L étranger
167 pages
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L'étranger , livre ebook

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Description

Se sentir étranger (à soi-même ou aux autres) ou être perçu comme tel relève d'un jeu de perception et de regards multiples que l'art et la littérature ont souvent étudiés : toute une partie de l'histoire littéraire prend assise sur la notion d'étranger, parfois ambiguë. Les contributions regroupées ici étudient les diverses formes que prend la dimension étrangère et son impact sur le champ culturel français et francophone, dans lequel la figure de l'écrivain-artiste, en tant que médiateur, assure le passage entre une culture étrangère et la culture nationale.
Il s'agit alors d'acclimater l'étranger et le rendre nouveau. L'ouvrage jette un nouveau regard sur le processus de déconstruction des anciennes binarités ici/ailleurs, étranger/national, centre/périphérie, où s'affirment des composantes comme l'hybridité, la polyphonie et la diaspora.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 18 juillet 2016
Nombre de lectures 22
EAN13 9782304045376
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L Etranger


Ana Clara Santos et Maria de Jesus Cabral (dir.)

Le Manuscrit 2016
ISBN:9782304045376
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
DANS LA MÊME COLLECTION
 
Sous la direction de Maria de Jesus Cabral, Ana Clara Santos et Jean-Baptiste Dussert, Lumières d’Albert Camus. Enjeux et relectures , 2012
 
Sous la direction d’Ana Clara Santos et Maria de Jesus Cabral, Art et création chez Théophile Gautier , 2013
 
Sous la direction d’Ana Clara Santos, Maria Celeste Natário, Maria de Jesus Cabral, Maria Luísa Malato et Renato Epifânio, L’exil et le royaume : d’Albert Camus à Vergílio Ferreira , 2014
 
Sous la direction de Maria de Jesus Cabral et Gérard Danou, Maux écrits, mots vécus. Traitements littéraires de la maladie , 2015
 
Sous la direction de Fernando Gomes, Odete Jubilado, Margarida Reffóios, Carla Castro, (Re)lire Albert Camus. Études interdisciplinaires , 2016
« Exotopies »
 
Collection dirigée par Ana Clara Santos et Maria de Jesus Cabral
 
La collection « Exotopies » est issue de travaux de l’APEF (Association portugaise d’études françaises) qui siège à l’université de Coimbra, au Portugal. Elle est née de la volonté de divulgation des activités scientifiques (colloques, journées de réflexion) menées par l’APEF et qui, à la croisée d’horizons disciplinaires, critiques et géographiques variés, contribuent à la vitalité des études en langue française selon une perspective transfrontalière. Privilégiant le patrimoine littéraire et artistique, cette collection se veut une interface scientifique ouverte à d’autres domaines de recherche – linguistique, traduction, didactique – dont ce patrimoine ne saurait être dissocié. Ayant pour objet les études françaises et le questionnement des frontières, cette collection propose de nouveaux éclairages sur diverses perspectives concernant l’écriture, l’art et la langue. Elle promeut un regard comparatiste révélant le dialogue fécond que les langues et cultures entretiennent dans l’espace européen.
Comité Scientifique
 
Marta Teixeira Anacleto 
(Université de Coimbra, Portugal)
Kelly Basílio
(Université de Lisbonne, Portugal)
Maria Graciete Besse
(Université de Paris-Sorbonne/Paris IV)
Cristina Robalo Cordeiro
(Université de Coimbra, Portugal)
Joëlle Gleize
(Université d’Aix-Marseille, France)
Karen Haddad
(Université Paris Ouest – Nanterre La Défense)
Ute Heidmann
(Université de Lausanne, Suisse)
Jean-Nicolas Illouz
(Université de Paris 8, France)
Francisco Lafarga
(Université de Barcelone, Espagne)
Maria Hermínia Amado Laurel
(Université d’Aveiro, Portugal)
Maria de Fátima Marinho
(Université de Porto, Portugal)
Daniel-Henri Pageaux
(Université de Paris 3, France)
Isabel Pires de Lima
(Université de Porto, Portugal)
Franc Schuerewegen
(Université d’Anvers, Belgique
et Université de Nimègue, Pays Bas)
Béryl Scholssman
(Université de Boston, États-Unis)
 
