Lettres Afghanes
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Description

Lettres afghanes est une correspondance à la fois sensuelle, amoureuse et déchirante, elle est l’appel au secours de deux cœurs amoureux. Ce qui paraît normal, mais là n’est pas du tout le cas pour les héros de : Lettres Afghanes.


Lui, étranger vivant ailleurs dans un pays entouré de la méditerranée et de l’Atlantique, elle afghane, de Kaboul. La guerre, la religion, les mœurs, les coutumes, l’éloignement, ont creusé un abîme plus profond que l’éloignement géographique. Pour dire leur mal-vie, leur mal-être, pour défendre cet amour interdit seul l’imagination et l’écriture les font se rejoindre.



Leurs plumes, tantôt émouvantes, tantôt désespérées tantôt elles chantent l’espérance, font échos aux cris de leurs entrailles, au-delà des montagnes rocailleuses du Noshaq, de la Band-e-émir et des profondeurs marines !


***


... J’ai écrit cette lettre dans mes rêves, là où je m’envole librement comme un nuage dans la pureté et l’innocence de tes yeux. Maintenant, que nos mots traversent l’océan, le désert et les montagnes, laisse-moi le droit de loger ton ombre invisible. Laisse-moi chanter ton nom entre ces murs blafards. Ton souffle qui me vient de cet ailleurs sombre et mystérieux, crée au tréfonds de moi une sensation d’ivresse. Je meurs dans l’ivresse loin de ce ciel, bas et lourd. Il y a de la pluie dans tes mots. Une pluie fine arrose la sécheresse de mon inspiration. Inutile de te dire combien est grande mon admiration.


