Le dernier paquet
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Description

Avez-vous déjà essayé d’arrêter de fumer ? Ou d’arrêter quelque chose tout court ? Et surtout, avez-vous déjà essayé de commencer la nouvelle vie qui va après ?
Borrow, un trentenaire attachant empêtré dans son quotidien, dans la nicotine et dans ses relations, décide un jour d’arrêter de fumer et d’entamer... son dernier paquet.
Commence alors un décompte rythmé par des rencontres inattendues, de petites victoires et de grandes leçons. Une chose est sûre, Borrow ne sera plus le même après son dernier paquet.
Deux heures de plaisir de lecture intense et non toxique pour le prix de quelques cigarettes !
Vingt chapitres, vingt cigarettes consumées avec conscience et humour – Psychologie magazine
En découvrant ces 24 000 mots absolument pas nocifs pour la santé, en lisant cet objet presque parfait, on découvre un véritable auteur – Nova magazine

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juin 2010
Nombre de lectures 7
EAN13 9782363150080
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0010€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Le dernier paquet
DHÖO
ISBN 978-2-36315-154-4

Juin 2010
Storylab Editions
30 rue Lamarck, 75018 Paris
www.storylab.fr
Les ditions StoryLab proposent des fictions et des documents d'actualit lire en moins d'une heure sur smartphones, tablettes et liseuses. Des formats courts et in dits pour un nouveau plaisir de lire.

Table des mati res

Le Prologue. Dimanche, 20h46 : Une fin a toujours un début
-20. Lundi, 8h02 : Séquence remember
-19. Lundi, 20h03 : Je peux pas te saké !
-18. Mardi, 19h34 : Transports peu communs
-17. Mercredi, heures du jour : Sentiments vagues
-16. Jeudi, le matin : Leurres de vérités ou retour au bureau
-14. Jeudi, le soir : Chaud devant !
-14 toujours. Quelque part dans vendredi : Blop, blop, blop…
-13. Samedi soir : Saturday friends fever
-12. ... Peu après, samedi nuit : + un low-kick
-11. Dimanche matin : Dimanche chagrin… la rechute
-10. Lundi, 8h18 : Lundi, c'est taxi !
-9. Lundi, 9h52 : Pour 100 balles, t'as le dédale
-8. Lundi soir : Retour à la case Arrivée
-6. Lundi soir (suite) : - 6, absolument. Pour ceux qui ont suivi, Sonia vient juste d'en fumer une !
-5. Lundi nuit : Feux d'espoir
-4. Mardi matin : Pétage de plombs
-3. Mardi matin, peu après : Borrow à cheval sur un turfiste !
-2. Mardi, 20h00 : Le sourire de Flore
-1. Mardi nuit, 2h00 : Pas clope, pas clope !
-1. Toujours, mercredi matin : Moins une… il s'en faut parfois de peu
Épilogue : Un début à toujours une fin
Réalisation et « mise en mots » par DHÖO
Bande originale
Remerciements
Notes
Biographie
Le Prologue. Dimanche, 20h46 : Une fin a toujours un début
Un humble
merci à
Charlie Chaplin,
Frank Capra,
François Truffaut,
Jean-Luc Godard
et Claude Lelouch
qui, par leurs œuvres,
ont inspiré sans le savoir
ce petit morceau d'histoire
à lire… comme un film !


Tu n'es qu'un fumeur de Gitanes
Et la dernière je veux
La voir briller au fond de mes yeux
Aime-moi nom de dieu
Serge Gainsbourg , Dieu fumeur de havanes