 
Introduction
 

 
Étranger : rage étranglée au fond de ma gorge, ange noir troublant la transparence, trace opaque, insondable. Figure de la haine et de l’autre, l’étranger n’est ni la victime romantique de notre paresse familiale, ni l’intrus responsable de tous les maux de la cité. […] l’étranger commence lorsque surgit la conscience de ma différence et s’achève lorsque nous nous recon­naissons tous étrangers, rebelles aux liens et aux communautés.
(Julia Kristeva, Étrangers à nous-mêmes )
Le monde global dans lequel nous vivons aurait tendance à nous distancer de la notion même d’étranger. Or l’étranger a toujours été __ et continue à être __ plus ou moins étrange. Julia Kristeva le rappelait justement à la fin des années 80 dans Étrangers à nous-mêmes et lors d’une conférence plus récente (2014). Son questionnement, mis en épigraphe à cette introduction, rend compte de l’opacité de cette figure et des controverses soulevées par son existence. Ancrée au coeur même du civilisationnel, partagée entre la politique et l’éthique, la figure de l’étranger touche à l’identité et à l’appartenance d’une famille, d’un groupe ou d’une nation, et convoque la prise de conscience d’un Moi par rapport à un Autre, d’un Ici par rapport à un Ailleurs. Se sentir étranger (à soi-même ou aux autres) ou être perçu comme tel relève d’un jeu de perception et de regards multiples qui ne sont pas passés sous silence dans l’art et la littérature. Dit autrement : la littérature et l’art creusent ces rapports entre le même et l’autre et déclinent, sur le plan politique et socioculturel, la conscience de ces frontières, source de conflits et de compromis. Or ceci ne s’explique que par ce que Kristeva désigne comme «  conception politico-juridique de l’étranger » et qui constitue, selon elle, un cercle vicieux. Les mouvements philosophiques, politiques et religieux, en enfermant certains hommes dans une cité ou dans un État-nation, ont conféré à ceux-ci les droits de citoyen et, par la même occasion, le statut d’étranger à d’autres qui n’appartenaient pas à la même sphère socio-politico-religieuse. La juridiction politique et le dogmatisme religieux font émerger l’exclusion des non-citoyens, l’extériorité d’autres hommes ou, si l’on veut, ce qui est étrangement étranger.
Dans le domaine culturel, sur la notion d’étranger __ parfois ambiguë __ prennent assise une partie de l’histoire littéraire et de l’imagologie littéraire. Dans ces conditions, il s’agit d’étudier ici, d’un point de vue diachronique, certaines formes prises par la dimension étrangère et leur impact sur le champ culturel français et francophone dans lequel la figure de l’écrivain-artiste, en tant que médiateur, assure le passage entre une culture étrangère et la culture nationale. Il s’agit alors d’acclimater l’étranger et le rendre nouveau. Il y a là forcément un nouveau regard projeté sur le processus de déconstruction des anciennes binarités ici/ailleurs, étranger/national, centre/périphérie, où s’affirment des composantes comme l’hybridité, la polyphonie et la diaspora.
Comme le rappelle Daniel-Henri Pageaux, l’étude de la « dimension étrangère » dans un texte ou dans une culture est à la source de toute étude comparée, car cela débouche, non seulement sur la connaissance de l’étranger (à travers les voyages, les traductions, les médiations et les réceptions), mais aussi sur le questionnement interdisciplinaire qu’il convoque au niveau de l’imagologie, de l’anthropologie et du statut de l’Autre. De l’expérience de l’étranger jaillit avec force la reconnaissance de la diversité culturelle et la question identitaire.
Placée entre identité et altérité, la relation d’« exotisme » participe, selon Jean-Marc Moura, à la construction littéraire de l’« étrange étranger » et illustre la représentation littéraire de la différence culturelle. Les voyages et le tourisme concourent, selon lui, à la fabrication de l’étranger et à l’édification d’une « muséalisation du monde ». En rattachant l’analyse de ce phénomène à la culture française et à la culture lusophone, Maria de Fátima Marinho nous propose un périple au sein de la conception de la différence qui va de la fascination de l’exotisme à la peur et à l’acceptation de l’étranger.
Les perceptions de soi et de l’Autre dans les Lettres persanes de Montesquieu et dans L’Île des esclaves de Marivaux sont mises en avant par João Domingues et María Teresa Ramos Gómez dans leurs études respectives. L’interrogation « qui est l’étrange® dans les Lettres persanes  ? » conduit João Domingues à revisiter le cosmopolitisme avant la lettre de Montesquieu. L’appel à l’éthique de l’autre et la conquête de la reconnaissance individuelle et sociale, dans laquelle est remise en cause

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