La folle de Chaillot
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Description

Jean Giraudoux (1882-1944)



" Terrasse chez Francis, place de l’Alma.


LE PRÉSIDENT : Prenez place, Baron. Le garçon va nous verser mon porto spécial. Il faut que nous fêtions ce jour, qui s’annonce historique.


LE BARON : Va pour le porto.


LE PRÉSIDENT : Un cigare ? Il est à mon chiffre.


LE BARON : Un narguilé, plutôt. Je me sens dans une légende arabe. Je me sens dans un de ces matins de Bagdad où les voleurs lient connaissance, et, avant de courir la chance nouvelle, se racontent leur vie.


LE PRÉSIDENT : Pour ma part, j’y suis tout prêt. Sur la mer des aventures, il est profitable parfois de faire le point. À vous l’honneur.


LE BARON : Je m’appelle Jean-Hippolyte, baron Tommard...



Un chanteur des rues s’est installé devant les consommateurs. Il chante le début de la Belle Polonaise."



Pièce de théâtre en 2 actes.


Un réquisitoire naïf et poétique contre la folie affairiste de notre société... Un plaidoyer pour une vie simple et heureuse... Une oeuvre toujours d'actualité !

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 7
EAN13 9782374638492
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0015€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

La folle de Chaillot
 
 
Jean Giraudoux
 
 
Janvier 2021
Stéphane le Mat
La Gibecière à Mots
ISBN : 978-2-37463-849-2
Couverture : pastel de STEPH'
lagibeciereamots@sfr.fr
N° 848
PERSONNAGES
 
Le prospecteur
Le garçon, Martial
La fleuriste
Le président
Le baron
Le chanteur
Le sergent de ville
Le chasseur
Le chiffonnier
Le sourd-muet
Irma, la plongeuse
Le marchand de lacets
Le jongleur
Le coulissier
Un hurluberlu
Les femmes
Aurélie, la folle de Chaillot
L’officier de Santé Jadin
Le sauveteur du Pont de l’Alma
Pierre
Deuxième sergent de ville
L’égoutier
Constance, la folle de Passy
Gabrielle, la folle de Saint-Sulpice
Joséphine, la folle de la Concorde
Un président de Conseil d’administration
Messieurs les prospecteurs des Syndicats d’Exploitation
Messieurs les représentants du peuple affectés aux intérêts pétrolifères de la nation
Messieurs les syndics de la presse publicitaire :
Premier syndic
Le directeur
Le secrétaire général
Première dame
Deuxième dame
Troisième dame
Le chef du premier groupe d’hommes
Premier groupe d’hommes « Les amis des animaux »
Le chef du deuxième groupe d’hommes
Deuxième groupe d’hommes « Les amis des végétaux »
Le chef du troisième groupe d’hommes
Troisième groupe d’hommes « Les Adolphe Bertaut »
ACTE PREMIER
 
Terrasse chez Francis, place de l’Alma.
 
L E PRÉSIDENT
Prenez place, Baron. Le garçon va nous verser mon porto spécial. Il faut que nous fêtions ce jour, qui s’annonce historique.
 
L E BARON
Va pour le porto.
 
L E PRÉSIDENT
Un cigare ? Il est à mon chiffre.
 
L E BARON
Un narguilé, plutôt. Je me sens dans une légende arabe. Je me sens dans un de ces matins de Bagdad où les voleurs lient connaissance, et, avant de courir la chance nouvelle, se racontent leur vie.
 
L E PRÉSIDENT
Pour ma part, j’y suis tout prêt. Sur la mer des aventures, il est profitable parfois de faire le point. À vous l’honneur.
 
L E BARON
Je m’appelle Jean-Hippolyte, baron Tommard...
 
Un chanteur des rues s’est installé devant les consommateurs. Il chante le début de la Belle Polonaise .
 
L E CHANTEUR ,
chantant.
« Entends-tu le signal
De l’orchestre infernal ! »
 
L E PRÉSIDENT
Garçon, chassez cet homme !
 
L E GARÇON
Il chante la Belle Polonaise, Monsieur.
 
L E PRÉSIDENT
Je ne vous demande pas le programme ! Je vous dis de chasser cet homme.
 
Le chanteur disparaît.
 
L E BARON
Je m’appelle Jean-Hippolyte, baron Tommard. Ma vie jusqu’à cinquante ans fut simple, mon activité se bornant à vendre une des propriétés léguées par ma famille pour chacune de mes amies. J’échangeais des noms de lieu contre des prénoms, les Essarts contre Mémène, la Maladrerie contre Linda, Durandière contre Daisy. À mesure que le nom de lieu était plus français, le prénom devenait plus exotique. Ma dernière ferme fut Frotteau, mon dernier prénom Anouchka. Suivit une période plus trouble, où je me vis réduit à rédiger, par l’entremise d’un libraire, les versions et les problèmes des élèves du lycée Janson. Votre fils, remarquant la ressemblance de nos écritures, me confia même le soin de mettre au propre pour lui les copies elles-mêmes. Cette assiduité à la classe que je n’avais pas eue dans mon enfance, me valut la récompense promise par la morale aux bons écoliers. Votre fils, auquel je présentai Anouchka, me présenta à vous, et, à la seule audition du nom propre, si j’ose ainsi m’exprimer, qui est le mien, vous avez jugé bon de m’offrir un fauteuil dans le conseil d’administration de la société que vous fondez aujourd’hui...
 
L E PRÉSIDENT
À mon tour ! Je m’appelle...
 
L A BOUQUETIÈRE
Des violettes. Monsieur ?
 
L E PRÉSIDENT
Filez...
 
La bouquetière file.
 
L E PRÉSIDENT ...

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