La Henriade
136 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris

La Henriade , livre ebook

-

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
136 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Extrait : "Je chante ce héros qui régna sur la France, Et par droit de conquête et par droit de naissance ; Qui par de longs malheurs apprit à gouverner, Calma les factions, sut vaincre et pardonner, Confondit et Mayenne, et la Ligue, et l'Ibère, Et fut de ses sujets le vainqueur et le père. Descends du haut des cieux, auguste Vérité ! Répands sur mes écrits ta force et ta clarté : Que l'oreille des rois s'accoutume à t'entendre."

À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN

Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de qualité de grands livres de la littérature classique mais également des livres rares en partenariat avec la BNF. Beaucoup de soins sont apportés à ces versions ebook pour éviter les fautes que l'on trouve trop souvent dans des versions numériques de ces textes.

LIGARAN propose des grands classiques dans les domaines suivants :

• Livres rares
• Livres libertins
• Livres d'Histoire
• Poésies
• Première guerre mondiale
• Jeunesse
• Policier

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 45
EAN13 9782335091199
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0008€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

EAN : 9782335091199

 
©Ligaran 2015

Avertissements
Avertissement pour la présente édition
L’Avertissement de Beuchot, la Préface de Marmontel et les autres préambules qu’on trouvera plus loin, donnent tous les renseignements que peut souhaiter le lecteur sur la composition, la publication de la Henriade , et sur l’accueil que ce poème reçut en son temps. Nous n’avons donc que des particularités à y ajouter, ou des appréciations plus modernes à faire connaître.
Le dernier écrivain qui ait parlé de la Henriade avec quelque autorité et quelque étendue, M. Villemain, dans le Tableau de la littérature française au XVIII e siècle , a su rendre justice à cette grande composition poétique, sans taire ce qui a manqué à l’auteur pour réaliser l’objet de son ambition.
« Lorsque j’entrepris cet ouvrage, dit Voltaire quelque part, je ne comptais pas le pouvoir finir, et je ne savais pas les règles du poème épique. » – « J’ignore, reprend M. Villemain, s’il les apprit plus tard, et quelles sont ces règles. Qu’un poème épique commence par le milieu, et que l’exposition vienne après, dans un récit,

In medias res,
Haud secus ac notas, auditorem rapit,
cet ordre peut plaire dans l’Énéide  ; mais ce n’est pas plus une règle que le songe ou le récit de nos tragédies. Voltaire, d’ailleurs, ne s’est que trop conformé à ces usages, à ces routines épiques dont il affecte l’ignorance. C’est le défaut même de la Henriade de ressembler à tout ce qui précédait, et surtout à l’Énéide  ; d’avoir une tempête, un récit, une Gabrielle quittée comme Didon, une descente aux enfers, un Élysée, une vue anticipée des grandeurs et des maux de la patrie, et même un Tu Marcellus eris , qui s’applique au Dauphin. La chose dont aurait dû s’inquiéter Voltaire, ce ne sont pas les règles prescrites à l’épopée, mais les conditions sociales qui lui permettent de naître…
« La philosophie répandue dans la Henriade est, au fond, la plus grande beauté de l’ouvrage. C’est la seule chose qui vienne naturellement au poète, qu’il sente et qu’il croie. Tout le reste, voyages, batailles, combats singuliers, exploits de héros, est pour lui une sorte de cérémonial épique dont il s’ennuie, et qu’il abrège le plus qu’il peut. Mais, par cela même, il le rend d’un médiocre intérêt pour le lecteur ; tandis que la description précise du système planétaire jusqu’au vers admirable :

Par-delà tous les cieux le Dieu des cieux réside ;
le tableau de la grandeur anglaise fondée sur la liberté, le commerce et les arts ; la satire éloquente de Rome catholique, d’autres traits dans la manière de Tacite pour peindre une cour digne de Néron, voilà les grandes beautés poétiques de la Henriade … On y peut noter mille défauts cachés sous l’élégance, y relever des vers faibles, de nombreux plagiats de style, un chant d’amour sans passion, des personnages sans drame. Il n’importe : une part d’originalité est acquise à la Henriade et la conservera dans l’avenir…
La Henriade , soutenue par le nom de Voltaire et de Henri, traversera les siècles. Elle n’a pas enrichi le trésor de l’imagination ; elle n’apporte pas avec elle quelques-unes de ces physionomies que le poète ajoute à la liste des êtres qui ont vécu : une Béatrix, une Clorinde, une Armide, un Renaud, un Tancrède. Souvent même elle n’a pas égalé l’histoire ; elle est au-dessous des faits. L’ingénieuse élégance du XVIII e siècle ne pouvait rendre, avec leur expressive rudesse, les mœurs de la Ligue, et Voltaire dédaigne et flétrit ces temps, plutôt qu’il ne les décrit, dans leur sanguinaire grandeur. Mais il a de beaux mouvements de poésie, et il est inspiré par un sincère amour de l’humanité. Son poème est, après tout, une œuvre durable. Le feu du génie n’y brille que par intervalles ; mais une civilisation élevée, un art ingénieux s’y fait partout sentir.
Quelle beauté, quelle majesté triste et sévère dans ce début du troisième chant !