Combien est profonde ma soif. Toi, ciel d’azur aux nuages argentés flottant sur la mer émeraude, immense, plus unie et plus pure que les miroirs de la neige.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 84
EAN13 9791034804863
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LETTRES AFGHANES
SALIHA RAGAD & OUTHMAN BOUTISANE LETTRES AFGHANES (Correspondances Poétiques) Couverture :Néro Publié dans laCollection Electrons Libres
©Evidence Editions2018
Me voici au café Goya. Les vagues de la mer caressent harmonieusement le sable humide. Je viens de terminer avec un grand intérêt la lecture des Jours Blancs. Journée ensoleillée, belle au point qu’elle excède mon sens et mon cœur, que la sou$rance pointe au sein de cet émerveillement. En face de moi, sur ce balcon romantique, le couple plonge dans un baiser éternel. Un instant éphémère. Je me plais à regarder ce tableau traçant quelques mots sur les pages. Printemps éblouissant sur un paysage comme rénové par une pluie récente. Oui, il pleut en printemps. D’où vient ce silence nocturne? De l’odeur de mon café ou de ton absence. Assis, mes yeux se perdent dans les vagues du soleil torride qui se brisent non loin de mon regard désenchanté. Je suis seul, désespéré et démoralisé. J’ai envie de te dire beaucoup de choses, mais les mots me manquent terriblement. Un euve de sang clapote, ensanglante mes souvenirs. Oh toi, tu me manques! Encore et toujours la même question, pourquoi es-tu loin de moi? Pauvre moi. Toujours par hasard, je te rencontre à la corniche, mon cœur bat, crie, mais tu n’entends rien. Comme d’habitude, toi, tu pars, et moi, je reste, immobile poursuivant tes pas qui s’éloignent laissant mille et une ruines dans mon cœur. L’air devient plus lourd, plus pesant et les nuages fugitifs se rapprochent, s’éloignent et changent de couleur. Tout change, quand tu t’éloignes de moi. Tout devient sombre, triste… Oui, je suis malheureux à moitié brisé, à corps perdu, isolé dans mon amour incertain. Incertain parce que je me sens refusé, maudit par tes regards arrogants et indi$érents. Le noir dans mon âme, tatoue quelques lettres insensées. Je t’attends la nuit quand noircissent l’obscurité et les ombres; mon cœur rêve de toi. Je t’attends la nuit quand dorment les soleils comme des pierres brûlées. Que tu te souviennes ou non de moi, je ne laisserai pas réduire ton souvenir. Je t’attends ce soir sur la chaise de notre première rencontre. Outhman Boutisane Le 05/01/2015
«Je ne suis plus qu’une pensée mon noble Etranger…» Par le tout puissant, je ne te fuis pas! C’est tout simplement que je ne suis plus qu’un fantôme qui erre dans tes souvenirs. Suis mes pas sans trace dans l’opacité de mon absence et vas sur la hauteur de la corniche, tu entendras ta méditerranée, te rapporter les échos de mes pleurs et soupirs, car je les ai noyés dans le bleu de la Band-e Amir et sur les montagnes rocailleuses, là-bas derrière Kaboul, juste au virage du chemin le plus escarpé, est suspendue l’éternité de mon amour pour toi, Ô mon bel Etranger! …DANS TON OMBRE… Saliha Ragad Le 15/01/2015
Le chagrin et le mal de toi font fuir le sommeil de mes yeux humides. Je ne souhaite rien que de te voir souriante comme l’aube des jours blancs. Depuis notre séparation, je suis devenu quelqu’un d’autre. J’ai perdu mon gout de vie, rien ne m’enchante que les cigarettes blafardes. Simplement, j’ai perdu la vie toute entière. Comment pourrais-je vivre sans toi, loin de toi? Au fond, je ne parle pas tant de mon amour malheureux que de ma douloureuse solitude qui me ronge le cœur. Plus tu t’éloignes de moi, plus la douleur devient meurtrière. Oh toi combien je t’aime! Des larmes, des silences, des cris sourds, rien ne peut remplacer la chaleur de ta présence. Rien ne peut me rendre heureux que ton sourire enfantin. Je t’écris parce que c’est dans l’écriture que je te rencontre souvent bel ange des cieux lointains. Je t’écris pour te dire combien je t’aime! Outhman Boutisane Le 25/01/2015
Je veux devenir alors les perles de poésie qui naissent dans cette source qui jaillit de la douleur dans le fond de tes sombres yeux. Pour toi je dessinerai sur mon visage ravagé par la tristesse, le sourire du soleil vermeil lorsqu’il s’apprête à épouser la belle bleue d’écumes joyeuses. Je ressens ta peine lourde de plombs tels les obus meurtriers qui s’abattent sur nos toits. Je suis tout autant malheureuse de vivre sans toi. Des murs de ma maison, j’en ai fait des con"dents! Je leur parle de nous, leur con"es mon désarroi, tout en silence ils cachent mes blessures corporelles et mon âme déchirée entre chacune de leurs briques! Parfois me parvient l’odeur de ta cigarette, et je me surprends à la humer, je ne suis pas accroc à elle mais à toi, à toi et je m’attache à ces parfums comme on s’accroche à un tronc d’arbre pour la survie dans un autre ailleurs, emportée dans la tourmente d’un oued en cru. Comme il charrie les détritus, il emporte avec lui mon chagrin! Mais les bruits des armes ou les cris des femmes me font le même e'et qu’à toi! Je suis seule dans mon désarroi. Ô combien la chaleur de tes bras me manque! Combien je me meurs dans cette amère solitude où seule erre ton souvenir! …DANS TON OMBRE… Saliha Ragad Le 03/02/2015
Cesoir, les nuages dans la nuit sont très bas. Quelque chose bouge au fond de mes yeux. Je les ouvre péniblement et vois une vague de fumée traverser mon village insomniaque. Une fumée tracée du sang, enceinte de mille et un gémissements absurdes. Cela, me fait penser à la guerre qui a ravagé ton pays depuis des années et des années. Le ciel devient plus sombre que mes cigares de "eurs de savanes. Plus sombre que l’enfer. Je suis dans un état à demi perdu, je m’effondre en plein désert de Terre et de cendres. Le temps me presse. Les nuages me bousculent et retirent le seul chemin vers toi sous mes pieds. Mon identité n’existe que sur la carte. Je ne m’appartiens pas à cette terre, je m’appartiens à toi. Tes montagnes lointaines m’attendent. Ma solitude douloureuse peut-être me transformera en cerf-volant, un peu comme les cerfs-volants de Kaboul. Mon petit rêve est toujours rempli de "eurs et des chants qui ne cessent de me caresser le cœur. J’écoute Kabhi Alvida Naa Kehna, une chanson très nostalgique m’emportant vers toi. Jamais, je ne me sens aussi près de toi que lorsque j’écoute avec un cœur rêveur cette chanson indienne. Ce soir, Je suis en enfer, dans une solitude plus froide que le néant, plus froide que l’hiver enneigé. Je vis grâce à tes lettres. Grâce à tes mots. Comment pourrais-je fuir le mal, ô, lune rose. Ici, non plus, pas de vie ni de rêves. Outhman Boutisane Le 20/02/2015
Si je suis pour toi Lune rose, tu es l’Astre doré, celui qui illumine le fon d de mes yeux lorsque je lis tes belles lettres! De tout mon être je voudrais crier la passion qui emprisonne tous mes sens. Je ne vie que de ton amour. Tu as le mystérieux de l’homme bleu, celui qui n’a que la lumière dans les yeux et le sel sur les lèvres, et les dunes comme repère dans son immense désert! J’acclame ton authenticité, car je sais que jamais je ne serai mystifiée par toi! Ton naturel est dans tout ce que tu fais! Je n’ai pas peur de me perdre dans l’océan de cette sincérité dont tu m’o%res ton regard comme pont invisible, que je traverse à chaque fois que le doute s’empare de moi! Jusqu’à quand? Le destin nous tiendra-t-il nos cœurs sectionnés? Sans ton a%ection, sans ta vive présence, je me sens perdue et l’opacité gagne mes yeux de t’avoir trop pleuré! Toutes mes clartés se teignent de gris et mes mains mon espoir se brise sur les rochers immuables du vide de l’esseulement. Dans cette incompréhension, cherchant un garde-fou, amblyope je cherche la trame pour retisser ma vie et à tâtons, j’écarte l’âcreté de l’amertume au gout trop corsé pour mon pauvre cœur, qui ne veut qu’aimer. Alors peut-être que l’espoir renaîtra dans le fond de mes yeux papillons-noirs soulignés au khôl du reste de cendre de mon affliction. …DANS TON OMBRE… Saliha Ragad Le 28/02/2015
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