« Aïe ! ça fait mal cette connerie… »
Commotionné mais encore lucide, Borrow tire les pertinentes conclusions de la rencontre d'un coup de poing rageur et d'un mur en béton armé de 30 centimètres d'épaisseur. La raison de son emportement mesure 1,69 mètre sans talons, pèse 48 kg, s'enorgueillit d'un généreux 90C, répond au doux prénom de Sonia et possède l'étonnante faculté d'arriver systématiquement en retard aux rendez-vous. C'est agaçant, horripilant, inexcusable, même si l'on prend en compte les sculpturales mensurations de la belle. Voilà 3 mois, il s'était déjà fracturé le pied pour une raison similaire. Cette relation de deux ans d'âge, qui ne s'était guère bonifiée avec le temps, avait une fâcheuse tendance à nuire à son intégrité physique et commençait à inquiéter sérieusement sa maman.
Ce soir, normalement, Sonia et Borrow ont rendez-vous pour aller voir le dernier film d'un jeune réalisateur japonais reconnu pour « sa troublante capacité à saisir les tourments d'un quotidien anodin », dixit les coupures de presse.
« Tu parles de tourments quotidiens ! », se plaint Borrow, les phalanges encore endolories et le moral fraîchement égratigné. La séance commence dans trois minutes et de Sonia à l'horizon, point… Ah, là-bas peut-être, une silhouette au coin de la rue : raté, ce n'est qu'une ombre, évidemment furtive.
Impuissant, Borrow observe la file d'attente du cinéma avidement happée par deux portes à battant au velours rouge patiné, crissant lascivement sous les assauts répétés des spectateurs. Les battants couinent, couinent, couinent… Silence. Le caissier sort alors de son trou et lance avec une défiance certaine une sentence qui mettrait à terre le plus endurci des boxeurs : « Plus personne pour Japan Way ? »
Scraaaachhhhh ! L'éclair d'une allumette illumine le visage déconfit de Borrow. « Bordel de M… ! », éructe-t-il en jetant nerveusement son allumette dans les entrailles abyssales d'une grille d'aération. Dans la pénombre revenue, une multitude de pensées se succèdent, s'entremêlent, se dispersent au rythme saccadé des volutes exhalées dont l'ensemble se résume en un constat laconique : « Elle fait chier ! »
Ses défauts, il les connaît par cœur, lui provoquant une irrépressible nausée et des emportements aussi incontrôlés que douloureux. Petit bilan clinique à l'usage de ceux qui n'ont jamais eu le plaisir d'ausculter le cœur de la douce Sonia :
- dépendance neuro-affective étouffante,
- inclinaison pathologique au retard,
- irascibilité convulsive,
- humour cynique à tendance eczémateuse,
- syndrome gingivo-mental répétitif médicalement dénommé « taprimabrossadent »,
- seins en poire…
Cela fait beaucoup pour une seule femme et encore plus pour un seul homme. Cette femme le dégoûte et le retarde dans sa vie d'homme, autant que ce petit crachin enveloppant la ville, autant que cette cigarette incandescente qui lui enflamme les poumons, autant que…
Borrow est tout simplement incapable de désigner le sentiment justifiant une telle torture. Aime-t-il cette Sonia, lui qui a déjà tant de mal à s'aimer tout court ? Silence toujours.
En l'absence d'ange, une voiture passe. D'un geste sec, il éjecte la cigarette. À la manière d'un avion atterrissant en catastrophe, le mégot rebondit à plusieurs reprises sur l'asphalte en laissant derrière lui les traces étincelantes d'une vie pas totalement consumée. MAYDAY ! MAYDAY !
– C'est fini, se dit Borrow, des Sonia comme des cigarettes, dehors !
Dans la poche de son lourd parka, il lui reste un paquet : ce sera le dernier… Promis, juré, craché. Et il entend bien vivre ses dernières king size comme autant d'étapes décisives qui marqueront le chemin d'une vie nouvelle. « Riptouuuuuu ! » C'est dit, c'est fait !
Après tout, pense Borrow, il y a encore trois ans, je ne savais même pas que cette fille existait sur la planète et je vivais très bien sans ! Faut juste faire erase , un pâté de Tipex sur deux ans de fidélité under control et le tour est joué. Si on peut résister à l'appel d'une cigarette, on peut bien résister aux atours d'une dentelle étiquetée « bonnet C ».
Le téléphone portable de Borrow se fraye fébrilement un passage dans les prémisses de cette nuit immature : première sonnerie, deuxième sonnerie, troisième sonnerie…
Sonia certainement pour s'excuser de prévenir en retard de son retard. Quatrième sonnerie : « Bonjour, retenez votre souffle, je ne suis même pas là, mais promis, je vous rappelle au plus vite du plus vite. » Biiiiiip.
-20. Lundi, 8h02 : Séquence remember
C'est tout de même beau, un paquet de cigarettes… et les couleurs, le graphisme raffiné, les typos légères, cette sensation d'Amérique, le crissement du cello frissonnant, le papier alu révélant avec soulagement vingt superbes king size, la légèreté féminine de leurs robes blanches enveloppant avec ravissement la rigidité phallique de tiges élancées…
Un vrai cadeau de Noël dont l'ambiguïté sexuelle n'échapperait pas à une nonne. Sans oublier cette première cigarette évincée du paquet, comme la sensation d'une éternelle défloraison.
Pour une fois, Borrow s'attarde sur la boîte cartonnée. Celle qu'il possède entre les mains concentre la valeur de toutes les cartouches du monde, un trésor inestimable sur lequel il compte bien spéculer pour atteindre des richesses qui n'ont rien de numéraire. Mais bon, rien n'est jamais gagné et tout reste à perdre !
Comme à l'accoutumée, Borrow se dirige en ce petit matin d'une saison sans nom (à en croire les commentaires qui fusent de-ci de-là), vers le bar-tabac où il égraine chaque jour ouvré les nouvelles du monde. Après avoir passé la porte et enjambé un piteux chien-loup dont les vestiges d'un temps glorieux se limitent à un superbe collier cuir et métal, il salue la tenancière des lieux. Impossible d'échapper à sa vigilance. Elle a repris le flambeau de son cerbère aussi impotent que désœuvré et vous accorde le précieux laissez-passer en jappant un truisme honorant sa perspicacité.
– Alors, M. Borrow

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