Quand l’arrêt des destins eut, durant quelques jours,
À tant de cruautés permis un libre cours,
Et que des assassins, fatigués de leurs crimes,
Les glaives émoussés manquèrent de victimes,
Le peuple, dont la reine avait armé le bras,
Ouvrit enfin les yeux, et vit ses attentats.
Comme la pensée philosophique se mêle à l’intérêt du récit dans ce vers :

Aisément sa pitié succède à sa furie !
Quelle vérité de pensée et quel coloris dans la peinture un peu anticipée des Anglais !

Ils sont craints sur la terre, ils sont rois sur les eaux ;
Leur flotte impérieuse, asservissant Neptune,
Des bouts de l’univers appelle la fortune.
Londres, jadis barbare, est le centre des arts.
Le magasin du monde, et le temple de Mars.
Aux murs de Westminster on voit paraître ensemble
Trois pouvoirs étonnés du nœud qui les rassemble.
Combien cet ordre d’idées et d’images était nouveau dans notre poésie ! Le grand Corneille avait admirablement traduit, sur la scène, le génie de Rome républicaine et les époques du despotisme romain ; mais la politique moderne, les institutions, les lois de l’Europe, étaient matière inconnue de la poésie. Voltaire fit servir la poésie aux vérités sérieuses de la vie sociale.
Telle est la Henriade , monument d’un art ingénieux et d’une époque florissante. Elle a fait mieux connaître un grand roi dont la gloire était restée dans l’ombre pendant la longue apothéose de Louis XIV régnant. Bossuet, à la vérité, dans une lettre de direction , disait à Louis XIV d’admirables choses sur la bonté de cœur de Henri et son amour du peuple ; mais c’était un éloge secret. La chaire chrétienne, les grands écrivains du XVII e siècle parlaient peu de Henri. Je ne sais s’ils lui avaient encore pardonné son hérésie. Voltaire le premier fit briller ce nom d’un éclat nouveau, et en opposa les bienfaisants souvenirs à la gloire onéreuse du dernier règne.
Le succès fut grand et retentit dans toute l’Europe. La Henriade fut critiquée, vantée, réimprimée sans cesse. Le roi de Prusse voulut en être l’éditeur, et, dans une préface admirative, la mit à côté de l’Énéide .
La postérité a réduit beaucoup cette louange ; mais la Henriade , sans être une création originale, conserve un caractère distinct et une place à part parmi tant d’essais d’épopée.
Une revue anglaise, après un examen fort attentif d’un poème épique nouveau, couronnait ses critiques et ses éloges par ces mots :
"À tout prendre, le poème épique dont nous venons de donner l’analyse est un des meilleurs qui aient paru dans l’année. " Tel est le fleuve d’oubli qui emporte les épopées modernes. Le Léonidas de Glover, la Colombiade du poète américain, les épopées italiennes de nos jours, sont déjà bien loin : la Henriade ne passera pas de même ; elle a la marque d’une époque et d’un génie.
Voltaire en avait fait le premier instrument de sa mission philosophique ; il y avait employé la poésie, surtout à plaire à l’opinion ; il y avait gravé, en beaux vers, des principes de liberté politique et religieuse. Ce qui faisait la nouveauté hardie de l’ouvrage en est encore la beauté sérieuse et dernière. »
Voltaire, jusqu’à la fin de sa vie, fut avant tout l’auteur de la Henriade . C’était son titre poétique. Lorsqu’il fit exécuter par un peintre genevois le tableau qui est encore à Ferney : le Triomphe de Voltaire , il y était représenté offrant sa Henriade à Apollon, en présence de ses ennemis fouettés par les Furies. Il fut préoccupé sans cesse d’assurer à cette œuvre capitale toutes les garanties de popularité durable que les arts réunis peuvent procurer. Il aurait voulu qu’elle fût exécutée même en tapisserie. « Vous allez donc, mon cher ami, écrit-il à l’abbé Moussinot, dans le royaume de M. Oudry ? Je voudrais bien qu’un jour il voulût bien faire ex

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents