pas prête à suivre les pas de loup de Leonard.
Je reprends mes livres achetés au Nouveau-Brunswick et je replonge dans un monde de mots scientifiques. J’ai mis une croix sur ma vie. J’ai mis une putain de croix sur ma vie.
Je sais que Leonard est malheureux. Il continue sa résidence à l’hôpital et se consacre corps et âme au travail et à l’étude, comme un malade. Ha ! Quel beau jeu de mots ! Ffff !
Ça ne s’est pas super bien passé. Je l’ai invité à me rejoindre dans un parc au cœur de la ville. Il est arrivé avec la voiture de son père. Il était tellement souriant, tellement beau, tellement gentil ! Il avait apporté des sandwichs de la Brûlerie. Il avait trouvé des informations au sujet de week-ends d’amoureux dans des auberges. Il voulait qu’on recommence à zéro comme n’importe quel autre couple de la planète.
J’ai arraché son cœur d’un seul grand coup de patte. Je lui ai dit que je n’étais pas capable de continuer. Je lui ai dit qu’il était merveilleux et que j’avais vraiment eu l’impression que nous pouvions être bien ensemble, mais que je n’arrivais pas à retrouver mon sourire et ma bonne humeur, que tout était compliqué. Que je mettais probablement trop de pression sur notre relation. Que j’avais peut-être peur de ne pas être à la hauteur et de lui faire encore plus mal, plus tard. Que je ne voyais pas d’autre issue que la fin douloureuse plus ou moins imminente de notre histoire.
Je ne pouvais même pas expliquer comment je me sentais et pourquoi je le laissais, sinon par l’impression que j’avais de faire la bonne chose, tout simplement. Le plus absurde, c’est que nous n’avions même pas à nouveau couché ensemble depuis mon retour du Vermont, depuis le camping des Montcalm, en fait. Peut-être que c’était ce qui devait arriver. J’ai donc les traces de Vincent sur la peau pour les cent p

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